FORT VN AE • AVG
ANNIAE • M • FI L • CA RA • FLAM1NICA- ET-TRANQV ILLA- STAT V AM • QVAM TESTAMENTO • SVO • ANNIVS • PROTVS • EX • HS • XXÏÏ • LEGAVE RAT • PECVNIA • PROTI • ET • ANNI • H I LA RI • PATRIS- SVL COMPARATAM ■ POSVERVNT ■ ET • ADIECTA • DE • SVO • AE DE • EX HS nTT CCCC • DEDICAVER • EPVLO • CVRIAR • D D
Fortunae Aug(ustae), Anniae, M. f(iliae), Cara, flaminica, et Tranquilla statuam qucim testamento suo Annius P rot us ex sestertium XXII milibus (minimum) le gare rat, pecunia P rôti et Anni Hilari patris sui comparatam posuenint, et adjecta de suo aede ex sestertium quatuor milibus quadringentis nummis dedicaver(unt) epulo curiar(um) (dato) ; d(ecreto) d(ecurionum) .
Cette dédicace est précieuse, car elle permet de se rendre compte d’une façon positive de l’aspect que présentait cette partie du forum.
Nous apprenons par elle que la base aujourd’hui en place, qui mesure environ 3 mètres de largeur sur im,$o de hauteur, était autrefois surmontée d’un édicule décoré d’une statue de la Fortune. L’édicule avait coûté 4,400 sesterces, ce qui indique un certain luxe dans la construction, dans le choix des matériaux employés et surtout dans l’ornementation ; la statue valait 22,000 sesterces, prix fort élevé pour l’ Afrique (4). Cela suppose qu’elle était particulièrement riche et soignée.
(1) Cf. plus haut p. 2 et suiv. et fig. 2.
(3) Sur le sens de aedes employé comme
synonyme d’édicule, voir de Ruggiero, Di~ionario epigrafico., s. v. Aedes.
(4) Cf. les Indices du VIIIe vol. du Corpus ,
LE FORUM
Les deux femmes qui ont construit l’édicule sont les filles de deux affranchis, connus par d’autres inscriptions de Timgad(I), qui vivaient à l’époque de Trajan(2). Cette statue de la Fortune Auguste date donc au plus tard du milieu du IIe siècle, c’est-à-dire qu’elle remonte sans doute au règne d’Hadrien ou au début de celui d’Antonin le Pieux.
Derrière le mur auquel cet édicule était adossé existait un passage donnant accès dans une petite cour, entourée de deux côtés d’un portique, dont il ne reste plus actuellement que des traces insignifiantes. Le sol du portique était recouvert d’une mosaïque à fond noir, semé de fleurs très simples alternativement jaunes et blanches. La cour est de forme irrégulière, remplissant l’espace laissé libre entre le mur extérieur du forum et les murs postérieurs des deux édifices qu’il nous reste à décrire. La destination de cette cour est impossible à déterminer; peut-être faut-il y voir un promenoir pour les membres du conseil municipal, qui y accédaient directement, en sortant de la curie, et comme une annexe de la salle des séances (3). Les objets rencontrés au cours des fouilles ne donnent aucun renseignement à ce sujet. Notons cependant que c’est là, sous le portique, contre le mur septentrional de la curie, qu’a été trouvé l’édit du gouverneur Ulpius Mariscianus, commenté par M. Mommsen ^4).
On pouvait sortir de la cour sur le forum par une porte qui s’ouvrait entre le piédestal de la Fortune et l’édifice dont il va être question maintenant.
Celui-ci affecte la forme d’un temple : il se compose d’une cella dont l’angle antérieur droit (pour qui le regarde) est seul debout aujourd’hui. Elle mesurait 7 mètres de largeur et4'n,$o de profondeur.
p. 11 18. Le prix commun d’une statue divine en Afrique varie, d’après les données des inscriptions, entre 5,000 et 10,000 sesterces.
(1) C. I. L., VIII, 2354 (textes qui datent de l’an 1 16).
(2) Voir plus bas, p. 52.
(3) C.I. L VIII, 11774 G1 Henchir-Midid) : « Curia a solo ex\tructa est cum gradïbus et porticibu\s continuis. »
(4) Rec. de Constantine, XXII, p. 401 et suiv. ; cf. XXIII, p. 257 etsuiv. ; Eph. epigr., V, p. 629 et suiv. ; C. I. L., VIII, 17896.
