PIERRE DE VISCHER A LINFANTE
Ser"« Princesse,
Tespère que V. A, S. aurareceu celle que très humblement ay escrit le 99* du passé à Icelle de Munster. Depuys suis arrivé, grâce à Dieu, le l*' de Febvrier icy. Et n'ay deu laisser d'envoyer k V. A. par le porteur de ceste les pièces que le Comte d'Anholt m'a communiquez à Worrendorp, si peult estre V. A. n'eut reçeu les autres qu'il dit avoir envoyé par voie de Cologne. Et sont en tout neuf pièces dont la 4^'* contient l'instance que font les Estais d'Ostfrize près des députés des Estais gaulx. a(Bn qu'ils se veuillent haster pour accorder avec Mansfeldt el vuider le paîs de ses gents. ^ disent les Estais d'Ostfrize puysque les députez des Estais lardent tant, ils ont pris résolution de se défendre et chasser Mansfeldt hors, le païs 3^ Est l'accord fait entre le duc Christian de Brunswick et le Comte d'Oldenbourg touchant 9,000 impériault et le passage des gents de Brunswick. 4° esc le traicté ou
* Carton 496.
accord fait entre les députez des Estats gnaulx et Mansfeidt. 5® est TobligatioD des administrateurs des consumptions et contributions en lesquelles ils mettent au nom des estats d'Ostfrize pour hypothecqae aux estats gnaulx lesdits moyens de consumptions et cputribalions pour plus grande asseurance du remboursement des ^ floryns payez \ Mansfeldt. — 6 et 7, copies de ce que le Comte Ernest de Nassau, les députez des estais gnaulx et les estats d'Ostfrize asseurent touchant le passage des gents de Mansfeldt au comte d'Oldenbourg. 8^ le comté d'Oldenbourg avise è M. de Tilly tout ce quest passé avec le doc Christian, Mansfeldt et les députez des estats. 9** le colonel Erwitl avise au comte d*Anholt comment les gents du duc Christian ont esté licenciez aussi ce qu on luy a escrit touchant le passage d'iceulx par le pays de Munster. Et sont cecy les pièces desquelles ay escrit à V. A. en ma dernière du 29* passé. Le 3* de ce mois ay escrit au comte Anboine Gunther d'Oldenbourg affin qu*il voulusse mander un de se» plus confidents conseillers vers moy pour lui comuniquer et faire ouverture de ce dont V. A- m'a enchargé, et ay trouvé bon de ne faire aulcun semblant de nia commission au comte d'Ostfrize ni ceulx d'Ëmbden, devant que de scavoir de ceulx d'Oldenbourg en quels termes les affaires d*OIdenbourg et d'Ostfrizé se trouvent présentement.
Le C** ay escrit au secrétaire de V. A. Huart ce que jusques lors esloit passé icy, lequel, comme J'espère, aura fait de tout ce humble rapport à V. A. le 7* m'est venu une lettre de mons' de Tilly datée le 4* dans Wilshusen, dont j'envoie à V. A. très humblement la copie cy jointe sous le n° 40, et luy ay respondu le mesme jour par messager exprès qu ay envoyé vers Lemegow que si tost que j'auray parlé avec celui que je comte d'Oldenbourg envoyroit vers moy et que je scauray où il s'arresteroil, le viendray trouver pour entendre ce qu'il me diroit.
