‹ Tiers-ordre Franciscain [microforme]Chapitre 44 sur 103 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

de Jésus-Christ sur toute an personne. Mais quel sera l'or. nement de cette mortification ? qu'est-ce qui. donnera À cette vertu son lustre, sa beauté, sa forme gracieuse ? (Ce

renoncement en est le fondement.

L'être qui est pur esprit trouve sa perfection dans l’ensemble des vertus, cela est évident ; néanmoins il en est une, entre toutes, qui fait son ornement : l’humilité ; le vice de l’orgueil étant de tous les vices celu: qui le déshonore le plus. L'homme n'est pas purement esprit : il est composé d’un corps et d’une âme. En tant qu’esprit, il doit avoir l'humilité pour ornement, mais il est une vertu qui le caractérise davantage et qui fait l’ornement particulier de son espèce : la chastet6. Le péché particulier de l’ange, c’est l’orgueil, le péché de l’homme, c’est le péché de la chair, autrement dit l’impureté ; garder la chasteté, s'abstenir du vice contraire, personne n'en a jamais douté, c’est attirer sur soi l’admiration des hommes, c’est ajouter à sa vie morale le plus splendide fieuron. Le Tertiaire auquel l’Eglise impose ce. vêtement ‘ spécial devra donc, avant tout, orner sa vie et ceindre les reins de son âme de la belle et surprenante vertu de chasteté.

Ici encore, comme il serait à souhaiter que.les paroles du prêtre eussent, un effet sacramentel et agissent dans le postulent ez opere operake, selon l'expression consacrée des théologiens ; que la grâse de Dieu fortifiât tellement les reins et les cœurs des Tertiaires qu’ils n’eussent plus à lutter contre les terribles assauts de la chair ! Mais, hélas ! les tentations,

les provoeations de la chair persisteront. Qu'ils aient confin

.… les surmonter, et les voir aboutir enfin à une double couronne : Duplicabitur in coronam, celle de la vertu et celle du combat.

Il va sans dire qu'il ne peut être nul! :: 1t. question, dans ce passage, du vœu de chasteté. Le ‘7 Ordre ayant été institué pour les personnes du monde recenues par les liens du mariage, il n’exige pas, comme d’aucuns se l’imaginent bien à tort, la renonciation aux devoirs d'état dans un mariage légitime ; il demande aux Tertiaires, comme Jésus- Christ le demande à ‘ous les chrétiens, en maintenant leurs droits et leurs devoirs, de veiller avec un soin délicat sur la pratique de cette vertu, conformément à leur état, et de se laisser conduire dans l’accomplissement de leurs devoirs, bien plus par la raison eï la foi que par la passion. Donner plus d’étendue- aux paroles de cette prière, ce særait outrer les rbligations. des Tertiaires: leur e. donner moins serait :s laisser vides de sens, vaines «t inutiles : chose qui : contraire à l'intention et à la pratique c'e la sainte Eglise. La règle du Tiers-Ordre n'enlève don: rien aux droits de ceux qui ont fait préesion. Tuutefois, son esprit invite au sacrifice libre et volvuwire ; i} sera toujours en effet très louable d'offrir à Dieu le sacrifice de certaines jouissences légitimes, et de mépriser la lâcheté de cette excuse : “ Le bon Dieu n’en demande pas tant,”” devise que les saints n’ont jamais connue et encore moias pratiquée.

Le cordon rend encore, .disons-nous, un service non moins signalé, qui trouve son application facile dans la spiritualité. Qui ne sait, en effet, qu’il est d'usage de se cein re les reins pour rendre ses mouvements plus souples, us prompts et pur donner au corps plus de force ? Le Tertiaire a besoin de tous ces sefvices, dans le nouveau genre de vie qu'il embrasse. Il se fait voyageur dans un pays désert, il est:

- nécessaire de lui modérer la fatigue ; il devient lutteur d’un

nouveau genre, il lui faut de la souplesse pour parer plus facilement les coups de ses adversaires : dans ses deux cas, la ceinture ou corde séraphique lui servira admirablement. Vous croiriez l’âme liée par la chasteté, serrée et gênée dans sa vie spirituelle, et au contraire, seule la continence du corps et d'âme fait les hommes libres, forts, virils, Mn tre à la tête du peuple de Dieu.

