SON ALTESSE AD COMTE DE TILLT
Mon cousin, par la Voftre du 28* du mois passé, noas avons cnlendu la signalée victoire que Dieu vous at donné sur le Roy de Dennemarque, de laquelle nous en rendons louange et grâces k sa divine bonté qui at confié la défense de sa cause h vostre valeur cl à la sage conduite de vostre armée, quoique sans assîstence et beaucoup inférieure au nombre d'un si puissant ennemy. C'qst en qaoy Dieu vous a voulu tant plus donner d'honneur, afin que de voz mains ce bien arrivât à tout lempire et signament à nostre serénissime maison et à la maison électorale de Bavière, partant nous vous en donnons la bonne heure, et vous vous pouvez asseurer que toute nostre séréniszime maison le recoignoistra envers vous comme il convient. Ce qui importe présentement a Taccomplissement de ceste victoire et au bien pubiicq, est de ne donner le loisir k Tennemy de se rallyer, ains de le poursuivre et de l'obliger à se retirer des confins de TEmpire, et si Dieu nous faicl cette grâce, exécuter ce qui s'at traicté, et que le gouverneur de Maestricht vous at déclaré, en quoy vous accroistrez infiniment noz obligaLons. Et comme le ducq de Fridlandt est à la poursuite de MansfeVil et de Weymar, nous luy avons escript que si Dieu luy donc^ les bons succès que nous espérons do sa main, que nous trouverions très nécessaire qu il taschat de s'asseurer de quelque port de mer en la coste de Pomcranie, pour empescher les invasions du Suédois et de tout autre ennemy par là. Et sur ce nous prions Dieu, mon cousin, nous conserver en ses saintes grâces.
De Bruxelles, le 9« septembre 4626.
Mon cousin, Je vous fays la présente pour vous requérir de faire retirer les gens de guerre que vous avez à Hornvoorden, au comté de Ra* vensberg, pour y loger ceulx que le comte Henri de Berg y envoient.
De Bruxelles, le 2 de septembre 4626.
1 Archives du Royaume. Correspondance historique, tomeVI, folio 490. * Archives du Royaume. Liasses de l'audience.
Très i'hier et bien amé, nous avons reçeu la lettre que voos nous avez escrite. le 9A du mois passé, ayant esté aise de veoir tout ce qu elle coutieul ; aussy pouvez-vous bien croire que nous recepvrons toujours grand contentement de ce que se fera de vostre bien et des VQStres. En suyte de quoy nous avons fort volontiers escrit les lettres, que vous nous avez demandées pour l'Empereur et le prince de Lichtenstein, que nous souhaitons grandement que vous soient utiles et fructueuses, comme vous pouvez le désirer. A tant, etc.
De Bruxelles, le 4 de décembre 4 629.
LETTHE QUE S. A. S. POURBOIT ESTRE SERVTE DESCRIPRE A S. M. I. EN FAVEUR DU NEPVEU DU CONTE DE TILLY. DESPESCHÉ LE 5 DE DÉCEMBRE
Le comte Werner de Tilly m'a donné k entendre comment que le conte Jean de Tilly, lieutenant général de Tarmée de T Union catholique Fayant faict son héritier universel de ses biens acquis en TEmpire, il désireroit bien qu'il y establisse sa demeure es pays héréditaires de notre ser™* maison , afBn qu il la puisse de tant mieulx servir, et que par ainsy, iceluy se recognoissant obligé de donner ce contentement à son dict oncle, il s'auroit résolu de faire traister un mariage avecq la fille du prince Charles de Lichtenstain pour avecq tant plus d'appuy pouvoir par delà establir sa demeure et satisfaire au désir de son dict oncle, en me priant partant qu'estant iceluy vassal du roy monseigneur et neveu, de le vouloir favoriser de mes recommandations envers V. M. et Dilection Impériale à cette fin qu'elle veuille estre seroye, non seulement de le faire Jouyr des promesses et mercèdes faictes à son dict oncle pour le regard et en récompense de ses bons services renduz comme il est notoire, ains àussy de le favoriser et l'honorer de sa protection au faict de sa prétention du dict mariage.
