Clinique chirurgicale
(1 vol. grand in-8 de 634 pages, avec 45 figures dans le texte, Paris, 1904 ; J.-B. Baillière et fils, édit.)
La science du laboratoire accentue chaque jour ses progrès; la pathologie subit de profonds bouleversements; la clinique pure demeure plus fixe dans ses formes et dans ses moyens, parce qu’elle émane avant
tout de l’observation, et que, tout en empruntant aux méthodes nouvelles leurs moyens d’investigation perfectionnés, elle ne saurait s’éloigner de ce qui constitue le fondement de la médecine ; l’étude du malade et, par induction, la connaissance plus complète des maladies. C’est en m’inspirant de cette vieille tradition que j’ai composé ce volume de clinique chirurgicale. Je dis « composé » à cause de la grande variabilité des sujets traités, et aussi en considération du manque apparent de lien entre certaines leçons au classement desquelles le hasard semble avoir seul présidé. Et cependant il y a une logique dans ce classement et autre chose qu’un rapprochement purement fortuit. Quoique bien des anneaux manquent à la chaîne formée par les quarante-sept leçons de cet ouvrage, leur ordre reste conforme « à celui qui règle la répartition des matières dans la plupart des traités didactiques français ».
« Le premier groupe a trait à des questions générales ; certaines maladies des systèmes et des grands appareils de V organisme fournissent la matière d’un second groupa Un troisième est consacré à l’étude de sujets relevant de la chirurgie régionale. Enfin la gynécologie est représentée par plusieurs des grandes questions auxquelles aucun chirurgien ne peut rester indifférent. »
Certaines questions générales, telles que, V anesthésie, le choc traumatique, les indications jtles contre-indications dans la chirurgie actuelle; le traitement non opératoire des tumeurs malignes ont été de ma part fohjet d’une étude très attentive. Les leçons relatives à ces sujets reflètent l’importance que j’attache à ce que les chirurgiens empruntent à la pathologie générale le fond de leurs déterminations et ne se laissent pas glisser sans résistance sur la pente de l’intervention à outrance, en obéissant à des courants d’idées nouvelles insuffisamment mûries, à des modes pleines de périls, auxquelles il semble qu’il y aurait déshonneur à ne pas se plier.
Parmi les sujets spéciaux abordés dans ces pages, je signalerai particulièrement, comme émanant de recherches ou de réflexions plus personnelles, les états douloureux des os et des articulations, l’hypertrophie diffuse des os du crâne et de la face, les myosites, le traitement des anévrysmes par les ligatures périphériques, Vépithélioma leucoplasique de la langue et de la bouche, les épiploïtes dlorigine opératoire, les fistules stercorales et les anus contre nature, l’erctéro-anastomose et l'exclusion intestinale, les sarcomes du vagin.dans V enfance.
Comme une courte analyse sera consacrée plus loin à ces leçons, aux lieux et places correspondant aux questions dont elles traitent, je me borne pour le moment à cette simple mention.