Du pronaos rien ne subsiste, pas même une base de colonne. Toute la façade a été précipitée sur le forum, sans doute par un tremblement de terre; aujourd’hui, bases, fragments de colonnes et chapiteaux sont rangés au pied. Le chapiteau, d’ordre corinthien, est malheureusement très mutilé ; il rappelle beaucoup celui de la porte triomphale située au nord des ruines, dont nous parlerons plus loin ; la colonne mesurait om,7$ de diamètre : elle était lisse.
Ce qui caractérise ce temple, c’est qu’il ne possède pas, comme les autres, un escalier prolongé jusqu’au sol. En avant du pronaos, s’étend une grande plate-forme, située un peu en contre-bas, et reliée jadis à lui par quelques marches aujourd’hui disparues. Cette plateforme se terminait, du côté du forum — où elle formait une forte saillie coupée à pic — par une sorte de podium élevé, fait de grandes dalles placées de champ; aux deux extrémités, à droite et à gauche, étaient disposés deux beaux piédestaux hexagonaux supportant des statues de la Victoire, ainsi que le prouvent deux inscriptions dont il sera question un peu plus bas (p. $1 et $2).
Pour accéder à la plate-forme, on avait établi, sur le côté gauche de l’édifice, par conséquent dans la cour intérieure voisine de la curie, un petit escalier de neuf marches (fig. 22).
Le sous-sol de la cella était aménagé en une chambre voûtée, dans laquelle on pénétrait par une porte étroite; on en distingue encore très nettement le mode de fermeture.
Nul ne s’étonnera de rencontrer un temple dans le forum de Timgad. L’un est le complément de l’autre, l’enceinte de la place publique étant un lieu consacré parla religion. Tous les forum impériaux, à Rome, avaient leur sanctuaire ; celui de Vénus Genitrix s’élevait sur le forum de César, celui de Mars Ultor sur le forum d’Auguste, celui de la Paix sur le forum de Vespasien, celui de Minerve sur le forum de Domitien(l). Il en était de même pour les
(1) Jordan, Topographie der Stadt Rom, p. 439, 443, 448 et suiv.
villes de province. Pompéi(l), Veleia(2) *, Lambèse en sont autant de preuves. A Timgad, nous ignorons à quelle divinité le temple du forum était consacré. On a dit que c’était à la Victoire (4), à cause des deux statues de cette déesse qui s’élevaient de chaque côté de la plate-forme; mais ce n’est point là un argument suffisant. On ne pourrait se prononcer à ce sujet que si l’on avait retrouvé soit
Fig. 17. • — Escalier de la tribune (d’après une photographie du service des monuments historiques).
l’inscription du temple lui-même, soit la statue de la divinité qui en décorait la cella. On peut seulement affirmer que la triade capitoline n’y était pas adorée comme à Lambèse, ni Jupiter comme à Pompéi, puisqu’il existe un « Capitole » dans une autre partie de la ruine ; et on doit reconnaître, d’autre part, qu’un sanctuaire de
(1) Overbeck, Pompejî, p. 90 et suiv. (3) Rec. de Constantine, XXII, p.- 200;
(2) Antolini, Rovine di Veleia, p. 44 et R. Cagnat, Lambèse , p. 56.
suiv. (4) Milvoy, Ville romaine de Thamugas, p. 8.
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la Victoire serait bien à sa place sur le forum d’une ville fondée par le belliqueux Trajan, et construite, pendant la période des guerres Daciques, parles soins de la légion 111' Auguste.
La crypte aménagée sous le temple pouvait être employée à différents usages, ou comme dépendance du temple, pour enfermer les objets destinés au culte et à sa célébration, ou comme trésor de la cité ( aerarium ), ou comme dépôt pour les actes municipaux ( tabu lariuni )(I). Nous n’avons pas la prétention, naturellement, de décider ici la question.
Quant à la plate-forme qui termine l’édifice du côté du forum, on y a vu, avec la plus grande probabilité, une tribune aux harangues. On a fait remarquer que de profondes entailles étaient pratiquées dans la cymaise qui borde cette plate-forme, détail qui indique, suivant toute vraisemblance, la présence d’une balustrade en fer ou en pierre, encastrée dans ces entailles (2).
