PI. IV
Photo Anderson, Rome.
LA JEUNESSE
Alexandre VI présentant le condottiere Jacopo Pesaro, évêque de Paphos, à saint Pierre. Ges architectures, le paysage marin du fond, précis et précieux sous son ciel perlé, les portraits séduisants et attentifs des deux hommes, F arrangement adroit et le style volontaire des draperies, trahissent la déférence que le jeune peintre vouait à son nouveau maître. C’est à son amitié admirative pour Giorgione que nous devons sans doute la belle Vierge de Vienne au visage doré de bohémienne, sous ses voiles blancs un peu bellinesques. Pourtant un fond de paysage vallonné semble un premier ressouvenir des montagnes natales.
Plus personnel peut-être est le beau tableau de Santa Maria délia Salute 1, où cependant Giorgione semble avoir animé le saint Sébastien sensuel et languide.
N’est-ce point Palma qui lui inspira la sainte Brigitte aux cheveux d’or ondé qui, dans le tableau du Prado, vient offrir à l’enfant Jésus des présents fleuris, aux côtés d’un saint Ulfe grave et inquiet comme un héros de Giorgione ?
Toute la série des saintes familles de cette époque oscille entre ces trois influences. Parfois, un rapport de visage sur le ciel, un jeu de valeurs imprévues, l’autorité d’un geste, un accent plus rude témoignent que le nouveau disciple n’est pas né dans la douceur facile des lagunes.
Ils le sentaient aussi, ces Vénitiens, qu’un génie diffé-