PI. IX
PORTRAIT DU MEDECIN PARMA (Musée de Vienne.)
LA GLOIRE
n’est-ce pas plutôt Titien qui, pour transfigurer l’âme des médiocres, profite du moindre détail heureux d’un caractère ou d’une physionomie ?
2) Berlin. Galerie royale. — Te fils d’un marchand, peut-être ? quelque patricien ? ou bien un prince ?... Dans les pays démocratiques de la Méditerranée les différences de caste n’existent que par le costume; la misère, sous un heureux climat, n’impose pas les stigmates douloureux de la déchéance, et le paysan drape ses haillons du même geste élégant que son seigneur vêtu de velours. Te jeune inconnu aux yeux orientaux, à la bouche orgueilleuse, au front bombé sans méplats subtils, se devine sensuel et despote, égoïste et généreux Mais qui fut-il ?
To minas o Mosti, secrétaire du duc de Ferrare (1526). Florence. Galerie Pitti. — Sa longue face réservée, au type sémite, ses yeux distingués sous des sourcils purs, son long nez descendant sur une bouche charnue, et ramassée comme pour mieux se taire, Tommaso Mosti nous regarde avec l’expression prudente et désabusée de sa fonction subalterne.
Il en a tant vu dans les cours italiennes ! Tes secrets l’ont habitué au silence ; les dangers à la sagacité. Ami nécessaire des obligés de son maître, n’a-t-il pas dû souvent s’entremettre pour calmer les impatiences d’Alphonse d’Este qui attendit sept ans Bacchus et Ariane et aussi les impatiences de Titien qui s’inquiétait de ne pas recevoir les bienfaits d’un prince trop absorbé.