GEN
fi'
FLAMONlIj jPERPETwz' L PAPIRIA VERANVS FRATEr MIL N AMPLIATA PECVNIA EX
A cet ensemble s’ajoutent deux autres fragments, l’un (/?) appartenant à la première ligne et terminant cette ligne, l’autre (c) contenant sans doute une parcelle des lignes 2 et 3, sans que sa place puisse être indiquée avec précision.
b) au G SAC rum
wmm
PVP
TEMPLE DU GÉNIE DE TIMGAD
Comme on le voit, la deuxième ligne est martelée. Dans le fragment a), au-dessus du blanc qui précède le mot FLAMONII, on aperçoit la queue d'un Q qui figurait jadis dans cette deuxième ligne, au-dessous du G de genio, un peu a gauche. On lira :
Genio . [Au]g(usto) sac[rum . aedem ? quam . ] M. Pup[ius... in
honorem \ flamonii perpet[ui promiserat . Pnpius . fi]l(ius) Papiria
(tribu) Veranns frate[r . ex sestertinm . ] mil(ibus) n(ummum) am-
pliata pecunia ex[coluit idemque dedicavit].
Quelque difficile à compléter que soit cette inscription, elle prouve que le monument était dédié à un Génie . Auguste.
Or le Genius patriae ou le Genius loci se rencontrent plus d’une fois dans des inscriptions de Numidie associés à la triade capitoline et à d’autres divinités du Panthéon romain. C’est ainsi que la dédicace du grand temple de Lambèse(l) est faite Niiniinibns Augustis Jovi Optimo Maximo, Junoni Reginae, Minervae et Genio Lambaesis^ .
Si l’on remarque, de plus, que dans les environs du temple, sinon sur son emplacement mème(3), on a trouvé un petit autel portant les mots (4) :
genio
colontae
thamvg
Genio coloniae Thanuig(adensiuni).
on sera conduit à restituer sur la frise de l’édifice Genio [coloniae ou patriae] Aug. sacrum et à le considérer comme le temple du Génie de Thamugadi.
(r) C. I. L., VIII, 2611, 2612.
(2) Cf. Ibid., 4189, 4192, 4196, 4197, 4198 (pour Verecunda), 4578 (pour Diana).
(3) Il était, quand j’en ai copié l’inscrip¬
tion, « en face le marché, sur l’autre bord de la voie ».
(4) Biilt. arch. du Comité, 1893, p. 160, n. 38.
TEMPLE DU GÉNIE DE TIMGAD
Dans le même endroit, parmi les pierres de toute sorte accumulées sous les portiques du péribole, on a recueilli une inscription qui, à première vue, paraît se rapporter à cet ensemble (l) :
I M P CAES D I V I HADRIANI FIL
D I V i Traiani
PARTHICI N E P O DIVI NERVAE PRO NEPOTE T AELIO HA DRIANO ANTONINO AV G PIO P P IMP II PONTIF MAXIMO TRIB POTESTAT XÏITI
cos Im
PLATEAM STRATAM M VALERIVS ETRVSCVS LEG A VG PR PR PATRO NVS COL DEDIC D D P P
Du contenu de ce texte, on a conclu que le légat M. Valerius Etruscus avait fait établir le pavage de, la place (2) 3 4 5. On peut pourtant se demander si la pierre n’a pas été ultérieurement apportée dans le péribole du temple pour quelque reconstruction. On connaît, en effet, trois exemplaires de la même inscription : l’un, en tout semblable à celui qui est rapporté plus haut, était employé, comme marche dans la basilique du forum ; les deux autres, qui portent, au lieu du nom de Valerius Etruscus, légat de Numidie en i$ii$2(4)? celui d’un de ses prédécesseurs, C. Prastina Messalinus, légat en 1 44- 1 46 ont été trouvés, le premier au forum (6), le
(1) Ibid., 1898, p. cl vin.
(2) R. Cagnat, loc. cit. ; Gsell, Les Monuments antiques de l’Algérie, p. 139.
(3) Inédit.
(4) Pallu de Lessert, Fastes des provinces' africaines, I, p. 365. Cf. p. 383.