On sait que la vie politique garda une certaine intensité dans les villes d’Afrique pendant l’époque impériale, au moins jusqu’au IIIe siècle; que le peuple, divisé en curies, continua à se réunir en comices pour élire ses magistrats et pour délibérer sur les affaires de la municipalité. Il était donc indispensable que chaque cité possédât une tribune. C’est de là que le duumvir présidait les assemblées et dirigeait le vote, que les citoyens les plus influents prenaient la parole pour faire prévaloir leur opinion, que se proclamaient le dépouillement du scrutin, la liste des membres du sénat, le résultat des marchés passés avec les quinquennales pour la ferme des impôts ou des constructions ; c’est de là aussi que l’on lisait aux citoyens les résolutions du Conseil municipal, les messages des gouverneurs ou des empereurs; en un mot que l’on portait à la connaissance du
(i) On sait que, à Rome, le temple de Saturne servait d 'aerarium et de tabularium. D’autre part, Vitruve (V, I), dit que Yaerarium doit être voisin du forum et de la curie, et nous avons déjà rappelé une inscrip¬
tion d’Afrique (C. I. L., VIII, 757) où le tabularium est cité à côté de Yaedes curialis Concordiae.
(2) Rec. de la Société de Constantine, XXII, p. 340 ; Milvoy, op. cit., p. 9.
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public tout ce qui l’intéressait. La tribune servait également, sans doute, comme cela avait lieu à Rome, à prononcer les oraisons funèbres des citoyens que l’on voulait honorer particulièrement après leur mort. Aussi, trouvons-nous dans les inscriptions africaines la mention de rosira en plusieurs endroits. Ainsi, nous lisons sur une pierre, déposée aujourd’hui au Musée du Louvre(l), que, à Rusicade, un certain Caecilius Gallus, flamine de César divinisé, fit élever, en son nom et au nom de sa femme et de ses fils, un tribunal et des rostres; de même, à Zattara, le forum fut restauré sous les empereurs Constance et Constant par un personnage qui était curateur de la ville à cette date, et l’inscription (2) mentionne spécialement la reconstruction des rostres. Si, à une époque aussi basse, et alors que la vie municipale était presque éteinte, on se préoccupait encore de remettre en état les tribunes des forum, à plus forte raison, lorsque l’on fonda Thamugadi, dut-on songer à la doter d’un édifice qui était alors indispensable au jeu des institutions de la cité.
Il faut remarquer que l’on plaça cette tribune tout auprès de la curie, de telle sorte qu’il suffisait aux décurions, pour s’y rendre du sénat, de traverser le couloir qui donnait accès dans la petite cour intérieure dont nous avons fait mention plus haut, juste en face de l’escalier aménagé sur la gauche du temple.
L’épigraphie nous apprend, cette fois encore, à quelle époque il faut rapporter l’achèvement de cette construction. Nous avons déjà fait allusion aux deux grands piédestaux hexagonaux qui avaient été disposés de chaque côté de la tribune, supportant chacun une statue de la Victoire. L’inscription qu’ils portent est caractéristique (3). On y lit (fig- 23) :
Victoriae Parthicae Aug(ustae) sacr(um), ex testamento M. Anni(i) M . f(ilii), Quir(ina tribu), Martialis, mil(itis) leg(ionis) III Aug(ustae), duplic(ario) ala& Pann(oniorum), dec(urioni) al(ae ) ejusdem, c(entu-
(2) Ibid., 5178.
(3) Ibid., 2354.
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nom) leg(ionis) III Aag(ustae) et XXX Ulpiae Victric(is), missi honesta missione a b Imp(eratore) Trajano Optimo Aug(usto) Ger(manico) Dac(ico) Parth(ico ), singfulas statuas ) sestertium VIII milibus ( minimum ), vigesima p(opuli) r(omani) min(us)^, Annii, M. hb(ertï). Protus, Hilarus, Eros, adjectis a se sestertium tribus milibus ( minimum ) ponend(um) curaver(unt) idemque dedicaver(unt) , d(ecreto) d(ecurionum) .
.rARTHÏCffi •:/\Vb'5ACK; ;
Fig. 23. — Piédestal de la tribune (d’après une photographie de M. Cagnat).
Ces deux statues avaient donc été élevées par trois affranchis d’un personnage, ancien centurion de la légion de Lambèse ; celuici, qui s’était sans doute établi à Timgad, après avoir obtenu son congé, avait, par testament, laissé la somme d’argent nécessaire pour couvrir les frais d’érection. Or, l’épithète de Parthicae, qui se rencontre une seconde fois dans les titres de l’empereur (ligne 1 4 , permet de fixer la date de ce texte à l’année 1 16, où Trajan, vain-
(1) Ce passage fait allusion à l’impôt du vingtième sur les successions qui existait sous
l’empire ; il signifie : « déduction faite de l’impôt du vingtième. »
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queur des Parthes, entra dans Ctésiphon (entre avril et août) (l). Si, à cette époque, l’on songea à décorer de statues la tribune du forum, c’est que celle-ci existait déjà et que la construction en était antérieure de quelques années ou, peut-être, qu’elle se terminait à ce moment. Nous sommes déjà arrivés à la même conclusion à propos de la curie. Il est important de rapprocher les
Fig. 24. ■ — Édifice contigu à la tribune (photographie de M. Cagnat).
deux faits et de constater que la même année 116 a vu s’achever l’hôtel de ville de Timgad et les rostres, c’est-à-dire les deux édifices les plus remarquables de la partie occidentale du forum.
