ACTE DEUXIEME
JEAN
Monsieur, vous me ferez l'honneur de me croire assez intelligent.
BOURRACHE
C'est bon! C'est boni Mais c'est pas tout ya! (s«
plantant au miliea de la chambre^ après avoir ouvert sa théorie,
à Jean.) A c't'heure que te v'ià frusqué à la mode, arrive ici, la pochetée ?
JEAN
Ûserais-je vous demander de m'appeler par mon nom?...
BOURRACHE
T'en as trop... ça me fatigue... Allons, venez, Mouillard, Muflot, Trimballe... Nous allons faire la théorie sur les marques extérieures de respect. Vous me donnerez un coup de main, rapport à l'andouille... (il montre Jean.) Je ne lul crois pas la comprenoire ouverte... Venez aussi, Turlot.
JEAN, serrant les poings, à part.
Ohl Solange 1 Oh! ma tante!
BOURRACHE
Silence!... Formez le cercle!... (il raitrorm«r le eereie
en bousculant an peu Jean.) Là... je commence... (Il feuillette sa théorie.) Savez-vous ce que c'est que la politesse dans le civil... Répondez, Turlot...
TURLOT
Sûr que je le tais... je...
BOUBRAGHE, l'interrompaat.
C'est bien... (a. j«u.) Et toi, le sais-tuT
MoBiieur, je sais an homme du monde.
82 TlRE-AU-rLA^C I
BOURUAGHR.
Ah! la barbe!
MQFLOT.
Il ne sait pas... Dis-y, Bourrache,
BOURUAGHR.
Eh bien! la politesse civile, ça consiste à s'envover un tas de boniments aimables quand on se rencontre : Bonjour... salutl .. ça boulotte toujours? ça va-t-y cumme vous voulez?
MU FLOT, !>'*nt;nuant pour éclairer Jean.
I.a femrae?... lies salés?... ça biche? Allons, tant m'e'iy !
BOURRACHE
Et on s'fout des coups de chapeau...
TRIMBALLE
Et on s'serre la cuiller...
JEAN, i part.
Quelle conception de la politesse I
BOURRACHE, à Jean.
Comprends-tu?
JEAN
Oui, monsieur.
BOURRACHE, se fAckant,
Caporal donc... sacrée tourte!
JBAN, digne.
Oui, caporal.
BOURRACHE, reprenant la leçon.
Pour lorss, voilà comment on est poli dans le civil. Dans l'armée, c'est une autre affaire... Vous comprenez que si tous les bonhorames du régiment