‹ Titres anatomiques et travaux d'anatomieChapitre 23 sur 35 · VAISSEAUX LYMPHATIQUES DE L’ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

VAISSEAUX LYMPHATIQUES DE L’ENCÉPHALE

Pendant les années 1890 et 1891, j’ai fait de nombreuses tentatives pour injecter les lymphatiques de l’encéphale. Je pense être arrivé a quelques résultats.

Je ; reproduis ici le très court chapitre que j’accordai â ce sujet en 1892, lorsqu’il me fallut résumer mes recherches pour la publication du premier fascicule du Traité d’anatomie médico-chirurgicale. ' 1

On professe, à l’heure actuelle, que le système lymphatique est repré-

LYMPHATIQUES

senlé, dans l’encéphale, par des espaces péri-cellulaires et des gaines pé vasculaires, qui se continuent, à la surface de l’organe, avec des espac lymphatiques du tissu pie-mérien. A côté de ces opinions exposées termes vagues, comme il arrive lorsqu’on traite d’un sujet mal connu, dois faire une place à part à l’opinion du professeur Sappeï, qui con dère le système nerveux comme dépourvu de vaisseaux lymphatiques.

Je ne saurais apporter une opinion personnelle sur les espaces et gaines lymphatiques qui ont été décrites dans la substance de l’encépha par les histologistes les plus éminents (Robin, His, Obersteiner, Rosi bach, Serwald, etc.). — L’existence de ces voies lymphatiques me par démontrée.

Mais, en ce qui concerne les vaisseaux lymphatiques à la surface extei de l’encéphale et dans les méninges, je me sépare absolument de ceux < nient leur présence. — J’ai vu et injecté des vaisseaux lymphatiques, à surface externe du cerveau, dans le tissu de la méninge molle et dans dure-mère.

Mascagni, Foiimann, Arnold, Breschet ont injecté des vaisseaux lympl tiques dans le tissu sous-arachnoïdien. J’ai étudié, les planches dans 1 quelles ces auteurs ont représenté les vaisseaux injectés, et je n’ai po partagé les doutes conçus sur la nature lymphatique de ces vaisseaux ] mon éminent maître Sappey à l’inspection des mêmes planches. Cepi dant Mascagni nous montre, courant côte è côte sur la dure-mère, ci vaisseaux; au centre est une branche de la méningée moyenne, flanqi de ses deux veines, en dehors desquelles cheminent les troncs lympl tiques, reconnaissables à leurs, étranglements caractéristiques. J’ai ailleurs que j’avais été assez heureux pour réussir deux fois cette injecti difficile.

Mascagni et Arnold nous montrent encore des troncs lymphatiques ; surface de l’encéphale, et Breschet a figuré (le Syst. lymph., 1836, pl

216 TRAVAUX ANATOMIflUES.

temps, je reprends, avec l’aide de mes'élèves, des essais d’injection. Souvent j’ai cru réussir ; deux fois j’ai réussi à injecter, sur une longueur de 3 à 4 centimètres, un tronc lymphatique dans l’épaisseur de là méningé molle, suivant la scissure de SïtYlus: J’ai vu nettement les valvules de ces deux troncs : elles étaient plus espacées que sur les troncs lymphatiques des membres. Le doute ne me paraît pas possible : les troncs lymphatiques décrits par Mascagm, Foiimann et tant d’autres, existent bien réellement. Au' dire de ces auteurs ces troncs accompagnent lés veines, et sortent, avec elles, par les trous de la base pour se rendre dans les ganglions cervicaux profonds supérieurs! Foiimann a aussi trouvé des vaisseaux lymphatiques dans les plexus choroïdes des ventricules latéraux ; Arnold les a vus se réunir en un tronc, placé côte à côte des veines de Galien.

Je pense, en raison de mes recherches personnelles, qu’il faut revenir à l’opinion de ces maîtres anciens : ce retour en arrière sera un progrès.

