‹ Tilly;Chapitre 3 sur 43 · TTLLY · texte numérisé non relu

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ces objets .-Lorsqu'enfin ils consentirent à se prêter à ces' mesures de prudence vulgaire, il était trop tard, presque tous leurs convois furent enlevés par Fennemi survenu en force. Loin de reniplir les^magasins de Magdebqurg, ils les vidèrent, et consommèrent entre autres plus de 100 quintaux de poudre appartenant, à la ville, imprévoyance qui coûta cher à celle-ci.

Cependant les Impériaux, revenus de leur première surprise, se mirent en. naesufe de prendre leur revanche. Le comte Wolfgang de Mansfeldt, gouverneur du pays, se hâta de réunir, sous sa main, les détachements épars de quelques régiments, et, tombant sur les pillards Magdebourgeois, les tailla en pièces.

Christian commença à. s'apercevoir de sa faute, et donna Tordre à ses officiers de ramener toutes leurs troupes à Magdebourg. H ne fut pas obéi, et fit des pertes d'autant plus sensibles qu'il lui restait peu de moyens de les réparer. Toutes les forces qu'il put réunir se réduisaient à 2,000 hommes de pied et à 200 de cavalerie.

Tandis que ses affaires se gâtaient au dehors, il compromettait son influence dans la viile par son imprudence. Ne considérant les choses qu'à son point de vue égoïste, il s'imaginait que le principal but des opérations de Gustave devait être la conquête de Tarchevêché de Magdebourg. Il s'impatientait des retards du roi, exhalait sa colère en propos acerbes, qui se colportaient inimédiatement dans le peuple, et y excitaient un profond mécontentement.- Stallman, plus habile, essayait d'arrêter ces intempérances de langage ou du moins d'en affaiblir retfet désastreux. Craignant d'être débordé, il redoubla d'activité pour faire franchir au conseil le dernier pas, et entraîner immédiatement la ville dans une alliance formelle avec le roi de Suède. Son habileté l'emporta sur tous les obstacles, et le i4 septembre, un traité, complétant les engagements pris le !«*• aotit précédent, fut signé par. les magistrats, (ihris-

tian en fit tous ics Frais. Il abandonna, à la ville, le peu qui lui restait de ses droits épiscopaux, et promit tant de choses qu'il ne put s empêcher de dire ensuite à Stallman : « En vérité, j'ai promis beaucoup plus que je ne pourrai tenir. » Le véritable bénéficiaire du traité était le roi de Suède, qui se trouvait, sans peine et sans dépenses, maître dune des plus importantes villes de rAUemagnc. Les Magdebourgeois, il Cot vrai, ne lentenduient pas ainsi ; ils comptaient simplement s'abriter derrière le roi et exploiter successivement les circonstances, au profit de leur ambilion et de leur avarice. Une de leurs conditions les plus expresses était do no contribuer en rien aux frais de la guerre; ils se croyaient, en outre, très-prudents, parce qu'ils avaient refusé de recevoir, dans la ville, plus de 500 soldats., et très-habiles, parce qu'ils rejetaient tout le poids (!es logements militaires sur les faubourgs dont ils souhaitaient la ruine.Ces faubourgs, la Neustadtel le Sudenbourg, formaient, autour de la eité, deux agglomérations considérables et indépendantes de la ville, soumises directement à l'évéque, et dont l'activité industrielle portait un vif ombrage aux bourgeois de Magdebôurg- L'administrateur y établit ses gens, et, par son incurie, réalisa pleinement l'attente des citadins.

Le bruit de ce qui se passait à Magdebôurg étant parvenu à Vienne, l'Empereur crut devoir adresser un avertissement sérieux avi conseil j en Finvilant à rentrer dans la légalité, et à expulser de la ville les perturbateurs avoués de la paix publique, notamment l'administrateur, comme déchu de tous ses droits par Tarrèt qui l'avait mis au ban de l'Empire.