^ Archives du Royaume. Liasses de Taudience. * Ibid.
TILLT. II. ^^
Ores les services du dit lieutenant général coiito de Tilly son oncle renduz au bieu de TEstat publicq et à Y. M. et D" Imp. et k toute nostre maison estant tels quà Juste raison ils doibvent estre recogneuz envers luy et les siens par radvancement de leur bien, Je me trouve par là conviée, comme aussy par les services que le dit conte Wemer de Tilly a Jusques icy iascbé de rendre en la dite armée et h voUonté qu'il tesmoigne de les voulloir continuer, de luy gratifier en ceste sienoe demande, priant partant très-affectueusement Y. M. et D. I. quelle veuille estre servye de lui faire en ses susdites prétensioDS, la grâce et mercèdo qu'il espère de la clémence Impériale et au reste de Thonorer de sa protection Impériale ententes les occasions et particulièrement et ceste de son dict mariage, en sorte qu*il en puisse coasuy vre Teffect qu'il se promect moyennant ladite clémente interposition de Tautorité de Y. M. etD. I.
Madame,
J'ai avecq tout humble respect receu le commandement qu'il a pieu à Yostre Altèze Sérénissime. me faire par sa lettre du 8 de décembre passé, de retirer les gens de guerre que J'ay à Hervorden et au comté de Ravensperg pour y loger celles que le comte Henry de Bergh y envoyera. Je suis bien marry que Je n ay la volonté assez libre en ce regard pour pouvoir excuser par une prompte obéissance , toute autre response que Je viens à faire à Yotre Âllesse Sérénissime, laquelle Je supplie d'entendre, que les gens de guerre quej'ay à Hervorden, oesont que quelques cinquante soldats que ceuix de la dicte ville entretiennent par forme de sauve-garde sur ce que Sa Majesté Impérialie a esté servie de la leur accorder par escrit , en considération de la fidélité et affection qu'en toutes ces occasions ils ont tesmoigne au service d'icelle, aussi fauit-il que Je leur donne ce témoignage, qu'ils ne se sont laissé esbranler par les pratiques de nos ennemis, lesquels n'ont manqué de le solliciter, nommément le ducq de Weymar au printemps passé, qui leur fît des grandes promesses pour les dcsbaucher de la dévotion de sa dicte Majesté Impériale en laquelle néanmoins ils se sont conservés au notable bien et avantage des affaires publiques, sur les asscurances que Je leur ay donné de la part de sa dicte Majesté de
* Archives du Royaume. Liasses de TaudieDce.
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les maiotenir en sa protection. De façon que je ne puis les atan* donner sans le sceu el commandement exprès de sa dicte Majesté, n'y d ailleurs ausuy retirer les diets 50 soldats, sans un évident danger de causer quek|ue grande altération parmi ceulx de la dicte ville, laquelle seroit autant préjudiciable au bien commun pour les inconvénients qu'en pourroient résulter, qu'inutile pour le service de Yostre Altesse Sérénissime parce que le petit nombre de mes dicts soldats n'a aucun pouvoir en la dicte ville, et n'est bastant pour y faire intromettre ceuli que Votre Altesse Sérénissime y envoyeroit contre le gré des bourgeois. Quant au comté de Ravenspergh, Textréme nécessité m'a constraint d'y loger quelque nombre de cavalerie laquelle ayant enduré les fatigues d'une si longue ^t fatigeuse campaigne, et ne sachant oh la pouvoir accomoder ailleurs, j'espère que Vostre Altesse Sérénis* siroe la voudra laissez Jouyr de ce peu de repos, et qu'elle prendra en bonne part mes susdictes raisons en attendant que sur I advertence que je donne à sa .dicic Majesté Impériale et à monseigneur TEleotenr de Bavière du désir de Vostre Altesse Sérénissime Je puisse recevoir leurs ordres, sur quoy Je prie le Créateur,
Madame,
Dexonseryer VostreAltesse Sérénissime en parfaite santé, à lon« gués et heureuses années,
DeV. A. S..
