DE DÉCEMBRE 4624, DE WARENDORF
Depuis ce temps, les Holiandois et ceulx de Brandenbourg ont passé |a Lippe à Dorsten, avec un nombre de cavallerie et infanterie, six pièces de canon et cinq cents charripts, mais le nombre des gens de guerre m'est rapporté diversement , encores que messieurs de Munster m'avisent de six ou sept mille hommes, ce que malaisément je puis croire. Je supplie Vostre Excellence très-humblement qu'il luy plaise in*envoyer ce que cy devant fai requis à icelle.
* Archives du Royaume. Liasses de raudience.
TILLT. 11. ' Î4
Sis CORRESPONDANCE DE TILLT.
Je suis aussy adverly que les Hotlaudois auroient entrepris sur la ville de Dortmund, lesquels J'ay semonce de leur debvoir çéripusement. Enfin il faut bien qu ils ayent quelque entreprinse de considération à la main, car pour les places qu il y at au conté de la Marche, il» nont nullement besoiog de Tattirail qu ils meioent.
LE COMTB OB TILLT A L INFANTE.
Leé lettres de yostre Âltèze Sérénissime, du 4 6 et 82 du passé, me sont esté délivrées tout en un mesme temps, et un peu tard à cause qu'elles ne m'ont rencontré au quartier, j*ay veu ce qu'il a pieu à Yostre Âltèze Serenissime, me mander par le contenu d^icelles et particulièrement ce qui touche les desseins de Mansfeldt, et larmée qu il doibt former , et mettre sur pied dans peu de Jours, pour tascher de récupérer les Estats du Palatin. Sur quoy comme vostre Âltèze m exhorte et encharge non-seulement de Tadvertir de expédiens qui me sembleront propres pour prévenir tout inconvénient, mais aussy de suivre et faire suivre le dict Maqsfeldt avec les gens qui sont à ma charge des incontinent que J'entendray qu'il ait quelques geos ou armée ensemble, Je diray à Vostre Âltèze que J'ay bien ordre des princes mes mailres de m'opposer au dict Mansfeldt et l'attaquer et poursuivre là et ainsy que les occasions s*en présenteront, auquel effect, Je tiens ceste armée allerte et apperceue, mais comme il est incertain où il dressera la sienne, et désembarquera ses trouppes angloises et que les lieux qui lui sont plus propres à cest effet, sont tant esloignez que devant que J'y pourrois accourir, il aura faict les premiers exploits que l'on appréhende : aussy qu'à cest instant me vient Tadvis dont extraict va ci-joinct, que les HoIIandois avec bon nombre de cavallerie et d'iqfanterie, six pièces d'artillerie et cinq cenls charriots ont passé la Lippe à Dorsten et marchent en ça sans que Ton sache leurs desseings, lesquels avecq apparence pourroient eslre de venir droict à moy ou de se fortifier au comté de la Marche ou bien d'aller passer le Rhin à S^ Gervan et se Jeter au Palatinat, Je ne voy que Je puisse bien asseurer Vostre Âltèze de ce que Je pourray faire Jusques à ce que j'aie receu plus particulièrement ordre de monseigneur TElecteur de Bavière, lequel J ay amplement informé de tout.
^ Archives du Royaume. LiaBses de l'audience.
GependaDi Je ne faadray de m'apprester et disposer, pour avec toute promptitude satisfaire k quelconque commandement qui me pourrait venir et supplie Vostre Altèze que comme je ne manqueray de faire enleodre à icelle ce qui se passera en ces quartiers^ Je puisse aussy estre adverti de temps k aultre des occurences de pardeçà. Monseigneur TElecteur de Goloigoe aura sans doute donné part à vostre Altèze Serenissime des grandes raisons qui ont meo les princes de Fanion de ne licencier le régiment du coronel Blanckart, non plus que les aultres, s'augmentant toujours de plus en plus les apparences de nouveaux troubles et remuements qui me tiennent comme en suspens, et ne me permettent de ro^eslargir k tout ce que bien je désirerois pour le contentement de Vostre AUèze Serenissime. Je baise très-humblement les mains d'icelle et prie le Créateur de la conserver,
Madame,
en parfaite santé et prospérité k longues années.
De V. A. S.
Très-humble et très-obéissant serviteur,
JaN, conte TSbECLABS de TlLLT.
A Uirsfeldt, le i^ de décembre 46)4.