Lu M sodibe N ob dus à lots ext.

rieure. ‘11 doit être en laine, en chanvre ou en lin, voire même en coton ; pauvre, grossier, je dirais même plus grossier que l’habit, et par suite, plus austère ; ce n’est pas sans raison, car la vertu de chasteté, qu’il siguife, demande tne mortifiction plus rigoureuse et plus sentis, elle grandit entre les épines : Sicut lilium inter spinas ; comme le lis dont la blancheur éblouit les regards, et dont le parfum attire et réjouit. 1 n'y a pas jusques aux nœuds dont le cordon est semé qui ne parlent clairement à tous ceux qui veulent leur prêter une oreille attentive. Tantôt ils y sont au nombre de trois et l’on entend par là que le Tertiaire est désormais attaché plus étroitement au service de la Sainte Trinité, ou encore qu’il a trois vertus principales à mettre en pratique : le détachement, l'humilité et la pénitence, jaillissant toutes trois, comme de source, du lien de la perfection qui est la charité. Tantôt on y fait cinq nœuds et alors, en outre des significations que nous venons de donner, pour les trois, compris euxmêmes dans les cinq, on unit dans un seul souvenir les cinq plaies du Crucifié du Calvaire et les cinq plaies du Stigmatisé de l’Alverne.

Ainsi le cordon séraphique renferme à lui seul, une admirable synthèse de la vie franciscaine, Par sa rudesse et se pauvreté il marque le détachement extrême de François d'Assise, et par sa signification mystique, il rappelle les liens indisso- Rs he © Penguins PEN es Din qui est son Tout.

mL — Imposition du voile

— decel muligrem non velalam orare Deum ?

(I Cor. 11, 13).

D lo Tibess ot plus directement ; elle ne sera cependant pas sans utilité ni sans intérêt pour les autres, car il y a pour les femmes, - dans la vie spirituelle, comme dans la vie domestique et s0- ‘ciale, une place spéciale enseignée par la nature elle-même :

gardons-nous de l'oublier.

C'est faute de bien marquer la place et le rôle assignés -par Dieu, auteur de la nature, à chacun des êtres qui habitent ce monde que l'on rencontre toutes ces agitations, ces disputes et ceb désordres dans la société actuelle. Pauvre société, qui ne sait plus bâtir sans détruire de fond en comble, qui veut élever ses œuvres en les établissant sur le terrain mouvant , et sablonneux de son jugement aveugle, et de sa raison mal

Il lui faut sans cesse de nouvelles assises, et cependant d’autres assises, vieilles comme le monde, sont encore de force à soutenir toutes les constructions les plus hardies que pourrait concevoir le génie humain et sont d’ailleurs le seul fondement des œuvres qui veulent être à l'abri de la destruction. Ces assises sont d’abord la loi naturelle, ensuite la loi positive de Dieu, renfermée dans l’Ecriture et l'Evangile, enfin les leçons du bon sens et de }’ ce.

Mais venons bien vite à notse sujet. Rapportant là prière que fait l'Eglise pour la bénédiction du voile des Sœurs

- Tertiaires, nous avons passé rapidement sur ce point, nous promettant de nous en entretenir plus longuement dans une autre circonstance et de réunir en une seule instruction tout ce que la bénédiction et l'imposition du voile renferment de leçons théoriques et pratiques. Le moment de le faire est

venu, attendu que nous sommes arrivés à l'imposition du

. un signe extérieur de sainteté et, de pureté, faites que votre : -servañte qui doit. le porter soit toujours sans tache, que sa ni vis :spit remplie de bonnes œuvres êt qu'elle règne un jour *.: "dans la félicité du ciel avec vos Saints. ” . Lu Vient maintènant la prière de l'imposition du voile : “ Que votre visage soit voilé par la modestie, l'humilité ‘êt la pudeur ; que le Seigneur vous couvre du voile et du bou- : ‘ sfler dé la pénitence, afin. que l'ennemi ne prévale jamais “Contre vous.” : : É - Ajoutons à ces paroles liturgiques le texte de lPapôtre : ‘saint Paul, auquel la sainte Eglise fait allusion dans la première ligne de ls bénédiction du voile ; nous aurons ainsi sous les yeux toute la dc. : : se de l'Esprit-Saint et dé l'Eglise sur ce-point, et nous pourrons tirer à notre aise les conséquences qui en découlent. Ce texte est de la première Epitre aux Corinthiens, chapitre onzième, verset troisième et suivants. x * L’Apôtre s'exprime en ces termes ‘: ‘Je veux que vous ss- ‘4 chies que le chef de tout homme, c’est le Christ, comme le ‘ chef de la femme c'est l'homme, et le chef du Christ c’est “ Dieu. * Tout homme qui prie ou prophétise la tête voilée, . “ déshôhore sa têt:.. Et toute femme qui prie ou prophétise “14.2 le Den: volée. déshonore sa tête ; car c’est comme si *< elle était rasée. Si done une femme ne # voile point, qu’elle "ait les cheveux coupés. Or, s’il est honteux à une femme de ‘4 d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu’elle se voile ee 1.18 têtes “Pour l’homme, il ne doit pas voiler sa tête parce | qu'il est l'image et la gloire de Diéu : au lieu que la femme ‘ “ts gore de Pomme # L'Apôtre continue un peu plus