(5) Ibid., p. 357.
(6) C. I. L., VIII, 17851. Malgré sa mutilation, il semble bien que ce fragment dont les dernières lignes sont disposées absolument comme celles de l’inscription citée à la note suivante, en sont une répétition. La hauteur des lettres est la même.
TEMPLE DU GÉNIE DE TIMGAD
second à i$o mètres environ de notre temple, sur le sol d’une basilique chrétienne (I). Une telle dispersion de monuments relatifs au même fait ne permet évidemment d’avancer aucune affirmation au sujet de leur emplacement primitif. On ne peut dire quelle est la place — ou peut-être les places — que les deux légats firent daller.
(i) Recueil de Constantine, 1901, p. 244.
Fig. 146. — Entrée du marché. (Photographie de M. Ballu).
LE MARCHÉ DE L’EST
Sur la voie décumane, immédiatement à l’Est de la maison contiguë au forum, que nous avons décrite plus haut (l), on trouve un escalier de huit marches (fig. 146). Il mène à une plate-forme, longue de 28 mètres et profonde de 2 mètres, qui forme le prolongement du portique placé en avant de la maison voisine, mais à un niveau bien plus élevé. Cette plate-forme est bordée au Sud, dans toute sa longueur, par six boutiques de 2m,qo de profondeur, réparties en deux groupes, trois à droite et trois à gauche. Entre les deux groupes s’ouvre un vestibule demi-circulaire, grossièrement dallé en grès; au fond deux portes conduisaient dans deux petites pièces, presque triangulaires, dont la destination ne saurait être précisée.
(1) Voir page 88 et suiv.
LE MARCHÉ DE L’EST
Entre les deux existe un escalier de trois marches; c’est l’entrée d’un grand édifice, qui était certainement un marché. Certains détails
Fig. 147. — Plan du marché de l’Est (d’après les relevés des Monuments historiques.)
caractéristiques s’y retrouvent, en effet, qui ont déjà été notés dans le marché de Sertius; mais la disposition intérieure du nouveau monument est tout à fait différente et beaucoup plus originale (fig. 147 et pl. XXXIX et XL).
LE MARCHÉ DE L’EST
Au lieu d’une cour centrale rectangulaire entourée d’un portique on est ici en présence de deux cours en fer à cheval, ménagées au milieu de galeries de même forme, juxtaposées. Le sol des galeries est dallé de grandes pierres bien appareillées. Les cours (ym,30X au contraire, sont pavées de petites briques (opus spicatum) placées de champ et disposées en chevrons; des rigoles courent en avant de la colonnade, pour l’écoulement des eaux. Dix colonnes d’ordre toscan entouraient et soutenaient les galeries latérales.
Autour de cet ensemble étaient aménagées les boutiques ; six rectangulaires, sur la face Nord, prolongement des boutiques de la galerie extérieure; dix, formées de segments de cercles, rayonnant sur la partie courbe de l’édifice, cinq au fond de chaque cour; ces dernières rappellent de très près les boutiques que contient l’hémicycle du marché de Sertius. Comme dans celles-ci les tables de calcaire qui servaient aux marchands étaient fixées entre les deux montants antérieurs de la boutique, de telle sorte qu’il fallait, pour y pénétrer, passer en se baissant sous l’étal.
A la rencontre des deux hémicycles du fond, dans l’axe même de l’entrée et formé par l’intersection des deux demi-cercles, il restait un espace sensiblement triangulaire, qu’on avait aménagé pour l’ornementation du marché en même temps que pour la commodité du public en y disposant une vasque demi-circulaire où coulait une fontaine; à une basse époque on en installa une autre plus rudimentaire, une simple auge, dans la chambre placée à l’extrémité orientale.
En avant de cette pièce triangulaire deux colonnes, correspondant aux pieds-droits de l’ouverture, soulageaient la portée de la charpente de la galerie extérieure qui, à cet endroit, eut été considérable.
Il existe une entrée latérale de l’édifice sur la voie qui la longe à l’Ouest.
