‹ Tire-au-flanc!; pièce en trois actes [par] André Sylvane & André Mouëzy-EonChapitre 8 sur 104 · ACTE PREMIER f · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER f

SOLANGE

Certes.

JEA.N.

Et cependant, il faut s'y soumettre. Et cela, trois, quatre, cinq fois par jour! J'avoue que c'est pour moi une véritable corvée, à laquelle je me refuse autant qu'il est en mon pouvoir. Ainsi, en ce moment, j'ai faim, j'ai très faim.

SOLANGE

Eh bien, il faut manger.

JEAN

NonI Pourquoi?

SOLANGE

JEAN, naïvement.

Je ne pourrais plus déjeuner.

SOLANGE

Je suis effrayée à la pensée des souffrances qui vous attendent pendant cette année de régiment!

JEAN

Ah I Moi aussi, j'en suis effrayé...

SOLANGE

Vraiment, quand on n'est pas né pour un métier, on ne devrait pas vous l'imposer !

JEAN, amer.

Ce serait la justice... Elle n'est pas de ce monde... Mais je vais vous quitter, Solange... Et voilà surtout ma véritable peine I...

SOLANGE

J«la partage, Jean i... Croyez-l«l

JEAN

Oui, de cela surtout mon âme est triste... profondément I Donnez-moi votre main... (Après un long bai- ■er.) Profondément !,..

SOLANGE

Par bonheur, ma mère a pu faire indirectement la connaissance de votre futur colonel, et obtenir qu'il accepte une invitation à déjeuner. Il va venir, il vous verra, il se rendra compte que vous n'avez rien de ce qu'il faut pour faire un soldat.

JEAN, ironiqua.

Et cela me mettra tout de suite dans ses papiers.

SOLANGE

Qui sait?.. On lui fera comprendre... on lui expliquera... Et puis, il sera reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Ma mère s'est informée de ses goûts. Elle a commandé un déjeuner en conséquence. Il y sera sensible.

JEAN

Peut-être... Si sa digestion se fait bien!..

SOLANGE

Ne soyez pas amer, Jean. Vous devenez trop sceptique. Vous ne croyez plus à rien.

Je cr«is à ceci, (il prend sa main «t après un long bal* sar.) Profondément 1

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