Le 9* est arrivé ici Christophe Plueg député de mons' le comte d'Oldenbourg pour entendre ce que désiroy faire scavoir à mons' son maistre, et m'ayant présenté les lettres de créance d'iceluy luy ay toat un long proposé l'aifaire de la réduction de la ville et pays d'Emhden à l'obéissance de S. M. l. et y ajouté les raisons, à ces duisibles, aussy demandé son avis par quels moyens on pourroit rembourser aux estats des provinces unies les £ fl. qu'ils ont déboursés à ceulx d^Ostfrize pour contenter Mansfeldt et lui faire vider le pays Sur quoy il m*a respondu que d'induire ceulx de la ville d'Embden h se réconcilier avec S. M. et séparer des estats d'Hollande, il estimoit cela en cesle conjoincture et come les affaires se trouvent présentement en Ostfrize chose impossible et non faisable, si par vive force ou le respect
qu*iis doibvenl à S. M. 1. el aux estais de rEmpire ils n y soient contraincts et les estais des provinces Unies avec euU, et que ce ne seroil que peine perdue de penser par leurs paroUes persuader et induire la vil led'Ëmbden à cela, ains prendroient plus tost plus forte ^ uarnison dans la ville. Et quant au comte Enno leur seigneur, il 3*estoit rondement dcsclairé à eulx que son maistre le comte d*01denbourg a voit envoyé vers luy pour veoir si on pourroit accommoder la ville avec Iqv. qu'il laisserai faire k S. M. 1. et aux estais de l'Empire comme ils treuveroienl convenir et que entretant il ne se mesleroy de rien en cette conjoinclure Que sur cela le comte d*Oldenbourg avoit, il y a environ cincq sepmaines, escrit à S. M. I. et conseillé d'envoyer TÀrchevesque ou Administrateur de Magdebourg et le duc Christian de Lunebourg corne directeur et chef du cercle Saxonique Inférieur et Joindre à iceulx le duc Jean Albrecht de Mekelnbourg et une des villes Anséantiques Hambourg ou Lubeck. el qù'oultre cela seroit bon que du cercle de Wesphale Télect' de Ck)logne comme éve^^qoe de Munster et Paderborn y fusse joinct, pour induire ies estais d'Hollande de se retirer et séparer de ceulx d'Ostfrize moyennant le remboursement des Si florins lesquels l'Empereur induyroit lesdicts directeurs du cercle Saxonique Inférieur de persuader les estais dudit cercle de voulloir condescendre au remboursement desdils îg) floryns, ce qu'au dire dudit Pflueg ils pourront aisément faire et en attendre le remboursement aux mesmes conditions que les estais ont accordé. Et pense que par tel moyen on feroit retirer la goarnison hollandoise de hors de loule cestc province. El que toulefoys en cas de refus Tarmée de S. M. I. fusse preste sur les frontières pour y entrer cl faire par force ce que de bonne volonté refuseroient de faire et qu'à cet effecl seroit bon que les impérialistes fissent des magasins dans les villes frontières du païs de Munster ; et pour divertir les forces hollandoises le roy d'Espagne les allaquasse au mesme temps autre part. Et est fermement son opinion que par cest et nul autre moyen (puisque les affaires d'Oslfrize pont venues si avant] on remettra Testât d'Osfrize au vieulx pied come il souloit et doibt estre. Et me conseille de ne faire ultérieure instance devant que la susdite ambassade soit résoluemenl mise en œuvre, que lors ne pourra estre que bon et nécessaire que V. A. y joigne aulcun des siens pour asseurer ceulx d'Embden et le pals d'Oslfrize du bénéfice de la neutralité et de h liberté de leur commerce sur l'Espagne et ailleurs.
Par ainsy suivait son conseil et craignant de faire tort à la réputation de V. A. S. suis résoleu d'aller trouver mons' de Tilly si tost que mon messagier sera de retour et h cela me transporter sur Cologne,
308 GORRESPONDAMÛE DE TILLY.
pour ainsy avancer mon chemyn vers BruxeUes, si enl'retant V. A. ne me commandera aultre chose.
Ledit PAueg m'a aussy communiqué copie d'une lettre que mens' de Tilly at escrille à S. M. I. qui est cy Joincte soirbs le n® 1 1 , en laquelle il fait rapport des services et secours du comte d*Oidenbourg au temps qu il se treuvoit avec l'armée Impériale en son pays.
