TRAVAUX SCIENTIFIQUES
ÉTUDES EXPÉRIMENTALES sur les MALADIES CONTAGIEUSES dans leur
rapport AVEC l’HYGIÈNE PUBLIQUE et la MÉDECINE COMPARÉE.
La rage, la morve, et les maladies charbonneuses sont, parmi les maladies virulentes ordinaires de nos animaux domestiques, celles qui, en même temps quelles causent le plus de mal à l’agriculture, sont, par leur transmissibilité à l’espèce humaine, les plus redoutables, et, partant, les plus importantes à étudier dans leurs moyens de transmission. Or, chose étrange, très-peu d’expériences ont été faites pour éclairer cette question si sérieuse et si complexe; et ceux qui l’ontéiudiée savent ce que valent la plupart des observationsdontelleaétél’objet.
Aussi la science est-elle encore à faire sur ce point ; et l’administration hésite et tremblet-elle avec raison quand elle a à prendre des mesures contre ces fléaux.
Je vais exposer sommairement le résultat des travaux considérables et des expériences multipliées que j’ai faits depuis vingt-cinq ans, et que je continue, pour arriver à des données aussi précises et rigoureuses qiie possible sur des matières d’un intérêt aussi général.
Quelques-unes de ces expériences ont eu pour objet la clavelée, cette maladie conta-
gieuse du mouton, que jene place qu’au second rang parce qu’elle est loin d’être aussi désastreuse que les trois autres, et parce quelle n’est pas susceptible de se transmettre à l’homme.
Je diviserai mes expériences en deux séries: 1° Celles qui, s’appliquant à la fois aux matières virulentes de ces diverses maladies, ont résolu ou éclairé des points qui leur sont communs ; 2° celles qui n’ont eu trait qu’à chacune de ces maladies en particulier.
l re SÉRIE.
A. Effets de la dessication sur les matières virulentes.
Les réglements de police applicables à la morve et aux maladies charbonneuses, prescrivent, sous les peines les plus sévères, de lacérer et d’enfouir à une certaine profondeur et loin des habitations, les débris, cuirs et chairs, des animaux morts de ces maladies.
Or, en tout temps, et surtout en temps d’épizootie, c’est-là une perte énorme pour l’agriculture et un dommage pour l’industrie qui utilise les peipix.
Il importait donc de constater scientifiquement et rigoureusement, s’il y avait danger réel dans l’usage des débris utilisables des animaux, dans l’état de dessication où ils sont employés.
A cet effet, expérimentant d’abord sur les virus de la morve aigue, j’ai inoculé plusieurs chevaux avec de la matière desséchée provenant tantôt de chancres, tantôt d’abcès morveux pulmonaires, tantôt de plaies farcineuses, etc. Ces matières ont été inoculées après 1 an, — 6 mois, — 4 mois, — 3 mois, —2 mois et demi, —2 mois et 6 semaines d’exposition à l’air libre; sur certains animaux, à l’état pulvérulent et sec; sur d’autres, après avoir été humectées légèrement avec du produit de la transpiration cutanée, ou délayées dans un peu d’eau froide ou tiède. Or, dans aucun cas, ces matières que j’avais, pour chacune de ces expériences, inoculées préalablement à l’état frais, et qui, à cet état, avaient donné naissance à la morve ou au farcin aigu sur les animaux qui les avaient reçues ; dans aucun cas, dis-je, inoculées après leur dessication, ces matières n’ont produit de résultats morbides quelconque sur les sujets sous l’épiderme desquels on les avait déposées. Huit chevaux ont été soumis à cette catégorie d’expériences.
Je les ai ensuite répétées sous une forme que j’appellerai plus pratique. J’ai détaché des cloisons nasales couvertes de chancres de morve aiguë -, j’ai coupé des lanières de peau labourée par des ulcères farcineux ; et, après avoir fait sécher les unes à l’air libre, et fait tanner les autres, je les ai fait coudre à l’intérieur de telle ou telle partie de harnais, de manière à ce qu’elles portassent constamment sur la peau des animaux qui étaient revêtus de ces harnais; sur quelques-uns j’avais même pratiqué des écorchures sur les parties du corps correspondantes aux points sur lesquels reposaient les lambeaux de peau ou de cloison desséchés ; aucun accident n’en a été la conséquence.
M. le professeur Bouley et M. Reynal, chef de clinique, ont été témoins de ces expériences qui ont été faites dans la période de 1841 a 1850, et dans lesquelles j’ai été successivement aidé parles éleves Lambert^ Surateau , P'ivier , Doche et TVlaupcrin.
— J’ai fait les mêmes expériences, et avec les mêmes précautions, sur les matières virillentes charbonneuses.
Après avoir, à diverses époques, transmis le sang de rate à des moutons sains, au moyen de l’inoculation de sang frais provenant d’animaux morts de cette maladie, j’ai étendu de ce sang sur des planches en bois ou sur des plaques de verre, et je l’ai laissé sécher.
