‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 8 sur 152 · Maladies de la prostate et de la vessie · texte numérisé non relu

Maladies de la prostate et de la vessie

G. Masson, éto.j

Voillemier était mort sans avoir achevé un traité des maladies des voies urinaires dont le premier volume, consacré tout entier aux maladies

de V urètre, avait paru en 1868. Restait à décrire celles de la prostate et de la vessie. J’acceptai la tâche de terminer l’ouvrage en utilisant les matériaux peu nombreux laissés par mon maître. Remaniés etrefondus, ils ne représentent guère qu’un cinquième de ce second volume.

Les maladies de la prostate sont réparties en neuf chapitres, parmi les • quels ceux qui sont consacrés à la prostatite chronique (fig. 1), aux kystes.

Fig. 1. — Lésions do la prostatite chronique arrivée il un degré avancé. Les deux lobes de la prostate ont été fondus du côté de leur face postérieure et rabattus vers la ligne médiane.

{Collection de M. Le Dentu.)

aux calculs, aux ulcérations, cavernes et fistules, se signalent par leur nouveauté absolue ou relative. R est à noter que l’hypertrophie de la prostate est désignée dans cet ouvrage sous le nom de tumeurs bénignes de la prostate (ûg.2). Bénignes, certes elles le sont, ces « tumeurs multiples coïncidant avec l’hyperplasie du stroma », que Voillemier compare aux corps fibreux de l’utérus, comparaison que justifient leur structure, leur multiplicité et leur énucléabilité. Celle-ci devait plus tard rendre possible la prostatectomie, laquelle est essentiellement une énucléation comparable à celle des fibromes utérins dans la myomectomie.

Après m’être rallié sans hésiter à cette manière de voir, je puis consta-

ter avec satisfaction que cette interprétation de l’hypertrophie prostatique est celle qui tend à prédominer à l’heure actuelle.

Un appendice résume brièvement les lésions alors connues des vésicules séminales et des conduits éjaculateurs.

Plus nombreuses, plus variées que les affections de la prostate, celles de la vessie occupent dans ce volume une place plus importante. Elles y sont divisées en plusieurs groupes très distincts : 1» les Usions trauma-

Fig. 2. — Prostate dont le lobe gauche était très hypertrophié et dont toute la partie pos-

en avant de l’urètre ; E, déviation de l'urètre G, portion membraneuse du canal. (ColUction

tiques ; 2° les inflammations aiguës et chroniques ; 3® les lésions qui se rattachent aux difficultés de la miction (atrophie, hypertrophie, cellules et pochés vésicales) ; 4® les processus destructifs (gangrène, ulcérations, abcès urineux, infiltrations d’urine et ruptures spontanées) ; 5° les troubles de la contractilité (atonie, paralysie, spasmes, valvules du col; 6®les productions organiques bénignes et malignes (varices, polypes, fungus, tubercules, cancer) ; 7® les corps étrangers et particulièrement les calculs-, Sp Ics vices de conformation.

Il ne m’est pas permis d’entrer dans le détail même des plus importants de ces chapitres très techniques ; mais les passages relatifs aux prethiers essais d’aspiration dés fragments de calculs, par Clover, à la litholapaxie ou lithotritie rapide de Bigelow et à la Uthotritie périnéale de Dolbeau, révèlent le souci de l’auteur de signaler à l’attention des procédés nouveaux dignes d’être encouragés et imités.

La partie purement descriptive de l’ouvrage est suivie de quatre chapitres réunis sous la rubrique générale ; Complications et accidents communs aux affections des voies urinaires. Ce sont: 1“ hématurie-, 2» les infections rénales-, 3“ les paraplégies urinaires ; 4° lés accidents fébriles, la septicémie urinaire, V urémie.

Une grande obscurité pesait encore sur ces points ; la bactériologie, commençait à peine à y porter quelque lumière, et les Jjelles études poursuivies ultérieurement en France sur la toxicité urinaire n’avaient pas

7. — Affections chirurgicales des reins, des uretères et des capsules surrénales.

(Un vol. grand in-8 de 800 pages, Paris, 1889 ; G. Masson, édit.)

La chirurgie rénale avait commencé à se répandre en Allemagne sous l’impulsion de Simon (de Heidelberg). Elle n’avait pas encore tait son apparition en France, quand plusieurs occasions s’offrirent à moi d’exécuter des opérationsayant pour but soitlarechercheetl’extractiondes calculs développés dans le bassinet ou dans la substance propre de l’organe (néphrolithotomie),soitl’incision et l’extirpation du rein lui-même (néphrotomie et néphrectomie) transformé en poche urineuse (hydronéphrose), en poche suppurée (pyonéphrose) ou atteint de dégénérescences diverses.

Qu’il me soit pernds d’énumérer ici ces premières interventions par ordre chronologique.

1880. — Incision superficielle d’un rein qui paraissait contenir un calcul, et où il n’y avait que des graviers (déiridmenicapiBlaire).

