‹ Timgad, une cité africaine sous l'empire romainChapitre 27 sur 47 · SI · texte numérisé non relu

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ches et de fouilles. MM. Carton et Denis ont déblayé le pronaos, la cella étant recouverte actuellement par une koubba, et fait quelques sondages en avant(I).

Henchir-Harat (Segermes). Le nom seul est connu par une inscription (2).

Henchir-Sonk-el-Abiod (Pupput). Une base honorifique trouvée assez récemment fait mention d’un personnage Caelius Severus, vir p(atricius), consularis, qui soins sua liberalitate forum vetustate d[ilap]~ sum cum aedibus et [Capi]tolio et curia meliori cultu restituit (3). On ignore l’endroit précis des ruines de Souk-el-Abiod, si effacées aujourd’hui, où s’élevait le Capitole ; mais le texte prouve qu’il était voisin du forum ; c’est un détail à retenir.

Henchir-es-Souar (Abthugni) . On n’en connaît que le nom, et, encore, est-il très mutilé dans l’inscription où il figure(4).

Dougga (Thugga). Le grand temple de Dougga, si connu de tous ceux qui ont visité la Tunisie, était, ainsi que le prouve l’inscription gravée sur la frise, dédié à Jupiter Optimus Maximus, Juno Regina et Minerve (5). La cella existe encore avec son fronton et son pronaos; elle a été étudiée dans les plus grands détails par M. Saladin(6). Malheureusement elle est entourée aujourd’hui de bâtisses arabes qui empêchent toute recherche dans les abords ou dans les environs immédiats du monument.

T doura (Tagora). Le Capitole de la cité n’est connu que par une mention épigraphique (7); encore la lecture du mot Kapitolium est-elle douteuse.

Theveste (Tébessa). Là aussi nous n’avons qu’un souvenir

(1) Carton et Denis, Numluli et son Capitole {Bull. arch. du Comité, 1893, p. 73 et suiv.).

(2) C. I. L., VIII, 906 : \Jovi, Junoni\

reginae, Miner\yae. . ] Augg. Capitolium de-

dicavit.

(3) Bull, de la Soc. des Antiquaires de

France, 1893, p. 220 = R. Cagnat, Année

épigraphique, 1895, n° 1 1 5 .

(4) C. I. L., VIII, 928 : ex s(enatus) c(onsulto) quod supter in \c\ellis Cap[itolii\.

(5) Ibid., 15513.

(6) Description des Antiquités de la Régence de Tunis, II, p. 112 et suiv.

LE CAPITOLE

dans une inscription. Sur un des pieds-droits de Tare de Caracalla, un certain C. Cornélius Egrilianus, préfet de la légion XI II Ie Gemina, a fait graver la série de ses libéralités testamentaires envers le peuple de Theveste(l). Parmi celles-ci, il a noté les dons qu’il avait faits au Capitole de la cité : « [datasque a]d Kapitol(ium) arg(ento)

lib(ras) CLXX, id est lances II II . [et a]uri lib(ras) XIII I, id est pi-

hal(as) III, scyphos II ». Ces présents devaient être déposés naturellement dans le trésor du temple.

Oudjel (Uzelis). Même observation que pour Theveste. Un magistrat de la ville dédie une statue à Jupiter Optimus Maximus, en exécution d’un vœu fait par lui au Capitole le trois des Nones de J anvier (2) 3.

Constantine (Cirta). Le Capitole de Constantine est rappelé sur trois inscriptions Celles-ci nous apprennent que l’édifice contenait un trésor assez riche et nous décrivent quelques-unes des pièces qui y avaient été rassemblées par la piété des fidèles. Il ne subsiste aujourd’hui aucune trace de l’édifice lui-même, mais lors de la conquête française on en a retrouvé sous la casbah turque des restes assez importants ; ceux qui les ont vus alors, l’architecte Ravoisié(4) * etL. Renier^), nous en ont laissé des descriptions succinctes ou des dessins plus instructifs que toutes les descriptions^.

