SCENE V
TIMON, seul.
Oui, réjouissez-vous de ce funeste don !
La discorde déjà vous jette son brandon !
Allez, et que votre or u'appartienne à personne. Que l'avare Thémis de sa faux vous moissonne. Que dis-je? oh non! sa faux n'atteint que l'innocent. Thémis même assassine et prête à cent pour cent. Elle ne pèse plus au fond de sa balance Que l'or dont le coupable achète son silence. L'heure avance, Timon ; achève ton repas ; Mange et ne songe plus aux choses d'ici-bas. — Qu'il est doux de diner seul sur l'herbe nouvelle Sans ce vain attirail de table et de vaisselle!
Il s'étend par terre et mange.