Madame,
Monseigneur Télecteur de Bavière m'a faict scavoir quil a traicté et convenu avec Tambassadeur do V. A. S. touchant la conjonction des tronppes de Sa Majesté Catholique avecq celles de cette armée, et le réciproque secours quelles doivent s'entredonner pour poursuyvre Mansfeldt, et empescher ses desseins et entreprinses. mWdonnant de me correspondre avecq V'« Al** Ser*** sur ce subjeci et de Tassister tout ce que Je pourray, au cas quelle fut attaquée par ledit Mansfeldt. Je n'ay voulu manquer d'en adtertir incontinent V'* Al'* Ser"*'et de Tasseurer de ma promptitude, et comme pour venir au bien que Ton peoll espérer de cette société d*armes, il est nécessaire d'en concerter au plus tost les expédions, et ce que nous debvons mutuellement ailendre les uns des autres, Je supplie bien humblement V" Al** Ser
* Archives du Royaume. Correspondance historique, tome 5. fol. 424.
ma
320 CORRESPONDANCE DE TILLT.
de me faire entendre avecq Thonneur de ses commandemens, ce quelle Juge des desseins dudit Mansfeldt, les moyens de les interrompre e( empescher, la quantité des irouppes qu'elle pourra Joindre à cesl eflect, et quel chemin Je debvray tenir, où passer le Rhin, d'où tirer les vivres pour celles que Je meneray, qui pourront monter k quelques dix mille fantassins et environ trois mille cincq cens chevaux, et s'il faudra passer bien avant aux Pays-bas, V*« Al? Ser"* sera servie de m'escriaircir de bonne heure de sa roy-ale volonté, et de ce que j'aurey à faire, considérant que J'auray besoing d^un mois de temps pour assembler mes trouppes, signament celles* qui sont devenu Basle, et d un autre, pour en cette incommode saison faire un si long voyage. Au reste. Je né suis sans arrière pensée de quelque intelligence des Hollandois avecq le Lantgrave Maurice de Hessen, et des progrès que lors que Je m'esloigneray, ilz pourront faire au comté de la Marcq, car bien que le gros de leurs gens s*en est retiré, ilz ont laissé bonnes garnisons dans Vnna, Gamen et Luhen, et fortifient lesdiles places, mais soubz le nom de Télecteur de Brandebourg ; ce qui ni*empescbe de m*y entre mettre* avecq le remède, qu'autrement, moyeunant le consentement de mes maîtres, il me seroit facile d'y apporter. J'atlendray ce qu'il plaira à V'^ Al** Ser"« de me commander. Priant le Créateur,
Madame,
De la conserver en parfaite santé» et de combler ses zélées intentions d'une heureuse issue.
DeVAl-
Très-humble et très-obéissant serviteur,
Jan, conte TSerclaes ue Tillt. A Hirsfeldt, le 24 de Déœmbre 4 624.
ISABELLE AU COMTE DE TILLT
Très cher et bien amé,
Nous avons recea vostre lettre du 42** de ce mois et pour response TOUS remercions beaucoup de fois de ce que vous nous dictes par
* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.
icelleé^, nous as^eurant que voas recepvant ordre du duc de Bavière d envoyer des gens par deçà ou d*y venir avecq celles de vostru charge, que vous le ferez tout aussitodt ce dont nous vous prions bien instamment, vous advertiss^nt que les nouvelles que nous avons d'Angleterre sont, qut l'on y donne fort grande baste k la levée des gens de guerre, que pour le quatrième du mois prochain, Ton les prendra à monstre et que l'on tient qu'elles passeront mcontinent après vers Calais ou Bouloigne en nombre de quinze mille hommes de pied avecq une compagnie de cinq cents chevaolx que le roy dudict Angleterre fatct aussy lever avecq lesdictes gens.
. firuxellçs, le 30 de décembre 4 624.
l'infa.nte au comte ue tillt.
Très chier et bien amé,
Nous avons receu vostre lettre du 27 du passé : nous doubtons vous aurez depuis eu ordre du prince électeur, ducq de Bavière d'envuyer une bonne trouppe d'infanterie et cavalerie de l'armée estant à votre charge vers le Pays de Liège pour conjoinctement avec les gens que nous faisons joindre (desquelles nous ne p<iurroos encore sçavoir le nombre) et celles que l'Empereur fait marcher en deçà, tascher de deffaire et rompre Ernest de Mansfeldt, lequel selon les advis que nous recevons se va donnant grande baste et entrera de bref en ces p^ys, pour passer vers l'Allemagne, c'est pourquoy nous avons résolu d'envoyer par deçà le comte Ottavio Sforza Yisconti. porteur deceste, pour haster le venue des dictes gens, lesquelles si vous n'avez desja envoyé, nous vous requerrons et n'enchargeons bien instament de les envoyer incontinent et sans perdre une heure de temps, leur ordonnant de marcher avec toute la diligence qu'il se pourra faire humainement puisqu'il importe tant à tous de tascher de rompre Mansfeldt avant qu'il entre sur l'Empire oh ses forces s'augmenteroient comme se peult considérablement, et quant à l'assistance réciproque qu'il nous fauldra donner pour secourir l'Empire, l'on peut eslre asseuré que nous donnerons toute celle qui sera possible comme nous l'avons plus particuliè-
* Archives du Royaume. Liasses de l'audience. 42 janvier J625. '
rement déclaré au dict ducq de Bavière, ce que vous enleudrez du dict comte Sforza. Au demeurant, nous estimons beaucoup la bonoe volonté que témoignez avoir aux affaires de par deçà, et aurons toujours favorable souvenance pour vous donner. toute satisfaction.
