Florence : Uffizi
et un sein de déesse. Da tête, plus librement traitée que dans le portrait d’apparat, se livre mutine et ingénue. Des bras, les mains et la poitrine sont dignes de la statuaire antique.
De second — caprice d’enfant gâtée — la montre avec son joli chapeau ridicule et charmant. Dans cette sorte de réplique le peintre s’est moins attaché au fini de ses modelés et de ses carnations. Il fixe le geste juvénil et fûté dont la jolie créature retient ses vêtements, et précise le contour pur du visage, les yeux étonnés, la bouche coquette.
Mais la voilà nue : bel animal de race, souple comme un lévrier, couchée sur les draps frais. Sa main nonchalente se niche en son giron. De peintre ému a suivi la courbe du jeune corps dévêtu, caressant des yeux la forme harmonieuse qui ondule sur sa couche. Da courtisane semble heureuse de laisser librement respirer la beauté de ses chairs ambrées. Tiède évocation intime d’une femme ; le portraitiste est ici intervenu dans toute l’indiscrétion d’une amoureuse étude : pulpe satinée de la peau, seins menus et écartés, ventre rond et lisse, longues hanches d’adolescente, cuisses élastiques, genou tendre, pied très petit, terminant une jambe galbée. D'autre main, vivante, se joue dans un bouquet de violettes fraîches comme elle, et dont le parfum discret et troublant semble émaner du corps tout entier.
C’est une révélation inattendue du nu féminin. Elle enlève l’anonymat au corps dévêtu. Da tête fût-elle couverte d’un voile, ce n’en demeurerait pas moins un