Dans la réponse, le conseil se retrancha, sur ce qu'il ignorait que l'administrateur fût frappé de proscription, que ce prince était d'ailleurs venu seul, en secret, n'avait rnllié autour de lui que des étrangers et de la vile plébéef/fe, et que la bourgeoisie aVait reôu défense de se mêler

des affaires de Tadministcateur^ lequel agissait pour son propre compte. Les magistrats terminèrent par les protestations ordinaires de fidélité à l'Empereur. II était difficile d être plus pauvrement fourbe. Le traité avec le roi de Suède n'avait cependant procuré à Magdebourg ni argent, ni troupes. Les promesses, si légèrement faites par l'administrateur, étaient loin de s'accomplir. L'électeur de Saxe, dont on avait assuré le concours, prenait une altitude menaçante, les villes hanséatiques blâmaient leur collègue; le roi de Suède, occupé au loin, n'envoyait que de stériles encouragements. Le mécontentement qui avait suivi les premiers revers de l'administrateur se propageait, et le regret germait dans les cœurs, lorsque apparut soudain, sous la veste d'un pécheur, le colonel Dietrich de Falckenberg. Cet officier, l'un des affidés et des plus dévoués compagnons d'armes de Gustave, était Thomme le plus propre à remplir les vues secrètes du roi, à l'égard de Magdebourg. Militaire plein d'expérience et d'énergie, diplomate habile et sans scrupules, il avait rendu de signalés services au roi de Suède, aussi bien dans les cours de l'Europe que sur les champs de bataille de la Pologne. Aussi inflexible dans ses idées que souple dans ses voies, il connaissait l'art de tourner les obstacles, et celui plus difficile encore de persuader les esprits. Â ses yeux, la fin justifiait les moyens, et la souveraineté du but remplaçait celle de la conscience. Il arrivait fermement résolu a ne reculer devant aucun moyen, devant aucun sacrifice, si sanglant, si effroyable qu'il fut, pour remplir sa mission, et ne se démentit effectivement pas un seul instant, sous ce rapport. Bien qu'il fût seul et qu'il se présentât déguisé, comme un malfaiteur, sa présence valait un corps d'armée, car il apportait l'indomptable volonté de sauver Magdebourg ou de l'anéantir.

L'arrivée de Falckenberg produisit d'autant plus d'effet qu'il se disait chargé d'annoncer la prochaine arrivée de l'ar-

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mée Suédoise, et qu'il roontraitses maiDs pleines de lettres de change sur Hambourg, où, disaitnl, la Suède avait déposé des sommes considérables. Quantité de bourgeois prudents se hâtèrent de lui escompter ces lettres, afin de mettre leurs richesses à Fabri de tout événement. Le peuple le salua avec transport; les prédicants, qu'il sut gagner par des flatteries et des présents, le portèrent aux nues. On le nomma commandant de la forteresse, et, par une faveur exceptionnelle, on lui permit d'introduire, dans la ville, toutes les recrues qu'il s'occupa immédiatement de ramasser, à l'aide de l'argent des bourgeois. Il porta, dès l'abord, ses soins sur les fonitica tiens. Elles étaient fort défectueuses. Un épais mur d'enceinte, flanqué de tours, fermait la ville de toutes parts, même du côté de l'Elbe. Au pied courait un fossé profond, que défendaient des tours basses, très-fortes. Les avenues de la place étaient fermées par une série de portes garnies de tours élevées et une seconde ligne de fortifications, enveloppant les faubourgs de Sudenbourg et de Neustadt, défendait les points les plus accessibles de la ville. Du côté du Sudenbourg, s'élevait le fort Heideck; de ce fort partait une muraille qui aboutissait à l'Elbe et se terminait par une double demi-lune, qui abritait particulièrement la cathédrale et ses environs.

Falckenberg y fit ajouter de nouvelles défenses, près du faubourg du Sudenbourg. Vers la plaine, au sudooest, depuis le fort Heideck jusqu'à la porte Saint-Ulrich, l'enceinte était couverte par un ouvrage à couronne, et de ce point, jusqu'à la porte. dite Schroetfcendœrferthor, par de grands ouvrages à cornes. En cet endroit, le mur formait un angle obtus, jusqu'au Krœckenthor, courait le long du faubourg de Neustadt, avec lequel il communiquait par une porte dite la Porte-Haute, et se repliait sur FElbe. A sa jonction avec le fleuve, on avait élevé des retranchements, appelés le Fort-Neuf. Mais les travaux, faits avec précipitation et négligence, laissaient fort à dési-

rer ; les fossés étaient à moitié secs et faciles à vider ; les talus manquaient de pente. Une partie de Touvrage s'appuyait directement s\ir le mur d enceinte, et était percé d'une poterne, dite la Stuckthor. Fajckenberg aurait désiré obvier à cet inconvénient, qui eut des suites désastreuses, au moyen d un large fossé, creusé entre le rempart et Je Fort-Neuf. Mais les bourgeois prétendirent que ce serait peine inutile, et ce projet n'eut pas de suite.*