De Bruxelles, 12« de janvier 4625.
ISABELLE AU COMTE DE TILLT
Très cher et bien amé,
Nous avons reçeu vostre lettre et vous remercions bien fort de la bonne volonté que vous tesmoignez par icelle et de Tordre plus précis que vous dictes avoir donné et que vous donneriez encore au comte d*Anbolt afin de venir par deçà en toute diligence avec les gens qu'il a à sa charge. Nous estimons en ce grandement vostre bonne volonté et en ce que de plus en contient vostre dicte lettre pour en avoir tousjours en ce qui vous concernera la favorable souvenance que de raison.
Depuis que nous vous avons adverty de la lettre que nous avons reçeu d'Ernest de Mansfeldt et vous fait part du contenu d*icel)e et qu'il demande passage par ces pays vers Allemaigne, ce que doos ne luy accorderons jamais pour quelle raison que ce Qoit. et signamont pour ce qu il dict que c'est pour aller faire la guerre k FEoipire, Noos avons eu advis que Ton tient estre certain que le dict Mansfeldt a embarqué toutes les gens de sa charge et qu'il débarquera de bref, si Ja, il ne Ta faict aux environs de Calais où l'attend la ca.vallerie française pour se Joindre avec luy , et qu*il entrera en ce pays pour passer vers Allemaigne et comme importe tant que Ton procure de le rompre icy avant qu'il se joigne avec plusieurs aultres qu'ils sont attendans en Allemaigne, ce qui me seroit sinon de très grand préjudice, comme vous pouvez bien considérer, nous vous requerrons derechef le plus instamment et sérieusement que nous pouvons, où il y va si largement de l'intérest d'ung chacun en donnant non-seulement ordre que sans aultre délay et en toute diligence le dict comte d'Anholt s'achemine par deçà, mais en vous approchant aussy vous-même
* Archives du Royaume. Liaaaes de Taudience.
des pay« de par deçà et frontière d*icenlx avec le reste de Tarméo estant à vostre charge pour pouvoir poursuyvre cet ennemy commun avec plus de forces s'il estoit de besoing. en quoy. par dessus lo bien qui en résultera à tout TEmpire, nous estimons grandement que vous y donniez la chasse que le cas le requiert, nous vous enchargeons itéra tivement de faire. Cependant nous vous advertirons particulièrement de tout ce qui se passera, et à cest effect, il sera bien que vous nous alliez aussi advertissant des lieux où vous vous trouverez et de ce qui vous occurrera et semblera afin que tant mieulx et plus unanimement que Ton puisse accourir à ce qui sera âe besoing.
De Bruxelles, le 4«r de février 4625.
LK COMTE UETILLT A LIiNFAMTE.
Madame.
J'ai hier soir reçeu celle de Vostre Âltèze Serenissime du premier de ce mois, par laquelle il luy a pieu me donner part des ultérieurs advis qu'elle a de Mansfeldt et que Ton tient pour certain qu'il aoroit embarqué toutes ses gens, et qu il desbarqueroit de bref, si ]à, il ne la faict aux environs de Calais. Sur quoy le louable seing que Votre Âltèze Serenissime porte pockr le. bien publioq lui faict désirer que non-seulement le comte d'Anholt (lequel comme je tiens sera desja bien avancé avant l'arrivée de ceste) mais aussy moy, avec le surplus de l'armée, m'approche en toute diligence des Pays-Bas et frontière d*iceulx. J'ay désormais tout mon attirail et mes trouppes prestes et apperçeues à cest effect et ne faudray de partir au plustôt, ne voyant qu'il y ait chose qui me puisse empescher d'y accourir avec la promptitude qu'il convient, que le manquement du pont dont j'ay desjà escrit à Vostre Altèze Serenissime, ou que la continuation de la gelée, laquelle commence icy «nsprement, nous este tout à faict le moyen de nous en servir, Je supplie autrefois Vostre Altèze d'ordonner qu'on le face descendre Jusques à Coblentz où Je voudrois passer le Rhin, et de croire que partout possible debvoir, Je tascherai de seconder ses
* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.
