TRAITEMENT DE LA COXALGIE
{Bulletin de la Société de chirurgie, 23 juin 1897, p, 489.)
Dans cette communication, se trouve résumée ma méthode de traitement de la coxalgie. Je suis ennemi de la résection, que je considère comme un pis aller qu’il faut réserver aux coxalgies compliquées de fistules intarissables ou d’abcès ayant résisté aux ponctions suivies d’injections de naphtol camphré ou d’éther iodoformé.
Les rares résections que je pratique sont presque toujours des opérations atypiques.
Comme traitement de la coxalgie non suppurée, je ne suis point exclusif.
Lorsque les malades peuvent être suivis de près, l’extension continue est employée pendant toute la période douloureuse ; plus tard, au bout de sept ou huit mois, en général, on applique un appareil plâtré, et la marche est permise avec des béquilles en faisant porter du côté sain une chaussure fortement surélevée.
Lorsque les malades ne peuvent être surveillés, l’appareil plâtré est appliqué d’emblée, après redressement sous chloroforme, si l’attitude est vicieuse. Ce redressement ne m’a pas semblé favoriser la formation des abcès, non plus que l’explosion d’accidents méningitiques ou pulmonaires.
J’insiste sur la nécessité de n’employer jamais ce modo de traitement pour une coxalgie compliquée d’abcès.
D’autre part, je proscris les manoeuvres de redressement violentes et prolongées dans le traitement des coxalgies anciennes guéries en position vicieuse, car l’ostéotomie sous-trochantérienne donne, dans ces conditions, les meilleurs résultats.
A l’appui de ces conclusions, j’ai donné le résumé d’une statistique comprenant 122 cas de coxalgies traitées dans mon service de l’hôpital Trousseau. Ce travail se termine par l’étude de la valeur comparative des injections de naphtol camphré et d’éther iodoformé pour le traitement des abcès.
D’après 63 cas de coxalgies avec abcès, on peut constater une supériorité curatrice très nette en faveur de l’éther iodoformé.
Dans les cas rares où les abcès ainsi traités deviennent fistuleux, on peut encore obtenir la guérison on prenant soin d’éviter l’infection secondaire et en modifiant les trajets fistuleux par des attouchements répétés avec une solution d’acide lactique
Ancienne luxation oUuratrice, ostéotomie sous-trochantêrienne. Guérison.
(Bulletin de la SociéU de chirurgie, 27 juillet 1892, p. 580.)
Il s’agissait d’une luxation consécutive k une coxalgie. L’ankyloso était complète et la résection paraissait impossible. L’ostéotomie corrigea aisément l’attitude vicieuse et le résultat fonctionnel fut excellent.
Luxation obturatrice suite de coxalgie. Ankylosé. Correction de l'attitude vicieuse par une ostéotomie trochantérienne.
A propos du cas précédent, j’ai publié un court mémoire dans lequel j’ai comparé les résultats de l’ostéotomie îi ceux de la résection pour cette variété de luxation pathologique. J’ai montré, d’après une observation personnelle, les difficultés de la résection en pareil cas et établi les avantages de la simple
Enfin j’ai posé en principe que, pour toute luxation pathologique de la hanche, lorsque l’affection qui a occasionné le déplacement est éteinte et lorsqu’on a affaire à une ankylosé fibreuse très serrée ou à une soudure osseuse, il est préférable de redresser le membre par une simple section osseuse plutôt que do courir les chances d’une résection.
Des faits très nombreux observés depuis 1892 n’ont fait que me confirmer dans cette appréciation.
Luxation traumatique de la hanche gauche chez un enfant de dix ans. Réduction après vingt-deux jours.
(Bulletin delà Société <fecMrarpie,29juillet 1903, p. 879.)
Les luxations de la hanche sont très rares chez les enfants. C’eStle second cas que j’ohserve personnellement. La luxation était passée inaperçue du médecin. Elle ne fut reconnue qu’k la fin de la troisième semaine. La radiographie confirma le diagnostic. A ce propos, on doit remarquer que la lôte était beaucoup plus loin de la cavité qu’elle ne le paraissait sur la radiographie. Il s’agissait d’une luxation postérieure et supérieure. La réduction fut relativement facile. Le membre, immobilisé pendant huit jours, fut ensuite massé et progressivement mobilisé. La guéri-