‹ Timgad, une cité africaine sous l'empire romainChapitre 36 sur 47 · ld.) : Pedicantur Cotuzani · texte numérisé non relu

ld.) : Pedicantur Cotuzani

4. [ld.) : Rogo te, domina mea, — me âmes; sed non dico nomen.

LES THERMES DU NORD

Les inscriptions, par contre, autant qu’on peut en juger d’après les copies hâtives que nous en avons prises avant la chute des enduits, ne sortent guère du thème habituel à ceux qui crayonnent leurs pensées sur les murs ; les obscénités en sont le fond commun et les mots comme mentula ou paedico y reviennent sans cesse. Nous donnons ci-contre quelques-unes des plus lisibles.

Fait digne de remarque. Ces grands thermes, où la décoration devait répondre à la recherche du plan et qui, à en juger par les mosaïques, avaientété établis avec un certain luxe, ne contenaient, lors des fouilles, aucune statue. Parmi les bases des colonnes qui soutenaient les baies dans les chambres 3, III et 17, deux seulement ont été retrouvées. Il n’est pas douteux que l’édifice ait été pillé à fond, d’autant plus aisément qu’il était situé en dehors de la ville ; tout y a été mis en pièces ; l’incendie qui l’a consumé ensuite et dont les traces sont parfaitement visibles aura achevé l’œuvre de destruction.

2° LES PETITS THERMES DU NORD

Un peu au delà de la porte du Nord, sur la gauche du cardo maximus, on a déblayé en 1902 un autre bain d’une étendue bien

Fig. 135. — Petits Thermes du Nord (1).

(1) Les numéros soulignés d’un point indiquent les pièces bâties sur hypocaustes.

Légende : 5 Tepidarium ; 6, 7 Caldarium ; a , b baignoires; A Piscine; 2, 8 Latrines.

moindre: il ne mesure que 22m,io sur 23™, 7$. On y retrouve les pièces ordinaires à tous les thermes. La partie établie jadis sur hypocaustes est seule bien conservée ; il ne subsiste du reste que les sous-sols profonds de 4 mètres sur lesquels le rez-de-chaussée reposait. Deux latrines s’y reconnaissent, Tune pour les gens de service dans le couloir qui desservait les fourneaux, l’autre pour les baigneurs.

La seule entrée de l’établissement s’ouvrait dans une voie perpendiculaire au cardo, sur la face Sud de l’édifice.

Parmi les objets recueillis au cours des fouilles il faut citer deux torses de statuettes de marbre, une petite tête de femme diadémée et deux statuettes de bronze, l’une de Vénus, l’autre de dieu Lare qui étaient cachées dans la maçonnerie d’une citerne. Dans une des pièces du sous-sol on a également recueilli toute une série de monnaies de bronze à l’effigie de Maxence, exactement vingt-neuf.

Fig. 136. — Mosaïque de Neptune. (Photographie de M. Ballu).

LES THERMES DE L’EST

1° LES GRANDS THERMES DE L’EST

A quelques mètres de la porte de l'Est s’élevait un autre établissement de bains, le troisième en importance parmi les six qui ont été découverts jusqu'ici. Comme dans celui dont nous venons de parler, quelques-unes des salles étaient bâties sur sous-sol et le même accident s'est produit lors de la ruine de la ville; le pavement

Fig. 157. — Plan des grands Thermes de l’Est.

Les numéros soulignes d’un point indiquent les pièces bâties sur hypocaustes.

LES THERMES DE L’EST

s’en est effondré, si bien que le rez-de-chaussée de l’édifice n’existe plus que pour une partie de la construction, celle qui reposait sur des piliers de briques.

La distribution de ces thermes ne présente aucune particularité importante qui ne se rencontre pas dans les bains déjà décrits ; le plan ci-joint suffira à fixer le lecteur (fig. 1 3 6 Cr)- )

La date de leur construction n’est pas connue exactement ; mais on a recueilli dans les déblais quatre morceaux d’une longue inscription1 (2) encore inédite, qui mentionne leur agrandissement (voir page suivante).

Ce texte est de l’année 167; à la dernière ligne, il portait le nom d’un légat de Numidie qui fut condamné à la suite de quelque crime et dont le souvenir fut effacé sur tous les monuments de la province. Nous avons déjà plusieurs exemples du fait(3), dont un à Timgad(4), pour cette même année 167.

Il faut admettre, en conséquence, que la construction de ces thermes est sinon contemporaine de la fondation de la ville, du moins assez rapprochée. Par suite de l’augmentation de la population, ils devinrent insuffisants et on fut obligé de les agrandir : ceci eut lieu vers la fin du règne de Marc-Aurèle et de L. Verus. On notera que, précisément à la même époque, le théâtre était l’objet de travaux de réfection, comme le prouve une grande inscription très mutilée dont nous avons donné plus haut la restitution (5).

Comme dans tous les établissements analogues, les pavements étaient faits de mosaïques. Par une circonstance heureuse ils ont eu peu à souffrir de la ruine de l’édifice(6). Cela tient à ce que la

(1) Légende du plan : i Frigidarium avec les piscines A et B ; 2 Tepidarium ; 3, 5 Caldarium avec les baignoires a, b, c, d ; 4 Laconicum.

(2) Ils avaient été employés comme montants dans un mur de basse époque qui partageait en deux une des pièces chauffées par le sous-sol.

(4) Ibid., 17866. M. Pallu de Lessert, Fastes des provinces africaines, I, p. 381, suppose que ce légat trempa ultérieurement dans la révolte d’Avidius Cassius.

(5) Cf. P. 114 et 115.

(6) La plupart des détails qui suivent sont empruntés au journal très soigné qu’a rédigé M. Vars, inspecteur des fouilles de Timgad.

les thermes de l est

eu

eu

O eu

eu

eu

eu

eu

-Ko

eu

re

eu

eu

ss

CO

TT

eu

eu

co

eu

Lo

se

Page 1