324 GORRESPOMDANGB DE tlLLY.
boDoes intentions , ne soohaittant rien pins que de contribuer mes services aa bien commun et de lempire et de demeurer k jamais
Vostre
Jan, conte TSerclaes de Tillt.
ÂHirsfeldt,9féyrier4625.
L INFANTE AU COMTE DE TILLT
Très chier et bien amé,
Nous avons reçu vostre lettre du 9 de ce mois ayant esté fort ayse de veoir que vous dictes que tout vostre attirail de trouppes sont prestes et que vous ne manquerez de partir au plus tost pour vous approcher en toute diligence des pays de par deçà sans qu il y ait chose qui vous empesche de le faire avec la promptitude- qu il convieDl. Pour le manquement du pont, ce à quoy ayant donné Tordre que nous vous avons mandé, nous vous assèurons que ceste ne sera cause d*aolcun retard à vostre passage* nous vous aurons fort grand gré du zèle et affection que vous tesmoignez au bien de la cause commune fit à toutes occasions nous tascherons de vous faire paroistre combien est grande l'estime que nous en faisons. Ce que Jusques ores, nous avons sceu de Mansfeldt est qu il avoit ammenè des trouppes devers Zendnlinsgen sans qu on puisse encore connoltre quel est son desseing. Les ad vis, que nous avons reçu du comte d'Ânholt sont que le 47 de ce mois ils seront logez au village de Hungsen entre Juliers et Maeslricht. Les régiments du comte Colalto, Cratz et Slrozzi suyvant lesadvisqoe nous avons reçeu du gouverneur de Maestricht du 48 de ce mois estoyent lors encore à deux ou trois Jours du. dict Maestricht.
De Bruxelles, le 20« de février 4625.'
> Archives du Royaume. Liasses de l'audience.
l'infante au comte de tilly.
Très chier et bien amé,
P^r aultre lettre nostre du 42 de ce noois sur les advis y mentionnez^ nous vous avons mandé que nous avons trouvé convenir que vous vous acheminiez incontinent avec toutes vos gens vers Bracht et environs entre Ruremonde et Venlo et comme depuis lors nous n*avons eu nouvelles que vous vous y soyez achesminé, nous vous faisons ceste itérative vous requierant et enchargeant de ne vouloir laisser de vous rendre au plustot vers le dict Bracht. D*où mesme que de la vous pourrez en tout cas accourir et empescher le passage au dict Mansfeldt vers le Palatinat, puisque au moyen du pont sur le Rhin kRhimberg (que nous faisons faire) quand le dict Mansfeldt vouidra monter en hault, vous pourrez vous opposer incontinent et y arriver h temps avec vos gens, en quoy vous serez aussy assisté de Tarmée qui est sur Breda de tout ce qui sera possible, et pour estre le dict poste de Bracht sur la Meuze vous y aurez tousjours grande commodité de vivres.
De Bruxelles, 28 mars 4 626 . #
ISABELLE AU COMTE DE TILLT
Très chier et bien amé,
Nous avons receu vostre lettre et pour response vous dirons, que estant la gendarmerie du Roy d'Angleterre et partie de celle du Roy de France par deçà, il n'y a aulcune sorte d'apparence que le dict Roy de France commencera seul la guerre au palatinat, et quant k ce que vous dictes de ce que vous traitez avec les Estais de Hessen, comme nous n'en savons aultre particularité, nous n y saurions aussi respondre particulièrement, mais en tout cas, nous vous requerrons
* Archives du Royaume. Liasses de Taudience. ^ (bid.
très iDstamment que si vous pouvez vaincre cette difficaleté, vous veniez vers la Meuze, commo nous vous avons escript, tenant y aller en ce grandement du service de TEmpire et de la Ligue catholique. Au cas qu il vous semble ne le pouvoir faire, nous vous requerroDS d*y envoyer au moins quelques gens, pour, et si vous trouvez bon. ao lieu de les faire aller vers la Meuse, les envoyer vers Wesel où elles pourront couvrir le pays de la Marche, nous remetlant k vous de ce faire ce que vous Jugerez pour le mieulz.
A Brtixelles, le 4« d'avril 46^5.
l'infante ISABELLE AU COMTE DE TILLT.
Très chier et bien amé,
Nous avons receu vostre lettre et ce que nous vous pouvons dire pour responce, est qu'on ne vous a bien informé de Mansfeldt, d*aultant qu il n*est devers le Rhin, ains engagé avec les HoUandois ï qdb grande heure de siège de Bréda et que vous pouvez vous tenir asseuré que s'il s'achemine vers TEmpire, l'on envoyera derrière luy plus grand nombre de gens sans comparaison qu'il n'aura avec luy, c'est pourquoy nOus vous requerrons de vous mettre en repos et de vous conformer k ce que vous aurez entendu du coronel Laurent Delmaestro.