Si la destination de l’établissement n’est pas douteuse, la date de sa construction ne saurait être précisée. On remarquera seule-
LE MARCHÉ DE L’EST
ment que l'espace qu’il occupe ne coïncide pas avec les dimensions du carré de lotissement de la ville primitive sur lequel il a été construit; il le dépasse, englobant une des rues qui limitaient le carré. 11 n’est donc pas contemporain de la création de la cité : il a été ajouté postérieurement. A quelle époque ? c’est ce qu’aucun document écrit ne vient nous révéler.
On a recueilli, au cours des fouilles, dans l’hémicycle d’entrée des petits animaux en terre cuite, canards et moutons, grossièrement façonnés. Ce sont sans doute des jouets d’enfants.
LA FONTAINE DE LIBERALIS
Nous avons déjà signalé sur plusieurs points de la ville des fontaines publiques. La plus importante de celles qui existaient à Timgad était sans doute celle qui a été trouvée le long du Decumanus maximus à une centaine de mètres en arrière de la porte de Lambèse, à douze mètres du ravin qui coupe la partie occidentale de la ville (fig. 148).
Ainsi qu’on le voit par le
. ... '11 Fig. 1 49- — Plan de la fontaine.
plan ci-joint et par la photographie qui figure en tête de ce paragraphe, elle se compose actuellement d’un soubassement octogonal en grès, couronné d’une moulure ; au-
LA FONTAINE DE LIBERALIS
dessus s’élevait un massif de maçonnerie, également octogonal, épais de 1 mètre et évidé circulairement à l’intérieur ; la cavité mesure im,8o de diamètre. Un placage de om,2$ d’épaisseur recouvrait la maçonnerie. A om,7$ en avant du massif, une dalle en grès, haute de om,8$, posée de champ, fait le tour de l’édifice, épousant la forme de la construction. Le sol entre le socle et la dalle est bétonné, comme il convient à celui d’un bassin.
Les eaux s’écoulaient dans l’égout de la voie, dont le dallage est percé d’un regard à six mètres de distance de la fontaine ; un pavage en grès fait le tour de l’édifice.
Celui-ci était autrefois entouré de huit colonnes ou de huit pilastres surmontés d’un soffite, dont on a recueilli des morceaux, et d’une frise où se lisait une grande inscription. De celle-ci on a retrouvé cinq fragments sur les six dont elle se composait (I). Chaque frise était longue de trois mètres. Le texte porte :
a) P • IVLIVS • P • FILIVS • PA PI RI A
b) LIBERALIS • SAC E RDOTA L I S • P- A • F- P
C) QQ. H V I R - P RA EF - 1 • D - ÇP ET IN COL TlYS
d) DRITANA • F • P • LACVM QV EM SVPER LEGI
e ) timani flamoni summum promiserat ex Is
f) XXXII CCCXLVIII FECIT IDEM ÇL D E D I C • D • D
P. Julius P. filins Pupiriu Liberalis sacerdotalis p(rovinciae) Affricue), f (lumen) p(erpetuus), q(uin)q(uennulis) , duumvir, praef(ectus) j(ure) d(icundo), q(uaestor) et in col(onia) Thysdritana f (lumen) p(erpeîuiis) lucum quem super legi[timum flumoni(i) summum promiserut ex sestertiis ] XXXII (milibus) CCCXLV III fecit idemque dedic(uvit). D(ecreto) d( ecurionum ) .
Le personnage, auteur de cette libéralité, est connu par une
(1) Un fragment de ce texte était connu depuis longtemps (C. /. L., VIII, 2406).
Deux des faces de la construction, celles de derrière, ne portaient pas d’inscriptions.
LA FONTAINE DE LIBERALIS
autre inscription de Timgad qui se lit sur la base d’une statue de Diane, utilisée dans la construction de la forteresse byzantine (I).