Le sujet est donc à reprendre : il s’agit d’une étude fort difficile; car ces vaisseaux sont d’une extrême délicatesse. L’injection au mercure sous faible pression, qui est, quoi qu’on en puisse dire, le procédé de choix pour les troncs lymphatiques en général, ne convient peut-être pas aux lymphatiques cérébraux, dont la paroi est d’une minceur extrême : si faible que soit la pression, le vaisseau rompt aussitôt. L’insufflation ' n’est pas assez démonstrative. Je me propose d’essayer la solution au bleu de Prusse. (Ceci a été imprimé en 1892, in Anatomie mèdico-chirurgicale.) mtap

SPLANCHNOLOGIE

L'ÉPIDIDYME

Vas du rete. — Kystes spermatiques.

Dans ce travail, présenté au Congrès international de Berlin en 1890, avec de nombreuses pièces à l’appui, et publié dans les Comptes rendus du Congrès (pages 58 et suivantes), j’établis l’existence très fréquente d’un tas aberrans se détachant du rete teslis, j’en montre les formes diverses et, j’essaie d’en déterminer la signification.

La démonstration de l’existence si fréquente, presque normale, d’un canalicule séminifère terminé en cul-de-sac sur la plupart des épididymes m’ayant conduit à mettre en doute la théorie par rétention par laquelle on expliquait alors la formation du plus grand nombre des kystes de l’épididyme, je fus conduit 5 chercher une pathogénie plus rationnelle et plus exacte. Je la trouvai, je crois, en étudiant les conditions de soudure de la tête de l'épididyme au corps du testicule, qui n’avaient point jusqu’alors attiré l’attention des anatomistes.

Les faits que j’ai révélés ont été depuis contrôlés et admis.

Je résume les points principaux de ce travail basé sur l’étude et l’injection d’environ 500 testicules.

Halle», Lautii et nombre d’autres ont montré l’existence assez fréquente de vas a aberranlia sur le canal déférent, tout le long de l’épididyme et même à la tête de l’épididyme; mais personne, à ma connaissance du moins, n’avait encore constaté la présence de conduits borgnes sur le rete l«i*, quand le D' Roth (de Bâle) publia en 1876 dans His’s u. Biuune's üeitschr., p. 125, une courte note dans laquelle il disait avoir rencontré 4 fois en huit mois des vasa aberranlia se détachant du rete testis.

TRAVAUX ANATOMIQUES

Ayant réussi à injecter complètement au mercure 45 testicules, j’ai rencontré 25 fois, c’est-à-dire dans plus-de la moitié des cas, ce vas aberrant du nie testis; je puis aujourd’hui montrer 10 de ces pièces, les unes desséchées, les autres conservées dans l’alcool. Il m’est par suite facile de donner la description de ce vas aberrans.

Comme le montrent ces pièces, comme le reproduisent les figures jointes

à ce travail, le vas du rete se détache ordinairement du rete immédiatement en arrière du dernier des vasa elferenlia.

Deux fois seulement je l’ai vu naître au milieu des vasa efferentia elle D' Rot» a aussi rencontré un cas de ce genre. — La forme de ce vas est celle d’un conduit long de 3 à 20 millimètres, le plus ordinairement de 5 ou 6, dont l’extrémité testiculaire fort effilée du diamètre d'un vas elfcrens se perd dans le rete, et dont l’autre extrémité se renfle en un ou plusieurs points, si bien que le vas prend des aspects divers reproduits dan- no figures. La direction de ce vas est, en général, parallèle à celle des «as® e/fe-

Mance de ces vasa avec les vim e/ferentia et par la constance de leur siège dans l’angle formé par le testicule et la tête de l’épididyme, tout en pensant que de nouvelles recherches sont nécessaires pour élucider ce dernier point.

Quoi qu’il en soit, il résulte, de mes recherches, que la présence de ce vas du rete est très fréquente, sinon normale, puisque je' l’ai: rencontré .danse plus de la moitié des cas. Encore dois-je supposer que bien' souvent il nie sera arrivé de le détruire au cours de ma dissection dans les premiers temps, car j’ignorais complètement' l'existence de ce vaisseau, n’ayant eu connaissance de la note du I)' Hotii que longtemps après que j’avais re¬

connu le coi

TRAVAUX ANATOMIQUES

Soudure de l’épididyme avec le testicule.

