‹ Titres de travaux du Dr. Lucien NassChapitre 5 sur 7 · LE NU AU THÉÂTRE · texte numérisé non relu

LE NU AU THÉÂTRE

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Comœdia (20 av. 1909).

Je vais, à nouveau, emprunter quelques lignes aux auteurs du « Nu au Théâtre» qui, dans leur bel ouvrage, ont réservé la plus grande part aux exhibitions scéniques.

« Nous devons, à nous-mêmes, disent-ils, de proclamer ici que le nu féminin est une des manifestations les plus admirables du Beau qui n’est nullement exclusif de pudeur et de chasteté et qui est évocateur de poésie et d’idéal.

« N’est-ce pas par son image que l’homme symbolise ses conceptions les plus élevées ?

« Les muses, les déesses qui peuplaient le ciel des anciens, la Vierge même des chrétiens, ne furent-elles pas des femmes admirablement belles ?

« Certes l’exhibition du nu côtoie un écueil redoutable, la pornographie. Au cours de notre ouvrage nous avons eu soin de séparer le bon grain de l’ivraie, et de célébrer sur un mode hélas bien mineur, la véritable esthétique et de honnir les turpitudes de ceux qui spéculent sur les bas sentiments des spéculateurs.

« Celui-ci ne s'assoupira pas plus profondément parce que la justice du vingtième siècle sévira contre les manifestations artistiques du nu au même titre que contre les licences d’impresarii en quête de scandales. Les Fiançais de demain se puritaniseront mais ne s’amenderont point.

« Par une singulière ironie de l’évolution, c’est dans les musées ouverts aux familles, fréquentés par la jeunesse, c'est dans les églises où vient se réfugier la foi chancelante de notre siècle, qu’ils trouveront le triomphe du nu immoral.

« Vérité, erreur, beauté de l’âme et du corps, hypocrisies et mensonges, combat perpétuel où souvent l’idéal succombe, pourquoi ne sommes-nous pas toujours, suivant la formule de Nietzche, des Don Juan de la connaissance et delà beauté?,.. »

Je veux laisser chacun sur l’impression de cette page qui ne peut donner qu’une idée bien imprécise des conceptions loyales qu’ont, dans le «Nu au Théâtre», développé avec une telle conscience d’art MM. Witkowski et Nass.

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