Des kystes du pancréas
{Bull, de la Soc. anal., 1865, p. 197-214.)
En 1865, l’histoire générale des kystes du pancréas n’étàit pas même ébauchée. Il n’en était question que d’une façon très discrète dans cer tains traités d’anatomie pathologique. Or, à cette époque, M. Théophile' Anger avait présenté à la Société anatomique un kyste du pancréas dont la nature et le siège avaient été déterminés de la manière la plus précise. Chargé de faire un rapport sur ce cas, j’y adjoignis une observation très complète que j’avais recueillie dans le service du P' Grisolle, en 1862; tandis que j’étais l’un de ses externes.
La tumeur avait été prise pour un kyste du foie et traitée comme telle par la méthode de Récamier, et malheureusement sa mobilité avait empêché la formation d’adhérences solides, après plusieurs applications de caustique de Vienne, et une péritonite aiguë avait emporté le malade en quelques jours. L’autopsie montra que le kyste s’était développé dans la tête dü pancréas.
Ces deux faits très analogues, surtout au point de vue de la pathogénie, furent le point de départ de l’étude générale anatomo-pathologique et clinique que je fis alors de ces sortes de tumeurs. Je pus, en comparant lés uns aux autres les cas de Morgagni: de Lobstein, de Béoourt, de Steerk. de J. Cruveilhier, de Gomil, établir avec ces observateurs une distinction entre les kystes acineux et lés kystes par dilatation du canal deWirsung, entreles kystes multiloculaires etles kystes à cavité unique.
De plus j’essayai pour la première fois do tracer les règles qui permettraient, à l’occasion, de faire lè diagnostic d’une affection aussi excep-
tionnelle. Ayant été frappé, dans le.nas qui m!était personnel..de la mo‘ :bilité du kyste, de son siège :profond et surtout du .bruit bydro-aérique .dû à la présence.de l’estomac en.avant de la tumeur, j’attribuai à oes signes, au dernier particulièrement, ,une,Yaleur considérable. On conçoit cependant qu’il puisse faire défaut, quand l’estomac ne contient que des gaz ou quand il est aplati de dedans en dehors par la tumeur entre la paroi abdominale.
Au point de vue du traitement, on en était réduit, à cette époque éloignée, à la méthode de Récamier; mais les grands risquesqu’ellecomportait n’avaient été démontrés que drop complètement .par l’application malheureuse, qui'en avait été .faite sur le malade de Grisolle. .