‹ Titres de travaux du Dr. Lucien NassChapitre 3 sur 7 · PAUVRES DOCTEURS · texte numérisé non relu

PAUVRES DOCTEURS

Extrait de la Lettre-Préface de M. le Professeur Pinard :

Vous avez, mon cher Confrère, dans votre livre, que j’ai lu à plusieurs reprises et toujours avec une satisfaction croissante, donné, non pas une « tranche de vie » du médecin, mais une vie médicale tout entière.

Est-ce là le miroir de la vie médicale en général ? N’est-ce que la photographie en couleur d’une variété ?

Il m’apparaît bien que votre pauvre héros, notre con-

frère Cadour, possède la mentalité du vrai médecin, c’està-dire de l'homme qui «consacre toutes ses forces, toute son énergie, tout son cœur, toute son intelligence à ce combat généreux contre la maladie et le vice ».

Avec quelle intensité de vérité vous développez et vous nous faites vivre ses luttes dans les différents milieux sociaux, où vous les faites évoluer !

Combien vous avez raison de nous le montrer, accablé par l'adversité, meurtri dans ses sentiments les plus intimes, mais poursuivant la vie sans jamais déchoir !

Journal des Débats , 24 juillet 1906 :

M. le docteur Lucien Nass, bien connu déjà par les si curieuses études historico-médicales [La névrose révolutionnaire , IJ oisons et sortilèges , etc.), aborde aujourd'hui le genre du roman. Ce n’est certainement pas pour le seul plaisir d’écrire une œuvre d’imagination, d'ailleurs pleine d'intérêt et fort bien venue à tous les points de vue, qu’il a composé ce livre : son but a été plus haut ; il a voulu surtout appeler une fois de plus l’attention, mettre à nu sous une forme saisissante, ce que l’éminent auteur de la préface appelle «la plaie résultant de l'antipathie profonde existant entre le monde judiciaire et le monde médical». De fait, rien n’est plus propre à faire réfléchir qui de droit que cette douloureuse et navrante histoire du «pauvre docteur Cadour», homme de bien et de devoir s’il en fut, que nous voyons, par suite de circonstances (nullement invraisemblables) groupées par le romancier, brutalement arrêté et mis au secret, sur de vagues rumeurs et commérages, comme auteur d'un crime énorme ; — puis, son innocence étant reconnue, retenu encore par la justice pour une faute professionnelle qu’il n’a aucunement commise et condamné finalement (à une peine légère il est vrai, mais qui suffit à briser sa carrière) sur le rapport erroné d'un expert qui ne peut supporter l’idée de se déjuger et sur les opiniâtres instances du ministère public, acharné à obtenir une condamnation. — Le défaut d’espace ne permet malheureusement pas de donner ici une plus suffisante analyse ; mais on ne saurait s'abstenir de recommander vivement la lecture de cette œuvre véritablement émouvante. — F. D.

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