CHAPITRE VII
Cinq tableaux religieux (1540-1543). — Un tableau militaire.
L’Assomption de Vérone. — Vingt-deux ans se sont écoulés depuis la célèbre Assomption des Erari b Et voici que Titien vient de terminer pour le Dôme de Vérone un tableau semblable, mais où la maturité et l’âge ont mis un recueillement si profond, un sentiment si humain, qu’un abîme le sépare de la pompeuse et théâtrale Assomption de Venise.
Les apôtres réunis autour du tombeau ne font point ici de gestes déclamatoires : une émotion contenue, où l’étonnement naïf du populaire se mêle à l’exaltation pieuse des croyants frappés par un miracle, pénètre la scène religieuse de simplicité et de grandeur. Jamais, depuis Giotto et les imagiers de nos cathédrales, on n’avait ainsi évoqué dans l’art religieux l’âme simple et forte des foules. Titien est ici le grand rénovateur de cet art naturel dépouillé de toute scholastique.
Dans une sobre harmonie de jaunes, de rouges et de bruns, la lumière vient frapper le tombeau et quelques