La colonnade qui faisait le tour de la place est interrompue par la saillie de la tribune; car il aurait été inadmissible que celle-ci fût enfoncée sous un portique d’où les orateurs auraient été cachés
(1) Cf. C. de la Berge, Essai sur le règne de Trajan, p. 180.
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à la foule amassée sur le forum : il fallait qu’ils fussent exposés à tous les yeux, et que leur voix put porter jusqu’aux auditeurs les plus éloignés. Mais, aucun des autres édifices n’étant soumis aux mêmes nécessités, la colonnade devait recommencer à droite des rostres: c’est ce qui existe en effet, ainsi que l’on pourra s’en rendre compte en se reportant au plan général que nous donnons à la planche VI.
Immédiatement après la tribune, et adossée au mur septentrional du soi-disant temple de la Victoire, nous trouvons un petit édifice, d’une rare élégance, qui rappelle, par les détails de sa disposition, la salle des décririons (ffg. 24). Il y a toutefois cette différence que, tandis que celle-ci était bâtie sur plan rectangulaire, celui-là était élevé sur plan carré, et qu’il n’était point séparé du portique par un escalier. L’entrée en était constituée par deux colonnes flanquées à droite et à gauche de pilastres. Ces colonnes sont très originales ; leur surface est ornée de spirales qui se terminent à la partie inférieure par une série de pointes de flèches. Elles supportaient un chapiteau corinthien : le type en est donné par le spécimen qui s’en est conservé et que l’on a placé sur le pilastre de droite. La salle était autrefois fermée par une triple barrière, à hauteur d’appui, dont les traces de scellement sont encore parfaitement visibles aussi bien sur les colonnes que sur les pilastres. La décoration intérieure était constituée par une plinthe assez élevée, courant tout autour de l’édifice, où venait s’appuyer un placage de marbre : la plinthe a subsisté intacte au fond de la pièce, sur toute sa largeur, et l’on en distingue un fragment important à l’angle droit, près de la porte d’entrée ; d’autre part, un petit morceau du placage de marbre est encore appliqué sur le parement du pilastre de gauche; ce sont des témoins irrécusables de l’état antique du monument. Il n’en existe, d’ailleurs, pas d’autres ; et l’on peut affirmer seulement qu’il n’y avait ni bases de statues, ni estrade, comme celles qui se remarquent dans la curie.
Il est assez difficile, faute de documents, de déterminer quelle était la destination de cette construction; son élégance, sa simili-
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tude avec l’hôtel de ville, sa proximité de la tribune autorisent seulement à y voir une pièce réservée à un service important de la municipalité. A vouloir préciser davantage nous nous trouvons dans le même embarras que les savants qui ont essayé d’identifier les trois constructions juxtaposées qui limitent le forum de Pompéi vers le Sud. Étant donné, cependant, que les duumvirs ne pouvaient se passer d’une salle de réunion, d’un « cabinet », dirions-nous aujourd’hui, pour y expédier les affaires de la cité, on pourrait supposer que tel était l’usage auquel était réservé cette salle ; mais ce n’est là, il est inutile de le dire, qu’une hypothèse.
Pour achever la description des différents bâtiments qui entourent le forum, il suffit maintenant de tourner à gauche sous le portique, en marchant dans la direction de l’Est. Nous rencontrerons successivement trois pièces d’inégale grandeur, tout à fait analogues à celles qui leur font pendant, de l’autre côté de l’escalier d’entrée, et que nous avons étudiées en commençant notre visite du forum (p. 19). Ce sont également des logettes dont la façade, complètement ouverte, est séparée en plusieurs baies par des colonnes ; la seconde seule paraît avoir été fermée par une grille mobile. A différentes époques, pour embellir cette partie du portique, on s’avisa de disposer des statues avec leurs piédestaux, soit en avant du mur qui séparait ces logettes l’une de l’autre, soit même entre les colonnes qui en marquaient l’entrée; ce qui n’était point fait pour en rendre l’accès plus facile. Trois d’entre ces bases honorifiques appartiennent au IIe siècle, la quatrième à une période postérieure à Constantin.
