PRÉSENTATION DU CIERGE
ne cine ge de sa foi et de sa charité persévérantes que l’agonisant serre dans ses mains tremblantes le cierge bénit ? Son corps.s’é- … teint, ses lèvres restent muettes, mais le cierge est plein de vie, il dit plus . conservé m4 foi, jai accompli ma course, soit que je vive ou
éloquemment que tout discours : ‘“ J'ai que je meure, j’appartiens au Christ, je veux vivre et mourir
Li à tnt tenu ma foi
et ma charité ne meurent pas. ”
. Si l'Eglise réserve l’usage du cierge pour les plus grandes
circonstances de la vie, pour les protestations solennelles de foi et d'amour, elle montre bien l’estime qu’elle fait de l'entrée dans le Tiers-Ordre, puisqu'elle ne craint pas de la ranger au nombre de ces rares cérér ‘ies de la vie chré- Voici donc ce que le prêtre semble dire au Tertiaire en lui remettant le cierge : “ Reçois, à frère bien-aimé, en signe “ de ton immortalité, la lumière du Christ qui, une fois res- “suscité, ne meurt plus et vit tout entier pour Dieu: Quod aulem vivit, vivit Deo. Meurs donc au monde et aux œuvres “ de ténèbres et ne vis plus que pour Dieu, imite ce cierge “que je te présente, efforce-toi de te consumer à l’honneur “ de Dieu. Quitte les rangs des chrétiens endormis et marche “à la lumière du Christ. Tu dois éclairer le monde par la “ lumière de ta foi, tu dois le réchauffer, à l’exemple de saint “François, par l’ardeur de ta charité. Marche, comme un
“enfant de lumière, en toute justice et en toute perfection.
‘ Sois un Evangile vivant qui éclaire le monde et qui con-
“ damne ses œuvres. Que ta lumière brille devant les hommes, “afin qu’entraînés par la force irrésistible de tes bons exem- “ples, ils glorifient eux aussi notre Père céleste. ”
Le prêtre invite alors tous les fidèles et même toutes les nations à louer le Seigneur qui vient de faire éclater sa miséricorde sur la fraternité et en particulier sur les nouveaux venus, selon sa vérité éternelle.
Il invoque ensuite l'assistance du Seigneur sur ces novices
craintifs et timides :- “ Dieu de miséricorde, Dieu de piété,
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“© Dieu qui aves manifesté nier cri de reconnaissance envers Dieu,et le prêtre congédie
l'assemblée, en appelant sur elle, pour y rester sans cesse, la ‘!
bénédiction du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
L — La décision Jesus autem proficiebat.
(Luc. 2, 52).
Un an s'est écoulé depuis le jour heureux où !e Tertiaire revêtait les livrées séraphuques. Le premier pas venait d’être
. fait. C'était déjà une cérémonie pleine de douce consolation
et de sainte joie ; mais-après tout, quelque joyeuse, quelque
consolante que soit la prise d’habit, c’est-à-dire l'entrée
au noviciat, l'engagement, l’enrôlement n'est cependant
‘ pas définitif ; le novice qui entre n’est, à vrai dire, Ter-
tiaire qu’à titre d’essai. Loin de nous toutefois la pensée de refuser à la vêture-une joie sans mélange, ‘car, pour des
âmes bien décidées à ne pas regarder en arrière, ce jour, qui
. pourrait tre mêlé d’appréhension, donne le plus souvent une joie aussi vive que celle de la profession ; l'inquiétude
: d’un avenir incertain n’est pas assez forte pour assombrir les visages. Je dirais même qu’il y a dans la cérémonie de
la vêture je ne sais quel caractère de simplicité et de naïveté qu'on ne trouvera pas dans la proféssion ; la gaieté, qui est passée en proverbg parmi les novices, y trouve son aliment. Pour bien dire, la véture et la profession apportent, chacune en son genre, une joie parfaite : celle-là dois ls joie de l'en-
. fance, celle-j la joie de l’âge mûr.
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en même temps qu’en âge. 1 s’est efforcé, pendant l'année
a mesuré toute l'étendue de ses obligations, il en a estimé toute la hautour. Il a compté tous les frais de bonne volunté «qu’il aura à faire, il a calculé les forces qu'il aura à déployer; architecte prudent, homme de guerre prévo: int, il est enfin arrêté sur ce qu’il veut et peut entreprendre. Un examen rapide sur ls connaissance de la Règle a suffi pour découvrir en lui vue Âme rompue à toutes les exigences de la vie franciscaine.