On rencontre très fréquemment, à la surface du tëslicule et de l’épididyme, de petits kystes, arrondis, dont le volume varie de la grosseur d’une tête d’épingle ii celle d’un pois ou d’une noisette. Bien que l’on puisse rencontrer ces productions kystiques sur le testicule.et sur toute la longueur, de l’épididyme, elles siègent de préférence et dans la proportion de 1 à 20 :

1. Au niveau de la soudure de la tête épididymaire avec le testicule;

2. Au niveau de la soudure de la queue de l’épididyme avec le testicule,

J’ai rencontré ces kystes sur plus du tiers des testicules observés,’ soit

exactement 183 fois sur,

iveunseul de ces petits kystes; il n’est point rare .

d’en trouver deux ou trois disséminés au pourtour de < ^insertion de la tête épidi- , • ai dymaire, et souvent entre

t. Testicule, -e. Tète do l'cpididjinc. — quctiéde l'épidi- 1»' face inférieure'dé cette dyme. — C. Cordon spermatique. tête e[ ] a sur f ace convexe

du testicule.

Leur forme est arrondie ; parfois ils sont confluents et réunis en une ; masse kystique plus ou moins grosse, d’apparence multilobulée, les lobules n’étant point d’égal volume.

On rencontre ces kystes sur les adultes de tout âge, et ils ne sont point plus fréquents chez les vieillards que chez les hommes de 20 à 30 ans. Il m’est arrivé d’en rencontrer sur des sujets très jeunes. La paroi de ces kystes, assez résistante, est composée d’une couche plus ou moins épaisse de tissu conjonctif, l’épithélium qui la tapisse est de nature pavimenteuse.

La pathogénie de ces kystes, si fréquents, n’a point été encore élucidée. Certains auteurs les ont considérés comme des kystes développés aux dépens de quelques vestiges des organes formateurs. — Mais, rien dans ces kystes, ni la structure, ni le mode d’évolution, ne permet de les rapprocher

TRAVAUX ANATOMIQUES

ases du développer nent séparées, déjà appelé l’altent aient jamais été p pididyme.

herches que la très

points où les feu comme celte soud dyme, elle se fait ] la surface de l’ora

. SPLANCHNOLOGIE. .225

rurgie, je prie que l’on me pardonne de.reproduire iei la courte note’qu® le professeur Sappey voulut bien communiquer, en mon nom, à l’Académie des Sciences à la séance du 2 septembre 1889. (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1889.)

« La condition essentielle du succès dans les opérations que la chirurgie entreprend et réussit sur les reins est que le rein opposé soit réellement sain.' Il est donc de toute nécessité, avant de procéder à l’ablation d ! un rein malade, de s’assurer de l’état et du fonctionnement du rein opposé. Malheureusement cette recherche est des plus difficiles; les renseignements fournis par l’exploration et l’étude des signes physiques restent ’ toujours insuffisants ; de toute nécessité il faut y joindre l’examen de la fonction par l’analyse du liquide sécrété.

« Une analyse bien faite de l’urine provenant des deux reinspeut être de quelque utilité; la diminution prononcée et permanente de la sécrétion urinaire ou. encore la diminution de l’urée et des matériaux de désassimilation permettront parfois de soupçonner la bilatéralité des lésions. Cependant toute conclusion ferme est défendue et le chirurgien marche

« Dn seul moyen se présente : recueillir et analyser séparément les produits de sécrétion de chaque rein. Depuis tantôt quinze ans, bien dès tentatives ont été faites dans ce sens; plusieurs procédés ont été inventés, essayés et abandonnés : un seul a donné quelques résultats, le cathétérisme d’un uretère. Cette opération, qui consiste à introduire, à travers l’urèthre et la vessie, une sonde dans un uretère pour recueillir isolément l’urine du rein correspondant, est une manœuvré des plus délicates, qui ne peut se faire (quoi qu’on ait dit) que par tâtonnement; elle n’a guère réussi qu’entre les mains de son auteur ;(Pawlick), et j’affirme, après Uavoir essayée et réussie au cours de deux ans de recherohes sur plus de deux cents cadavres et bon nombre de vivants, qu’elle ne pourra jamais, à cause de ses difficultés, entrer dans la pratique. Encore faut-il ajouter qu’elle n’a pu être appliquée que sur la femme dont l’uretère est plus accessible, grâce à la faible longueur de l’urèthre.