Aussitôt qu’il fut bien sec, je l’inoculai à des moutons sains, tantôt en poudre sèche, tantôt en le délayant ou humectant avec un peu d’eau. Jamais aucun accident local ou général ne s’est manifesté à la suite des inoculations sur les dix moutons qui y ont été soumis.
Deux moutons sains, tondus très-ras, et dont la peau avait été coupée à plusieurs places pendant l’opération de tondage, ont été revêtus chacun de la peau enlevée à deux autres moutons morts du sang de rate, qu’on avait fait sécher à l’air libre, l’une pendant un mois (juillet), l’autre pendant 6 semaines (avril et mai). On maintint cette peau, la face interne appliquée sur leur corps au moyen de liens circulaires, pendant plusieurs jours, et ils n'en ont jamais paru incommodés : ils sont encore bien portants aujourd’hui.
J’ai été aidé dans ces expériences qui ont eu Heu à la clinique d’Alfort en 1851, par les élèves Pornmeret, H cuviez, Lobbedez, Vermersch et Guillemot.
— Enfin, j’ai fait, dans la même année 1851, les mêmes- expériences avec du sang provenant de poules mortes de l’épizootie si contagieuse qui ravageait alors les bassescours.
Les expériences que M. Delafond et moi avons communiquées à cette époque, lui, à l’Académie des sciences, moi, à l’Académie de médecine, ont montré combien étaient actives et presque foudroyantes les propriétés virulentes du san % frais pris sur des volailles mortes de l’épizootie, et inoculé à d’autres volailles saines.
Or, j’ai inoculé de ce sang desséché à des poules et pigeons, après quarante et cinquantehuit jours, trois, quatre, cinq et six mois d’exposition à l’air; et aucun de ces derniers animaux n en a éprouvé le moindre accident.
Les élèves Lobbedez et Vermersch ont été mes aides dans ces expériences.
— De la bave de quatre chiens enragés, conservée et desséchée sur des plaques de verre, et inoculée à huit chiens sains, après deux, trois, quatre et cinq mois d’exposition à l’air, dans une chambre close, n’avait produit aucun résultat, après quatre mois sur la moitié d’entre eux, et après cinq mois sur l’autre moitié.—Ces expériences sont à continuer avant qu’il soit permis de conclure dans l’espèce.
— Qu’il me soit permis d’ajouter que, dans mes longues recherches sur l’histoire du typhus contagieux du gros bétail, je n’ai pu trouver un seul exemple bien avéré de transmission de la maladie, dans un pays sain, par des cuirs secs ou tannés provenant d’animaux infectés.
La conséquence de toutes ces expériences est, évidemment :
1° Sous le rapport scientifique : que la dessication enlève aux matières virulentes , dont il vient d’être question , leurs propriétés contagieuses ;
2° Sous le rapport pratique : qu'il n y à aucun danger a utiliser les cuirs et autres débris desséches et surtout tannés , provenant des animaux qui ont succombé au farcin et à la morve-, et que, dans l’intérêt de l’agriculture, il y a lieu de modifier les lois et règlements sur la matière.
B. Effets de la putréfaction sur les matières virulentes.
Dans une série d’expériences au moyen desquelles je me proposais de rechercher si les matières ayant des propriétés virulentes, les conservent plus ou moins longtemps après la mort, j’avais rémarqué que, pour la morve aiguë et les maladies charbonneuses , ces propriétés se conservaient d’autant plus longtemps, que la saison était moins humide et moins chaude, c’est-à-dire que la putréfaction s’emparait moins vite de ces matières. Je répétai ces expériences pour la morve aiguë, pendant les années 1846, 1847, 1848 et 1851. J’y employai des matières dont la virulence avait été préalablement constatée a l'état frais , et qui ensuite, étaient restées dans des vases non clos placés dans des salles humides. Oes matières, toutes dans un état avancé de putréfaction, ont été inoculées après 2, 3, 4, 9,12 et 14 mois de conservation. Quelques accidents locaux, promptement éteints, ont été le résultat de ces inoculations pour lesquelles j’ai été aidé par les élèves Vivier , Doche et Mauperin.
La matière virulente employée à l’une de ces inoculations, celle qui a été inoculée après 9 mois de conservation, provenait d’un homme nïorveux, et avait, à l’état frais, donné à un cheyal une des morves les plus rapides et les plus, générales que j’aie jamais vues.
— Du sang provenant de divers moutons morts du sang de rate (maladie charbonneuse), dont la propriété virulente à l’état frais avait été préalablement constatée, inoculé à des moutons sains après 9, 10, 12, 23 et 33 jours de conservation, et lorsqu’il avait contracté une odeur et des qualités putrides bien prononcées, n a produit aucun accident sur les huit animaux sous l’épiderme desquels on l’a déposé. (Expériences faites à la Clinique, surveillées, avec moi, par les .élèves Vermersch , Guillemot , Clichy et Villeger.]