Lambèse (Lambaesis). Les restes du Capitole de Lambèse sont faciles à reconnaître; ils s’élèvent à côté du forum (7). Au pied du temple se lit une grande inscription : Jovi Optimo Maxitno, Junoni Reginae, Minervae Augustae , respublica Lambaesis. Il n’y a donc aucun doute à garder sur la nature et l’identification du monument. Deux autres dédicaces à la triade Capitoline ont été trouvées au même endroit (8). Les fouilles qui y ont été faites par le service des

(1) C. 1. L., VIII, 1859. (l) Cf. Castan, op.cit., p. 64.

(2) Ibid., 6339. (6) Cf. Vars, Cirta, p. 18 et suiv.

(3) Ibid., 6981, 6983, 6984. (7) R. Cagnat, Lambèse, p. 56 et suiv.

(4) Exploration de l’Algérie, I, p. 29 et (8) C. I. L., VIII, 2611, 2612.

suiv. ; pl. VI et suiv.

LE CAPITOLE

Monuments historiques, bien qu’incomplètes, ont permis de se rendre compte de la disposition de l’édifice et de ses environs.

Tels sont les Capitoles africains aujourd’hui connus par des témoignages à peu près certains (l). La liste s’en augmentera assurément petit à petit. Ceux dont les restes ont été fouillés ou subsistent hors de terre permettent de se rendre compte de la loi générale qui présidait à leur construction.

On peut affirmer à priori qu’ils étaient la copie plus ou moins exacte dans le détail, mais fidèle dans l’ensemble du Capitole de Rome. Il est évident que les cités qui tenaient à honneur d’avoir, comme la capitale, un temple consacré à Jupiter, à Junon et à Minerve, devaient s’efforcer d’en reproduire l’image chez elles ; par suite, le sanctuaire Capitolin dut devenir un type courant auquel on se conforma dans toute l’étendue de l’empire, comme on copia celui de la basilique, du théâtre, de l’amphithéâtre et de tous les monuments importants de Rome.

Sur quel plan était conçu, au début de l’époque impériale, le Capitole romain, c’est ce que nous savons à peu près, grâce aux auteurs, aux inscriptions, aux monuments figurés (2). Il s’élevait sur la partie méridionale de la colline. Tout autour du temple lui-même s’étendait un vaste espace plan (area Capitolii) entouré des quatre côtés d’un mur auquel s’appuyaient sans doute des portiques(3). On ne s’accorde pas sur les

(i) Il faut peut-être ajouter à cette liste Henchir-Medeina (Althiburus) : C. I. L., VIII, 16470; Henchir-M-etkidès (Tinfadi) : Ibid., 2194; Zana (Diana): Ibid., 4578; Tanger (Tingi) : Ibid.; 9988, et très vraisemblablement Sbéitla (Sufetula), ainsi qu’il sera ex¬

posé plus loin.

(2) Cf. Saglio, Dictionnaire des Antiquités, s. v., et de Ruggiero, Diponario epigrafico,

(3) Sur cette enceinte et les restes qui en ont été trouvés voir Lanciani, Pagan and

LE CAPITOLE

dimensions de cette area^l\ mais l’existence n’en est pas mise en doute, non plus que la présence d’une enceinte avec colonnades. C’est ce qu’il importe de retenir. Le temple lui-même, plusieurs fois détruit et plusieurs fois reconstruit, toujours sur le même plan c’était l’ordre des haruspices (2) — offrait ceci de particulier que la celle i en était divisée en trois parties par des murs de refend (fig. 67). Chacune de ces chambres, distincte de la voisine, avait une porte particulière. La chambre du milieu était réservée à la statue de Jupiter, celle de droite (par rapport au spectateur) contenait la statue de Junon, celle de gauche la statue de Minerve. Naturellement la partie de la c cil ci réservée à Jupiter était plus large que les autres, de même que sa statue était d’une taille plus grande et placée sur un piédestal plus élevé (3). Des représentations que nous possédons il résulte que le dieu était figuré assis, appuyé de la main gauche sur une haste, les deux autres divinités étant, au contraire, en pied.

