‹ Titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 9 sur 10 · Travaux sur la tuberculine · texte numérisé non relu

Travaux sur la tuberculine

(N os 22, 25 et 40.)

Nous avons présenté au Congrès de Toulouse de l’Association Française pour l’avancement des sciences, en 1910, un rapport sur l’hypersensibilité à la tuberculine ancienne de Koch. Nous avons, pour ce rapport, rassemblé une documentation considérable et fait quelques expériences tant sur la tuberculine que sur le coups analogue extrait du bouillon de Timothée. Nous rapportons ici les conclusions de ce rapport.

1° La sensibilité à la tuberculine varie suivant les espèces animales;

2" Par voie sous-cutanée, elle est nulle chez les individus sains (homme et animal), pour les petites doses;

3° Par contre, la sensibilité est considérable, même chez les animaux sains, par voie intra-cérébrale;

4° Les inoculations répétées de tuberculine ne paraissent pas, chez l’animal sain, déterminer d’hypersensibilité. Tout au moins, est-elle discutable. Chez l’homme, la fréquence de la tuberculose latente rend toute conclusion délicate;

5° La sensibilité augmente:

a) Dans la tuberculose latente, localisée (osseuse, ganglionnaire), dans la tuberculose pulmonaire à son début, peu étendue, et pendant les périodes d’accalmie.

b) Dans certaines autres infections aiguës: rhumatisme, pneumonie, érysipèle, fièvre typhoïde, dans l’ictère.

c) Dans certains états locaux, pour les sensibilités locales: les maladies de l’œil sensibilisent à l’ophtalmo-réaction; les maladies de la peau, à la cuti-réaction ;

6° La sensibilité diminue ou disparaît:

a) Dans la tuberculose aiguë (granulie, méningite), dans les phases aiguës de la tuberculose pulmonaire; chez les tuberculeux, cachéctiques ;

b) Dans. certaines maladies, comme la coqueluche, la rougeole, même s’il s’agit de tuberculeux en état dé réagir;

7° L’absence de réaction n’implique point un état d’accoutumance, d’immunisation, même chez les individus traités par la tuberculine, mais plutôt un état de non-sensibilité. Il semble d’ailleurs qu’il n.’y ait presque, jamais accoutumance complète, et qu’une dose suffisante puisse toujours faire apparaître une réaction.;

8° Dans le traitement de la tuberculose par la tuberculine, l’état d’hypersensibilité semble fonction des doses: '

a) Les doses moyennes (un milligramme) rapidement progressives donnent l’état de non-sensibilité;

b) Les doses faibles (dixièmes de milligramme) lentement progressives favorisent l’hypersensibilité;

c) Les doses infinitésimales (millionnièmes de milligramme) .

et lentement progressives, donnent la non-sensibilité, l’accoutumance.

Dans une revue analytique et critique, nous avons exposé les conceptions de Wolff-Eisner sur la tuberculine et le traitement des tuberculeux par la tuberculine. Cet auteur, qui considère la tuberculine comme l’albumine du bacille, paraît, selon nous, s’approcher de la vérité dans cette hypothèse : il n’a pas choisi à notre sens, pour le démontrer, les preuves les plus convaincantes. Il fonde, sur cette conception et sur les vues d’Ehrlich au sujet de l’immunité, une méthode de traitement tuberculinique.

Avec M. le Professeur Bezançon, nous avons écrit dans le Traité de Tuberculine, de M. le Professeur A. Robin, l’article tuberculino-thérapie.

8. — Un cas de myocardite tuberculeuse spontanée chez le chien

Nous avons pu pratiquer, par hasard, l’autopsie d’un chien atteint de granulie, qui présentait une myocardite singulière: tout en gardant sa forme, le cœur était presque entièrement constitué par un tissu scléro-lardacé, formant des noyaux saillants sous l’épicàrde et l’endocarde; au point de vue histologique, il s’agissait de lymphome tuberculeux, ayant dissocié et étouffé les cellules musculaires.

Page 1