Ledit Pflueg me dit aussy que le duc Christian de Brunswick se treuve présent^ à la Haye pour se licentier du Palatin Frédrich, de b Palatine et autres, et que ia mère d'iceluy. luy a envoyé un gentilhonmie oomé Jean Egbrecht 'Wesphalien pour Finduire de ne se destenir longtemps illccq ains de se haster vers le roy de Dannemarq aflin que delà ledit roy. son frère Frédrich Ulrich et elle sa mère envoycnt vers TËmpereur pour avoir son pardon et réconciliation.
Il m'a dit aui^sy que non seulemt le cercle Saxonique Inférieur, mais aussy le roy de Dannemarque ayt licentié tous ses gents, tant cealx qu'il avait en son paîs, queceulx- qu'il tcnoit <iu paîs d^Oldenbourg. Il m'asseure que ledit roy est fort affectionné à S. M. 1. et porté grand respect à celle d'Espagne et à V. A. S.
* De Linghen, le M* de febvrier 4624.
P* DE VlSCUERE.
LK COMTE DE TILLV A L IMFANTE.
Retournant du voyage que j'ay fàict en. ces quartiers, j'ay trouvé à Lubeke, au Pays de Minden, des ambassadeurs de la part du prince évesque de Magdenbourg, et des ducqz Frederick Urich et Christian de Brunswich et Lunenbourg, lesquels de cocnmune main monl requis d'informer Vostre Altèze Serenissime (comme je fais Irèshumblement), du pauvre estât auquel se trouvent les possessions de leurs seigneurs et maîtres dans lesquelles l'oii prétend, commence de loger une bonne partie de l'armée qui est soubs la conduicte du seigneur don Gonzalo. Ce que fen puis dire à* Votre Altèze Serenissime avecq vérité, est que toute cette contrée estdesja bien affligée, et réduite à une grande pauvreté, laquelle n'ayant bonnement sçeu croire
par relation, Je Tay apprinse par les yeux en ce dernier voyage, et
* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.
veu i'dpparcntodésolatioD qui suivra celte nouvelle charge, et achevra ce que peut rester après les ravages des trouppes de Mansfeldt et du prince d'Halberstadt et les passages, repassages et logements de cette armée, aussy ne puis-je laisser de représenter à Vostre Allèze Sercnissimc les inconvénients qui peuvent uaistre du roécontentement de ces princes et de Tombrage qu*ils ont deseveoir venir tant de gendarmerie sur les bras, autant que par le desbranlement de celles du dict Mansfeldt ctd'Halberstadt(qui ont entièrement defaicl leurs trouppes). lis espéroien t en estre totalement deschargéz et pouvoir respirer des calamitez passées. Je supplie vostre Altèze Sérénissime d'y faire la réflexion, que selon la prudence accoutumée , elle jugera nécessaire pour le plus grand bien et repos de TËmpire et du publicq, et de vouloir bénignement entendre ce que le porteur d*icelle, député des dicts princes, en dira plus particulièrement k Vostre Âltèze Sereni&simc 11 la quelle baisant avecq touie submission les mains, Je prie le Créateur qu*il la conserve, Madame, en parfaite santé à longues années.
DeV. A. S..
Très-humble et très- obéissant serviteur,
Jean, conte TSi-rclaes de Tilly.
A Lubeke, le 3 de février 46^4.
Très-cher et bien-amé, nous rivons receu vostre lettre du 26 passé, et veu ce que par icelie vous nous exposez touschant le logement des gens de guerre qui sont au comlô de la Lippe, pour à quoy respondre. nous dirons que nous avons donné ordre qu'on s'y accommode à tout ce qui sera posssible au regard du dicl logement, mais je vous prie que de vostre costé vous façsiez le mesme, vous correspondant de ce avecq le comte de Rittberg- qui est par delà.
Et a tant, etc.
Bruxelles, le 48 de février 16il4.
' Archives du Royaume. Liasses de l'audience.
