‹ Titres anatomiques et travaux d'anatomieChapitre 30 sur 35 · TRAITÉ D’ANATOMIE HUMAINE · texte numérisé non relu

TRAITÉ D’ANATOMIE HUMAINE

Lorsque j’ai commencé, en 1892, ce traité d’anatomie, nous possédions deux traités classiques : celui de Oruveii.hœr et celui de Sappey. De ces deux œuvres remarquables, la première avait beaucoup vieilli, la deuxième, très personnelle, enregistrait surtout les 1 recherches du grand anatomiste français.

J’ai voulu mettre, entre les mains des étudiants, un ouvrage d'anatomie; "à la fois précis et complet dans la mesure possible. Je me suis efforcé dè présenlcrTAnaîomte humaine, telle que l’ont faite les travaux moderrtes.

Les divers chapitres de ce traité sont disposés dans un ordre qui a paru plus logique que l’ordre ordinairement adopté. Par exemple : des notions d’embryologie sont en tête de l’ouvrage, et chaque chapitre est précédé-de l’exposé embryologique des tissus, systèmes ou organes qui y sont traités. La raison de cette disposition nouvelle est facile à saisir : l’étude des premières phases devant précéder l’étude de l’être complètement développé. De plus, les descriptions anatomiques, malaisées à comprendre, difficiles il retenir, seront plus facilement comprises et retenues à la lumière du développement embryologique qui commande la nature, la disposition, les rapports des éléments et des parties. — On ne retient guère ce que l’on n’a pu comprendre, et c’est une mauvaise méthode de s’adresser à la mémoire sans passer par la voie de la raison.

Il n’est guère d’anatomiste, à l’heure actuelle, qui ne se déclare partisan convaincu du transformisme; par contre, on n’en trouve guère qui conforment leur langage à la conviction scientifique proclamée. J’ai essayé de conformer la langue anatomique aux doctrines évolutives universellement adoptées.

N’étant point convaincu que chaque organe de l’économie humaine est

ŒUVRES DIDACTIQUES

façonné pour tel oü tel but, persuadé, au contraire, que les organes sont subordonnés, dans leur forme et dans leur structure, à la fonction qu’ils accomplissent, en d’autres termes que l’organe et la fonction marchent de concert, j’ai cherché à éviter la vieille formule, « cet organe est fait pour cette fonction, ceci est là pour.cela », formule que l’on retrouve à chaque page de toits les livres d’anatomie, même les plus récents. La réforme est d’importance : il se trouve, par surcroît, qu’elle est riche de conséquences, car, si l’on veut remplacer le « pour » traditionnel, on est obligé de chercher lè « parce que ». — On le trouve quelquefois.

L’anatomie comparée et l’embryologie expliquent l’anatomie normale et l’anatomie anormale, de l’homme : d’où la nécessité absolue de recourir à ces sciences. Cela a été fait dans la mesure indispensable, sans perdre de vue le but principal de l’œuvre : exposer et faire comprendre à des médecins l’anatomie de l’homme.

L’anatomie humaine est l’étude de l’homme au repos : le cadavre, toujours plus ou moins déformé, n’est qu’un moyen, une nécessité, pour s’élever à la compréhension de l’être vivant ; il faut donc, en écrivant l’anatomie, restituer la forme, animer le cadavre.

Les maîtres de tout temps ont insisté sur cette vérité, banale à l’heure actuelle : l’anatomie est la base principale, de toute médecine; il faut ajouter, et de toute philosophie. L’anatomie de dissection, la plus intelligible et la plus applicable, parce qu’elle est à l’échelle de nos sens, doit surtout être familière au médecin. Quoi qu’on fasse, pour concevoir et établir la science de guérir, il faut l’étude du corps humain : c’est la machine que nous avons mission d’entretenir et de réparer. La médecine n’est point chose contemplative; elle est, de son essence, agissante etbien-

J’entreprenais Une œuvre au-dessus des forces et des compétences d’un seul homme. Je dus m’adjoindre un certain nombre de collaborateurs ; je

TRAVAUX /ANATOMIQUES

les choisis, parmi les anatomistes français, de telle sorte que chaque,point de notre science, agrandie par les travaux modernes, fut traité par l’homme que désignaient ses travaux antérieurs.

Quelques années plus tard, lorsque je dus quitter l’École pratique de notre Faculté, je priai mon collaborateur et ami Ciiakpy de, partager avec moi les charges de la direction d’une œuvre, dont les proportions dépassaient quelque peu mes prévisions premières.

Si j’ai été le premier directeur de ce gros travail, je tiens aussi à établir que j’en ai été le premier et principal rédacteur,

L’Ostéologie, l’Arlhrologie, la Myologie, YAngéiologie, et certaines parties de la Splanchnologie sont des œuvres personnelles, à la rédaction desquelles j'ai consacré environ douze années.

Ostéologie. — 450 pages et 400 figures.

Arthrologie. — 250 pages et 200 figures.

Myologie. — 480 pages et 260 figures.

Angéiologie (Cœur et artères). — 303 pages et 157 figures. .

Lymphatiques. — 246 pages et 117 figures.

En plus, quelques chapitres de Splanchnologie.

ŒUVRES DIDACTIQUES

Page 1