— Non plus que le pus de la morve aiguë, et le sang charbonneux, Je sang putréfié de poules mortes de Y épizootie des gallinacées , n’a donné lieu à aucun accident sur les volailles saines sur lesquelles je les ai inoculés après 17, 58 et 120 jours de conservation.
La conséquence à tirer de ces expériences, ciest qu’il importe de n’ajouter qu’une foi douteuse à ces récits de contagions ressuscitées et répandues par les gaz ou vapeurs putrides qui s’échappaient ,, après des mois entiers d’inhumation, des fosçes où on avait enterré des animaux morts du charbon nu d’autres épizooties contagieuses.
C. Expériences sur le chlore considéré comme un altérant des virus.
C est une opinion déjà ancienne que la propriété qu’aurait le chlore ,de décomposer n©nseuleinent les miasmes putrides, mais encore les miasmes moonjagieux. Je ne sache pas un
auteur, médecin ou vétérinaire, ayant écrit sur les maladies contagieuses, qui n’ait conseillé, vanté ou expliqué lès vertus merveilleuses de cet agent ou de quelques-uns de ses composés pour purifier les lieux habités par des hommes ou des animaux affectés de maladies contagieuses, et pour désinfecter les objets portés par eux ou ayant été employés à leur usage. Je ne sache pas une administration publique qui ne préconise et n’ordonne, en pareil cas, des aspersions ou lotions de chlorure , ou des fumigations guytonniennes.
Or, il résulte des expériences que j’ai faites , soit à Alfort, soit dans de grands établissements ruraux, que ce corps, soit à l’état de combinaison dans les hypocklorites , soit à l’état de gaz sec, soit à l’état de gaz humide, agissant directement sur des matières virulentes solides ou liquides, pendant huit à dix minutes, et employé dans un état de concentration assez fort pour faire entrer ces matières en effervescence, n’a pu les empêcher, quand on les a inoculées ensuite à des animaux sains, de produire les mêmes effets que si elles n’eussent pas subi son action.
Douze expériences ont été faites avec du jetage et d’autres produits de la morue aiguë, sur les uns desquels j’avais fait agir de la liqueur de Labarraque marquant 2, 3 et même 4 degrés au chloromètre ; sur les autres, soit du chlore sec, soit du chlore humide renfermé dans de grandes éprouvettes, et préparé par M. Lassaigne : Dans toutes , les chevaux sur lesquels la matière altérée par le chlore a été inoculée, ont contracté la morve.
— Six expériences variées de la même manière ont été faites sur du sang provenant d’animaux morts de sang de rate ; et, dans cinq de ces expériences, le sang inoculé à d’autres moutons les a fait mourir du sang de raie.
—Dix-sept moutons ont été inoculés (six à Alfort en présence de MM. Bouley et Reynal,
— quatre à la ferme de Maisons, en présence de ce dernier seulement et de plusieurs élèves,
— quatre à Essonne en présence de M. Delafond, — quatre à Brie-Comte-Robert en présence du vétérinaire de l’arrondissement, M. Lebel), avec du virus claveleux , mélangé à parties égales avec de la liqueur Labarraque marquant 2 degrés et demi au chloromètre. Sur ces dix-sept, seize ont contracté la clavelée. — Sur douze qui ont été inoculés comparativement, savoir : quatre avec du virus mélangé à parties égales avec du vinaigre ordinaire ; quatre avec du virus mélangé dans les mêmes proportions avec de l 'alcool à 22 degrés ; quatre avec de Veau tiède ; dix seulement ont contracté la clavelée.
—Cinq expériences ont été faites avec du sang provenant de volailles mortes de l'épizootie des gallinacées. Le chlore y a été employé à l’état de gaz sec, de gaz humide et d’hypochlorite. Quatre des poules inoculées sont mortes de l’épizootie.
L’infection a eu lieu dans une même proportion sur cinq poules inoculées comparativement avec du sang mélangé avec du vinaigre ordinaire.
Toutes ces expériences ont été faites publiquement à Alfort, de 1843 à 1851 : et leur résultat a été tellement évident, que tel professeur de l’École, qui, à chaque page d’un travail
qu’il a publié sur les maladies contagieuses, proclame l’efficacité du chlore et des hypochlorites, comme désinfectants, enseigne aujourd’hui, dans ses cours, leur complète impuissance à modifier les propriétés des virus.
La conséquence scientifique de ces expériences est que ce serait une grave erreur de continuer à prêter au chlore les propriétés qu'il n’a pas à (égard des matières virulentes.
