SCENE III
TIMON, seul.
Vis toujours pauvre el meurs avec (a pauvreté. Adieu. — Je puis enfin rêver en liberté. — Que j'aime la fraîcheur de cette forêt sombre ! Un éternel zéphir gazouille sous son ombre ; Un ruisseau pur jaillit de ces tapis de fleurs Ou l'acanthe et l'iris confondent leurs couleurs. Sous ces feuillages verts le rossignol prélude. Mélodieux accords ! vivante solitude !
Des hommes et du sort je brave ici les coups. Qu'aurais»je à redouter? Quoi? la fureur des loups? Leurs sourds gémissements troublent parfois mes
sommes , Mais je ne les crains pas ; ce ne sont pas des hommes ; Je n'ai rien fait pour eux; ils ne m'ont rien promis; Ils ne m'ont point juré qu'ils étaient mes amis; Ils ne me tueront pas. — Ne vois-je pas encore Là-bas — les traits hideux de l'être que j'abhorre?... Trois hommes dans ces lieux! ah! je comprends pourquoi.
C'est le charme de Tor qui les attire à moi.
Leur œil hagard me cherche et de joie étincelle ; Viendraient- ils m 'annoncer quelque triste nouvelle? Mange et fuis-les, Timon.
Il s'étend iur l'herbe et arrache des racines qu'il mange.