ARTÈRES DE LA MAIN
Les artères de la main présentent une extrême variabilité. Les descriptions qui en ont été jusqu’ici données, toutes différentes, ne sont point exactes. J’ai multiplié les injections et je suis arrivé ainsi, non seulement à acquérir une opinion personnelle sur le type le plus fréquent, mais encore à sérier les différentes formes observées et à dégager le lien qui les réunit. Je donnerai ici un résumé do la description du type que je considère comme normal et des différentes dispositions que je regarde comme constituant des variétés moins fréquentes.
Les artères de la main sont fournies par les artères cubitale et radiale. Elles sont remarquables par leur extrême variabilité. Celle-ci n’a d’ailleurs rien qui doive nous étonner, la main étant une formation récente au point de vue phylogénique; comme tous les organes en évolution progressive ou régressive, elle est sujette à de multiples variations portant sur les différents éléments qui la constituent. Parmi les nombreux types artériels qu’elle peut présenter, les uns représentent de véritables formes régressives, rappelant des dispositions antérieures ataviques, les. autres sont des anomalies progressives indiquant le sens de l’évolution.
Cependant, il existe un type que l’on doit considérer comme représentant en quelque sorte l’étape actuelle de cette évolution. Pour établir ce dernier, on ne peut se baser que sur sa fréquence. Mais celle-ci est très relative et ne devient évidente qu’après un chiffre assez élevé de constatations. J’insiste donc sur la nécessité de ne baser la description d’un type artériel de la main que sur un assez grand nombre de pièces. C’est faute d’avoir observé cette règle que quelques auteurs ont décrit, comme
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dedans atteste que c’est la radiale qui forme essentiellement l'arcade palmaire profonde.
Cependant, lorsque la cubito-palmaire est très grêle, ce qui n’est pas exceptionnel, la radiale se continue directement, non plus avec la cubitopalmaire, mais avec la perforante supérieure du quatrième espace, disposition à rapprocher de celle que je considère comme normale pour l’arcade palmaire superficielle.
Artères de la face dorsale.
Les artères qui cheminent sur la face dorsale de la main viennent de la radiale, soit directement, soit indirectement par l’intermédiaire de l 'arcade dorsale. J’insiste encore une fois sur le petit volume de ces artères dorsales, qui contraste singulièrement avec le développement considérable du système artériel de la face palmaire. Elles sont au nombre de deux : la dorsale du pouce, qui serait mieux nommée la collatérale dorsale externe de ce doigt — et l’interosseuse dorsale du premier espace, tronc commun de la collar térale dorsale interne du pouce et de la collatérale dorsale externe de l’index.
Variétés des artères de la main.
Les anomalies des artères de la main sont d'une fréquence extrême, et c'est cette fréquence qui explique la difficulté d'établir un type et les divergences qui existent!! ce sujet
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honteuse interne. Le mode d’origine de ces branches, soit sur la honteuse interne, soit sur le tronc, antérieur non bifurqué, est variable : dans quelques cas, elles naissent isolément, en s’échelonnant de haut en bas. Dans d’autres cas, elles naissent tontes, ou presque toutes, au même niveau comme par un tronc commun (Voy. nos schémas). Lorsque cette origine des branches en un même point du tronc antérieur coïncide avec la bifurcation prématurée de ce tronc, on peut dire que l’hypogastrique s’épanouit en un bouquet de branches terminales. C’est alors la fessière qui constitue la branche de beaucoup la plus volumineuse et semble être la continuation du tronc de l’hypogastrique.
Artère maxillaire interne. — J’ai étudié les variétés de trajet de l’artère maxillaire interne ét j’ai établi l’existence de 2 types : dans l’un, l’artère chemine à la face externe du ptérygoïdien externe, dans l’autre à la face profonde de ce muscle. Le mode de ramescence peut varier dans chacun de ces types. Mes recherches ont servi de base à la thèse de mon élève JovAnx (Anatomie de la région ptérygo-maxillaire. Thèse, Paris. 1895). Je reproduis ici les figures qui illustrent la description de cette artère dans l’Angéiologie du Traité d'anatomie.
dans mon travail sur la Topographie erânio-eneéphaliqm (Paris, Lecrosnier et Babé, 1890) ; je les ai reprises quelques années plus tard et les résultats complets de mes travaux ont paru dans le premier fascicule du Traité d’anatomie chirurgicale.
De nouvelles injections m’ont permis de donner, dans ce traité, une figuration plus exacte des veines sinusiennes et des lacs sanguins. J’ai pu rectifier et compléter, en certains points, les recherches déjà publiées sur ce sujet dans la Topographie crânio-encéphaligue.
La figure 120 résume ces travaux.
