‹ Titres anatomiques et travaux d'anatomieChapitre 31 sur 35 · QUINZE LEÇONS D’ANATOMIE PRATIQUE · texte numérisé non relu

QUINZE LEÇONS D’ANATOMIE PRATIQUE

C’est un petit livre (230 pages et 84 figures) d’anatomie très pratique, contenant les leçons que je faisais chaque année, après le cours d’hiver, à la veille des examens ; ces leçons ont été rédigées, presque sténographiées, à chaque cours; les rédacteurs se sont efforcés de leur conserver la forme vivante, originale, hachée par l’acte opératoire, sous laquelle elles ont été faites. Les dessins n’ont d’autre prétention que de reproduire les schémas que le maître esquissait au tableau, « frappant en même temps l’œil et l’oreille pour mieux entrer, pénétrer et rester ».

Nos élèves ont continué au livre la faveur aveo laquelle ils avaient écouté les leçons : quatre éditions ont été rapidement épuisées.

La seule originalité de ces leçons était l’importance que j’attachais à la description extérieure des parties, insistant sur la nécessité de bien connaître les saillies, les reliefs musculaires, les sillons articulaires, suivant les préceptes résumés dans la dernière phrase du court préambule, par lequel débute, et que je reproduis ici, pour mieux en indiquer l’esprit, cc petit livre.

Messieurs, pour mettre à nu exlemporanement un organe ou une partie d’organe « pour faire une découverte », comme vous dites, il faut ;

a) Une pince, qui pince (la pince de IIambaud est la meilleure) ;

b) Une sonde cannelée, solide, résistante, et non pas un bout de fer qui s’infléchit sous le doigt;

... ,ç) Un bistouri qui coupe;

d ) Des écarteurs (vous vous en munissez quelquefois, mais vous les utilisez bien rarement) ;

. e) De la réflexion et du sang-froid.

Je ne parle pas des connaissances anatomiques ; il va sans dire que Vous

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Tels sont les instruments nécessaires; voici maintenant quelques indications générales sur la manière de procéder.

Une « mise à nu » étant demandée, vous ne devez commencer la recherche qu’après un temps de réflexion pendant lequel, après avoir mentalement répété la question, vous repassez en vous la situation et les rapports de l'organe à mettre au jour. Ceci fait, il n’est pas encore temps de prendre le scalpel : il faut au préalable étudier la région sur laquelle vous allez opérer; rechercher, trouver et fixer les points de repère que vous utiliserez.

Alors seulement vous serez en droit de couper, et je suis certain que vous mènerez à bien cette mise à nu ainsi préparée, déjà presque faite.

Procédez lentement pour procéder sûrement, et gardez le sang-froid chirurgical.

Je vous dirai encore : faites des incisions grandes, trop grandes; vous n’êtes encore que des chirurgiens novices; plus tard, en vous enseignant les procédés de la médècine opératoire, nous vous apprendrons à régler l'étendue de vos incisions suivant les nécessités. Pour Pinstant.il importe

Sachez vous faire aider; veillez à ce que l’aide tienne et maintienne en position la région sur laquelle vous opérez.

Placez toujours des écarteurs, et placez-les vous -mêmes pour éviter qu’un aide, inaltentifou ignorant, cueille dans son écarteur l’artère ou le nerf, à la recherche duquel vous êtes partis.

Je vous prie instamment de ne point introduire dans les plaies que vous ferez, un, deux ou cinq doigts (quelquefois les deux mains; — ça se voit, je vous l’assure) pour rechercher l’organe demandé. La manœuvre est disgracieuse, sale, inutile et dangereuse. Que si vous vous en fiez à la sensation perçue par votre doigt pour distinguer un nerf d’une artère ou d’une veine, il vous arrivera de ramener souvent un cordon nerveux à la place de la tresse artérielle que votre doigt avait cru reconnaître. Que si, sur la foi des renseignements donnés par ce doigt explorateur, vous vous mettez en devoir d’isoler une artère dans la profondeur, vous aurez trop souvent le désagrément de déchirer la veine voisine; je l’ai vu faire cent fois, et

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