L’expertise médico-légale pour le larynx
J) Il réunim des Olù-rhim-laryngcdogistes Belges,
Depuis qu’une loi sur les accidents du travail a été promulguée
dans les principales nations, bien des questions nouvelles se sont présentées à l’examen des médecins légistes. Notre spécialité a sa part de ces expertises.
En 1897, la Société française <t Oto-rhino-laryngologie avait bien voulu me confier la rédaction d’un rapport sur « La médecine légale dans les affections de l’oreille, du nez et du larynx ». Par le choix de ce sujet, elle montrait l’intérêt qu’elle attachait à ces enquêtes spéciales.
Mon rapport, je l'ai bien vu ensuite, fut sans précision, car je n’avais eu pour l’établir que des documents dissemblables pris un peu partout. Mais depuis l’observation personnelle des faits, facilitée par mes fonctions d’expert près les tribunaux, m’a permis de serrer de plus près le problème, et c’est une partie de ma casuistique que j’ai l’honneur d'exposer aujourd’hui devant vous.
L’oreille a ses « accidents du travail » très nombreux ; ils représentent la grande majorité des expertises qui nous sont confiées. Le nez est en cause quelquefois par ses fractures, ses anosmies traumatiques ou hystéro-traumatiques.
C’est assez rarement que le larynx sollicite une de ces enquêtes spéciales. Le cas se présente pourtant, tantôt pour le larynx luimême traumatisé de diverse manière, tantôt pour sa fonction vocale, et c’est précisément les expertises pour la voix que je me propose d'exposer, parce qu'elles constituent, je crois, la partie neuve de la question.
Je passerai en revue ; les divers cas et les conditions dans lesquelles ils se présentent, leurs suites, le rôle du laryngologiste, les sanctions juridiques qui en ont été la conséquence.
Conclusions. — Le larynx, comme l’oreille et le nez, a ses cas d’expertises médico-légales. Celles qui concernent la voix sont d’un intérêt particulier.
Tantôt il s’agit de traumatismes endommageant une partie de l’appareil phonateur (poumons, larynx, résonateurs sus-laryngés) ; tantôt le trouble vocal n’est que la conséquence d’une neurasthénie traumatique ; parfois la voix est altérée par des lésions résultant
de l’usure professionnelle des cordes vocales ; ou encore il s’agit de malmenage dans l’emploi du larynx.
Le recours au laryngoscope ainsi que l’examen général du demandeur permettent de résoudre la question posée.
L’infirmité est partielle, mais bien souvent définitive.
Quand elle est transitoire, elle ne survit pas longtemps au paiement de l’indemnité. De même un artiste, justement inquiet de sa voix au sortir d’une maladie vocale, se trouve tout à fait bien quand nous le déclarons guéri. Ici comme dans tous les accidents, et sans que la bonne foi du blessé puisse être incriminée, le règlement du sinistre est un excellent traitement.
8. — tSO-q. Paralysies transitoires des cordes vocales après la grippe.
[Société cl'Oto-rhim-larjingologie de Parts, 30 juin 1905, et Bultelin de lartjngologie, otologie et rhinologie, 1906, page 209.)
Ma communication se rapporte à deux cas d’hémiplégie laryngée post-grippale, qui n’ont pas duré l’un et l’autre plus de quinze jours.
Je crois que ces faits sont rares. Ils me paraissent dus a des névrites périphériques du récurrent. Ici elles sont transitoires, mais nombre de paralysies laryngées définitives, si difficiles à expliquer parfois, ne seraient-elles pas du même ordre, quand le poison grippal plus infectieux a plus gravement atteint les filets nerveux de la périphérie?