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Dès le début de mes travaux d’anatomie (1876), j’ai été attiré d’une façon particulière vers l’étude du système lymphatique. Admis par mon maître, le regretté professeur Saitev, dans son laboratoire si fermé, j’ai appris de lui la pratique du procédé des injections par le mercure. Sous la direction et le contrôle de ce maître bienveillant et habile, j’ai étudié les lymphatiques de nombreux organes et j’ai été assez heureux pour préciser et compléter en bien des points les travaux antérieurs.
Vaisseaux lymphatiques du larynx; le ganglion pré-laryngé. Société anatomique et Progrès médical, 1887.
Ganglions lymphatiques de l’aisselle; Progrès médical, 1888.
Vaisseaux lymphatiques des articulations; Traité d’anatomie humaine, t. I, p. 557. — Paris, 1895.
Vaisseaux et ganglions lymphatiques du membre inférieur et du pli de l’aine; pièces déposées au musée de la Faculté.
Lymphatiques du testicule et du cordon; pièces préparées pour le concours du prosectorat 1885, déposées au musée de la Faculté.
Vaisseaux lymphatiques des sinus frontaux; Anatomie médicochirurgicale, 1892.
Vaisseaux lymphatiques de la dure-mère; Anatomie médico-chrurgicale, 1892.
Vaisseaux lymphatiques des méninges et de l’encéphale; Anatomie médico-chirurgicale, p. 164-165, 1892.
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Lymphatiques des organes génitaux de la femme; utérus, vagin, trompe, ovaire; Société anatomique et Progrès médical, 1890.
Lymphatiques de la langue; Traité d’anatomie humaine, t. IV, p. 105, 1895, et Gazette hebdomadaire, 1902.
De nombreuses figures accompagnent ces différents mémoires : nombre d’entre elles sont devenues classiques et ont été reproduites en France cl à l’étranger.
Dans ces dernières années un procédé d’injection au bleu de Prusse, dit procédé de GEnoTA, ayant été appliqué à l’étude dos vaisseaux et ganglions lymphatiques, j’ai prié mon élève, collègue et ami Cuniîo, qui a introduit en France le procédé, de m’apprendre cette technique dont j’avais préconisé l’emploi dès 1892 (Anatomie médico-chirurgicale, p. 104-165), et je fai appliquée à l’étude des lymphatiques de la langue.
Je donnerai ici une analyse succincte de chacun des travaux énumérés
Les lymphatiques de la muqueuse des sinus frontaux n’avaient point ét vus : quelques auteurs les passaient sous silence, d’autres niaient leu existence. Cela.s’explique par ce fait que leur injection est assez difficile à cause de la ténuité de la muqueuse qui tapisse les sinus.
J’ai été assez heureux pour les injecter deux fois, au cours d'injection pratiquées avec le tube à mercure, dans la muqueuse nasale : le l'éseai qu’ils forment est à larges mailles. Les faits pathologiques et les lois di l’anatomie générale, nous obligent à penser qu’ils communiquent avec le lymphatiques des parois osseuses, des méninges et meme du cei.ei C’est par ces voies lymphatiques, certaines bien qu’inconnues, que affections inflammatoires du sinus peuvent se propager aux méninges^ e au lobe frontal. (Traité d’anatomie médico-chirurgicale, pages 29 et ad
miner dans un ganglion gui repose mr la jugulaire, immédiatement au-
dessus du point où ce vaisseau est croise par l’omo-ltyoïdien. L’aulrc
perfore le mylo-hyoïdien et vient se terminer dans les ganglions sushyoïdiens médians. 11 aboutit ordinairement au ganglion le plus rapproché de la symphyse.
Cette terminaison des lymphatiques de la pointe dans les ganglions
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au-dessous de la muqueuse, puis sé divisent en deux groupes : un groupe externe qui descend en dehors de là glande sublinguale, un groupe interne qui chemine en dedans de cètte glande (flg. d 21 et 122).
a) Les collecteurs externes , au nombre de 3 ou de 4, perforent le mylohyoïdien, près de ses insertions au maxillaire, contournent le bord inférieur de la mâchoire et viennent se terminer dans les ganglions sousmaxillaires, et, pour dire plus exactement, dans le plus antérieur des deux ou trois ganglions que l’on rencontre toujours vers le pôle antérieur de là glande sous-maxillaire.: ;
i) Les collecteurs internes, ordinairement plus nombreux (5 à 6), se portent obliquement en bas et en arrière, tout en restant en contact avec le corps musculaire de la langue. Bien que le trajet dé ces troncs soit sujet à varier quelque peu, on peut cependant schématiser leur disposition habituelle de la façon suivante.
Les uns cheminent sur la face externe de l’hyo-glosse en suivant un trajet plus où. moins parallèle à celui du nerf grand hypoglosse ou plutôt des veines linguales. D’autres, au contraire, s’engagent sous ce muscle et sont alors satellites de l’artère linguale et de ses branches. Tous aboutissent auxganglions de la chaîne jugulaire interne. D’une façon générale ils se rendent à un ganglion d’autant plus bas situé que leur origine linguale est plus antérieure (voy. fig. 121 et 122). La plupart d’entre eux se terminent dans un gros ganglion placé au-dessous du ventre postérieur du digastrique et du tronc veineux thyro-linguo-facial.
