‹ [Titres et travaux]Chapitre 4 sur 6 · C. De la bave d’ANE enragé a été inoculée · texte numérisé non relu

C. De la bave d’ANE enragé a été inoculée

] • à 3 chevaux dont 2 sont devenus enragés ; à 4 chiens qui n’ont rien éprouvé.

En résumé, sur 43 herbivores sains, inoculés avec de la salivé d’HERBivoREs enragés, 15 ont contracté la rage , 29 n’ont rien éprouvé ;

Et, sur 31 chiens inoculés avec de la bave d’herbivores enragés, aucun n’a contracté la rage.

Cette immunité des chiens, relativement à la réceptivité du virus provenant d’herbivores enragés, a déjà été notée par M. Rey, à l’École de Lyon.

8° La salive d’un homme enragé, mort à l’hospice de Charenton, inoculée à 2 chiens et à 1 cheval a transmis la rage à ce dernier. Les deux chiens n’ont rien éprouvé. C’est la seule occasion que j’aie eue d’inoculer la bave de l’homme. Cette inoculation confirme la propriété, très-révoquée en doute, qu’aurait la rage humaine de se transmettre à des animaux.

9° J’ai dit ailleurs ( Mémoire lu à l’Académie des sciences ) que la bave , le lait et les chairs des animaux enragés, même crus, pouvaient être mangées impunément par d’autres animaux.

Je n ose point encore rendre compte d’expériences, commencées depuis plusieurs années, sur la mesure du temps au bout duquel on peut encore cautériser utilement les plaies, résultant des morsures faites par des animaux enragés. Les résultats obtenus jusqu’à présent ne sont pas encore assez nombreux ni assez concluants.

C. Expériences sur la maladie charbonneuse dite sang de rate du mouton.

Quelques auteurs, et parmi eux le plus récent et le plus éminent, M. le professeur Delafond, ont nié la propriété virulente du sang de rate de mouton, maladie presque foudroyante qui enlève annuellement le quart et quelquefois le tiers des immenses troupeaux de la Beauce.

D autres, seprononçantdansunsensinverse,prétendentqu’elleestsusceptibledesetransmettre

même par simple cohabitation, même à distance. On comprend facilement combien il importe a 1 agriculture des pays où règne cette maladie, que l’on sache à quoi s’en tenir sur le fondement de ces opinions.

L 11 résulte d expériences que j’ai commencées sur ce sujet, à Alfort, en 1851 :

1° Que, sur huit moutons ou chèvres inoculés avec du sang puisé sur des moutons morts du sang de rate, huit (tous) sont morts, en vingt-quatre ou trente-six heures, de cette maladie.

2° Que la même inoculation faite sur les chevaux en a fait périr deux sur quatre.

3° Que les résultats ont été nuis sur 4 chiens et 4 porcs qui ont été inoculés avec du sang dont la virulence avait été constatée sur des moutons.

4° Enfin, que douze poules inoculées de la même manière n’en ont été aucunement ajfectées .

Ces expériences sont conformes, quant aux résultats, à d'autres semblables qui se faisaient au même moment dans la Beauce sous les inspirations de M. Rayer.

Quant à la contagion volatile , j’ai fait cohabiter seize moutons avec les huit qui ont été inoculés ; ces derniers sont morts successivement au milieu d’eux. Leur cadavre y est quelquefois resté plusieurs heures avant d’être enlevé, J’ai fait plus; j’ai fait enlever les peaux de trois de ces cadavres, et les ai placées, fraîches, sous une cage dans une petite écurie où se trouvaient ces seize moutons sains. Aucun de ces derniers n’a paru un seul instant malade.

Le sang de rate , très-contagieux de mouton à mouton par inoculation , ne serait donc pas susceptible de se transmettre par cohabitation , et, à plus forte raison , à distance . 11 n’y aurait donc pas de danger, sous ce rapport, à loger des moutons bien portants dans des bergeries saines d’ailleurs, dans lesquelles des moutons en plus ou moins grand nombre seraient morts du sàngde rate .

Toutefois, on conçoit que des conséquences aussi graves ont besoin d’être confirmées par de nouvelles expériences.

Recherches historiques

sur le TYPHUS CONTAGIEUX du gros bétail.

Un seul mot, seulement, pour donner à l’Académie une idée de l’importance des recherches suFce sujet.

Dans l’invasion qu’elle a faite en Europe, de 1711 à 1720, le typhus contagieux a enlevé 1,500,000 bêtes à cornes.