La véritable clef de la ville était le fort de la Douane, qui formait tète de pont sur la rive droite dé l'Elbe. Ouvert du côté de la- ville, il avait devant lui une île, formée par un bras du fleuve, et coupée en deux parties inégales, nommées le Grossm^^rsch et le Holzmarsch , par une large et profonde tranchée, que traversait un pont étroit. Un autre pont, dit le Long Pont, aboutissant à la porte, nommée de là, Porte-du-Pont, reliait le Holzmarsch h la- ville. Aux Abords du Long-Pont, du côté du Holzmarsch, était un fort bastion, que baignaient les eaux du fleuve. Le fort de la Douane était, en outre, flanqué, au sud, par la tour de Krakau, qui communiquait, au moyen d'un pont, avec un Ilot du même nom, sur lequel.se trouvait un retranchement en tefre. Falckenberg compléta, cette défense, en élisant construire, au nord-est, un ouvrage, qu'il baptisa du nom de Nargue-Empereur, afin de stimuler le courage des bourgeois, par des démonstrations de sa pleine confiance dans ses moyens de résistance.

Infatigable dans son activité, il ne cessait de presser les travaux de réparations, faisait planter des palissades aux endroils les plus faibles, approfondir les fossés, remplir les brèches, relever les terres éboulées. Non content de ces soins, il imagina de prolonger les défenses extérieures de la ville, pour, en rendre l'accès plus diliicile et s'assurer la pleine possession de l'Elbe, sur la rive gauche du fleuve.

• Berne a-Mag(k»bourg, p. 'til. — Franchevillc-Tableau miliuire.

Près de Bukow, s élevait le vieux fort de ce nom : il le flanqua de deux retranchements nouveaux, qui s'appuyaient d'autre part, au Sudenbourg. Sur la rive droite, au sud de la tour de Krakau, il érigea quatre redoutes, qu'il nomma Nargue-Pappenheim ,* le Secours de Magdebourg, Nargue-Tilly et le Prester. L'île de Krakau fut munie d'une demirlune, et la tranchée du Holzmarsch défendue par deux redoutes, l'Etoile de la Corne-Rouge et l'ouvrage à couronne'.

Plus tard, il poussa encore plus loin et construisit, près de Schoenbeck, à deux lieues environ de la ville, au point de jonction du vieux lit de TElbe avec le nouveau, une redoute qui reçut le nom de Kreuzhorst. Ce poste avancé devait servir, dans sa pensée, à faciliter ses cofnmunicalions avec la Saxe, d'où il tirait effectivement de nombreux approvisionnements, service d'autant plus précieux que les bourgeois, dans leur sordide égoïsme, refusaient de fournir les subsistances nécessaires à la garnison. Néanmoins, ses mesures de défense lui furent plus funestes qu'utiles, elles lobligèrent à disséminer ses forces, ses canons et ses munilions; or, il manquait d'hommes, d'artillerie et surtout de poudre, et la dépense qu'il fit, sous ce triple rapport, fut loin d'être compensée par le bénéfice de vivres, que lui valut pendant quelque temps sa chaîne de redoutes.

Pendant que Faickenberg déployait, à Magdebourg, toutes les ressources de son habile talent, Tilly était à Haraeln, occupé à rassembler les forces de la Ligue, pour les mener contre le roi de Suède. A la nouvelle des événements de Magdebourg, il réunit un conseil de guerre, pour délibérer sur les mesures à prendre d'urgence.

C'était le 26 novembre. Il se trouva que ce même jour un ouragan furieux éclata sur Magdebourg et y causa des dégâts considérables, circonstance qui parut de mauvais

1 Ibidem. — Ralhman, tome IV, p. 249.

augure pour la ville menacée. A ce conseil assistait Pappen* heim, dont Taudace naturelle était encore accrue par ses récents succès sur les paysans autrichiens et sur le duc de Saxe-Lauenbourg. Il offrit présomptueusement de mettre Magdebourg à la raison, avec 2^000 hommes de pied et 200 chevaux. Le sage Tilly répondit qu'il pousserait volontiers ce chiffre jusqu'à 3,000; toutefois, il engagea son fougueux lieutenant à considérer, qu'il n'avait plus à faire à de timides paysans de la campagne, mais à une ville bien fortifiée et vaillamment défendue.