Dans les déblais du monument on a rencontré une statue sans tète en marbre blanc (fig. i$o). C’est celle d’une femme vêtue de la stola ; la palla recouvrant la tête, retombait sur chaque épaule et s’enroulait sur le bras gauche. Celui-ci soutient une corne d’abondance ; le bras droit, abaissé pareillement portait peut-être un autre objet, ainsi que permet de le croire un tenon encore visible à la partie supérieure, y près de l’épaule. Cette divinité est une Abondance, une Concorde ou l’une de ces nombreuses entités qui, à l’époque romaine, avaient pour symbole la corne d’abondance. Il est possible qu’elle ait surmonté le noyau de maçonnerie qui constituait le Fig- u°- — s,atue trouvée auPrès de la fontaine-
1 (Photographie de M. Ballu.)
corps de la fontaine. La face
postérieure n’est qu’ébauchée, comme il arrive toujours pour les parties de statues adossées à des parois ou placées dans des niches.
(i) C. I. L., VIII, 2343.
Fig. 1 5 1 . — Coin d’une rue de Timgad. (Photographie de M. Ballu).
LES MAISONS
On a étudié jusqu'ici si peu de maisons romaines en Tunisie et en Algérie (I), qu’il est intéressant d’insister quelque peu sur celles que nous ont fait connaître les fouilles de Timgad. Par malheur, les habitations privées de cette ville étaient bâties, comme il est naturel, en petits matériaux; elles ont donc plus souffert encore que les monuments publics du temps et des hommes. En outre, ayant été occupées pendant plusieurs siècles et, semble-t-il, jusqu’à une assez basse époque, ainsi que le prouvent les reconstructions peu soignées de la plupart des murs et aussi les nombreuses lampes chrétiennes entières ou fragmentées qu’on y a recueillies, elles ont assurément subi des remaniements qui en ont, bien souvent,
(r) Cf. cependant Gsell , Les Monuments historiques de l’Algérie, II, p. 15 et suiv. ; Gauekler, Mélanges Piot., t. III, p. 177 et suiv. Des fouilles récentes, faites à Henchir-Hammam-Darradji (Bulla regia), ont amené la découverte d’une grande maison dont l’étage
inférieur est encore absolument intact; elle se compose d’une cour centrale entourée de chambres (Gauekler, Marche du Service en 1903, p. 19 et suiv.). D’autres habitations privées, découvertes à Carthage, offrent des plans assez variables {Ibid., p. 13).
LES MAISONS
altéré les dispositions primitives. De là de grandes difficultés pour y suivre les divers aménagements successifs, pour reconnaître, d’une façon certaine, les ouvertures, pour distinguer celles qui existaient simultanément de celles qui ont été ouvertes ou condamnées dans la suite des temps; en un mot, pour dresser des plans absolument exacts. Dans bien des cas il est impossible d'aller au delà de la simple probabilité. On peut néanmoins se faire une idée assez nette de ce qu’étaient les maisons de Thamugadi.
Un premier fait frappe tout d’abord. La majorité d’entre elles n’ont à peu près rien de commun avec les maisons de Pompéi que l’on donne d’habitude comme le type de l’habitation romaine à l’époque impériale. Inutile d’y chercher la plupart du temps V atrium central avec les chambres rangées méthodiquement tout autour et le péristyle, entouré pareillement de pièces, qui lui fait suite. On compte les maisons qui présentent un souvenir de ces dispositions; et même dans celles-là ne faut-il point s’attendre à trouver la régularité à laquelle nous ont habitué les traités dogmatiques d’archéologie (l).
Nous avons déjà étudié (2) une maison qui occupe l’angle Nord-Est du forum. Elle se compose d’un vestibule donnant accès dans une cour à colonnade; en face la porte s’ouvre une chambre d’apparat; sous la colonnade, d’autres chambres : c’est le type commun de la maison grecque, de la maison romaine à tablinum de la maison arabe actuelle. Nous n’avons pas à y revenir ici.