Vous advertissant que nous avons donné ordre au gouverneur Jehan Gonzalez qu'il tienne prestes toutes choses nécessaires poar faire le pont k Rhimberg ou k Wesel, toutes les fois que besoing sera.
Bruxelles, le 9* de may 4625.
TILLT A ERNEST DF. LYNDEN, FILS d'ucRMAN DE LYNDEN, BARON DE REElfleW-
Monsieur,
Le blâme d'ingrat que par la vôtre du dixième du passé vous avez voulu témoigner être incompatible avec votre courtoisie natureUet me
} Arch. du Royaume. Liasses de l'aud. * Batkens. Trophées dv Brabant.
seroil DaturellemetU deu, si Je manquois de rendre a la mémoire de fea M. voire père, les louanges qu il s est acquises par sa valeur et de publier les signalés services qu^l a rendus k ses princes, notamment avec sonrégiment Liégeois, au recouvrement du pays de Cologne ; en laquelle occasion ayant eu F honneur de porter son drapeau colonel, je puis attester avec vérité, comme témoin oculaire, que par sa bonne conduite, le dit régiment a presque seul recouvré tout le dit pays, et fait teste et repoussé le prince Casimir Palatin. Ce témoignage est bien le moindre des reconnaissances que Je dois à sa dite mémoire pour l'apprentissage que J'ai fait soubz ses commandements de la profession d'armes, en laquelle vous croyez que Je tiens présentement quelque rang. S'il est ainsy. J*en rapporte l'honneur à celui qui m'y à fait ouverture, et si Je n'ay sceu faire paroitre dignement ma gratitude pendant sa vie, J'en transfère l'obligation à ses héritiers et à vous principalement qui 1 allez, etc.
Votre très-affectionné serviteur,
Jean, contk dr Tilly.
A Hirsveldt, le 47< de may 4695.
Madame,
Je n ay deu manquer de communiquer k Vostre Altèze sérénissime la suicte des divers ad vis qui me viennent des apprelz de guerre, et de l'armée du roi de Denemarck, laquelle est désormais si avancée, que l'on n'attend plus que la sortie en campagne pour esclaircir lopi* nion que I on a communément que ses desseins sont d'entreprendre contre TEmpire, ou les princes et Estais d'icellny. Ce qui m'oblige de me renforcer le plus que Je puis et signamenl des régiments des coronels Schmidt et Cortenbach. qui se trouvent présentement de l'aullre costé du Rhin, afin que Je puisse lui faire leste, et m'opposer à ses entreprinses, lesquelles me sont tant plus suspectes que Ton n'en a Jusques maintenant sceu pénétrer le secret, et pour en Juger des ^ rences, Tintelligence qu'il a avecq le coronel Ghendt et ceux qui se
* Archives du Royaume. Liasses de Taudience.
328 CORRESPONDANCE DE TfLLY.
réclament du parly de FËlecteur de Brandenbourg aux corniez delà Marcq et de Ravenspergh, me fait présumer que son intention poarroit estre de se venir placer aux dicts comtez. et au Stifl d*Osnabrugh où Mansfeldt le pourra quant et quand aller joindre sans empescbe» ment; ou bien comme ceux de Breda s'opiniastrent contre tant dmcommoditez, vraysemblabiement sur Tespérance des secours^ il pourroit estre que le dict roy de Denemarck, qui a desja par diverses fois envoyé des gens aux HoUandois, et affectionné comme Ion sçait leurs intérêts, entreprist de les assister en cette occasion tant considérable, mandant son infanterie par eau, et passant avec la cavallerie par la Twente. au secours de la dicte ville.
Toute fois le premier dessein est plus apparent, et quelconque soit celhuy qu*il s*cst proposé, Je m'asseure que Yostre Altèze Sérenissime trouvera tant plus raisonnable que Je me serve des deux régimeots susdicts, qnil importe de rompre sy faire se pourra, les premiers efforts du dict roy de Denemarck, de quoy dépend une grande partie des ultérieurs succès des affaires de TEmpire ; aussy s*estant la chalear du François de beaucoup refroidie, comme on me le mande, et leurs troupes tellement diminuées, que celles qui se trouvent à présent sur la frontière, semblent estre plus tost pour défendre que pour attaquer, le palatinat n est apparent de rerevoir aucun inconvénient du parlement des dicls deux régiments, et sy d'aventure il y survenoil quelque danger, le nombre d'infanterie et de cavallerie que l'on pourra Joindre en tel cas. ensuite de la proposition de Monseigneur TEIecteur de Bavière, pourra entretenir fennemy jusqu à autre secours, lequel j*y donneray toujours avccq le plus de diligence et de forces que faire se pourra. Je supplie aussy très humblement Vostre Allèze Sérenissime d'avoir lesgard qu il convient, k ce que mon dict seigneur TEIecleor luy escrit touchant les trouppes impériales, afin que ne soyons frustrez de cette assistance qui nous est tant nécessaire et h laquelle nous nous attendons confidemment en conformité de Tasseurance qu il a pieu à Vostre Âltèzc Sérémssime nous donner que les dictes trouppes avecq celles du comte d*Anholt et le secours qu elle y Joindra, iront à la soile de Mansfeldt. lorsqu!il voudra passer en FEmpire.
