Sur l’anesthésie générale par l’éther
(Bail, de la Soc. de chir., 1905, t. XXI, p. 450.)
Dans ces diverses publications, j’ai insisté sur les faits et les déduc-
1® De nombreuses et très importantes statistiques ont démontré que.
au point de .vue de -la mortalité immédiate, fe risque est quatre 'fok et demie moindre avec Véther qu’avec le chloroforme ;
2» L’anesthésie peut être obtenue aussi rapidement «vee l’éther qu’avec le chloroforme ;
3“ Si les vomissements du premier jour ne sont pas beaucoup plus rares, le plus ordinairements ils ne se prolongent pas au delà de vingtquatre ou de 'trente^six heures. Jamais je ne les ai vus durer plusieurs jours, : avec une persistance fatigante, comme à la suite de la chlorofor-
4» L’éther n’est contre-indiqué que chez les enfants très jeunes et chez les sujets ayant dépassé soixante ou soixante-cinq ans, chez ceux surtout qui sont atteints de catarrhe ou de simple irritation bronchique;
5“ Chez les sujets atteints de lésions du cœur, de celles naturellement qui ne sont pas assez développées pour exclure toute anesthésie par inhalation, l’éther est préférable au chloroforme à cause de son action stimulante ;
6“ Ses propriétés ioniques le recommandent pour les sujets affaiblis et dans les cas de septicémie aiguë ou subaiguë ;
7“ Les coniplications broncho-pulmonaires qu’on voit parfois survenir à la suite de son ernploi n’ont pas reçu généralement leur légitime interprétation. On en observe autant (plus même, au dire de certains auteurs) après Jleniploi du chloroforme et même après certaines opérations abdominales faites avec anesthésie.locale ;
8“ Les vraies causes de ces broncho-pneumonies résident dans le refroidiesement, dans Vinfection préalable ou post-opératoire. Elles résultent aussi quelquefois, il faut le reconnaître, d’une susceptibilité spéciale des bronches, même chez de jeunes sujets ; mais cette susceptibilité se retrouve aussi chez certains autres à Vendroit du chloroforme. Si elle est plus fréquente à l’égard de l’éther, ce fait ne peut pas être considéré comme démontré rigoureusement ;
9» Enfin on doit admettre que la défectueuse administration de l’agent anesthésique (doses .trop .massives, masque trop petit d’où résulte une intense condensation des vapeurs) est une cause d’accidents pulmonaires avec laquelle il faut compter et qu’on a essayé avec succès d’écarter par la méthode des gouttes et par l’emploi à’appareils régulateurs, analogues à ceux qui ont été recommandés et qui s’emploient couramment pour le, chloroforme.