Deux autres grandes maisons rappellent pareillement, dans leurs
(1) Ce n’est point ici la place d’étudier les maisons romaines privées de l’époque impériale dans les différentes parties du monde romain ; il suffira de faire remarquer en un mot que l’on ne retrouve que très rarement le type de la maison pompéienne. Plus les recherches se multiplient, plus la -diversité s’accentue. Rien ne ressemble moins, par exemple, à la maison de Pansa que les habitations découvertes à Silchester en Angleterre, avec leurs grands corridors desservant toutes les pièces
(. Archœologia , LV, p. 205 et suiv., 409 et suiv. ; LVI, p. 104 et suiv.; LVII, p. 87 et suiv.; LVIII, p. 17 et suiv., etc.), ou à Caerwent {Ibid., LVII, p. 297 et suiv.) ; ou encore celles que M. Howard Crosby Butler a retrouvées en Syrie et qui consistent en une grande cour bordée d’un seul côté par un bâtiment à plusieurs étages divisé en deux ou trois autres pièces par étage ( American archaeol. expédition in Syria [1 architecture ], p. 69, 120, 122, etc.).
(2) Pages 88 et suiv.
LES MAISONS
dispositions générales, les habitations gréco-romaines à atrium et péristyle auxquelles nous sommes habitués. Toutes deux sont voisines des grands thermes du Sud : elles occupent les deux côtés
de la voie qui y mène.
La première qu’on nomme « maison de l’Hermaphrodite » à cause d’une mosaïque qui y a été trouvée (fig. 1Ç2) est séparée seulement de ces thermes par une rue. Du côté de l’Ouest elle est précédée d’un portique couvert où s’ouvrent cinq pièces à double profondeur; on ne peut guère y voir que des magasins avec leur arrière-boutique (A).
L’entrée de la construction est sur la voie des thermes. On pénètre par là dans un vestibule (1) adjacent à la loge du portier (2) ; puis vient une grande galerie (3) longue de 30 mètres, large de 7m,30. Au centre on y voyait jadis un bassin octogonal qui a laissé ses traces sur les dalles dont la galerie était pavée, mais qui a complètement disparu aujourd’hui. Du côté oriental trois larges baies donnent accès à une salle (4) pavée d’une mosaïque géométrique à gros cubes, blanche, noire et rouge. Elle menait à gauche dans des salles de bain ($, 6) deux pièces bâties sur hypocaustes et communiquant entre elles, d’ailleurs extrêmement ruinées; vers
Fig. 152. — Maison de l’Hermaphrodite. (Relevés des Monuments historiques).
LES MAISONS
l’Est dans un grand atrium (23 mètres sur 18) entouré d’un portique qui reposait sur 22 colonnes (six du petit côté, sept de l’autre, en comptant deux fois la colonne d’angle). La partie centrale de la cour a été modifiée à une basse époque ; on y a établi un bassin assez étroit qui en occupe toute la longueur et qui se déversait dans une rigole contournant les portiques en avant des colonnes. Tous les entre-colonnements étaient fermés par des balustrades; le sol des portiques était pavé de mosaïques à dessins géométriques. Le centre du portique a est occupé par un motif circulaire à feuillages, enveloppé lui-même dans une frise carrée représentant une torsade de rubans blancs sertis de rouge, sur fond noir; des dauphins décorent les quatre écoinçons. Au centre (fig. 153), quatre lettres placées dans un carré environné d’ornements qu’entoure un deuxième carré inscrit dans un cercle ; enfin disposés autour de chacun des côtés du grand carré, dans les segments du cercle, quatre groupes de huit lettres. Cet ensemble, ainsi que nous l’avons dit ailleurs, constitue un jeu du genre des tabulae lusoriae w. M. Schulten dans un article récent (2) a proposé d’y voir le jeu suivant : Des deux adversaires l’un, l’assiégeant, occupe les cases indiquées par les lettres inscrites dans les segments, l’autre, l’assiégé, le carré intérieur, qui représente la citadelle. Il s’agit pour le premier de déloger les pions du second et
Fig. 153. — Jeu sur mosaïque.
(r) Musée de Tivigad, p. 35.
(2) lahrbuch des Kais. deutsch. archaeologi-
schen Instituts, 1904, p. 136.
LES MAISONS
d'occuper à sa place les cases qu’il a été forcé d’abandonner. C’est ce qu’exprime le vers, placé dans la bouche du vainqueur :
Prolecti \reced\ant; omnia compléta sunt.
L'idée générale du jeu est en effet évidente; c’est elle qui préside
Fig. 154. — Mosaïque de l’Hermaphrodite. (Photographie de M. Ballu).