La conséquence pratique est la démonstration du danger qu’il y aurait à se croire à l’abri d’une contagion, par cela seul qu’on aurait purifié avec du chlore les localités, ustensiles ou effets quelconques imprégnés de miasmes contagieux.
D. Etudes expérimentales sur la rapidité avec laquelle sont absorbées certaines matières virulentes déposées sous l’épiderme.
Sous ce titre, j’ai lu et déposé à l’Académie des sciences, dans sa séance du 11 octobre 1848, un mémoire d’une certaine étendue, dont les conclusions qui reposent sur 68 expériences faites sur le cheval et le mouton, sont :
1° Que l 'infection morveuse a déjà eu lieu une heure après qu’une goutelette de matière virulente prise sur un cheval atteint delà morve aiguë , a été déposée au moyen d’une légère incision, sous l’épiderme d’un cheval sain.
2° Que Y infection claveleuse a déjà eu lieu 5 minutes après qu’une goutelette de virus claveleux a été déposée, au moyen d’une simple piqûre, sous l’épiderme d’un mouton sain.
Les journaux de médecine qui rendent compte des séances de l’Académie des sciences, ont beaucoup insisté sur l’intérêt physiologique et l’importance thérapeutique que présentait ce travail. Je ne puis qu’insister sur le temps qu’il m’a coûté, et les conditions rigoureuses dans lesquelles il a été exécuté.
E . Etudes expérimentales et pratiques sur les effets de l’ingestion des matières virulentes dans les voies digestives de l’homme et des animaux domestiques.
C’est le titre d’un mémoire très-étendu que j’ai présenté et dont j’ai lu le sommaire à l’Académie des sciences, dans sa séance du 17 novembre 1851.
Je rappellerai que ce mémoire, qui repose sur plus de cent cinquante expériences faites sur des chevaux, moutons, porcs, chiens et poules, dans une période de vingt-deux ans, a pour conclusions :
1° Au point de vue de la physiologie,
« Que les actions digestives des carnivores et des omnivores, neutralisent les propriétés contagieuses des matières virulentes. »
2° Au point de vue de I’hygiène publique et de 1 'économie industrielle ,
A. Quil n existe aucune raison sanitaire d’empêcher (alimentation des porcs et des poules avec les débris des clos d’équarissage , quels qu’ils soient.
B. Que la chair de ces animaux n éprouve aucune modification , aucune diminution de qualité appréciable par suite de (alimentation de ces animaux avec des matières virulentes.
C. Que : si concevable que soit la répugnance de (homme à se nourrir de viandes ou de
laitage provenant de bêtes bovines , porcs, moutons ou poules affectés de maladies contagieuses , il ri y a, en réalité , aucun danger pour lui à manger de la chair cuite ou du lait bouilli, fourni par ces animaux.
Ces conclusions disent assez l’importance à la fois scientifique et pratique de ce travail.
2 e SERIE. — Expériences sur chaque maladie contagieuse en particulier.
A. Sur la morve et le farcin aigus.
Il résulte de plus de deux cerits expériences publiques faites par moi à la clinique d’Alfort, depuis 1838 jusqu’aujourd’hui , sous les yeux et souvent avec le concours de M. le professeur Bouley et de M. Raynal, suivies par tous les élèves, et dont les résultats ont été annoncés au fur et à mesure dans les comptes-rendus annuels de l’école d’Alfort :
1° Que, toujours, les produits morbides de la morve et du farcin aigus bien caractérisés, dans quelque organe ou sur quelque surface qu’on les ait recueillis, font naître indifféremment l’une ou l’autre de cès deux formes de la même maladie, sur les chevaux à qui on .les a inoculés.
2° Que le siège principal des lésions de la morve aiguë développée par inoculation, ne dépend, en aucune façon, de la provenance du produit inoculé. Ainsi, l’inoculation delamatière fournie par les abcès morveux pulmonaires, pourra faire développer, sur le sujet inoculé, une morve dans laquelle les principales et quelquefois les seules lésions apparentes se présenteront sur la muqueuse nasale, et vice versa : ainsi, delà matière virulente puisée sur un ulcère cutané de farcin aigu, pourra donner naissance à une morve aiguë dans laquelle les lésions les plus sensibles seront dans les poumons ou les cavités nasales, et vice versa , etc... Ce qui démontre que la morve et le farcin aigus sont une seule et même maladie, quel que soit l’organe ou les organes qu’ils paraissent affecter plus particulièrement.
Je consignerai ici une remarque que j’ai faite pendant le cours de mes expériences : c’est que, lorsque les pustules morveuses^ abondent dans les cavités nasales, il est rare que les autres organes, le poumon, la peau, etc., soient gravement altérés; et réciproquement, quand les poumons sont farcis d’abcès morveux, les cavités nasales sont peu affectées, etc.