Le pronaos du temple se composait de trois rangées de six colonnes ; de chaque côté de la cella existait une rangée de quatre ...... colonnes; l’ordre était corinthien.

Deux particularités caractérisent donc le Capitole de Rome : la présence d’un péribole — ce qui d’ail-

Christian Rom., p. 86 et suiv. (avec le plan de l’area du Capitole).

(1) Les uns croient qu’elle embrassait toute la partie méridionale de la colline (Jordan, I, p. 34 et suiv., 76 et suiv.), d’autres qu’elle occupait une partie plus restreinte (Richter, Hernies, XVIII, p. 112 et suiv.), d’autres enfin distinguent deux area, celle qui embrassait toute la colline, et l 'area templi qui n’en occupait qu’une partie (Gilbert, Geschichte

und Topogr., II, p. 434 et suiv.). Cf. à ce sujet le résumé de la question dans le Disponario de M. de Ruggiero, II, p. 89, col. 2.

(2) Tac., Hist., III, 72, IV, 53.

(3) Cf. au sujet de la disposition respective des trois statues les représentations monétaires de l’édifice: Saglio, loc. cit., fig. 1146, 1147, 1148, et les différents textes cités par Middleton, The remains of ancient Rom., I, p. 358 et

leurs existait pour plus d’un temple important, quelle que fut la divinité à laquelle il était consacré — et surtout la division de la cella en trois parties. Nous allons constater les mêmes dispositions dans les différents Capitoles africains connus 0).

On ne peut pas savoir, ainsi que nous l’avons dit plus haut, si le temple de Jupiter à Dougga était compris dans une enceinte : les alentours sont occupés par des maisons arabes qui rendent les fouilles très difficiles, et le mur postérieur a été jadis encastré dans une fortification byzantine, qui a peut-être modifié les dispositions primitives de l’ensemble(2).

Ce qui existe aujourd’hui encore très nettement, c’est la cella. Elle n’est divisée en trois chambres, ni dans son ensemble, comme à Rome, ni à sa partie postérieure, comme à Pompéi(3) ; mais, ce qui revient au même, le fond en est décoré de trois niches, l’une au centre, demi-circulaire, et deux latéralement, rectangulaires. Celles-ci sont plus petites que la niche centrale, ce qui convient parfaitement à un temple consacré à la triade capitoline. Les dimensions de l’édifice sont d’ailleurs assez restreintes, ainsi qu’on peut en juger par le plan ci-joint que nous empruntons à M. Saladin (fig. 69).

Fig. 69. — Plan restitué du Capitole de Dougga (d’après M. Saladin).

(1) Nous ne voulons pas étendre cette étude aux Capitoles situés dans d’autres provinces de l’empire ; nous rappellerons seulement, pour mémoire, que le temple dit de Jupiter à Pompéi (fig. 68), qui est en réalité un Capitole (Kuhfeldt, op. cit., p. 21) contient, lui aussi, trois chambres juxtaposées dans sa cella (Mazois, Ruines de Pompéi, III, pl. 30); et que le Capitole de Besançon était entouré d’une enceinte à portiques. Sous ces portiques s’ouvraient des chapelles secondaires

(Castan, op. cit., pages 59 à 61, et pl. IX).

(2) M. Saladin, Description des Antiquités de la Régence de Tunis, II, p. 128, observe que « la construction du mur byzantin qui tient à la façade postérieure de la cella correspond à une autre partie de la même époque qui se trouve à peu près à 20 mètres en avant du temple. On peut, ajoute-t-il, voir dans cet ensemble fortifié le réduit de la citadelle byzantine de Dougga. »

(3) Voir la note 1 .

