LA NÉVROSE RÉVOLUTIONNAIRE
Cet ouvrage a été l’objet de plus de deux cents articles dans la presse française et étrangère.
M. Jules Claretie déclare dans sa préface :
« MM. Cabanes et Nass n’ont pas voulu, je pense, écrire une histoire de la Révolution française, même au point de vue psycho-pathologique. Ils ont voulu étudier, à de certaines heures, en telles circonstances tragiques, cette force,
terrible lorsqu’elle est déchaînée, qui s’appelle la Foule. Ils ont appliqué à l’histoire la méthode d'un Cesare Lombroso, d’uri Sighele, d'un Tarde. »
M. le professeur Joffroy a présenté l’ouvrage en ces ternies à l’Académie de Médecine :
«Les événements qui se passent actuellement en Russie donnent au livre que j’ai l’honneur de présenter à l'Académie une saisissante actualité.
La Névrose Révolutionnaire, de MM. Cabanes et Nass, est un recueil de documents et d’anecdotes cliniques autant qu’historiques sur les instincts de la foule, les persécutions révolutionnaires, le vandalisme.
Dans sa préface au présent ouvrage, M. Jules ClaREtie relève ce qu'il y a de piquant dans cette conception d‘une clinique historique, d’un art anatomique, d’une médecine littéraire; et il appelle l’auteur «un écrivain de laboratoire » ou encore « le médecin de service > dans les coulisses de l'histoire.
J’ajouterai que ce médecin de service est un spécialiste qui me semble être de l’école de Charcot.
Ce livre contient de dramatiques révélations et d’intéressantes vues sociologiques sur la contagion de la peur, le sadisme des foules en délire, le mépris de la mort sous la Terreur, le suicide épidémique, les femmes devant l’échafaud, la névrose religieuse sous la Révolution, car le mysticisme y côtoya toujours l’athéisme.
La conclusion qui se dégage de ce livre plein de faits et d’idées, c’est qu’une révolution est une véritable maladie sociale. « S’il existe un remède à la névrose révolutionnaire, disent les auteurs, c’est un remède préventif. Une fois déclarée, elle résiste à tous les efforts en vue de la juguler. Aux gouvernements il appartient de prévoiries événements, de les orienter si possible, d’éteindre les ferments de haine et de révolte par l’apparition d’une meilleure justice sociale, par la réparation des iniquités naturelles. »
Le beau livre de MM. Cabanes et L. Nass nous donne le spectacle médical de cette crise douloureuse que fut la Révolution Française, crise de la barbarie, de semi-bestialité, selon l’aveu de M. Jaurès (Jaurès, Histoire so-
cialiste : la Constituante), crise névrotique, d’après les auteurs de la Névrose Révolutionnaire ,
Mais si, au lieu de juger le livre, nous apprécions la méthode inaugurée en histoire par MM. Cabanes etNASS, nous n’hésitons pas à dire qu’elle nous apparaît comme une méthode originale et féconde et nous fait espérer de nombreuses et d’utiles applications.
Ext. du Bulletin de V Académie de Médecine , (5 déc. 1905).
D’autre part, à la séance du Conseil général de la Seine du 30 nov. 1905, M. le Dr Marcel Durand proposait à l’Assemblée départementale une souscription à 120 exemplaires de l’ouvrage.
L’intérêt tout particulier qui s’attache à cet ouvrage, disait-il dans son rapport, consiste dans une tentative nouvelle et originale de faire pénétrer les données de la psychologie morbide dans l’étude des événements révolutionnaires et des grands drames de l’histoire. En mettant en évidence la contagion irrésistible des courants émotifs qui pénètrent les foules, les agitent et les dominent, il tend à rétrécir en d’étroites limites le champ du libre arbitre et à réduire dans de petites proportions l’influence des prétendus grands hommes providentiels.
Les documents et les anecdotes abondent dans l’œuvre, mais i 1 n’y viennent que pour renforcer l’impression philosophique qui se dégage de l’ensemble.
Les conclusions sont adoptées.
( Bulletin Municipal officiel , 1905, p. 706.)