« Or, ce cathétérisme, si désirable, si plein d’enseignement, indispen-

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sable, peut êlre fait par chacun, et avec la plus grande facilité, si l’on vient à éclairer l’intérieur de la vessie à l’aide d’un cystoscope. L’instrument de Désormeaux, perlectionné par l’addition d’une lampe à incandescence à l’extrémité de la sonde et l’adjonction, d’un appareil optique, est, à l’heure actuelle, d’un maniement facile et d’une indiscutable utilité.

« Dans mes premières expériences, faites sur les cadavres, je me. suis servi du cystoscope de Nitze, construit par Leiter; plus tard, j’ai employé le cystoscope de Boisseau du Rociier qui éclaire un champ plus.vaste; toujours j’ai réussi, en quelques minutes, aussi bien sur l’homme que sur la femme, à introduire facilement dans les uretères les sondes que j’ai fait construire à cet effet par M. Aubry. Les difficultés que le cystoscope rencontre dans le cas de tumeur de la vessie n’existent plus lorsqu’on l’applique au cathétérisme des uretères. L’opération est des plus faciles; avec.un tant soit peu d’habitude, l’opérateur trouve vite l’embouchure, de l’uretère, et la petite sonde, conduite par un canal particulier inclus dans le cystoscope, pénètre facilement le conduit.

« Deux fois j’ai fait la môme opération sur le vivant : la première fois,; le 2 août 1889, à l’hôpital Tenon, dans.le service de M. Blum; la seconde fois, à Beaujoï, dans le service ou je remplace le professeur Duplay.: dans ces deux cas, la manœuvre fut des plus faciles et quelques-uns des assistants la répétèrent après moi.

« Je pense que désormais la chirurgie est en possession du moyen facile et pratique, qu’elle réclamait depuis longtemps pour la dissociation des sécrétions de chaque reih. Et je ne crois pas que les applications du procédé se bornent là : étant donné qu’il est désormais facile de conduire un instrument dans l’uretère, je pense que l’exploration de ce . conduit dans toute sa longueur jusqu’au bassinet, la modification de sa muqueuse par des injections, la dilatation de sa partie intravésicale (la plus étroite), pour donner passage à un calcul et rélablir la perméabilité du conduit, rentrent maintenant dans le domaine des choses possibles,. J’ai.fait, sur.ces différents points, quelques expériences cadavériquesles résultats obtenus me permettent de bien augurer,de.leur application au vivant. »

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de l’uretère; d’après les mensurations des uretères que j’ai injectés sous très faible pression, je puis dire : le diamètre est d’environ 2 millimètres au niveau du collet; de 5 à 6 dans la région lombaire; 5 à 4 au niveau du détroit supérieur; 4 à 5 dans le renflement pelvien; 1 à 5 au niveau de

sou entrée dans la paroi vésicale : ce dernier point constitue, à mon avis, le point le plus rétréci de l'uretère.

J’ai autorisé MM. GLANTENAïet Gosset à reproduire cette figure dans leur travail sur l’uretère (Traité d’anatomie humaine, t. V. f. 1, page 57), yÛ

Les uretères, que j’avais injectés soit au suif soit à la gélatine, sont restés, pendant plusieurs années, à la disposition des travailleurs dans mon laboratoire de l’École Pratique. Après mon départ, ils furent jetés.

C’est sur l’étude de ces moulages que MM. Terrier et Baudouin se sont surtout basés pour décrire le collet du bassinet, les dimensions et les anomalies du bassinet, dans leur travail sur Y hydronéphrose intermittente (Paris, Félix Alcan, 1891).

Je donne ici seulement deux types de bassinets dilatés choisis et reproduits par MM. Terrier et Baudodin, parmi plusieurs autres de l’intéressanle collection que j’avais mise à leur disposition.

st pourquoi, pendant près de dix-hiiit années de

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