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Le pronaos était décoré seulement de quatre colonnes, et les murs latéraux de l’édifice étaient ornés, non de colonnes, mais de pilastres(l).

Ravoisié nous a conservé le plan de ce qu’était le Capitole de Constantine lors de la conquête française (fig. yo)(2). Dans une enceinte nettement délimitée par des murs qui existaient alors en partie, il a retrouvé les soubassements de deux temples juxtaposés, l’un plus grand que l’autre. Le premier avait été transformé

Fig. 70. — Capitole de Cirta (d’après Ravoisié).

en église à une date postérieure, ce qui ne permet pas de dire quelle était la disposition intérieure de la cella. Le rapprochement de ces deux temples disposés sur le même alignement est assez singulier. Il nous paraît probable que si l’emplacement de ce Capitole avait été moins ruiné, on aurait constaté la présence d’un troisième temple, à droite du grand, si bien qu’au lieu d’une cella divisée en trois

(1) Saladin, op. cit., p. 113, fig. 106, cf. des niches du fond est donnée à la pl. IV. p. 128, fig. 118. La perspective géométrale (2) Exploration de l’Algérie, pl. VI.

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parties, nous nous trouverions en présence de trois cella juxtaposées disposées au milieu d’une enceinte, celle du milieu qui, en ce cas, aurait été réservée à la statue de Jupiter, étant plus grande que les deux autres. Nous devons ajouter pourtant que Ravoisié(,), d’après l’appareil employé, croit que les deux édifices ne sont pas exactement de la même époque ; le grand temple, suivant lui, serait

un peu postérieur au petit; mais il ne s’agit peut-être que d’une restauration.

La conjecture que nous venons d’émettre à propos des deux temples du Capitole de Cirta nous amène à parler d’un groupe de trois beaux temples qui se voit encore aujourd’hui dans les ruines de Sbéitla (fig. 71). Ils s’élèvent au fond d’une grande enceinte,

(1) Exploration de l’Algérie, page 31.

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percée en son milieu, vis-à-vis les temples, d’une porte triomphale, et circonscrivant une place dallée. Les murs que l’on voit actuellement offrent de nombreuses traces de réparation « mais, dit M. Saladin(l), l’examen des façades postérieures des sanctuaires, qui, jusqu’à près de la moitié de la hauteur des pilastres des temples latéraux, se raccordent par des harpes aux murs de la cour, les côtés de la porte triomphale sur lesquels on lit la même disposition, l’aspect, enfin, du mur qui s’étend à droite des temples sur la face postérieure et latérale de l’enceinte, prouvent que cette enceinte est de la même époque que les temples ; seulement elle a été remaniée à différentes reprises ». Intérieurement et sur trois côtés encore, on distingue nettement la trace de portiques qui longeaient les murailles de la place ; les remaniements qui ont bouleversé l’aspect du quatrième côté ne permettent pas de dire si, autrefois, la colonnade se continuait à droite et à gauche des temples.

Ceux-ci ne présentent pas tous la même dimension. Le temple du milieu, plus élevé que les autres, était aussi plus richement ornementé; il était décoré d’un ordre composite, les trois faces étant ornées de colonnes engagées; aucune niche ne s’ouvre dans le fond. Les deux autres temples, au contraire, exactement pareils entre eux, sont d’ordre corinthien; point de colonnes sur les faces, mais des pilastres engagés ; au fond de chacun d’eux une niche circulaire formant abside et six niches rectangulaires, trois sur chaque face intérieure. Le nombre des colonnes du pronaos est de quatre poulies trois temples. Tous trois sont parfaitement alignés. Il est donc évident qu’ils étaient destinés à former un ensemble, celui du milieu devant servir de demeure à la divinité principale et les deux autres à deux divinités secondaires mais égales entre elles. De là à conclure qu’ils étaient consacrés à la triade capitoline, il n’y a qu’un pas. Peut-être semblera-t-il téméraire de le franchir. La question sera vite résolue le jour où l’on aura les moyens matériels

(1) Description des Antiquités de la Régence de Tunis , I, p. 68 et suiv.

