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« Dirigeaient notre pensée non vers le démon, mais vers Dieu.
« Une ardente beauté régnait autour de nous,
« Nous attirait là-bas où la tchadra blanche se balance doucement,
« Là-bas où le vin mousse, où la fraîcheur est caressanie,
« Là-bas où le jeu de la lumière et des ombres est plein de caprices.
« Ici nous n'avons pas ajouté une seule ruine,
« Aux ruines des siècles passés, des siècles sanglants et pleins d'épreuves.
« Non! mais l'aurore charmeuse du renouveau À éclairé avec amour les vallées aSSOUPIES En accomplissant le testament mystérieux du passé lointain. La muse de la Géorgie se taisait pendant des siècles, Ou bien redisait les chants de Satar le Persan,
« ( « « « Ou bien, inconsciente, elle dansait aux sons rauques de la Zourna,
« Et oubliait ainsi son don poétique :
« Cette muse s’est réveillée, et, de nouveau, sous le ciel bleu foncé,
« Tantôt elle entonne des hymnes sonores célébrant les vesti sacrés du passé,
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€ Tantôt, ayant senti l’union intime avec l’âme russe, } à 1? - . o .
« Elle regarde l'avenir avec un espoir vivifiant ‘. »
Mais revenons à la capitale de la Géorgie. À l’époque de sa fondation, elle se divisait en trois quartiers : Tiflis, proprement dit, qui entourait les sources minérales, puis « Kala », ou forteresse dont on voit encore les ruines, et « Issani », situé sur la rive gauche de la Koura, et réuni au reste de la ville par un pont. De chaque côté de la Koura, se trouvaient face à face l’ancienne demeure des rois géorgiens et la citadelle des dominateurs musulmans.
La distribution de sa population montre en quelque sorte l'histoire de Tiflis.
La forteresse musulmane était toujours occupée par des Persans ou des Turcs. Aujourd’hui encore, les Musulmans se trouvent grou-
4. Publié en russe dans le numéro du 1° janvier 1897 du journal Le Caucase.
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TIFLIS 9 pés autour de ces ruines. Cette partie de la ville renferme les bains : elle a conservé son nom « Seid Abad », ce qui veut dire demeure des Seïdes, c’est-à-dire des descendants de Mahomet. Le quartier où se trouve le bazar se nommait « Kalaki », c’est-àdire ville. Toujours occupé par des Arméniens, il porte le nom d’Armianskt bazar.
La troisième partie, située sur la rive gauche de la Koura, est habitée par des Géorgiens et des Arméniens; C'est l’ancienne « Isni », l’Avlabar moderne.
Avant de traverser le pont d’Avlabar, alors qu'on est encore dans le bazar, on voit, couronnant fièrement un rocher escarpé, l’église de Métekh, tout ce qui reste, hélas! de l’ancien palais des premiers rois de Géorgie ayant résidé à Tiflis. Cette église, jadis cathédrale des catholicos de Géorgie, est maintenant resserrée dans les murs et les bâtiments de la prison. Si, de loin, elle produit un grand effet par sa situation pittoresque, de près, elle peul être étudiée par les archéologues comme le plus ancien monument religieux de Tiflis. À l’intérieur, sa coupole hardie et les lignes remarquables du monument méritent d'être admirées par les amateurs de l’architecture des premiers siècles.
Métekh est le nom grec Métokhi, en russe, podvorié.
Cette église, construite à l’époque de la fondation de Tiflis, servait à la cour royale, car le palais se trouvait à côté de cet édifice. Seules les substructions de l’ancien temple subsistent. La coupole date du xin° siècle. Lorsque, politiquement, les rois de Géorgie embrassèrent l’islamisme au xvu° siècle, Wakthang V, qui portait aussi le nom musulman de Schah Navaze, fit de cette église un magasin de poudre. Au xvir° siècle, Héracli Il, après avoir renversé le joug persan, rendit cette église au culte.
A l’est de la citadelle de Métekh se trouvait un endroit, Sagodébéli, qui signifie en géorgien « lieu de tristesse ». C'est là qu'au var siècle, les adorateurs du feu brülèrent le persan 4bo, devenu chrétien. Abo fut canonisé et on éleva une petite chapelle au pied du rocher de Métekh, non loin de l'emplacement où les cendres du martyr avaient été jetées dans la Koura. Comme vous le voyez, l’adoration du feu persistait à Tiflis. Les rois de Géorgie ont tenu à conserver un ancien monument en briques, considéré comme un temple de ces adorateurs du feu, les Parsis.
En 731, le kalif arabe Mourvan le Sourd prit Tiflis et, jusqu à
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