Très humble et obéissant serviteur,
Jan, comte TSerclaes de Tilly. A Peyne, le 6 janvier 4627.
TILLT A SPINOLA.
Monsieur,
Je debvois bien excuser d'importuner si souvent Votre Excollcnce par mes intercessions, mais sa courtoisie lui at acquis une telle réputation, que ce seroit luy faire tort, et une espèce d*envie de lui vouloir oster ces moyens de la pousser j lus avant. J'ay, passé environ un an, roromandé h Votre Excellence certaines prétensions que monsieur le
« Archives du Royaume. Liasses de l'audience.
384 correspondance: de tilly.
baron de Lendl, lieutenant coronel de mille chevaux en celte armée, at en icelle cour, et les effects qu'il a pieu à Votre Excellence luy en faire ressentir, (desquels Je la remercie t^-humblement) Tont mea de recourrir vers moy et de me requérir d'en escrire autrefois ï Votre Excellence. Ses bons et fidèles services et l'assiduité qu'il apporte aoi fonctions de sa charge ne veuillent que Je luy refuse cest office, priih cipalement en un aCaire qui luy importe tant, et à la poursuite duquel il ne peult aller en personne. Je supplie doncq Voire Excellence de toute mon affection, de luy continuer ses faveurs, et de les vouloir contribuer au bon succès des susdites prélensions, corne k chose mienne ; réveillant favorablement la mémoire de ses dits services, que depuis nombre d'années il rend àTaugust^ maison d'Austrice, pour les faire valoir k son avantage, conjoinctement avecq cette mienne itérée intercession, laquelle J'addresse k Votre Excellence avecq cette asseorance que je luy en resteray éternellement obligé, pour demeurera Jamais.
Monsieur,
De Votre Excellence,
Le très humble serviteur,
Jean, conte TSerclaes de Tillt.
A Peyne, le 23 janvier 4627.
A Monsieur le marquis Spinola.
COPIE d'une LRTTftE DU COirrE DE TILLY A SON ALTESSE SÉRÉNISSIME, EN DATE DU 17 MARS 1627 DE PETNE.
Madame,
Je ne doibs manquer de donner part k Vostre Altesse Sérénissime, des asseurez avis que j'ay que le roy de Dennemarcq eschappé du naufrage qu'il a faict, se trouve de retour k Sladen, qu'il at de grosses trouppes ensemble, non seulement de cavallerie, mais aussy d'infanterie, laquelle outre les vieux régiments, et 4es gens de Tadministrateur de Halle, est accrue de nouvelles forces de Suédois. Lappo-
* Archives du Royaurafe. Liasses de raudiencc.
Dois. Angloisv Ecossois et d'autres nations amassées, dont une grande partie est déjà passée en deçà de TElbe et que son desséing seroit de sortir au plus tost avec nous en campagne, de mettre un pont sur le Weser entre Bremen et Verden, pour par ce moyen incommoder les duchez de par delà et foire voye au secours qu'il est encore attendant de là bas, estant à craindre que par mesme occasion il se pourra aussy saisir de la ville d'Osnabrugh et d'autres places point moins importantes au bien des affaires de sa Majesté catholique qu'à l'Empire, ce que Je supplie très-humblernent Vostre Altesse Sérénissime de pondérer par sa trèspourveue prudence et s'il ne sera à propos qu'elle envoyé promplement quelque bon corps de gen^par forme de secours sur les frontières des Eveschez pour esbranler les desseings de Tennemy, et en cas de besoing se pouvoir Joindre aux trouppes de cette armée tant au deçà qu'au delà du Weser. ainsy que les occasions le requerront, mais il conviendroit d'user de grande célérité parce que les advis disent uniformément que les entreprinses du roy seront soudaines, et qu'il a déjà de longue maiu'faict ses apprêts. Je prieray Dieu,
Madame, etc.
COPIE d'une lettre du comte de TILLT A SON ALTESSE SÉRÉNISSIME