Mon cousin, Jehan de Serclaes après avoir icy servy deax ans a sa Majesté avec toute satisfaction et ponctualité nous a supplié de lui permettre de pouveoir servir sous vostre conduicte et commandement en Allemagne, ce que luy avons non-seulement accordé, mais encore en considération des services de ses prédescesseurs, bien voulu raccompagner de ce mot pour vous requérir de Fa voir en favorable considération aux occasions qui se pourront présenter de son accroissement. Ce que nous retournera a particulier plaisir et estimerons comme de raison.
Priant sur ce Dieu de vous avoir, mon cousin, en sa sainte et digne garde.
A Bruxelles, le 6 mar9 46%4.
Très cher et bien amé, nous avons reçeu votre lettre du 8 du passé, et pour respondre k icelle et k ce que le député y mentionné nous a représenté de la part de ses maistres, vous dirons que le comte de Rittberg, qui est celuy qui a la charge des gens de guerre qui sont logés au pays de Ravensberg et aux environs, a ordre de ne les loger de Tautre costé du Weser, mesme de sur le logement d*icelles de ce costé du dict Weser s*entendre avecq vous, ce que nous ne doubtons il aura faict, en tout cas nous le luy ordonnerons de nouveau afin qu'il ne laisse de le faire. *
De Bruxelles, le 27 de mars 4624.
* Archives du Royaume. Liasses de Taudience. * Ibid.
LE COMTE DE TILLY (jACQUEâ) A L LNFAMTE.
A son Altesse Séréoissiine,
Remoostrc très-humblement le comte Tserclaes de Tilly' que du teiopsde feu TEmpereur Charles , de haulte mémoire, trois des meilleurs pièces et chasteaux de sa maison ont esté brudées par les ennemys de Sa Majesté, à sçavoir Tilly, BalasLpe et Montigny. lorsque Bins etMariemont coururent pareille fortune, et ce en haisne de ce que le père du remonstrant avoit pour lors l'honneur d'estre domestique de la reyne Marie, lesquels chasteaux Vincommodité des temps n'a permis Josques oser les redresser et comme depuis peu il a pieu à. Dieu faire entrer en sa maison le château d'Hesswyck en Campigne par la succession du feu comte d^Ostfrise, dévolue au comte Jean, fils aisné du dict suppliant et nepveu du dict feu comte d*Ostfrise, lequel château avecq ses appendices est un beau bastiment de remarque, enrichy de plusieurs beaux édifices, galeries et basse court magnifiques, de grande valeur et estime, prévoyant que la garnison y establie depuis Texpiration de la (refve, attirera sans doubte une ruyne inévitable et brusiement delà dicte basse-cour, édifices et du chasteau mesme, afin que le malheur qui a ruiné tant d*auUres maisons pour le service de Sa Majesté, puisse estre diverty de celle-ci, il employé ceste sienne requeste k Vostre Altesse Serenissime, lui remonstrant qu'au Jugement de tous entendus au faict de h guerre, la dicte basse-cour et chasteau ne seront trouvez auculnement tenables contre un effort que iennemy y vouldra faire, et qu'avecq 4,500 ou 2,000 hommes, qu il at le moyen en mains d'assembler des garnisons voisines , il peut s en emparer et la brusler et razer pour empescher qu'elle ne serve de retraite k ceulx qui font des courses sur les pays de leur parti, et comme ceste petite commodité qui favorise la retraicle de semblables courreurs est de peu d'importance pour le service de Sa Majesté, pour estre. comme dict est. subjecle h estre enlevée par Iennemy lorsque Tiocommodité qu'il en recepvra l'y fera résoudre, il supplie Yostre Allèze Sérénissime de porter l'œil bening à l'intérest du dict remonstrant et k la conservation de ce château qui seul luy reste entier, afin
* Archives du Rovaume. Liasses de l'audience.