3 P Que, lorsque la matière de la morve ou du farcin aigu en certaine quantité, est simplement déposée, sans frottement sur une surface cutanée ou muqueuse, elle fait quelquefois naître, soit localement, soit généralement, l’affection morveuse ou farcineuse ; elle la fait naître surtout, si la partie de peau sur laquelle ce dépôt a eu lieu est fine et dépourvue de poils ;
Que si le dépôt de la matière virulente a été fait avec frottement , de manière à ramollir ou amincir beaucoup l’épiderme ou l’épithelium ; l’affection morveuse se développera dans le plus grand nombre des sujets soumis à l’expérience.
Le résultat de cette série d’expériences explique une foule de cas qui se rencontrent dans la pratique.
4° Que Xair expiré par les chevaux affectés de la morve la plus aiguë, même de celle dont les lésions sont plus particulièrement concentrées dans les cavités nasales, inspiré par
des chevaux sains, pendant une heure ou deux heures de suite par jour, et pendant six a sept jours et plus, nefait pas naître la morve sur ces derniers. Tel a été, du moins , le résultat de huit expériences faites en 1850 et 1851, avec une rigueur d’autant plus grande que ce résultat paraissait plus surprenant. D’après le procédé très-simple que je mets en usage, le cheval sain qui inspire l’air expiré par le cheval morveux, l’inspire à pleine poitrine, sans être exposé à avoir aucun contact avec aucune partie du corps, ou aucun produit fixe de ce dernier. Ce résultat explique le suivant :
5° Qu'un cheval sain, dans de bonnes conditions de santé, peut cohabiter impunément dans une même écurie avec un cheval affecté de morve aiguë, pourvu que ce local soit sain , que la distance qui sépare les deux animaux ne permette pas de contact direct possible , et qu’on évite avec soin que des excrétions morbides, cutanées ou nasales, soient transportées du cheval malade au cheval sain. (Six expériences ont été faites, dans lesquelles celui des chevaux qui était sain a cohabité au moins six jours et a été gardé au moins quarante-sept jours après la cessation de sa cohabitation, puis a été ouvert avec soin quand on l’a sacrifié.)
6° Que dans quinze expériences de cohabitation, avec voisinage et rapports directs permanents entre un cheval atteint de morve aiguë et un cheval sain, neuf fois la morve s’est développée au bout d’un temps qui a varié de sept à dix-huit jours après le commencement de l’expérience : six fois le.cheval sain n’a éprouvé aucun effet fâcheux de la cohabitation , après avoir été gardé un temps suffisamment long après l’expérience , et avoir été ensuite ou • vert pour constater ce résultat.
7° Que des licols de cuir et de chanvre et des couvertures de laine et de toile, qui avaient été portés par des chevaux atteints de morve ou de farcin aigus jusqu’au moment de leur mort, ont ensuite été portés, étant parfaitement secs, sans avoir subi aucun lavage ni avoir été soumis à aucune fumigation, par des chevaux sains à qui il n’est survenu par suite aucun accident local ou général. (Huit expériences toutes suffisamment prolongées pour que les résultats en soient garantis.)
Ce résultat se trouve, du reste, parfaitement concordant avec tous ceux obtenus dans mes expériences sur les effets de la dessication sur les propriétés de plusieurs matières virulentes.
8° Que des crottins et de l urine rendus naturellement par des chevaux morveux, ou recueillis dans leur intestin et dans leur vessie immédiatement après leur mort , riant pas fait naître la morve aiguë sur neuf chevaux à la surface du corps desquels on en a appliqué, et sous 1 épiderme desquels on en a inoculé en même temps.
D où il suit , a fortiori , qu’iL n’y aurait aucun danger a garder et utiliser les FUMIERS PROVENANT d’ÉCURIES d’aNIMAUX AFFECTES DE CETTE MALADIE.
9° Que de la cto musculaire recueillie par le grattage, même dans le centre des muscles les plus sains en apparence d’un cheval mort de la morve aiguë, a donné cette maladie à quatre chevaux sur lesquels on l’a inoculée.
Le même résultat a été obtenu de l’inoculation sur deux chevaux, du produit obtenu par le raclement, avec le dos d un scalpel, sur des os frais de chevaux ayant succombé à cette maladie ;
Ce qui explique le danger auquel sont exposées les personnes qui se coupent en faisant l’autopsie d’individus morts de morve aiguë, ou qui ont aux mains des blessures récentes ou des plaies quand elles font ces autopsies.
10° Que la puissance et Vactivité du virus de la morve aigue ne s'ajfaiblis sent pas par detransmissions successives. Ainsi, dans une série demes expériences, du virus puisé sur un cheval affecté de la morve aiguë spontanée, a été inoculé à un cheval sain et lui a transmis cette maladie. Repris sur celui-ci et transporté sur un autre cheval sain, il a donné rapidement naissance à la morve aiguë sur ce dernier, et ainsi de suite. Je me suis arrêté à la dixième transmission qui a été tout aussi énergique et tout aussi complète que la première.