Le siège de Magdebourg fut cependant décidé et Pappenheim reçut la mission d'en préparer les opérations. Il réunit aussitôt quelques régiments et marcha directement sur la cité rebelle. Il chassa les soldats du margrave de toutes les places qu'ils occupaient, fit prisonnier le colonel Schneidevind, inonda les campagnes de ses cavaliers, coupa toutes les communications et vint prendre une position menaçante devant la place. En attendant son parc de siège et les nombreux approvisionnements qu'il faisait ramasser à Wolfenbuttel, il s'appliqua à fermer toutes les issues de la ville et à la resserrer de plus en plus dans le cercle de ses lignes^ .

Vers la fin de décembre, Tilly parut lui-même à Halberstadt avec le gros de l'armée catholique. Dans l'espoir de ramener par de bonnes paroles l'esprit égaré des Magdebourgeois, il adressa sous la date du 29 décembre différentes lettres aux magistrats et au margrave.

* SeloQ Du Jarry, voici quelles étaient les principales positions du corps de Pappenheim.

Pappenheim et le major général Van der Nersen, baron de Firmont, avaient leur quartier-général a Oidenstaodt avec 4 ,200 fantassins et 300 chevaux.

Le colonel Benninghausen était à Salpke avec 600 fantassins et 300 cbevaui.

Le colonel Holck, à Nicderduleben avec 500.

Le colonel, duc de Holstein, à Barleben avec 4,200 fantassins et 600 chevaux.

Le reste des troupes était dispersé à Schoenebeck, Grossen-Salze et Wul-

mh'staedt.

La lettre aux magistrats était conçae en ces termes :

<( Nous n'avons pu vous oéler comme quoi Sa Majesté Impériale^ notre auguste souverain, a daigné nous confier le commandement de son armée dans les provinces de la Basse-Saxe.

» Gomme nous n'avons rien plus à cœur que de rétablir la tranquillité dans ces contrées épuisées par de si longues guerres et de rendre aux pauvres sujets opprimés leur ancienne aisance, nous vous exhortons sérieusement au nom de Sa Majesté Impériale notre auguste souverain, avec bienveillance de notre part personnelle, à vous abstenir désormais des actes injustifiables que vous avez posés, à la suggestion de certains malveillants, contre le respect dû à Sa Majesté Impériale, à déposer les armes que vous avez prises sans nécessité, à cesser toute opposition à Sa Majesté Impériale et à rentrer dans le devoir de sujets obéissants et respectueux.

» Nous ne douions pas que vous ne mettiez à profit nos admonitions, afin de mettre un terme aux maux de la guerre et aux bouleversements sanglants qui eu résultent. En cas contraire, nous vous déclarons que vous assumerez une responsabilité injustifiable devant les électeurs et Etats voisins dont les terres seront dévastées et les sujets misérablement ruinés, et que vous ne pouvez aboutir à rien autre chose qu à votre chute, ruine et perdition complète, car la justice divine s'est manifestée de tous temps visiblement contre les rebelles à l'autorité suprême du souverain .iittposé par la Providence, ainsi que vous en avez sous les yeux mille exemples vivants et saisissants.

» Nous désirons que vous accueilliez ces observations, dictées par la plus sincère bienveillance, et nous demeurons, d'ailleurs, plein de la meilleure volonté à votre égard.

» Donné à Halberstadt, le 29 décembre 1630. »

La lettre adressée au margrave différait peu de celle-ci ; toutes deux furent remises à Magdebourg le 3 janvier 1631.

Le conseil mit 14 jours à répondre. Sans 4oate, il commençait déjà à mieux réfléchir sur les dangers de l'entreprise dans laquelle il s'était inconsidérément jeté. Sa dépèche, conçue en termes généraux et respectueux, s'étendait sur les services rendus, en toutç circonstance, à l'Empereur par la ville et protestait du dévouement de la bourgeoisie Magdebourgeoise à la personne de Sa Majesté Impériale.

L'admiriislraleur, plus tarcjif encore,, fut aussi beaucoup moins modéré. H se répandijt en plaintes amères, déclara qu'il ne laisserait pas humilier en lui la dignité de prince de l'empire, et termina, en se disant prêt à tout oser et à tout risquer pour sa religion et sa conscience.