312 GORRESPONDANGK DE TILLY.
qu'il ne courro pareille fortune que ses aullres et luy ai corJer rommo elle a faict h tant d'aullres, plus importantes en pareil cas lettres de neutralité pour le dict château et retirant d'irelluy la garnison po^ée par le gouverneur de Bois-le-Ducq, k condition que Tennemy passe aussy déclaration de pareille neutralité. Que si Voslro Altesse pense eslre du service de Sa Majesté de conserver la dicte |»lace en son pouvoir, le dict suppliant pour le zèle qu il al à Tadvancement du dict service , s'y conformera k toujours d'une très-prompte volonlé , pourveu qu'il plaise à Vostre Altesse de donner tel ordre k la fortiBcation du dict château, basse -court et appendices que la place estant mise en défense puisse estre conservée tant au service du roi qu a l'indemnité du remonstrant, qui ne la peut perdre sans estre intéressé de cent mille cscus et davantaige.
Quoy faisant, etc.
M VKRhRlKEN, MEMBRE DU CONSEIL PRIVÉ A l'i:«FANTE.
Madame,
Le siear de Tilly à présenté à Vostre Altesse la requeste cy-joiate, tendant afin que par les raisons y contenues, Vostre Altesse soit servye d'accorder lettres de neutralité pour le chasteau de Heesv^yck, en retirant la garnison y posée par le gouverneur de Bcis-Ie-Duc, ou bien de donner tel ordre à la fortification du dict chasteau qu'il puisse estre conservé au service de Sa Majesté. Le marquis Spinola ro'ayant faicl ouyr sur la dîtte requeste le dict gouverneur de Bois-Ie-Duc, icelluy est d'advis qu'il ne convient aulcunement retirer la garnison du dict chasteau, pour ce qu'il est entièrement nécessaire qu'il en ayt l'assurance des convoyz, mais que au lieu de cent hommes qu'il y at, il sufliroit d'y en laisser cinquante seulement et que l'on pourra donner ordre que la dicte garnison ne face aulcun dommaige au dict chasteau, auquel advis le dict marquis Spinola se conforme et m'a enchargé de le représenter k Vostre Altesse Sérénissime; et qu'il lui semble que Vostre Altesse pourroit en ceste conformité faire escrire au dict Tilly, sur quoy j'attendray le commandement de Vostre Altesse Sérénissime.
* Archives du Royaume. Liasses de Vaudience.
L* INFANTE AU COMTR DE TILLT (jACQUES).
Très cher el bien amé,
Ayant faict veoir et examiner la requête que vous nous avez faicte touchant la garnison du rhasteau d'Heswyck, nous ne trouvons quelle s'en puisse retirer pour plusieurs considérations importantes au service du roy, mon seigneur et nepveu, et tout ce que je peux faire est de la diminuer Jusques k moictié, parce le dict chasleau sera moins occupé el embarrassé, et cependant nous donnons ordre que les gens qui y demeureront se logent et se conduisent en sorte qu'il n'en resorte que le bien du dict chasleau.
Bruxelles, le iO may 4624.
Très cher et bien amé. Nous envoyons vers vous le sieur de Stabroeck, porteur de ceste pour vous dire et proposer de nostre part ce que vous entendrez de luy. Cest pourquoy nous vous requerrons de luy non -seulement donner entière foy et créance mais aussi faire qu il nous puisse apporter response que nous attendons de vostre zèle et aiïection au service du roy mon seigneur et nepveu.
A Bruxelles, le 46 de septembre 4624.
Madame,
Vostre Altèse Serenissime sera sans doute esbahie de Fimpourveu retour de M' le baron de Samogy et davantage encore que son voyage
* Archives du Royaume. Liasses de l'audience. ^ Ibid. ' Ibid.
