F. - MONOGRAPHIE DE NOUVELLES ESPÈCES DE LEVURES
J’ai eu l’occasion au cours de mes recherches d’isoler et de décrire un certain nombre de nouvelles espèces de Levures. La plupart de ces espèces offrent par leur sexualité ou les particularités de leur développement des caractères très intéressants au point de vue phylogénétique.
Cryptococcus Guilliermondi (Beauverie et Lesieur) [76],
Cette espèce a été isolée par le D r Lesieur des crachats d’une malade atteinte de cancer secondaire du poumon. Je l’ai décrite, puis elle a reçu ensuite le nom de Cryptococcus Guilliermondi (Beauverie et Lesieur).
Levures de la mission Chevalier (Guilliermond) [110].
J’ai décrit quatre espèces nouvelles de Levures rapportées d’Afrique Occidentale par la mission Chevalier et dont le professeur Mangin nous a fait l’honneur de nous confier l’étude.
Trois de ces espèces : Saccharomyces Chevalieri , Mangini et Lindneri (Guilr liermond), sont voisines du S. ellipsoideus. Elles offrent toutes, au moment de la germination, une copulation des ascospores, semblable à celle que j’ai fait connaître dans diverses Levures (S. Ludwigii, etc.) (voir p. i5).
Une quatrième espèce, le Zygosaccharomyces Chevalieri (Guilliermond) se rapproche du genre Pichia, mais présente au moment de la sporulation une copulation hétérogamique. Nous rappelons que c’est dans cette espèce que j’ai fait connaître pour la première fois la copulation hétérogamique dans les Levures (fig. 7).
La dernière, Mycoderma Chevalieri (Guilliermond), présente les caractères d’un Mycoderme : elle donn®des formations mycéliennes assez développées.
Toutes ces LevureFparaissent adaptées aux températures élevées. Leur tempéra-
entre 38 et 39 degrés.
les Levures ordinaires, elle est placée
La seconde, Levure de Pulque a, est une espèce extrêmement curieuse. Elle végète d'abord à l’état de Levures (fig. 18, a), et ensuite forme un mycélium typique donnant naissance par bourgeonnement à des Levures (fig 18, c). Les asques se forment en très grande abondance sur carotte et gélose de Gorodkowa; ils naissent indifféremment aux dépens de Levures (fig. 18, d) ou dans les articles du mycélium (fig. 18, e) et renferment
est presque toujours précédée d’une copulation (fig. 18, f). Lorsque les ascospores
défectueuses, se transforment aussitôt en asques après s’être conjuguées (fig. 18, h);
cellules qui évoluent en asques (fig. 18, g). On trouve aussi des asques nés dans des ascospores qui ont essayé au moyen d’un diverticule à s’unir à d’autres sans y parvenir (fig. 18, k). Cette espèce ressemble beaucoup à Y Endomyces capsularis et doit être considérée comme une forme de transition entre les Saccharomycétacées et les Endo-
Zygosaccharomyces Pastori (Guilliermond) [141, 167].
Cette espèce, que j’ai isolée du suintement muqueux d’un Marronnier des environs de Lyon, se présente d’abord uniquement sous forme de grosses cellules arrondies ou ovoïdes, et ensuite offre un mélange de grosses cellules rondes et de petites cellules cylindriques. Cette Levure, dont nous avons décrit antérieurement la copulation hétérogamique (voir p. i3 et fig. 9), est une espèce dans laquelle la sexualité et la
15 degrés (fig. 19, d, c et e).
Les asques se forment indifféremment aux dépens de Levures ou dans les cellules du mycélium. Ils sont précédés d’une copulation hétérogamique (fig. 19, f). L'asque renferme une seule ascospore à paroi verruqueuse. Cette Levure, qui présente par sa
Levures isolées dans ces conditions, et qui sont au nombre de treize, présentent les caractères du genre Debaryomyces.
Leurs cellules sont en général, sauf quelques exceptions, rondes et ressemblent à des Torula. Elles offrent toutes une copulation hétérogamique précédant la sporulation. Celle-ci s’effectue le plus souvent entre une grosse cellule et l’une des petites cellules issues de son bourgeonnement; le contenu de la petite cellule passe dans la grosse qui forme un asque à une seule ascospore, très rarement deux, à paroi verruqueuse (fig. 8). Dans certaines espèces, on constate des formes de transition entre l’isogamie et l'hétérogamie.
Ces Levures ne se développent généralement qu’à des températures inférieures à 35 degrés. Les unes forment sur moût de bière, dès le début, un voile sec, plissé, et un.
anneau tardif. Nos recherches établissent donc que le genre Debaryomyces renferme à la fois des espèces végétant dans les liquides sous forme de voile, et des espèces ne se développant qu’à l’état de dépôt, ce qui montre que la classification de Hansen, qui se sert de ce caractère pour diviser les Levures en deux groupes, est arbitraire.
Aucune de ces espèces ne fait fermenter les différents sucres.
Cette étude, jointe aux précédentes, montre la grande abondance des espèces du 'genre Debaryomyces, découvert en 1910, par Klôcker. L’un de mes élèves, M. Grigoraki,
Matruchoti , trouvé dans les selles d’un malade atteint de diarrhée.
Mes recherches sur les Levures ont été récompensées par l’Académie des Sciences (Prix Desmazières, i 9 o 4 ).