Je baise en toute humilité les mains de votre Altèze Sérenissime, demeurant à jamais,
Madame, Vostre très-humble et obéissant serviteur,
Jan, comte T'Serclaes de Tiixv.
A Hirsfeldt, le %9« de may 4625.
LE COMTE DE TILLV A L I MUANTE.
Madame,
Je ne doibs manquer de conlribuer mes ressentiments particuliers à Talégresse commune de l'heureuse issue du siège d:î Bréda, de laquelle Je donne à Yoslre Âitèze Sérénissime le parabien, en toute deue submission, avecq souhait que la gloire des armes de sa majesté catholique s'accroisse de plus en plus par une suite de semblables succès; et comme par cette occasion Mansfeldt s'est séparé des Hollandois et selon les advis que j'ay, se trouve desja au passage du Rhin pour infester FEmpire, lequel d'autre coslé n'est de rien moins asseuré que des desseins du Roy de Danemarck qui, k ce qu'on m'a mandé, est sur le point de sortir en campagne, j'oseray ramentevoir à Vostre Allèze Sérénissime, les asseuranres qu il luy a pieu nous donner, de nous assister non seulement par le renvoy des (rouppes impériales ou du comte d'Anholt, mais aussy par son secours, lequel Je supplie Yostre Âitèze Sérénissime, de nous départir avec la promptitude qu'elle Jugera convenir au bien des affaires de sa majesté impériale et dû publicq et à la conservation des princes et Ëstâts dévots et affectionnez à son service, priant le créateur,
De conserver Vostre Altesse Sérénissime en parfaite santé à longues années,
De Vostre Altesse Sérénissime,
Très-humble et très-obéissant serviteur,
Jean, comte TSerclaes de Tilly.
A Warburg, le 45» de juin 4626.
* Archives du Royaume. Liasses de raudience.
LE COMT£ DE TILLV A L INFANTE.
Madame,
A la suite de laot d'indtances faicles aaprès de Vostre Altèze Sérénissime de boache et par lettre de Ja part des princes mes maîtres, touchant le renvoi des troupes impériales et le secours promis, fenvoie encore vers icelle le présent porteur Louis van Jserlich, coDSeiiler de monseigneur TËlecteur de Bavière et auditeur général de celte armée, pour luy représenter Testât de nos affaires, et solliciter autrefois Tacrélération du dict secours. Suppliant Vostre Altèze SéréDlssime de Tentendre bénignement, et de donner entière foy et créance ï co qu il luy rapportera et d*y avoir Tesgard qu il convient au bien de toute TEmpire en général et de Tauguste maison de Vostre Altèze Sérénissime en particulier. Je baise en toute humilité les mains de Vostre Altèze serenissime et prie le créateur,
Madame,
De la conserver en santé longuement et heureusement,
De V. A. Ser.
Très-humble et obéissant senriteor,
Jan, comte TSerclaes de Tillt.
De Bitevelt, le (6 de juin 4625.
Isabel Clara, etc.
Très chier et bien amé. Nous avons receu la lettre que vous nous avez escript le 29 du mois passé, touchant les régiments de Schmidt et de Corlenbach, à quoy nous ne ferons aultre response, ain« nous dirons que comme les gens du marquis de Brandenbourg ont occupé
* Archives du Royaume. Liasses de Taudience. * Ibid.
quelques places du pays de la Marck et de Ravensbergh, que par occasion que vous êles par delà avec vos trouppes, que vous veuilliez procurer de prendre les dictes places, et les remeclre soubs l'obeyssance du ducq de Neubourg, comme vous dira plus particulièrement le comte Sforza, porteur de ceste, et les importantes raisons qu'il y a de ce faire, sur lequel partant nous nous reroectons, vous requérant de lui donner en tout ce qu'il vous dira, entière foy et crédence. Et tant, très chier, etc.
Breda,25juing4625.
AU S' DE TILT.
Isa bel, etc.