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IÔÇ

pour remuer les immenses pierres qui couvrent actuellement les escaliers des trois sanctuaires ; on retrouvera alors la frise de

chacun d’eux- et l’on y lira gravés les noms des dieux et déesses adorées en ce lieu.

Assez différente des précédents pour les détails est la disposition

du Capitole de Lambèse, dont le plan a été dressé par Duthoit, à la suite des fouilles de 1880 et des années suivantes. Ces relevés faits avec tant de soin, n’ayant jamais été publiés, nous n’hésitons pas à les insérer ici (fig. 72). On a dit que l’emplacement où s’élevait le temple était le forum de la ville et l’on a aussi donné ce nom à une autre petite place, adjacente à la première et séparée d’elle par un mur(l); en somme, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut(2), il est plus juste peut-être de reconnaître dans la première enceinte, plus grande et plus belle, le péribole du Capitole. C’est la seule dont nous ayons à nous occuper. On voit par le plan que nous en donnons que le déblaiement n’a pas pu en être achevé; les parties latérales n’ont pas été dégagées entièrement : il est, néanmoins, possible de se rendre compte de la disposition générale de l’ensemble. La place, dont le niveau était de un mètre environ plus élevé que celui de la cour voisine — ce qui convient bien à Y area d’un Capitole, monument qui, par essence, doit dominer tous les autres (3), — mesurait environ 60 mètres de longueur sur $ $ de largeur. Le sol en était pavé de magnifiques dalles de pierres; des colonnades, formant portiques, régnaient sans doute tout autour; il n’en subsiste des restes bien visibles qu’à la partie occidentale. On ne se rend pas bien compte aujourd’hui de la façon dont on pénétrait dans ce péribole de l’extérieur; car il ne semble pas qu’il y ait eu communication entre cette enceinte et la voisine; en tout cas il n’existait pas de porte s’ouvrant dans le mur oriental vis-à-vis l’entrée du temple, comme on pourrait s’y attendre. Sans doute une ou plusieurs portes d’accès étaient ménagées dans le mur septentrional, qui n’a pas été mis au jour. Au fond du péribole, adossé au mur de clôture, se dresse le temple, bâti en belles pierres soigneusement appareillées; la partie supérieure en a été détruite; mais le plan en est encore parfaitement net et toutes les parties très distinctes. L’escalier antérieur a disparu. Le pronaos se compose de deux

(1) Rec. de Constantine, XXIII, p. 199; (2) Cf. page 87 et 88.

R. Cagnat, Lambèse, p. 56. (3) Vitruv., de Archit., I, 7.

rangées de colonnes : huit au premier rang et quatre seulement au second, afin de laisser un espace libre devant les portes de la cella. Ces colonnes d’ordre corinthien mesuraient à peu près sept mètres de hauteur; elles étaient cannelées avec rudentures à la partie inférieure.

La cella est large de 2om,68 et profonde de 1 1 m, 3 8 ; elle offre une disposition tout à fait singulière. Percée de deux portes en façade, elle se divise intérieurement en deux parties qui communiquent entre elles par des portes cintrées. Dans le mur du fond de chacune de ces moitiés est ménagée une niche rectangulaire, occupée jadis par des statues. Entre les deux existe une autre niche, celle-ci fermée par devant, ou plutôt une sorte de chambre plus longue que profonde ($m,3$ sur 4 mètres), qui s’ouvre sur la partie gauche de la cella par une petite ouverture. Il y a là une particularité curieuse, qui, il faut bien l’avouer, est assez inexplicable. L’édifice mériterait au reste une étude spéciale qui devra être abordée quelque jour.

Le soubassement du temple est occupé par de grandes pièces voûtées, auxquelles on accède par deux petites portes latérales. C’était le trésor du temple : on sait que l’usage était de le garder dans la crypte de l’édifice.

