‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 2 sur 16 · SEXUALITÉ DES LEVURES · texte numérisé non relu

SEXUALITÉ DES LEVURES

tique s’opérant pendant les divisions nucléaires. Dans les Levures où la sexualité se trouve reportée à la germination des ascospores, les cellules végétatives issues du bourgeonnement de celles-ci constituent le sporophyte, le gamétophyte se trouvant réduit aux ascospores. Cette copulation des ascospores paraît se rencontrer fréquemment dans les Levures : je l’ai retrouvée dans plusieurs espèces nouvelles rapportées par la mission Chevalier (S. Chevalieri, Mangini et LindneriJ [110] (voir p. 28), ainsi que dans une Levure de la fermentation du Pulque [125] (voir p. 29). Elle a été trouvée également par l’un de mes élèves, M. H. Marchand, dans les S. ellipsoideus, intermedius , validus , vini Muntztii, Willianus , turbidans , Bayanus et dans la Levure de Johannisberg I.

(fig. 13) :

1“ Les unes qui conservent la copulation ancestrale isogamique (a et b) ou hétérogamique (c) à l’origine de l'asque (Schizosaccharomyces, Zygosaccharomyces, Debaryomyces) :

VEremaséus fertilis , on est frappé de la ressemblance qui existe entre le mode de formation des asques dans ces deux Champignons, et l’on est obligé d’admettre que les anastomoses de YEndomyces fibuliger sont les vestiges d’une copulation semblable à celle qui se produit dans VEremascus fertilis (fig. 15, a et b).

Le Saccharomycopsis capsularis décrit par Schiônning offre un mycélium typique donnant par bourgeonnement de nombreuses Levures. Les asques renferment 4 asco-

naissance des Endomycétacées qui résulte de nos recherches éclaire d’un joùr nouveau la question de la phylogénie des Levures. En effet, il semble permis de voir dans le genre Eremascus une forme ancestrale souche (fig. 17). De celle-ci proviendrait une forme encore hypothétique voisine de YEndomyces fibuliger, mais en différant par l’existence de la copulation caractéristique de YEremascus. Cette copulation, qui est réduite à des essais infructueux chez YE. fibuliger, a complètement disparu chez VE. câpsularis. De cette forme hypothétique (Endomyces B du schéma), les Levures dériveraient par régression h la fois de la sexualité qui tendrait à disparaître et de la forme mycélienne qui céderait la place aux formes Levures.

En somme, ce Champignon hypothétique, dérivé de YEremascus , serait la souche de deux branches, l’une avec VE. fibuliger et VE. capsularis , l’autre avec le genre Zygosaccharomyces et les Saccharomyces. Le genre Saccharomyces représenterait une forme parthénogénétique dérivée du Zygosaccharomyces comme semble l’indiquer l’existence de formes intermédiaires où les asques, bien que se formant toujours sans copulation, conservent cependant des vestiges d’attractions sexuelles.

L’étude que j’ai faite de VE. Magnusii semble apporter également quelques renseignements à ce sujet. VE. Magnusii se rapproche, dans l’ensemble de son développe-

PROTOASCÉES

espèces d 'Endomyces : YE. Linderii, dans lequel notre élève, M. Mangenot, a montré que les asques conservent comme dans VE. fibuligcr des vestiges de sexualité, et 17?; Hordei, espèce très voisine où toute trace de sexualité a disparu. Klôcker a d’autre part décrit I’jB. javanensis , forme dans laquelle le mycélium se réduit de plus en plus aux dépens des Levures qui prédominent : les asques se forment sans copulation, indifféremment aux dépens des cellules du mycélium ou des Levures. Enfin, j’ai moi-même décrit deux nouvelles formes semblables (Levure de Pulque 2 ) et Dcbaryomyces KlÔckeri [125, 145, 166], qui sont incontestablement des types de transition entre les Endomycétacées et les Sàccharomycétacées (voir p. 29 et 3o).

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