Dans celle de 1740 à 1750, il en a enlevé 3,000,000.

Dans celle de 1769 à 1776, il en a enlevé, à la seule Hollande, 375,000 en un an.

En somme, d’après les calculs établis par le docteur Faust, le typhus aurait enlevé à la France, dans le xvm e siècle, plus de 10,000,000 de bêtes bovines; à l’Allemagne, plus de 28,000,000; à l’Europe entière plus de 200,000,000.

Ceci soit dit pour expliquer les alarmes de l’agriculture et les inquiétudes des gouvernements, à la seule crainte de l’apparition d’un pareil fléau.

J’ai dit que j’avais fait partie de la Commission envoyée en Allemagne, en 1844, pour étudier cette maladie qui venait d’y faire invasion par l’est.

Nommé rapporteur par mes collègues, et ne trouvant pas, dans le peu d’observations que nous avions pu recueillir par nous mêmes, les éléments d’un rapport utile, je me suis imposé, comme mission, l’élucidation de ces trois questions, les plus graves, les seules vraiment

graves, dans l'étude actuelle du typhus, au point de vue des intérêts généraux de I agriculture :

1° Le typhus, quand il apparaît dans le centre et l’ouest de l’Europe, y est-il toujours importé par des bœufs hongrois ou russes, comme le pensent la plupart des auteurs allemands; ou bien, comme l’ont écrit MM. Darboval, Huzard, fils et Delafond, en France, et, après eux, Lessona, en Italie, et la Faculté de Prague, en Bohème; est-il vrai qu’il puisse naître spontanément sur les bêtes bovines de tous les pays, sous l’influence des fatigues extrêmes, des privations, de l’encombrement, etc. ?

2° Étant donnée la propriété contagieuse du typhus, est-il possible, par la séquestration et l’isolement absolu des animaux et de tout ce qui les approche ou est à leur usage, d’empêcher la propagation de ce fléau aux pays et aux animaux sains?

3° Les cuirs secs et tannés, les cornes lavées et séchées, provenant d’animaux attaqués ou morts du typhus, peuvent - ils transmettre la maladie dans les pays sains où ils seraient importés?

On aperçoit de suite l’immense intérêt de ces trois questions, pour les mesures sanitaires à prescrire ou à prendre par les gouvernements au voisinage desquels ou chez lesquels règne l’épizootie.

Pour essayer de les éclairer, et n’apporter dans cette étude que les éléments de solution les plus rigoureux, j’ai interrogé les archives officielles de tous les États de l’Europe, qui m’ont été ouvertes grâces à l’intervention de M. le ministre des affaires étrangères et à l’obligeance de nos ambassadeurs ou représentants dans ces pays ; je me suis adressé à toutes les Académies spéciales, aux médecins, aux vétérinaires, aux agriculteurs les plus éminents de ces divers États; j’ai interrogé, année par année, l’histoire de tous lesgrands mouvements de troupes qui ont eu lieu en Europe depuis 1711 jusqu’à nos jours, dans leurs rapports avec les diverses apparitions du typhus : et, grâces à la masse considérable, à la gravité et à là concordance des documents qui ont été mis à ma disposition, je suis à même de pouvoir démontrer jusqu’à l’évidence :

1° Que , dans toutes les apparitions qu’il a faites en Europe depuis 1711, le typhus a toujours été importé primitivement, tantôt, et le plus rarement, par des bœufs provenant directement des steppes de la Hongrie; tantôt, et le plus souvent, par dés bœufs provenant des steppes de la Russie méridionale ; et que, jamais, il ne s’est développé spontanément sur des bœufs d'autre race que celle des steppes, ni dans d’autres contrées, quelles qu’aient été les conditions dans lesquelles les bœufs deces autres races ou contrées aient été placés.

2° Que toutes les fois qu’ôn a pu isoler complètement les animaux malades , ainsi que les personnes et les choses qui les approchaient ou les touchaient, pendant assez longtemps pour laisser aux germes contagieux le temps de s’éteindre , on a circonscrit le mal dans son foyer et arrêté sa propagation.

3° Qu’il n’existe aucun exemple avéré de transmission de la contagion par des cuirs parfaitement secs et tannés , non plus que par des cornes bien desséchées provenant d’animaux infectés.

Je tiens à la disposition de la section il'économie rurale et art vétérinaire , tous les documents originaux que je viens de dire que j’ai rassemblés depuis 1845 , et qui sont les éléments d un grand travail sous forme de rapport que je prépare sur le typhus contagieux du

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