Ein: a nn ane. Hi Re ne nes.” Et après une nouvelle réflexion, l’Apôtre termine ainsi ses enseignements ; |: “Juges-en vous-mêmes : convient-il à la “femme de prier Dieu sans être voilée ? La nature même “ne vous epseigne-elle pas qu'il serait honteux à un

“homme de nourrir sa chevelure ; et qu'il est au contraire . + “ honorable à une femme de laisser croître la sienne, parce “ que ses cheveux lui ont été donnés comme un voile?”

. Peut-on dire quelque chose de plus clair, établir une doctrine plus juste, poser des principes plus sûrs ? L’Apôtre remonte à la source, il invoque à l’appui de son assertion le

: témoignage même de la nature, d’où lon peut conclure

qu’agir autrement c’est, à son avis, une faute contre nature ; : qurdoni-nons bien de le oontrodire. Pour ne pas condamner l'usage actuel, qui est contraire au sens de saint Paul, nous voulons bien admettre bénignement le proverbe : ‘Autre - temps, autres lieux, autres mœurs, et nôus ne prétendons pas

obliger en un instant toutes les femmes de notre époque à

‘porter cet ajust nent si peu goûté de nos jours. Mais nous

avons bien lieu de .craindre que l’Apôtre nous blâme comme d’indignes défenseurs de sa doctrine, surtout quand nous noùs rappelons que naguère encore, une voix aussi autorisée que l’était celle de Pie IX, de sainte mémoire, s’est inspirée du texte même de l’Apôtre pour dicter aux femmes de notre époque les règles de bienséa::ce chrétienne, auxquelles elles doivent se conformer. Plût à Dieu qu’au moins le Can. 1262 du nouveau Code soit observé! Pour ne pas ‘ nous tromper, nous préfèrerions voir le zélé saint Paul reparaître au milieu de notre société et tracer lui-même la : ligne de conduite à suivre touchant cette matière.

Ne vous semble-t-il pas que, se trouvant en face de modes . qui ressemblent de près à celles de l’impudique Corinthe, ” ayant à défendre la pureté et l'intégrité de la même loi naturelle fortement ébranlée, saint Paul se verrait obligé de tenir Et Re me pau de oi la

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plusieurs fois séculaire ? C’est là une réflexion qu se permettent, non sans raison, quelques commentateurs de marque, nous nous contentons de la soumettre à l’appréciation judicieuse des personnes sensées. Que, du moins, s’il leur est impossible de se soustraire ertièrement à la tyrannie de ces . modes peu chrétiennes, nos Tertiaires ne soient pas les premières à s’y assujettir ; qu’elles ne courent pas au-devant des productions toujours de plus en plus fantastiques des modes nouvelles, et ne s’y’ assujettissent que lorsque la bienséance, dont elles cloivent toujours suivre les lois raisonnables, ae leur permet vraiment plus de faire autrement.

Qu'’elles soient heureuses également, aux jours de la réunion mensuelle, de reprendre ce voile que l'Eglise les autorise et les invite à porter, fières de pouvoir suivre à la lettre, du moins pendant quelques heures, le conseil de saint Paul,

en faisant revivre les usages si purs des premiers temps de l'Eglise.

L’apôtre saint Paul fonda cette législation sur deux raisons : la condition d’infériorité et de soumission de la femme prise en général, vis-à-vis de l’homme, puis la modestie et la pudeur qui lui sont inspirées par la nature et dont elle ne peut se départir, sans risquer de devenir un objet de scandale pour les anges terrestres, selon le mot de l’Apôtre, c'est-àdire pour les hommes purs et chastes et spécialement pour les ministres du sanctuaire. Cette seconde raison existait dès le priacipe de la création. Animé d’une extrême délicatesse à l'égard de la dignité de l’homme, Dieu, pour l’honorer, voulut lui enlever la honte d’être le seul des êtres créés à rougir de son état naturel. Au lieu de condamner nos pre-

. miers parents à se voiler en face l’un de l’autre, il mit luimême sur leurs yeux un voile: celui de l'innocence, afin qu’en voyant ils ne vissent point ; il immatérialisa, s’il m'est permis de m’exprimer dela sorte, leurs sens, afin qu’en touchant ils ne touchassent point.

Mais hélas ! l’homme ne comprit pas le privilège dont

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