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B. MÉDECINE LÉGALE ET HYGIÈNE PUBLIQUE

Relation médico-légale de deux assassinats commis dans le canton de Touey en décembre 1872.

: ; I " Il s’agit d’un individu qui attendit un jeune homme à la sortie du bal et lui donna quatre coups de couteau. L’un deux trancha— là carotide primitive droite, intéressa la trachée-artère ainsi que l’œsophage et détermina Une mort instantanée.

. : > ; 2“ Il s’agit d’un mari qui tira sur sa femme un coup de revolver et tenta de se suicider ensuite avec la même arme.

Le coup de feu qui tua la femme fut tiré de haut en bas. Il traversa la partie droite et inférieure du cou, lé muscle sterno mastoïdien, le médiastin antérieur, la crosse de l'aorte, l’artère pulmonaire, le péricarde, la'plèvre, les lobes supérieur et inférieur du poumon gauche où existait le trou de sortie.

Nous pensions trouver la balle dans la cavité pleurale, nous n’avons pu la découvrir, mais un examen attentif nous la fit trouver dans le poumon à la partie inférieure de l’orifice de sortie. Ce fait qui semble anormal au premier abord,-fut promptement expliqué. Sur la face interne de la io‘ côte, nous avons trouvé une ecchymose portant au centre une perforation de la plèvre costale; au-dessous d'elle, une fracture incomplète de la côte. La balle était venue frapper ce point et elle était revenue par réflexion se loger dans le poumon où elle a été trouvée.

Les blessures du mari, auxquelles il a survécu du reste, consistaient en une fracture comminutive de la mâchoire inférieure, une plaie de la langue et de la voûte palatine.

Cadavre d’une fermière âgée de ,25 ans, la tête dans le foyer d’une cheminée, le visage et les vêtements à moitié brûlés.

L’autopsie fît reconnaître sur le crâne trois blessures affectant la forme d’un Y, intéressant toute l'épaisseur- du cuir chevelu avec ecchymose du tissu cellulaire sous-çutané.

Le pariétal gauche était fracturé au niveau d’une des plaies.; Sous l’arachnoïde, à ce niveau, léger épanchement sanguin. Le poumon offrait plusieurs ecchymoses sous-pleurales. Sérosité sanguinolente et spumeuse à la section. La trachée-artère et la bronche droite

■ * ' Nous avons conclu à la mort par l’explosion d’une cartouche de dynamite que le suicidé aurait introduit dans sa bouche en la tenant de la main gauche, tandis qu’il y mettait le feu de la main droite. Celte observation a été présentée à l'Académie de médecine.

Note sur l’alcoolisme et principalement la cirrhose hépatique dsns le département de l’Yonne. — Mémoire inédit destiné et l’Académie de médecine.

Ce mémoire a été inspiré à l’auteur par la discussion récente sur la genèse de la cirrhose hépatique. Il se compose de deux parties ; 1° Des observations partiçulières à l’auteur.

2° D’une enquête faite par lui auprès de 42 médecins de divers points du département ayant a u moins 10 ans de pratique.

Avant de traiter ces deux parties l’auteur fait, au point de vue, la question, la géographie médicale du département qu’on peut

que élevé, celle des buveurs de vins légers, celle des buveurs de cidre. Puis il consacre quelques lignes au plâtrage des vins, à l’usage des vins du Midi dans l’Yonne.

Dans la première partie, il fait part de ses observations person-

où le cidre est la boisson habituelle) n’ont pour ainsi dire jamais, ' quand même ils usent également de l’eau-de-vie de marc du pays,, de manifestations d’alcoolisme chronique. Il n’en est pas de même dans la classe moyenne (artisans, débitants de boisson, , etc.) . qui consomment en quantité les mauvaises eaux-de-vie et les apéritifs . du commerce. C’est chez ceux )à qu’on trouve les manifestations d’alcoolisme chronique les plus fréquentes, c’est chez ceux-là presque , seuls (neuf fois sur dix) qu'on a rencontré la cirrhose.

Tous ceux-là ne font pas un usage habituel des vins du Midi qui 7 * sont les seuls plâtrés !

Dans la classe supérieure qui boit du vin de diverses provenait- '" J ces : Bourgogne, Bordeaux, Midi, Anjou et des liqueurs relativement .; de meilleure qualité, l’auteur a vu un certain nombre de cas d’alcoolisme chronique, il n’a jamais vu de cirrhose.

Dans la seconde partie il donne le questionnaire suivant qu’il a adressé à ses confrères :

i” Avez vous eu à soigner des cirrhoses hépatiques ? <ïïH

2* Ces cirrhoses étaient-elles alcooliques ou vineuses ?

3” Dans ce dernier cas, les malades faisaient-ils usage de vins plâtrés ?

4° Quelles sont les boissons habituelles dans votre région? \

5" Les manifestations d’alcoolisme aigu, d’alcoolisme chronique, ,. sont-elles fréquentes dans vos contrées ?

Voit-on les manifestations d’alcoolisme chronique coïncider avec la cirrhose ou les précéder ?

Des réponses faites par les 42 médecins consultés, de ses obs'er-J varions propres,l’auteur a cru pouvoir tirer les conclusions suivantes :

I" La cirrhose hépatique n’estpas très commune dans l’Yonne;

2° Elle s’observe presque exclusivement chez les grands buveurs d'alcool et^out^^c^ex qui font usage de spiritueux de mauvaise

3* La cirrhose vineuse est exceptionnelle ;

4° Dans tous les cas signalés } les malades ne faisaient pas uri usage habituel de vins plâtrés ;

s" L'alcoolisme aigu et Ialcoolisme chronique sont rares chez les grands buveurs devin ou de cidre;

6 “ L’alcoolisme chronique est rare également chez ceux qui wmvmtmême en grande quantité des eaux-ie vie du pays faites avec le marc de vin, de cidre, de cerises, de prunelles ; v .7 " Il est commun au contraire chez ceux qui abusent des apéritifs et des mauvaises liqueurs du commerce ;

surtout précèdent fréquemment la cirrhose ou coincident avec elle.

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