a esté inutile ; c estoit à la vérité aussy ma moindre pensée et J'avois bien espéré, que Yostre Altèze eust peu eslre servie, si non pas du régiment entier du coronel Truclises, du moins d*une bonne partie d'iceluy. laquelle Joincte k quelques compagnies que Ton pouvoit lîrer d'ailleurs, feroit IWect de sa demande, comme Je fay advisé à Votre Âltèze par mes précédentes ; mais tout k coup Monseigneur TElecteor de Bavière m*a fait entendre par courrier exprès qui! a des ayis asseurez de divers endroictz. que les affaires de par deçà ne sont tant asseurées que Ton croyoit, et que nos ennemis, notamment Maosfeldt et ses complices trament de rechef quelques nouveaux desseins contre TEmpirc et les princes catholiques et que partant il est nécessaire de retenir le dict régiment de Truchses et encore quelques uns de la cavallerie qui estoient sur le point d^eslre licenciez. Je supplie Vostre Altèze Serenissime de ne prendre en mauvaise part si pur obéir k cesl ordre, le dict s* Baron de Samogy ne lui rapportera que les témoignages de ma bonne volonté et le grand désir quefavoi^de raccompagner des effectz, si elle ne fust esté interompue par Tapparence de ce nouveau danger : duquel je ne doute aussy ou Yostre Altèze Sérénissime aura esté advertie et par sa très pourveue prudence, sraura considérer que la retinsion du dict régiment se fait pour le bien du pubiicq en général et de fauguste maison d'Autriche en particulier, laquelle en sera autant utilement servie par deçà» qu'en nul autre endroict et ceste armée demeurant en estre et en sa vigueur apportera cest avantage aux affaires de sa majesté catholique, que ses ennemis en auront tous de Tombrage, et en seront divertis de plusieurs choses quils pourroient entreprendre lorsquelle seroit afoiblie, et qu'ils n'auroient à craindre de ce costé. I^a confiance que J*ay de pouvoir rendre un Jour quelque plus grand service h Vostre Altèze Serenissime me faict espérer qu elle recevra bénignement mes excuses et permettra que Je luy baise très humblement les mains en qualité,
Madame de
Son très humble et très obéissant serviteur,
JaN, COMTR TSerCLAES 0E Tillt.
A Hirschfeld, le 3 de novembre 4624.
L*INFANTE AU COMTE DE TILLT
Très chier et bien amé, nous avons reçeu la lettre que vous nous avez escript en response de celle que vous a délivré don Martin de Samogy traittant de recevoir k la solde et service du Roy Monseigneur etnepveu, le régiment du coronel Truchses. et vous en sçavons bon gré de la bonne volonté que vous témoignez par icelie, nous remettant quant au dict régiment h ce que vous entendrez du dict don Martin de Samogy auquel nous envoyons ordre de vous communiquer nostre intention et dessein, espérant que par vostre bon moyen se consuyvra la Venue du dict régiment. Cependant nous escripvons pour le passage d'icelluy par les pays de Tarchevôque Electeur de Coloîgne, la lettre allant cy Jointe au dict archevêque, le priant par icelie que de sa part, il veuille donner toute assistance aGn que le dict régiment soit rempli Jusques au nombre que l'on désire, à quoy nous vous requerrons de même de vouloir apporter tout le bon debvoir que vous pourrez, facilitant les difficuletez qui s*y pourroient rencontrer et vous nous y obligerez comme tousjôurs. A tant très chier et bien amé. nostre Seigneur vous ait en sa sainte garde.
De Bruxelles, le 8« de novembre 46i4.
L INFANTE ISABELLE AU COMTE DE TILLT
Très chier et bien amé, nous avons receu vostre lettre du 3 de ce mois par les mains de don Martin de Samogy et entendu Tordre que vous a donné mon cousin le prince électeur de Bavière de ne licencier le régiment du coronel Truchses pour les apparences de nouveaux remuements qu il y a en Allemagne, nous eussions estez bien ayse que le dict régiment se fut licencié pour entrer au service du Roy monseigneur et nepveu, selon que Ton a voit traicté et le dict prince électeur ]a donné les ordres, ainsy que raporta icy le comte Godfroid de Bergh et en conformité de quoy, nous avons envoyé le dict don Martin de
< Archives Royaume. Liasses de l'audience. * Ibid.
