LA RANÇON DU PROGRÈS
La Grande- Revue (juin 1909).
Un livre qui énumère et définit ces rançons est aujourd’hui plus qu'un livre utile : un livre nécessaire. Je souhaite que tous les prédicateurs de la foule se pénètrent du livre de M. Pierre Baudin et du Dr Nass : ils ont tous prêché, et avec une niaiserie qui prouvait bien que le progrès n’est pas universel, la puissance irrésistible du progrès ! Us ont fait tant de mal avec tant d’inconscience en excitant des espérances tellement illusoires ! La Rançon du Progrès leur permettrait d'apporter à leurs généreuses et redondantes balivernes le correctif indispensable — qui les rendait inoffensives.
Ce livre est aussi bienfaisant parce que, s’il nous invite à quitter toute vanité, il ne nous décourage pas. Il reste en effet sans pessimisme. En dressant ce qu’ils appellent le bilan sommaire (il est toutefois détaillé suffisamment) des tribus que le progrès prélève sur l’humanité, M. Pierre Baudin et le Dr Nass ont considéré principalement ses effets sur la société française. Mais il ne se sont point abaissés au dénigrement systématique de la plupart des observateurs sociaux lorqu'ils sont français. La société française ne laisse pas d’être secouée par le progrès multiple. Elle a fait de dures expériences qui profiteront aux autres sociétés. Mais elle a en elle une force de résistance et de renouvellement incomparable. Et quoiqu'il advienne, son influence persistera et s’approfondira dans l’univers. MM. Pierre Baudin et Nass proclament que cette influence s’affirme et s’étend tous les jours. Us disent vrai. Voilà pourquoi leur livre perspicace, énergique en sa franchise, sans flatterie, sans parti pris, est un livre bienfaisant. Lisons-le. Méditons-le. Et nous pourrons nous fier à nous-mêmes et nous confier en l'avenir.
(J. Ernest-Charles.)
Le Figaro (18 juin 1909).
Et c’est aussi une œuvre bien curieuse et quelque peu
inquiétante de M. Pierre Baudin et du Dr L. Nass, la Rançon du Progrès , où lés auteurs, après avoir étudié, avec beaucoup de compétence : le progrès dans la société moderne, le progrès et la déformation des idées politiques et sociales, le progrès et la santé, lés tares sociales, — aboutissent à cette conclusion que le progrès certes n’est pas un vain mot, qu’il s’avance, qu’il est réel, mais que les gains qu’il nous apporte, dans l’ordre scientifique, moral, politique, social, sont partiellement compensés par des pertes : « d’une part, il y a lelivre de recettes ; de l’autre celui des dépenses ». (Ph. G. Glaser.)
New York Herald (4 juin 1909).
En établissant le bilan sommaire des tributs que le progrès prélève sur l’humanité, MM, Pierre Baudin et le docteur L. Nass ont fait une œuvre sincère et courageuse. Ils montrent que le progrès aggrave les lois de la nature
loin de nous en libérer. Mais, d’autre part, ils reconnais-
sent sofi utilité, puisque le progrès fait pénétrer l’homme
plus avant dans le mystère de la connaissance et qu'il l’élève au-dessus de l’animalité.
Le progrès, pour payer une rançon moins écrasante* ne doit pas être une marche continue vers le bien-être, mais il devrait s’attacher aussi à développer dans l’âme de Lindividu, comme dans la masse du corps social, les vertus nécessaires à un utilitarisme bien compris : la bonté, la fraternité, la solidarité, l’honnêteté, qui sont les sources mêmes du bonheur ! (Montgenault.)
Le Gaulois (14 mai 1909)*
Parmi la détresse générale des volontés où notre société se débat sans savoir ce qu il conviendrait de faire, il est bon d’écouter les paroles de vaillance qui montent de
temps en temps en manière de réconfort. La Rançon du Progrès , par MM. Pierre Baudin et le docteur L. Nass, nous apporte, eh ilhë sérié de chapitres d’une belle franchise, la forte leçon d’une discipline et le sain encouragement d’une philosophie sociale qui puise le meilleur d’elle-même dans la volonté de bien faire. Le livre est remarquable*