Très chier, nous avons receu la lettre que vous vous avez escripte et veu tout ce qu elle contient, à quoy nous ne ferons aullre responce. seulement nous vous prierons d'envoyer de vos gents au Palatinat Inférieur, en lieu desquelles Don Guilhermo Verdugo a ordre de vous envoyer des siens desquels vous vous pourrez servir commeides vostrès et mesme pourront procurer de recouvrer les dictes places, comme vous dira plus particulièrement le comte Octavio Sforza Yisconti, porteur de ceste, èi qui vous pourrez donner entière foy et créance, en tout ce qu il vous dira de nostre part, etc.
Breda,le26juing46i5.
Isabel Clara Eug* par la grâce, etc.
Très chier et bien amé. Nous avons reçeu vostre lettre du 45 de ce mois et veu par icelle combien vous vous estes resjouy de la prinse de Breda. Nous vous remercions beaucoup de fois de ceste signification
* Archives du Royaume. Liasses de l'audience. ^ Ibid.
de bqnne volonté en nostre endroict et au bien de h caose commQne. Et quand k ce que vous dictes des trouppes impériales et de la Ligoe catholique, aussi de quelque secours, comme le Ducq de Bavière now a escript sur le mesme subject, nous vous envoyons cy Joincte la response que nous luy avons faict, afin que vous voyez le conteneu, auquel nous nous remectons. Priant Dieu de vous avoir, très chier el bien amé, en sa s^* garde.
De Dreda, le 29 de juing 4 625.
SUBSTANCE DE LA LETTRE DU COMTE DE TILLT AU ROT DE DENNEM4BQ DATÉE A BILLEFF.LD LE 30 DE JUING 4625.
Qu'il scroit manifesle et cogneus a un chacun, les grandes préparations et levées des gens de guerre, que le dit roy faict d*une part et d*aultre ; et s'apprest à une guerre publique.
Ores combien que le d' comte se ressouviendroit bonnement de la déclaration, offre, et protestations tant dudit roy que du Cercle de la Saxonie inférieure, faicte et donnée à Sa Ma^^ Imp^* de ne voulloir tremper èk troubles de Bohème et aultres guerres de là ensuyvyes quoy que provocquez et incitez ; ce que donne espoir audit comte que ce roy et cercle continueront en ceste louable intention, dévotion et obeyssance envers FEmpereur et le s* Empire.
Mais comme ces préparatifs, levées, monstres, assemblées et aultres apprests continuels, visants bien loing, n'ont aucune fin; et se ressoovenani ledit comte parmy cecy, du serment faict et pfesté à Sa Ma^ Imp** et aux estats obeyssants, de vouloir surveiller sur ces et semblables levées et préparations, et prévenir au possible à icelles, Par aiosy auroit ledit comte voullu en toute humilité ressouvenir ce roy, de ceste dévotion et loyauté envers FEmpire, ne voulant doubter quicelly comme potentat haultement renommé et membre principal de l*Empire preposerat tousiours le bien et salut de TEmpire de la nation germanique à peultestre quelques passions privées et sinistres impressions.
Et encor que ledit comte ne veult prefiger aulcune mesure aux actions dudit roy, ne luy estant cela aussy Jamais venus à la pensée; scachant de même que les accordats du s* Empire portent, que les
* Archives du Royauoiie. Secrélairerie d'Etal allemande. Correspondance de Wallenatein et deTilly, tom. II. N« 446.
cercles 8e mettent (le cas requérant) en deus préparaûfs : si est^il que ceî* très grandes levées, metteroyent Sa Ma«* Iin^*» et les estatz obcyssants, si comme en une mesfîance ; veu que l'on ne scauroit à parler d^aulcun attentat hostil, ou emprise ennemye et que par ainsy Foo ne scauroit imaginer k quoy ces grands apprêts butteroyent. Car pour ce qui concerne Sa Ma*^ Imp*^ et les estais obéyssants, ledit roy en seroit encor nouvellement esté suffisamment asseuré, qu on le laisseroit, deifendroit et mainliendroit en la pais profane et de la religion.
De Mansfeldt ne debvroit hdit roy et cercle craindre aulcune hostilité, puisque Sa Ma*' Im** se treuve assez puissante de moyenante la grâce divine résister k cest ennemy.
Que peult eslre les gens turbulents vouldroyent causer quelque ombrage audit roy k raison des cosaques (sic} qui sont arrivez aux fron tiers de la Silésie.
Sur quoy il asseure ledit roy, que si Ton ne donne occasion k Sa Ma*' Imp*« de servir de ses forces croatiques, que luy le roy et le cercle en seroyent totalement affranchys de ce costé.