11° Que toutes les espèces domestiques n’auraient pas la même aptitude à contracter la morve aiguë, même sous l’influence de l’inoculation. Ainsi :
Sur cinq porcs inoculés chacun à différentes reprises, aux parties les plus fines de la peau et mis pendant plusieurs jours dans l’impossibilité de se frotter ou de se baigner; non-seulement aucun rt’a contracté la morve ; mais aucun travail local n’a été remarqué sur les points où avait eu lieu le dépôt de la matière virulente.
Sur trois vaches et sur quatre poules, le résultat a été le même que sur les porcs.
Sur quatre moutons et un chevreau inoculés, ce dernier et trois des moutons ont eu des ulcères morveux dans le nez et dans les poumons, et ont succombé après plusieurs mois de maladie. Ce qui a confirmé que c’était bien la morve qu’ils avaient contractée, c’est que de la matière prise sur les ulcères de chacun de ces quatre animaux , a donné la morve aiguë aux chevaux sur lesquels on l’a inoculée.
Sur six chiens inoculés, deux ont contracté l'affection morveuse qui a fait mourir l’un deux trois mois et demi après son développement local ; l’autre n’est mort que dans le courant du cinquième mois. L’inoculation efficace sur deux chevaux de la matière prise sur les ulcères de ces deux chiens, n’a laissé aucun doute sur la nature de la maladie qu’ils avaient contractée.
12° Que la transfusion dans les veines de trois chevaux sains, d’une certaine quantité (de quatre à dix décilitres) de sang sortant de la jugulaire de chevaux vivants affectés de morve aiguë, a donne très-rapidement cette maladie à ces trois chevaux.
Comparativement j’ai, à diverses époques , versé dans les veines de plusieurs chevaux bien portants, des quantités semblables de sang de chevaux bien portants eux-mêmes, sans que la santé des premiers en ait été sensiblement altérée.
13° Que. j’ai également transmis la morve aiguë très-rapidement à des chevaux sains, en injectant dans leurs veines de très-petites quantités de pus de morve aiguë délayé dans huit ou seize fois son volume d’eau à la température du corps.
14° Que, parmi les divers produits de sécrétion que j’ai recueillis aussi purs que possible, sur des chevaux affectés de morve aiguë, soit dans leurs canaux excréteurs, soit dans leurs réservoirs propres, et que j’ai immédiatement inoculés; la salive, Yurine, la bile , Y humeur aqueuse nont pas transmis la maladie aux chevaux sur lesquels je les ai inoculés.
Que, an contraire, la synovie, le sperme , la sérosité de la gaine vaginale du testicule, re-
cueillis avec les mêmes soins sur des chevaux ayant la morve aiguë, ont fait naître cette maladie sur cinq chevaux auxquels on les a inoculés.
Il est très-remarquable que ceux des produits de sécrétion qui ont manifesté des propriétés virulentes dans ces expérimentations, sont précisément ceux fournis par des organes ou des membranes qui sont souvent altérées dans la morve aiguë; tandis que ceux qui n’ont rien produit émanaient de glandes ou de membranes qui n’ont jamais été trouvées malades dans cette affection.
15° Que 1 e pus fourni par les plaie; ou par V écoulement des sétons (pie peuvent porter les chevaux affectés DE morve aigue, a des propriétés virulentes aussi actives que le jetage ou la matière des abcès propres de cette maladie.
16° Que l’inoculation du pus recueilli, soit sur des chevaux sains , soit sur des chevaux atteints de maladies quelconques qui ne sont pas la morve ou le farcin , peut donner naissance quelquefois à des accidents locaux; mais qu’il ne produit jamais ni le farcin ni la morve.
17° Enfin, que le virus morveux semble, en traversant l’organisation de l’homme, y puiser une énergie nouvelle; car, de toutes les inoculations de morve aiguë que j’ai faites, aucune n’a produit de résultats plus rapides et de lésions plus profondes, que celles qui ont. été faites avec des matières recueillies sur des hommes morveux. Or ces inoculations ont été, à Alfort, au nombre de six.
— Là s’arrêtent les expériences terminées que j’ai faites sur la morve aigue.
Le lecteur de ces notes voudra bien se rappeler ce que j’ai dit dans des chapitres précédents : 1° De la promptitude avec laquelle est absorbé le virus morveux inoculé ; —2° De l’action de la dessication , de la putréfaction , de la digestion et du chlore sur ce virus.
J’arrive à l’exposé du résultat de mes expériences sur la rage.
B. Expériences sur la rage dans les principaux animaux domestiques.
La rage est, sans contredit, la maladie contagieuse qui a le plus occupé les médecins et les vétérinaires. Elle est celle aussi dont se préoccupe davantage le public. Sur aucune, peut-être, on n’a publié plus d’observations de tout genre ; et sur aucune il ne s’est propagé plus d’erreurs, il ne règne plus de préjugés.