A quoi servaient ces différentes pièces? C’est ce que nous serions fort embarrassés de décider. Vitruve(l) indique parmi les édifices que tout forum devait contenir, outre la curie et la basilique, des boutiques pour les changeurs, des salles pour le trafic et la perception des impôts, un trésor public, une prison ; d’autre part, les inscrip-
(1) Vitruv., Dearchit., V, 1 et 2.
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tions aussi bien que les découvertes archéologiques nous apprennent qu’il y en avait d’autres encore, par exemple, un « ponderarium (I) » où étaient exposés les étalons des poids et mesures (2) et des salles d’école (3). Nous n’avons aucune donnée qui nous permette de répartir ces différentes annexes du forum entre les constructions anonymes qui entourent la place publique de Timgad. Si l’on y arrive jamais, ce ne sera que par comparaison avec d’autres forums, qui restent à découvrir, en Afrique ou ailleurs.
Nous avons terminé l’étude des édifices groupés autour de la
Fig. 25. — Chapiteaux du portique du forum (d’après des photographies de M. Ballu).
place publique de Timgad ; il convient maintenant de parler de la colonnade qui l’entourait et d’examiner ensuite la disposition intérieure.
Le portique presque continu, dont il a été souvent question dans les pages qui précèdent, était soutenu, du côté où il était ouvert sur la place, par toute une série de colonnes. La plus grande partie d’entre elles a été retrouvée au cours des fouilles ; quelques-unes n’avaient presque pas souffert et on a pu les redresser. Là où les
(1) C. I. L., VIII, 757. Voir plus haut p. 37, note 3.
(2) Cf. Overbeck, Pompeji, p. 63.
(3) Voir à ce sujet une peinture d’Herculanum qui représente un maître d’école au
milieu de ses élèves sous un portique du forum. (O. Iahn, Abbandl. der Sàchsischen Gesselschaft, 1870, pl. 1, 3; p. 288 et suiv.) Cf. Liv. III, 44; Dion. Hal., XI, 28; Augustin, Conf., I, 16.
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SI
colonnes ont disparu, on distingue sur le pavé la trace très nette des bases qui les supportaient. Un certain nombre des chapiteaux dont elles étaient surmontées existe encore (fig. 2ç). L’écartement qui les séparait n’était pas constant, non seulement d’une face duforum à une autre, mais même sur la même face. Ainsi, le long de la 'basilique, l’entre-colonnement d’axe à axe mesure en moyenne 3"', 3° ; du côté de l’escalier d’entrée, 2m,70 ; devant l’édifice qui est situé à droite de la tribune, il n’est que de 2 mètres, tandis qu’en avant de la curie, il varie entre 2m,40 et 3m,40 ; enfin, le long de la voie du théâtre, les colonnes étaient écartées de 3m,4o à peu près. Le chapiteau était de style corinthien, assez soigné d’exécution, mais d’un type commun; nous en donnons, ci-contre, deux spécimens. La hauteur de la colonne, base et chapiteau compris, s’élevait à 4m,4^ environ.
On a trouvé dans les fouilles de nombreux fragments de poteries provenant de la couverture du portique et des différents édifices du forum, notamment une antéfixe, transportée depuis à Lambèse; le dessin qui en est inséré ci-contre a été exécuté d’après un croquis de Duthoit.
Le niveau de la place proprement dite est plus bas que celui du portique ; on y descendait par deux marches qui existent encore presque partout. Le sol en était dallé de grandes pierres rectangulaires. Nous avons indiqué sur le plan d’ensemble reproduit à la planche VI les parties du pavement qui manquent aujourd’hui. Quand on l’examine avec soin, on y voit de nombreuses traces qu’il est intéressant d’étudier.
Signalons d’abord un dessin gravé avec un instrument pointu à l’angle sud-ouest et représentant un vase à deux anses, haut de om,3 $ et large de om,2o ; c’est une jardinière. A la partie supérieure est figurée une plante caractérisée par deux feuilles et une fleur en forme de grappe. Sur la panse du vase, on lit les lettres : caktarv
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assez grossièrement tracées, dans un bandeau (voir fig. 27). Il est
possible qu’il y ait un point entre le C et l’A ; mais les lettres ne sont séparées par aucun blanc. Comment fautil interpréter ces caractères? Il est naturel d’y chercher soit le nom du vase, soit celui de son possesseur, soit celui de la plante qui s’en échappe. Mais dans aucune de ces trois hypothèses, cette suite de lettres ne nous a paru se prêter à une solution satisfaisante. Il est impossible d’y trouver un nom de vase(l); on n’a jamais rencontré, non plus, comme nom propre, ni Caktanis , ni Aktanis, en supposant que le C
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