à tous les jeux de cette sorte; quant aux règles plus précises, que
LES MAISONS
propose M. Schulten, est-il besoin de dire que ce n’est là qu’une conception ingénieuse mais toute hypothétique?
Sous ce même portique a s’ouvre l’accès de la chambre 7 ; celle-ci mène à la chambre 8 et à la chambre 9. Entre les deux, sur le seuil de la porte on a trouvé une très curieuse mosaïque représentant la toilette d’un hermaphrodite ; elle orne aujourd’hui les murs du musée ; nous l’avons déjà décrite ailleurs avec détail (I).
Fig. iç$. — Grande cour de la maison de l’Hermaphrodite. (Photographie de M. Cagnat).
Il suffira de rappeler ici qu’on y voit (fig. 1^4) un personnage monté sur une sorte de tabouret et revêtu d’une riche robe à la mode orientale ; il relève son vêtement à la hauteur du ventre pour montrer le sexe étrange qui le caractérise. Deux femmes sont debout à sa droite et à sa gauche; cette dernière tient à la main un coffret, d’où elle paraît avoir sorti quelque bijou qu’elle lui tend.
En suivant le portique b on rencontre successivement une
(1) Musée de Timgad, p. 36.
LES MAISONS
chambre 10 pavée de mosaïque géométrique, et possédant un bassin profond de plus d’un mètre dont le contenu s’écoulait dans l’égout de la rue voisine; la chambre 11, qui communique avec la précédente; la chambre 12, la chambre 13, où bon voit les restes d’une conduite d’eau de basse époque qui semble avoir alimenté le grand bassin de la cour, enfin la chambre iq.
Le fond du portique c (fig. i$$) a moins souffert que le reste de l’édifice ; on a pu le conserver grâce à quelques consolidations. 11 est percé de quatre portes, entrées d’autant de chambres, qui ne donnent pas lieu, d’ailleurs, à des remarques bien intéressantes. Le sol de la chambre 19, toute dallée, est à un niveau plus élevé que celui de sa voisine 18; quelques marches rachètent la différence. La pièce 16, sorte de grand couloir, est aussi complètement dallée ; elle mène de la cour au passage 22, qui conduit dans une petite galerie, terminée au fond par une niche en exèdre ; une porte de sortie la mettait en communication avec la rue.
La seconde maison voisine des thermes sur laquelle il convient d’insister quelque peu fait face à la précédente vers l’Ouest. Les
Fig. 156. — Plan de la maison de Sertius. (Releves des Monuments historiques).
Fig. 158. — Bains de la maison de Sertius. (Photographie de M. Ballu)
LES MAISONS
dispositions intérieures en étaient tellement bouleversées au moment des fouilles qu’il a été assez difficile de reconnaître l’aménagement primitif.
Il semble qu’il ait été le suivant (fig. 1 ç6) : les deux angles de la maison étaient sans doute occupés par des boutiques A ; on y accédait soit de la rue, soit en passant sous un portique soutenu par des colonnes. La porte d’entrée est ménagée au milieu de ce portique. On pénétrait immédiatement dans un vestibule 1, au centre duquel a été établi, à une époque postérieure, un bassin. De là on montait par quelques marches, dans la partie de l’habitation réservée aux bains, 2, 3 , 4, y , 6 , 7 , 8 (fig. 1 y 7 et 1 y 8 et pl. XLI). Les salles chaudes ont conservé la hauteur presque entière de leur étage ; la salle 8, dallée en mosaïque, se termine par une piscine d’eau froide demicirculaire. On y a trouvé en place la partie inférieure de deux piédestaux, qui se faisaient pendant. Sur ces soubassements s’adaptaient parfaitement deux dés de pierre qui avaient été employés dans des aménagements de la maison exécutés à une époque très basse.
Le premier porte (I):
A E S C V L A P I O AV G AT E X O R NAT IONÏM BA LN E I PfcMlf VS *
ACTORÿ
Aesculapio Aug(usto), at exornationem balnei, Primitiv(u)s actor .
Le second (2):