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III. - THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE ET MÉDECINE OPÉRATOIRE

11. — La révulsion interstitielle au moyen des injections sous-cutanées de nitrate d’argent.

{Btdl. de la Soc. clinique, 1877, p. 57, et France mid., 1877, p. 225 et 243.)

Quatre ou cinq gouttes d’une solution de nitrate d’argent au, quart, injectées dans le tissu cellulaire sous-cutané, en regard de points névralgiques tenaces des parties molles ou des os, déterminent une révulsion très intense. Au bout de cinq jours, il est nécessaire de ponctionner avec

le bistouri une petite collection contenant du liquide sanguinolent et des débris de tissu qui se forme inévitablement au lieu de l’injection.

J’ai vu plusieurs fois ce moyen supprimer radicalement et de suite des névralgies très anciennes. Il doit être évité à la face ; il y est trop douloureux.

12. — Recherches expérimentales relatives à l’emploi du formol et du parachlorophénol pour les pansements.

{Compte rendu du Congrès international de médecine de Moscou, 1897, Seot. XI, Chirurgie, p. 337.)

L’emploi du foririol ou plutôt de Valdéhyde formique ne s’appliquait guère, avant cette date, qu’à la désinfection des locaux. J’étendis ses applications aux pansements des plaies et, d’une façon générale, à l’antisepsie chirurgicale.

Cette substance possède, comme on le sait, un pouvoir antiseptique considérable. Mon chef de laboratoire fit en 1897, sur mes indications, des expériences sur les animaux, afin d’en déterminer les propriétés toxiques et destructives ; il put en conclure que la mortification des tissus n’était à craindre qu’avec des solutions très coneentrées et que l’intoxication générale n’apparaissait jamais.

Cliniquement et sur le terrain étendu de l’observation journalière, je reconnus facilement le pouvoir antipudride et désodorant de l’aldéhyde formique, et j’en fis depuis cette époque un usage courant sous forme de trois solutions titrées différemment : la première contenant, pour 200 grammes d’eau, 1 gramme de la solution commerciale de formaldéhyde à 40 p. 100 ; la seconde, 1 gramme pour 400 grammes d’eau ; la troisième, 1 gramme pour 1 000'grammes d’eau.

La première était destinée à la désinfection instantanée des plaies infectées, et surtout des plaies gangreneuses, et à l’immersion des instruments pendant les opérations; la seconde,.habituellement bien tolérée, servait aux pansements; la troisième était réservée, telle quelle, ou un peu étendue, pour les pansements sur les peaux irritables et pour les bains locaux.

J’ai eu la satisfaction de voir l’emploi du formol se répandre beaucoup en chirurgie et en obstétrique après cette communication.

Les expériences faites dans mon laboratoire à la même époque, avec

le parachlorophénol, nous révélèrent le pouvoir antiseptique également considérable de cette substance ; mais il ne m’a pas paru qu’il y eût grand intérêt à transporter ces résultats sur le terrain de la pratique courante.

13. — Appareil Inamovible à. claire-voie pour tous les traumatismes de l’épaule, et spécialement pour les fractures de la clavicule.

(Gillette, Chir. journ. des hôp., p. 448, et Traité de chirurgie clinique et opératoire de Le Dentu et Pierre Delbet, t. II, p. 191.)

A entendre les partisans exclusifs du massage, la faillite de tous les appareils inventés pour le traitement des fractures de la clavicule serait complète, et celui dont il est question dans le titre ci-dessus devrait partager la disgrâce générale. Je ne pense pas, pour mon compte, que le massage réponde à toutes les indications. S’il est des cas très simples où la simple écharpe suffit, combinée avec le massage, il en est d’autres où cette contention tout à fait insuffisante donne de très mauvais résultats. C’est pourquoi je maintiens la nécessité des appareils, du moins pour la période initiale du traitement, et jusqu’au moment où les fragments plus ou moins bien réduits, mieux réduits en tout cas que s’ils avaient été abandonnés à eux-mêmes, ont commencé à s’agglutiner. Le massage fait le reste, avec la prolongation de la contention au moyen d’un appareil qu’on peut rendre facilement amovible.

L’appareil plâtré que j’ai imaginé a l’avantage de moins emprisonner le tronc et le bras que ceux qui l’ont précédé, puisqu’il est.à claire-ooie. Bien appliqué, et renouvelé dès qu’il se relâche, je l’ai vu procurer, par la compression douce qu’il permet sur les fragments, des réductions durables et d’excellents résultats au point de vue de la forme de la région traumatisée,

14 . — De la myotomie sous-outanée comme moyen de traitement des douleurs causées par certaines exostoses.

(SuU. de la Soc. de chir., 1897, p. 408.)

Moyen qui porte la marque d’une époque où l’on n’osait pas encore beaucoup toucher au système osseux quand une nécessité pressante n’iniposait pas l’intervention. Sectionner sous les téguments les faisceaux

musculaires qui coiffaient l’exostose ne comportait pas de risques et soulageait. Aujourd’hui on extirperait l’exostose sans hésitation, ainsi ■ que je l’ai fait maintes foisidepuis lors,

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