Mais déjà Tilly avait quitté les environs de Magdebourg pour s'avancer au secours de l'armée impériale de la Poméranie. Jusqu'au mois d'avril, il ne fit qu'une courte apparition devant la place et laissa provisoirement la conduite du siège à Pappenheim. Ce général était loin d'avoir à sa disposition le nombre de troupes qui eût été nécessaire pour entreprendre des opérations sérieuses contre une place aussi grande et aussi forte que Magdebourg. Forcé de reconnaître l'impossibilité d'un succès de vive force, il essaya de corrompre Falckenberg. Un parlementaire, envoyé dans la ville, sous un faux prétexte, offrit au commandant suédois, de la part du feldmaréchal impérial, 400,000 rixdalers et le titre de comte pour prix de sa trahison. A l'instant, Falckenberg contraignit le messager de répéter les termes de sa mission secrète devant un notaire assisté (le témoins et le renvoya avec celte réponse : «Que si Pîujpenheim avait affaire d'un traître, il n'avait qu'à le chercher en lui-même, et que [c premier parlementaire, qui se présenterait à Magdebourg avec une semblable commission , recevrait un bout de corde autour du cou pour sa récompense. ))

Le temps se passa en escarmouches fréquentes, dont l'issue fut rarement favorable aux impériaux. Ils ne purent empêcher les Magdebourgeois d'enlever par de hardis coups

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de rnain, de nombreux troupeaux et même de prendre pied dans quelques petites places fort bien situées pour favoriser le service des approvisionnements de Magdebourg. L& plupart des entreprises tentées sur les redoutes avancées de la place échouèrent. Tous ces échecs avaient pour principale cause les dissentiments qui s'étaient élevés entre Pappenheim et le comte Wolf de Mansfeldt, gouverneur impérial de l'archevêché. Tous deux se disputaient d'avance la charge de châtelain de Magdebourg, et chacun d'eux craignait d'aider son rival à acquérir l'honneur de la conquête. Ces misérables compétitions vinrent subitement au grand jour par un petit fait.de guerre, d'ailleurs sans autre importance.

Un officier impérial fort distingué^ le lieutenant-colonel Chiesa, ayant été tué dans une surprise par les Magdebourgeois, on trouva sur lui un paquet de dépêches qu'il était chargé de porter à Vienne. La plupart émanaient de Pappenheim et de Mansfeldt ; elles développaient les plans des impériaux et contenaient une foule d'accusations et de dénonciations réciproques des deux généraux l'un contre l'autre. Faickenberg tira grand profit des renseignements qu'il puisa dans ces dépêches. Il fit ensuite imprimer les lettres pour jeter de la déconsidération sur ses adversaires.

La température s'étant adoucie, Faickenberg redoubla d'activité dans ses travaux de défense. Ce fut alors qu'il éleva la redoute de Kreuzhorst. Les impériaux qui s'aperçurent trop tard de son dessein, attaquèrent ses travailleurs, mais ils furent repoussés avec perte et l'ouvrage fut mis immédiatement à l'abri d'un coup de main. Peu après, un officier msigdebourgeois surprit, à Barby, quelques-uns disent avec la connivence de l'Electeur de Saxe, un magasin de blé que les impériaux avaient dépose dans les caves de l'hôtel-de-ville.

De son côté Pappenheim, stimulé par l'annonce de la prochaine arrivée de Tilly, mit en réquisition tous les tra-

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vailleurs qu'il put rencontrer dans 'les campagnes et Ht amener la grosse artillerie de siège zytè tant de céléritér qu'il eut bientôt réuni un parc de 35 canons^ chiffre considérable pour l'époque. Mais, malgré toute son activité, il se trouvait bien peu avancé dans ses opérations, lorsqu'à la fin de mars, Tilly apparut avec son armée dans les environs de Magdebourg. Soôi orgueil en fut cruellement blessé, car il n'avait point oublié ses trop récentes bravades. Incapable de se courber sous la plus légère humiliation, il s'en prit à tout, excepté à lui-même, et son cœur ulcéré se remplit d'un surcroît de iiaine contre Tilly.