Sur le trajet de ces troncs marginaux on rencontre souvent de petits nodules ganglionnaires signalés pour la première fois par Kuttker. Comme on le voit sur nos figures, ces nodules ganglionnaires peuvent être placés, soit sous la glande sublinguale, soit sous la glande sous-maxillaire, au niveau du triangle antérieur ou du triangle postérieur de Tarière linguale. On peut les désigner sous le nom de ganglions linguaux latéraux. Ils ne sont pas constants.
Troncs basaux. — Nous avons vu que le riche réseau qui entoure les papilles caliciformes donnait naissance à 7 ou 8 gros collecteurs. Ce sont les trônes postérieurs ou basaux. Toujours très volumineux, ils représentent
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la voie lymphatique principale de la langue. Tous ces troncs serpentent d’abord au-dessous de la muqueuse de la base de la langue, mais peuvent suivre à ce niveau deux trajets différents. Nous les distinguerons en médians et latéraux.
Les troncs médians sont au nombre de 5 ou de 4. Toujours flexueux, ils cheminent d’abord directement d’avant en arriére sur la ligne médiane jusqu’au niveau de l’insertion linguale du repli glosso-épiglottique médian. A ce niveau ils se divisent en deux groupes d’égale importance qui se portent l’un à droite, l’autre à gauche pour se joindre aux troncs latéraux. Ces troncs médians sont souvent entrecroisés; de plus, if n’est pas rare de voir l’un d’entre eux se bifurquer au niveau du repli glosso-épiglottique et donner naissance à deux troncs secondaires qui divergent à angle droit. Ce pédicule médian postérieur est donc, en réalité, un pédicule impair, au niveau duquel se mélange la lymphe des deux moitiés de la langue. On conçoit l’importance de ce fait au point de vue pathologique. ,
Les troncs latéraux, au nombre de 2 de chaque côté, sont moins volumineux que les précédents. Nés des extrémités latérales du réseau qui entoure les papilles caliciformes, ils se portent directement d’avant en arrière et se réunissent aux précédents au niveau du pôle inférieur de l’amygdale.
Chemin faisant, ces troncs postérieurs ont reçu des lymphatiques très grêles, émanés de la muqueuse de la base de la langue. Ils disparaissent tous dans la profondeur, au niveau de la région sous-amygdahenne, m«.= traversent la paroi pharyngée en des points différents, comme il est facile de s’en assurer lorsque, sur une pièce injectée, on les cherche à leur émergence sur la face externe de la paroi latérale du pharynx.
On voit alors que les uns, après avoir traversé le constricteur supérieur près de son insertion linguale, apparaissent au-dessous du stylo-glosse et s’accolent à l’artère dorsale de la langue d’abord, puis à la linguale ellemême. D’autres troncs émergent en arrière des'précédents au niveau du bord supérieur du constricteur moyen. Tous se jettent dans un gios ganglion placé sur la jugulaire interne, immédiatement au-dessous du ventre postérieur du digastrique. C’est également dans ce ganglion que
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nodules ganglionnaires, placés soit entre lés deux génio-glosses, soit entre les génio-glosses et les génio-hyoïdiens. Nous les désignerons sous le nom de ganylions inlra-linguaux; ils. sont inconstants mais assez fréquents. Les ayant rencontrés plusieurs fois dans mes injections je les ai figurés dans la planche 122.
En résumé les lymphatiques de la langue se terminent dans les ganglions sus-hyoïdiens médians, les ganglions sous-maxillaires et les ganglions, de la chaîne jugulaire interne. Mais l’importance réciproque de ces différents groupes ganglionnaires, en tant qu’aboutissants des lymphatiques de la langue, est loin d’ôtré.la même. Les ganglions sus-hyoïdiens médians ne reçoivent que les, lymphatiques de l’extrême pointe de la langue. Quant aux ganglions sous-maxillaires, seul le plus antérieur d’entre eux a des lymphatiques linguaux comme affluents directs, et les 5 ou 4 troncs qui aboutissent à cé ganglion ont un territoire restreint aux bords latéraux et à la partie marginale de la face dorsale. Par contre, tous les ganglions de lq chaîne jugulaire interne, compris entre le ventre postérieur du digastrique, et ’le point où lès vaisseaux sont croisés par l’omo-hyoïdienvl-geuvent rfeée^.des lymphatiques venus de la langue. Mais là encore,'il y a une gradation à établir, et nous avons vu que le plus élevé de ces ganglions, placé sur la jugulaire, immédiatement au-dessous du ventre postérieur du digastrique, devait être regardé cemme le rendezvous principal des lymphatiques linguaux.
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