‹ Timgad, une cité africaine sous l'empire romainChapitre 37 sur 47 · TT · texte numérisé non relu

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LES THERMES DE L’EST

plupart des piliers de briques qui soutenaient le sol des salles sont demeurés en place. Dans une des salles chauffées le dessin de la mosaïque est formé par des cercles qui se coupent l’un l’autre dessinant ainsi des entrelacs. Dans la seconde, le pavement se présente aujourd’hui sous l’apparence d’un enduit de béton; mais, en examinant la section de ce pavement, à un endroit où s’était produit un petit effondrement, on a reconnu que le béton recouvrait une ancienne mosaïque. Four éviter, sans doute, des réparations coûteuses, à une basse époque, on avait étendu sur la mosaïque une couche de chaux mêlée de briques pilées.

La mosaïque du frigidarium 1 mérite une mention spéciale. Au centre d’un ensemble dont le dessin représente des imbrications, se voit un tableau large de 3 111 ,49 et haut de 2'", 47. L’encadrement formé de lignes géométriques à tons noirs, jaunes, blancs et rouges, limite un sujet figuré. Debout sur son char, Neptune brandit de la main droite son trident; le bras gauche maintient un pan de son manteau gonflé par le vent; la main gauche tient les rênes de son attelage. Celui-ci se compose de quatre hippocampes; leur croupe se termine en queues de poissons enroulées sur elles-mêmes. Quatre dauphins accompagnent le dieu, en se jouant parmi les Ilots, figurés, comme c’est l’usage, par des traits en zigzag et des cubes de nuances diverses. C’est là un sujet qui a souvent tenté les mosaïstes romains aussi bien en Afrique10 que dans le reste de l’Empire romain et que l’on aimait à faire figurer dans les bains. La figure de Neptune est intéressante par son expression farouche et irritée ; le reste ne sort pas de la banalité. Le travail n’indique pas une bonne époque (fig. 136).

Détail digne de remarque. L’espace rectangulaire occupé par cette mosaïque était recouvert d’une mince couche de ciment, par-

(1) La Blanchère et Gauckler, Catalogue du Musée Alaoui, 9, i; 24, no, ni; 28, 134, 135; Delamare, Explor. de l’Algérie, pl. 141, 142; Doublet, Musée d’Alger, p. 52 et 97

(pl. XVII, 1); Gauckler, Monuments Piot, III, p. 184 et 194, etc. Cf. Gsell, Les Monuments antiques de l'Algérie, II, p. 104, n. 16 et 19 (Constantine) ; p. 107, 11. 34 (Matifou).

ticularité déjà constatée à Timgad, notamment pour la mosaïque qui représente Diane surprise au bain pourActéon. Cette opération, qui dissimulait le sujet figuré, n’avait-elle pour objet que d’éviter des réparations onéreuses ? 11 est permis d’en douter, le reste du pavement n’ayant pas été caché par un enduit semblable.

M. Vars a constaté que la mosaïque avait subi dès l’antiquité des restaurations : les remaniements avaient été opérés en cubes plus gros et moins bien assemblés.

Comme aux grands thermes du Nord les baigneurs avaient couvert les murs de graffittes. Ils sont surtout visibles sur les parois de la grande piscine. Là, à une hauteur de i mètre environ audessus du niveau des degrés qui descendaient dans le bassin, on distingue encore sur les faces Nord, Ouest et Sud des dessins au charbon : ils représentent surtout des chevaux courant. Il existe aussi des traces d’écriture assez effacée.

On a recueilli dans les ruines une belle clochette de bronze.

2° LES PETITS THERMES DE L’EST

Cet établissement est situé derrière le forum, à l'Est, le long de la voie de la basilique. Il est de petites dimensions et d’une construction négligée : il date d’une époque assez basse (fig. 139).

Fig 138. — Salle d’entrée des petits Thermes de l’Est.

L'entrée était double, à chaque extrémité d'un petit couloir, large seulement de im,20, pavé de cubes en terre cuite. Deux portes donnent accès dans une salle (1), longue de 9 mètres et profonde de $m,$o (PI. XXXVII, 3), sur les murs de laquelle on a constaté, lors des fouilles, la présence de peintures; elle communique par trois entre-colonnements avec une seconde pièce moins vaste (2), qui s’ouvre également sur le couloir. Au fond de celle-ci un banc de

LES THERMES DE L’EST

pierre (fig. 138) occupe encore sa place antique. Après avoir traversé la chambre 3, on parvient au frigidarium, muni d’une piscine; on y descendait par deux degrés encore en place ($). Là aussi existe un deuxième banc de pierre dont les pieds se terminent par des

Fig. 1 $9. — Plan des petits Thermes de l’Est.

pattes de lion. La salle 6 constituait le tepidarium ; il était disposé à l’extrémité du couloir contournant les faces Ouest et Nord de l’édifice et permettant le service de l’édifice. Les salles 7 et 8, établies sur piliers de briques, étaient chauffées directement par des fourneaux. On a retrouvé les conduits de chaleur verticaux qui tapissaient les murs. Le pavement en est fait de mosaïques à rosaces de couleur. La salle 8 possédait deux baignoires, l’une

LES THERMES DE L’EST

rectangulaire, l’autre circulaire. La première, qui occupait toute la largeur de la pièce, du côté Nord, était chauffée directement par un fourneau : on voit encore la trace de la chaudière placée audessus du foyer. Une troisième baignoire était disposée dans une petite salle voisine, dont le sol a conservé intact son pavage de marbre blanc supporté sur des piliers de briques. La chambre 9 est occupée par des latrines à trois places (Fl. XXXVII, 4).

A l’angle Sud-Ouest, un grand bassin bétonné (10) de qm,6o sur 2m,8o formait une réserve d’eau, il possède encore ses trous de vidange ; un second bassin, placé en contre-bas dans le couloir de service, y est accolé.

Les fouilles n’ont fourni aucun objet intéressant, sauf quelques lampes chrétiennes; aucun débris de statues n’a été recueilli. Les salles étaient d’ailleurs remplies de cendres et de morceaux de bois carbonisés.

Fig. 140. — Élévation de"l’édifice sur le cardo. (Photographie de M. le Dr Rouquette).

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