. c( J'aurais été heureux, écrivait-il quelques jours plus tard à Wallenstein, de vous entretenir du bon état de nos affaires, mais il semble que tous le^ bons succès nous ont quittés en même temps que la personne de V. G. P., et quoique j'aie attentivement observé votre méthode d'attaquer l'ennemi à temps et en force, de ne le point mépriser, de ne pas être téméraire en projets, bien que j'aie donné sincèrement mon avis et démontré de quelle manièreV. G. P. avait dominé et tenu en bride l'empire entier, en terrassant l'ennemi, je suis bien plutôt ridiculisé qu'écoulé. Mais maintenant qu'il es!t trop tard et que la vache est hors de l'écurie, on reconnaît qu'il n'y avait pas d'autre remède que le mien, etquemesavis étaient plus malheureux que mauvais. » Nos affaires ici sont en telles voies, que nous savons seulement, par le- bruit public, que Francfort-sur-l'Oder a été pris d'assaut par j l'ennemi; mais nous ignorons jusqu'à présent comment cela s'est passé; bien plus, nous ne savons pas un mot de l'endroit où se trouve le roi avec toute son armée, bien moins encore s'il est fort ou faible. Du reste, les deux armées catholique et impériale sont

réunies devant Mtigdebourg; elles forment un beau corps de 7,000 chevaux et de 20,000 hommes de pied ; mais il en faudrait encore une autre aussi forte, pour résister à ce fatigant .ennemi qui ne fait qiie s'abriter derrière les fleuves et les passages» et pour couvrir l'Empire, sans parler de

ceqai serait nécessaire contre les princes protestants. Les causes accessoires de notre mal sont conftdentia et avaritia, et que nous avons voulu épargner ceux qui sont nos ennemis, et qui s'apprêtent, avec bonheur, à nous rompre le cou. Mais les principales sont le départ de V. G. P., et Fabsence d'autorité et de résolution, qualités que possédait à un si haut degré Y. G. P., Fart de se fortifier à temps et de marcher droit au but. Si V. G. P. ne met pas la main à Tœuvre, je ne vois personne qui puisse mettre un terme à la guerre dltalie, et qui veuille, sache ou puisse rassembler une force suffisante. Dieu nous soit en aide ! sinon, nous sentons singulièrement le roussi. »

Celte lettre, où Pappenheim révèle avec tant d'amertume ses ressentiments, leurs causes et ses aspirations, en dit plus que de longues dissertations sur la nature des difficultés intérieures devant lesquelles Tilly, après une lutte aussi méritoire qu'obscure, devait enfin succomber.

Ainsi que le disait le feld-maréchal, les forces réunies devant Magdebourg montaient à 30,000 hommes environ, y compris une réserve de 5,000 hommes, que Tilly établit dans le camp fortifié de Dessau, pour observer les frontières de la Saxe et se rendre complètement maître du cours supérieur de l'Elbe* .

^ Voici la force des troupes de Tilly devant Magdebourg :

Artillerie.

86 pièces, dont :

42 pièces de 36.

U couleuvrines de \%.

4 » de 4.

9 » de 8.

24 fauconneaux de 8.

96 pièces.

COMPOSITION DE l'aRUÉE DE LA LIGUE.

Infanterie, Cavalerie.

TiHy, (effecliQ Î.ÎOO Erwitte 500

Pappenheim 2,500 Blankaert 500

Gronfsfeld ...... . 600 4,000

Le 3 avril, Tilly établit son quartier-général à Moeckern, et concentra ses magasins a Zerbst. Le 8 avril, il reconnut les abords de la place et prit ses dispositions pour enlever toute la chaîne des redoutes extérieures de Falckenberg. Le comte de Mansfeldt fut chargé d'agir contre les ouvrages de la rive gauche, et Pappenheim reçut le commandement de Tattaque de la rive droite. Le même jour, Tilly, par un mouvement habile, plaça son armée entre le Kreuzhorst

et la redoute du Prester, et commença à faire dresser des

batteries sur les deux rives de TElbe. Le commandant du Kreuzhorst, se voyant coupé de la ville, jugea inutile de sacrifier la vie de ses soldats, et se rendit avec 80 hommos cl 4 pièces d'artillerie.

Infanterie. Cavalerie.

Reinach ..>...:. 4,000

Camargo 4,000

Gleeii [aocien Anholt) . . . 2,700

Wall 2,200

HIankaert 2.200

COUPOSITION DE l/ ARMÉE IMPERIALE.

Infanterie. Cavalerie.

Holk 400 Holk 400

Duc de Holstein 4,200 Benninghausen 500

Wangler 4,200 Harowrat 300

Savelli. 4,000 Coroniui 400

Breuner 4,800 Don Ballhasar. ..... 300

Goetz .• . . 4,000 Croates 200

Lichtenstein 800 ~2^4ÔÔ

Van der Nersen de FinnoDt . 4,000

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