Samogy pour le recevoir à la solde de Sa Majesté, mais. cela ne s'estant peu consuyvre à cause de Tordre que vous avez eu et pour les raisons que vous alléguez, Nous avons trouvé expédient de requérir nostre bon cousin l'archevêque électeur de Coloigne, de permettre^ mesme donner toute assistance aGn que du régiment du corouel Blancart, que Ton licencie se reçoivent à la solde de sa majesté six compagnies qui seront libres et hors de régiment, et les accroissant les capitaines au plus grand nombre qu'ils pourront et sur TasseuraDce que nous prenons que le dict archevêque électeur Jie le nous refusera, nous remettons à lui d*en nommer les capitaines que bon luy semblera, luy envoyant à cest effect six patentes les noms en blancq, c'est pourquoy et pour la confîance que nous faisons de voslre bon zèle el volonté k tout ce que concerne sa dicte majesté et de ce que vous nous en tesmoignez par la dicte lettre, nous avons bien voulu vous faire la présente, vous requérant bien instamment de tenir la main de vostre coslé que les dictes six compagnies se recepvoivent à la dicte solde et qu elles viennent servir en cesle armée avec asseurance que nous nous tiendrons pour bien obligez k vous de ce que vous aurez apporté de votre part k TefTect susdit. Pour vous gratifier en toutes choses qui vous pourront concerner particulièrement, nous vous remercions du portrait de sainte Elisabeth que vous nous avez envoyé que nous estimons grandement.
I De Bruzellefti 4 6 novembre 4 694.
Isabelle, etc.
Très cher et bien amé. Nous avons advis certains d'An-
gleterre que le roy du dit Angleterre et ceulx de son conseil d'Eslat ont envoyé ordres aux lieutenans des provinces d'icelluy royaulme. afin que chascun d'eulx en son district procurast de lever incontinent les gens qu'on luy* a ordonné, dont le nombre tout ensemble sera de douze mille hommes, selon que vous verrez par les copies des ordres du dit roy et de son conseil allans cy-Joinctes, et qu'Ernest de Mansfeldt formera de la dite trouppe et quelques aultres françoises et allemandes une armée et la mettra sur pied dedans peu de Jours (dont le dit roy l'a déclaré général) pour avec icelle tacher de récupérer les
* Archives du Royaume. Correspondance historique, t. 5, fol. 94.
estatz du Palalin, et combien qu'il y a eu bruit , lequel Ton tencit peur aseeuré, que le dit Mansfeldt s*estoit noyé k son retour de Zelande avec un batleau du dit roy, si est-il neantmoihs certain qu encore que le dit batteau soit péry avec plusieurs personnes, le dit Mansfeldt s'est sauvé dedans une petite barque, et arrivé le xv^ de ce mois en ÂngleterrOr où il est maintenant, et qu'ainsi il. procurera d'effectuer incontinent ce que dessus. Dont il nous a semblé vous advertir^ par la présente afin que vous sceussiez comme se' passe, et quant et quant vous mettre en considération combien il sera préjudiciable à l'Empereur et aux princes catholicques de TEmpire, que cest ennemy forme une armée et se maintienne avec icelle sur le prétexte et fundemenl susdit, et avec l'assistance de tant de costetz, et qu'il en pourra suyvre plusieurs grands dommages, attendu mesmes que plus longtemps il se maintiendra avec armée en pied, plus elle yra croissant, c'est pourquoy, convenant de penser en temps aux moyens de prévenir tout 'inconvénient, nous vous exhortons et enchargeons bien à certes de considérer les expédions qui vous sembleront propres à ce faire, et. nous en adsvertir, mesmes de suivre ou faire suyvre le dit Mansfeldt avec les gens de vostrc charge, dez incontinent que vous entendrez qu'il ait quelques gens ou armée ensemble, pour t&cher de le rompre et deffaire comme rebelle, et ennemy déclaré de l'Empire et sur quoy nous désirons d'avoir incontinent votre response. A tant, etc. De Bruxelles, le 22 de novembre 4624.
Au comte TSerclaes, seigneur de Tilly.
KXTRAIT d'une LETTRE DE M. LE COMTE d'aNHOLTIa SON EXCELLENCE DD 7