Le voici donc aujourd’hui présent de nouveau ; il vient ‘prendre part à ure sevonde fête plus solennelle encore que la première. L'autel est revé. : de ses plus beaux ornements, . un chœur de chant exercé vient prêter son généreux concours pour rehausser la cérémonie qui est sur Je point d’avoir lieu
Les novices ont entendu l'appel de Dieu ; le cri des Croi- __ sés “ Dieu le veut ” a ratenti à leurs oreilles et trouvé écho dans leurs cœurs ; ils s’approchent vêtus de la grande tunique ou encore du grand scapulaire qu'ils portent ostensiblement, ceints du cordon séraphique. Les sœurs ont de plus le voile blanc des novices, qu’elles vont échanger tout à l’heure contre . le voile noir de l’âme en deuil, qui ne veut plus connaître que Jésus, et Jésus crucifié. C’est ainsi que le futur chevalier du moyen-âge portait la livrée de celui qui l’avait initié à la guerre, c’est encore ainsi que dans l’ancienne loi on ornait les victimes destinées au sacrifice. Plus heureux que ces victimes sont les Tertiaires qui se présentent pour la profession, car s’ils ont l’honneur d’être victimes, ils pnt de plus l’honneur d’être eux-mêmes leur prêtre sacrificateur. Oui, ils sont tout à la fois et la victime qui doit être immolée au Très Haut, et le prêtre qui doit l’immoler.
Le Directeur ne les inierroge pas tout. de suite sur le but
de leur démarche, il le connaît. Il les a vus postulants recevoir l'habit du Tiers-Ordre ; ils les a vus novices suivre régulièrement les assemblée mensuelles ; il sait fort bien cequ'ils désirent. Une préoccupation l’assiège à cette heure décisive. Il se peut que des volontés soient plus ou moins.
tes ; certains manquent peut-être de la ferveuret de l'amour qui doivent accompagner la demande qr'ils. ont à faire. Il faut leur imprimer une dernière impulsion, il faut leur inspirer l'esprit de piété, il faut implorer sur eux celui qui est la force des œuvres de Dieu : £t spiritus oris ajus: omnis virtus eorum. À l’exemple d’Elie, le Directeur demande au Seigneur de fuire descendre le feu du ciel pour consumer toutes ces victimes, il demande que le feu divin vienne les éprouver et les épurer, comme le feu matériel éprouve et épure l’or dans le creuset, qu'il enlève toutes les scories d’esprit, de sentiment et de volonté qui rendraient l’immolation moins agréable à Dieu, afin de préparer au Seigneur un peupe parfait : parare Domino plebem perfectam. 11 termine par cette invocation : “ Seigneur, nous vous en supplions, accordes à votre serviteur, à qui vous aves fait la faveur de revêtir l'habit de l’Ordre, d'achever heureusement l'œuvre qu'il a comm :ncée.
C’est alors senlement que, mettant sa confiance dans l’intervention efficace de l’Esprit-Saint qui pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit pour tout refaire à neuf, le Directeur adresse au novice agenouillé la question suprême : “Mon Frère, que demandez-vous ? ”’ La réponse ne se fait pes attendre : “ Père, je der ande à être admis à la sainte profession dans le Tiers-Ordre de saint François pour y servir Dieu jusqu’à la mort. ” Ce n’est plus la demande craintive du postulant, c’est la résolution ferme d’un cœur décidé à tout ; c’est l'instance d’un chevalier qui brûle du désir d'être définitivement enrôlé dans ia milice du Christ-et de son serviteur crucifié, François. Il veut essuyer les mêmes épreuves, les mêmes fatigues, les mêmes combats, mais aussi, -Ï veut partager les mêmes consolations, les mêmes victoires,
à fraternité. Le prêtre est su comble
re de Dieu éét proeutée, le bien de l'âme É
à Le ane nie 108 ponts de son
Le todirenamesear por RS CE Pine DE à Met lime de th Bis, vont perfectionner ensure ls charité de aoù.acte. Ce qui, en effet, ‘paralyse trop souvent !’ardeur dans les qbligations que l'on assume sur soi, c’est la crainte des respon- : &abilités qui résulteront pour la conscience, mais ici rien de tout cela. Toute crainte est mise de côté, la fidélité à ls Règle du Tiers-Ordre ne séra commandée que par l'amour; ce n’est point ici une loi de crainte: mais une loi d’amour. Le prêtre avertit expressément que cette profession ne renferme aucun vœu, ni aucune obligation stricte sotis peine de . ‘péché; selon la Règle elle-même et les déclarätions du Saint- Siège, les Tertiaires ne sont en aucune façon liés en conscience *‘-plué: que les autres chrétiens. Le novice a tout lieu d’être encouragé, çonnaissant d’une part ‘tous les avantages que va lui proçurer la fidèle observance de sa Règle, et sachant bien d'autre part qu'il ne s'expose à aucune faute, s’il vient à y manquer. C’est donc avec un cœur magnanime qu'il : va prononcer la formule de profession.