Ainsi qu’on le voit par tout ce qui vient d’être dit, les Capitoles africains étaient d’ordinaire bâtis, sinon sur un plan unique, au moins d’après certaines données générales que l’on peut saisir: division du sanctuaire en trois parties réservées chacune à un des éléments de la triade divine, et existence d’un péribole ou cour qui s’étendait devant la cella. Il nous a paru utile de les rappeler avant d’aborder l’étude du Capitole de Timgad; car sa destruction a été telle que l’imagination, aidée de l’examen des monuments analogues, peut seule nous donner une idée exacte de l’aspect qu’il offrait jadis. La description qui va suivre ne sera que la constatation de l’état actuel.

La colonnade dont nous avons parlé plus haut, celle^ dont

l’architrave portait les noms de Valentinien et Valens, donnait accès par un escalier encore visible aujourd’hui dans une immense cour dallée, large de 62 mètres sur 10$ mètres de long. A droite et à gauche s’étendaient des portiques aujourd’hui presque entièrement ruinés; ceux-ci se continuaient au fond, où ils sont plus reconnaissables, et venaient s’appuyer contre le temple, dont la façe postérieure formait, sur une longueur de 23 mètres, le mur même de l’enceinte : disposition tout à fait conforme à ce qui existe ailleurs (voir la planche XX). Le chapiteau des colonnes du péribole est assez original (fig. 73) ; il mesure à la partie supérieure, om,44- La colonne était haute de 3m,6o.

Fig. 73. — Chapiteau des colonnes du péribole (d’après une photographie de M. Ballu).

11 n’est pas douteux que cette cour ait été, dès la fondation du Capitole, pavée avec soin, comme le forum : la perfection avec laquelle le temple était bâti nous indique que, là encore, les constructeurs de Timgad n’avaient ménagé ni l’argent, ni la peine. Mais ce qui n’est pas moins douteux, c’est que le dallage actuel appartient à une fort basse époque.

L’inscription du portique nous apprend que celui-ci date de la fin du IVe siècle; et l’aspect seul de cette construction, dans laquelle sont employés des matériaux quelconques, même des fragments d’inscriptions funéraires, donne l’impression d’un travail fait en hâte et à une date relativement récente. Nous ne serions pas étonnés que le pavement de la cour, tel qu’on vient de le mettre

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au jour dût être rapporté à une époque beaucoup plus récente, peutêtre à la période de l’occupation byzantine où, le temple étant détruit, le péribole a pu être employé comme place publique ou comme lieu de réunion. On a constaté, en effet, que les dalles étaient constituées non par des pierres taillées à cette intention, mais par des fragments de toute sorte empruntés à la ville romaine et adaptés tant bien que mal.

Ce sont d’abord des débris d’une belle inscription en lettres de om,3$ de haut, tracées avec élégance et profondément gravées. Nous avons retrouvé onze morceaux : d’autres nous ont sans doute échappé.

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Quelques-uns de ces débris se rapprochent tout naturellement; il est certain qu’il faut lire « patriae suae [fe]cerunt ». Tous devaient appartenir au même monument, dont ils rappelaient la construction aux frais de citoyens de Timgad, mais il n’est pas assuré que ce monument ait eu rien de commun avec le Capitole ou avec ses dépendances.

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Ce sont aussi des plaques de pierre, employées sans doute comme balustrades dans un édifice de la ville, peut-être au théâtre, où bon en a recueilli de tout à fait semblables (plus haut p. 1 1 1) CO. Nous les reproduisons toutes ici à cause de leur intérêt ornemental.

Deux d’entre elles sont ornées de dessins presque exclusivement géométriques.

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Fig. 74. — Balustrade du Capitole (d’après une photographie de M. Ballu).

Sur la première (fig. 74) on voit des cercles qui se coupent et dont les intersections produisent une suite d’étoiles à quatre branches entre lesquelles s’épanouissent de petites rosaces.

L’autre se compose de deux bandes superposées (fig. 7 ç) :

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