Ce pourquoi, n'y ayant aulcune offension, ni occasion de se mettre en tels apprests de guerre, Sa Ma*' Im^* auroit Juste occasion, k diverses pensées, que seroyent d'autant augmentées, puisque Ton roesleroit le cercle de la Saxonie inférieure a si grands despends pour le sujet de ces appareilles et singulièrement parce que Ton vouldroit obliger les estats dudit cercle de contribuer contre leur volunté aux fraiz de ces préparations de guerre encore qu'il n'y auroit nouvelles d'aulcan ennemy ou offension, qu'il ne se pouroit aussy alléguer que ces levées se feroyent contre les cosaques, veu que Ton avoit desja distribué les patentes tant pour la cavalerie qu'infanterie longtemps avant que les cosaques eussent apparus.
Ledit roy et cercle estant par ainsy, non-seulement k suffisance assëuré de la part de Sa Ma^'Imp^'et des obéyssants estats, et de Tannée dudit comte de Tilly contre toute hostilité ; ains aussy qu en cas que quelcuns vouldroyent molester ou emprendre sur iceulx en leurs pays contre la paix profane et de la religion, que ne leur manquerat de ce costé en bonne assistance et secours nécessaire.
Par ainsy ledit comte de Tilly prie ledit roy de voulloir diriger ses conseils au mieulx, affîn que Ton puisse une fois en toute sincérité recouvrer la vraye paix.
De mesme que ledit roy ne vouldroit prendre de mauvaise parte si ledit comte, parmy ceste incertitude demande au nom de Sa Ma*' Imp*" et des estats obéyssants, dudit roy, une déclaration précise, ronde ouverte et germaine k celle fin que Sa Ma*^ Imp'* et les obéyssants
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estais puissent scavoir de qaoy s^asseurer de ce costé. dndil roy, et sMcelluy seroit intentioBé d'assister avec ses préparations delà gaerre le Palatin et ses adhérents, le priant en oultre de lay voulloir envoyer ceste resolution, par Texprès ï luy envoyé, le commisaire Âiexaoder Masseniuj et ce en honore foy d'Allemand et sans couleur.
Le reste de ceste lettre ne sont que compliments dont le dict comte de Tilly use en sa lettre au dict roy.
Sur quoy le roy de Dennemarque fist la response dont la sobstnDce s*ensuyte.
Que tout ainsy que son intention et celle du Cercle de la Sazonie inférieure seroit tous Jours esté et seroit encor, de persévérer en la bonne et confidente intelligente dévotion , et siibmission respectueusement deue et promise à.Sa Majesté Impériale, Tout mesme souhaiteroit-il que le temps et ces courses présentes seroyent tellement disposées que l'on pourroit parvenir à la paix tant souhaitée sans qu'il fust besoing d'aulcunes armes.
Mais le dict roy et tout le Cercle ayant non-seulement d'un temps à auUre, veu les diverses armées s'approchants aux frontières du Cercle, ains aussy ressentys et expérimentés en effect les oppressions et charges imposez au dit Cercle, (sans faire mention des menaces faictes), Partant nauroit le dit roy sceu faire moings, de quant et ce Cercle se mettre en ces préparations de guerre conforme les constitutions du dit Cercle , desquelles préparations le dict roy en seroit directeur si comme gênerai du Cercle. Le tout quoy seroit deueoient esté représenté à TEmpereur, a quoy il renvoyé le dit comte, puisque personne aultre seroit intéressé en cecy que Sa Majesté Impériale.
Touchant ce que le dit comte avait escrit que les Ëstats dudit Cercle seroyent esté chargez contre -leur volonté, de contribuer aux fraiz de ces levées, ledit roy dict, que le comte de Tilly en seroit mal esté informé, se référant à la lettre que sur ce sujet Ion auroit escrit à sa Majesté Impériale par oh il* apparoistereit aussy que ceste procédure dudict roy seroit suffisamment responsable et équitable, et que luy le roy en seroit grandement esté occasioné de se servir cy en après de ces préparatifs de guerre faicts pour la defience de ses royaume et subjects, A son prouffict et en faveur de ses alliez et apparentez, qui l'en auroyent pour ce grandement requis, etc.
Suslancia de la carta del conde de Tilly al Rey. de Dinamarra, y de la respuesta deldho Rey.
Très chier et bien amé,
Le roy monseigneur et nepyeu nous a escript par lettre du 13 du mois passé avoir accordés au conte Jehan de TSerclaes vostre nepveu, les mille écus de pension qu'avoil son père tant pour le désir que vous avez témoigné avoir que Sa Majesté luy fit cette mercède, qu*en considération des bons services que vostre dict nepveu a rendu, de quoy nous vous advisons par caste, vous voulant quant et quant bien asseurer de la grande satisfaclion que nous sçavons Sa Majesté a de vous et festime qu'elle faict de vostre personne , services et mérites , à tant, etc.-
De Breda/Ie 5 de juillet 4625.