Ce m’a été une raison pour entreprendre d’éclairer par des expériences rigoureuses les points les plus importants à connaître de son histoire. Ai-je besoin de répéter ici de quels dangers sont entourées des expériences de cette nature, et avec quelles précautions et quelle patience elles ont besoin d’être conduites pour conduire à de sérieuses conclusions? Ces circonstances, jointes a la rareté des occasions d expérimenter , qu’il faut saisir vite quand elles se présentent ; au grand nombre et à la bonne condition des sujets sains qu’il faut avoir à sa disposition et sous sa main pour s en servir au moment oit des cas de rage se produisent ; au long temps pendant lequel il est indispensable, pour pouvoir conclure, de conserver les animaux mordus ou inoculés; au rejet qu il faut faire des résultats douteux qui se présentent assez fréquemment, etc., etc.; toutes ces circonstances, dis-je, expliquent que depuis l'année 1829, épo-
que à laquelle j’ai commencé ces expériences, jusqu’aujourd’hui, je ne sois encore arrivé avec quelque certitude qu’aux résultats suivants, dont l’importance n’échappera à personne.
1° On a dit, il y a longtemps, que tous les individus mordus par des animaux enragés ne contractaient pas la rage. Mais personne n’avait établi sur des données quelque peu certaines, quelle était, en moyenne, la proportion des cas de rage à ceux des morsures. Il résulte, sur ce point, de mes observations et expériences.
Que, sur 224 chiens amenés à Alfort dans la période décennale de 1827 à 1837, apres avoir été mordus, dans les rues, par des chiens enragés ou regardés comme tels, et qui n’ont été soumis à aucun traitement.
74 (le tiers à peu près), sont devenus enragés, et 130 (les deux tiers), n’ont rien éprouvé.
Mais on conçoit, au point de vue scientifique, que ces chiffres ne peuvent donner la mesure d’activité ou de puissance du virus rabique, en ce sens : 1° qu’il n’y a pas, dans ces cas, certitude que le chien qui a mordu était réellement enragé $ 2° que la trace des morsures n’a pas toujours été constatée sur les chiens amenés; 3° que sur ceux de ces chiens qui avaient été mordus dans des régions couvertes de poils, ceux-ci avaient pu essuyer la bave de la dent qui les traversait.
J’ai donc dû faire un calcul proportionnel semblable sur des chiens placés dans des conditions ne présentant pas ces causes d’incertitude et d’erreur. Les voici :
Sur 99 individus (chiens, chevaux ou moutons) que j’avais fait mordre devant moi par dès chiens enragés en plein accès, sur des régions dépourvues de poils,
67 sont devenus enragés, les 32 autres n’ont rien éprouvé.
Le nombre des animaux mordus ou inoculés s’est donc trouvé dans le rapport de 3 à 2.
Or, ce résultat se trouve, à très-peu de chose près, semblable à celui obtenu dans des expériences de même genre, bien que sur une moins grande échelle, faites aux Ecoles vétérinaires de Lyon et de Toulouse.
D’où il suit qu’on peut établir comme une moyenne acquise à l’observation :
Que, à la suite de morsures d’animaux supposés enragés, faites accidentellement dans les rues, le rapport des individus qui deviennent enragés est à ceux qui ont été mordus :: 2 ; 3.
Et que, dans les individus mordus à nu ou inoculés directement, c’est-à-dire, dans ceux qui sont placés dans les circonstances les plus favorables au développement de la rage, ce rapport est, au maximum :: 3:2.
La connaissance de ce fait est considérable pour l’histoire delà rage.
2° La plus grande incertitude et des variations extrêmes, se trouvent dans les auteurs qui ont traité de la rage, sur la durée de V incubation de cette maladie; c’est-à-dire, sur le temps qui s’écoule entre le moment de la morsure de l’individu enragé, jusqu’à celui de la première manifestation de la rage sur l’individu mordu. On parle d’individus chez lesquels la
rage a fait explosion le lendemain même du jour de l'inoculation ; on en cite d autres qui ne sont devenus enragés que 10 et meme 20 ans après. ^
J’ai étudié l’incubation de la rage dans des circonstances très-précises et dont j avais moi-même créé tous les éléments ; et voici ce que j’ai noté dans les diverses espèces sur lesquelles mes observations ont porté :
Sur 72 chiens, les plus courtes durées ont été, 1 de dix jours; 1 de onze; 1 de douze;
1 de treize. Les plus longues ont été, 1 de cent vingt et un jours; 1 de cent onze ; et 1 de soixante-quinze. Dans l’immense majorité des cas, elle a varié entre 20 et 60 jours ; le plus grand nombre, parmi ces derniers, se trouvant du trentième au quarantième.
Sur 33 moutons, 9 sont devenus enragés du treizième au vingtième jour ; 6 du vingtième au trentième; 14 du trentième au quarantième ; 3 du quarantième au cinquantième; 1 le soixante-troisième .
Sur 29 chevaux, 3 sont devenus enragés du quinzième au vingtième jour-, 7 du vingtième au trentième; 9 du trentième au quarantième ; 7 du quarantième au soixantième ; 1 le soixante et onzième ; et 1 le quatre-vingt-onzième.
Sur 17 vaches, 3 sont devenues enragées du quinzième au vingtième jour-, 14 du vingtième au trentième jour.
D’où il résulte que, sans qu’il soit possible de fixer une moyenne avec de semblables variations que rien n’explique, on peut dire que c’est entre le vingtième et le cinquantième jour que la rage se développe ordinairement sur les individus mordus par les chiens enragés ou inoculés avec leur bave :
Et que, sur ces 151 cas rigoureusement observés, le minimum de durée de l’incubation a été de dix jours ; le maximun de cent trente-et-un ; ces deux cas extrêmes et ceux qui s’en rapprochent étant du reste très-rares.
3° Un auteur italien, Capello, a dit, et d’autres ont répété, que le virus de la rage, susceptible de transmettre la maladie quand il provenait d’un chien devenu spontanément enragé, n’avait plus cette propriété quand il provenait d’un animal qui avait contracté cette maladie par morsure ou inoculation.
Ainsi, un chien devenu spontanément enragé (ce qui est extrêmement difficile à constater d’une manière positive ), communiquerait la rage à presque tous les individus sur lesquels sa sahve est inoculée : tandis qu’aucun individu ne contracterait cette maladie, après avoir reçu de la salive de chien affecté de la rage communiquée.
C’est une erreur.
Ce qui resuite seulement des trois expériences que j’ai pu conduire jusqu’à la cinquième transmission inclusivement, c’est que le virus de la rage s’affaiblit dans ses transmissions successives, ce que semblent démontrer: et la proportion des individus infectés, qui devient
d’autant moindre, et la durée de l’incubation qui augmente au contraire davantage, au fur et à mesure que le virus inoculé s’éloigne de son origine.
4° C’était une question très-grave que celle de savoir jusqu'à quel point il est dangereux de se piquer en ouvrant ou disséquant des cadavres d'individus enragés.
Pour chercher à l’éclairer, j’ai inoculé, à différentes époques, 10 chiens et 6 moutons avec de la bave et des mucosités de la gueule de chiens morts de la rage, recueillis de trente à douze heures après la mort.
Aucun n’en a éprouvé la moindre altération dans sa santé.
Il en a été de meme de 6 chiens et 3 moutons que j’ai inoculés avec du sang exprimé de la chair musculaire, et avec de la sérosité recueillie dans les cavités splanchniques de chiens enragés, morts quelques-uns depuis moins de 2 heures.
J ajoute que des centaines d’autopsies de chiens ou autres animaux enragés, ont été faites à l’école d’Alfort depuis longues années, qu’il n’est pas rare que ceux qui les font ordinairement, aient quelque blessure aux mains; et que, cependant, jamais on n’a entendu dire qu’aucun cas de rage se soit montré sur des élèves ou des employés de l’École.
5° Du sang retiré soit par piqûres, soit des gros vaisseaux, artériels ou veineux, sur des chiens enragés vivants, et inoculé à 8 chiens, à diverses époques, n’a donné la rage à aucun d'eux.
6° Sur deux chiens, dans les veines desquels j’ai introduit, par transfusion, un décilitre de sang veineux, pris sur deux chiens en pleine rage, cette maladie ne s’est pas développée. Je dois dire, toutefois, que l’expérience ne peut pas être regardée comme entièrement terminée sur l’un de ces animaux qui est encore en observation en ce moment, cette expérience n’étant qu’a son soixante-cinquième jour.
7° La plupart des auteurs, ceux dont les écrits font autorité aujourd’hui dans la matière, ont écrit, sur la foi d’expériences faites par MM. Huzard, Dupuy et Yvart, que la rage des herbivores ré était pas susceptible de se transmettre.
C’est une erreur, que j’ai partagée, du reste, avant d’avoir multiplié et varié mes expériences comme je l’ai fait depuis.
Voici ce que j’ai fait et obtenu :
A. De la bave de mouton enragé a été inoculée.
1° à 29 moutons sains,
10 ont contracté la rage ; 19 n’ont rien présenté ;
2° à 3 chevaux ,
2 ont contracté la rage] 1 n’a rien présenté;
3° à 17 chiens ,
Aucun n'a rien présenté .
B. De la bave de cheval enragé a été inoculée :
1° à 3 montons qui n'ont rien éprouvé;
2° à 5 chevaux dont 1 seul a contracté la rage ;
3° à 10 chiens qui n’ont rien éprouvé.