Expulsion des graviers. Guérison des douleurs.

1881. — Extirpation [néphrectomie) du rein gauche converti en poche

suppurée (hydronéphrose infectée). Guérison maintenue jusqu’à ce jour.

1881. — Incision d’une volumineuse collection purulente lombaire. Extraction par fragmerUation d’un calcul de 32 grammes inclus dans, le tissu du rein. Guérison avec persistance d’une fistule.

1882. — Extirpation sur ce malade de la moitié postérieure de ce rein trop adhérent pour être enlevé en entier {héminéphrectomie postérieure). Persistance de la fistule.

1885. — Extirpation d’un rein non suppuré contenant un calcul Gué-

1885. — Extirpation d’un rein atteint de tuberculose. Guérison.

1886. — Débridement capsulaire pour douleurs rénales. Guérison.

1886. — Incision d’un rein suppuré contenant plusieurs gros calculs. Extraction de ces calculs. Guérison.

1887. — Incision d’un rein suppuré contenant plusieurs gros calculs. Extraction de ces calculs. Mort.

1888. — Extraction d’un calcul {néphrolithotomie)d’WL rein nonsuppuré après diagnostic de la présence de ce calcul Guérison.

1888. — Laparotomie (ouverture du ventre) pour incision et évacuation d’un kyste hydatique du rein adhérent à l’intestin. Guérison avec persistance d’une fistule.

1889. — Deuxième cas ^extraction dtun calcul contenu dans un rein non suppuré. Guérison.

1889. — ‘Abouchement de T uretère aux téguments de l’abdomen pour parer à une rétention absolue de l’urine.

Il me paraît utile d’insister sur les points suivants :

1“ Ma première extirpation de rein était la seconde faite en France. La première, exécutée par le P' Le Fort, trois mois auparavant, et que j’ignorais, avait été malheureusement suivie de mort ;

2® A peine quelques extractions de calculs contenus dans des reins atteints de suppuration avaient-elles été faites avant ma première intervention de ce genre (1881) ;

3“ Le débridement capsulaire, qui, chez un premier opéré, avait mis fin à des douleurs intenses, allait être appliqué systématiquement par moi un peu plus tard au traitement des néphrites douloureuses ;

4® L’extraction d’un calcul d'un rein non suppuré avait été faite une seule fois en Angleterre par H. Morris, très peu de temps avajit ma pre-

mière intervention de ce genre (fig. 3). Pour la première fois, dans mon opération, une suture régulière ayee des fds résorbables avait été portée sur le rein fendu le long de son bord convexe pour en rapprocher les deux moitiés. Le chirurgien anglais vCavait pas suturé le rein. Il s’était contenté de maintenir au contact, par trois fils de soie, les bords de la plaie de la paroi abdominale.

0 Ces opérations me fournirent la première sub- * stance d’un traité à qui je donnai la forme didacd^ne nép'hroiomic'^”'" tique par l’adjonction de tous les documents publiés antérieurement à 1889, et par une série de chapitres descriptifs où se retrouve un tableau fidèle de la chirurgie rénale en France et à l’étranger à cette époque.

Bien que, sur ce terrain spécial, la science ait fait d’énormes progrès depuis cette date, je me félicite de pouvoir dire que beaucoup des conclusions que j’avais tirées des faits et de mes réflexions sont demeurées exactes. Cette chirurgie nouvelle, encore redoutable alors, a singulièrement perdu de sa gravité, et les résultats actuels sont de ceux dont les chirurgiens ont vraiment le droit de s’enorgueillir.

Il n’y a pas lieu de présenter ici une analyse complète de cet ouvrage ; mais je ne puis renoncer à signaler particulièrement les chapitres auxquels l’abondance des matériaux et l’actualité des sujets traités m’ont amené à donner le plus d’ampleur. C’est ainsi que les Usions traumatiques (contusions, déchirures, ruptures, plaies proprement dites) ; la lithiase (concrétions et calculs du bassinet et du parenchyme rénal) et leurs complications ; les affections inflammatoires (pyélites, pyélonéphrites, pyonéphroses ou collections purulentes), la périnéphrite (inflammation des tissus qui entourent le rein), Vhydronéphrose (collection d’urine dans le bassinet), les kystes simples ou hydatiques, la tuberculose, les tumeurs solides habituellement malignes, les reins mobiles, ont été successivement l’objet d’études approfondies.

Enfin, après l’examen des méthodes d’exploration extérieure des reins, un long chapitre de médecine opératoire, expose les règles à suivre pour cette série d’interventions presque toutes nouvelles. Il s’y trouve une étude très détaillée de la néphrectomie (extirpation du rein) au point de vue de l’exécution technique et du pronostic (fig. 4).

Le choix entre la néphrectoihie extrapéritonéale et la néphrectomie

intra ou transpéritonéale y est c défendue par des esprits trop absolu que la première. C’est pourquoi j’ai (

le livre est divisé en trois parties : la première se compose c iverture et de la statistique des opérations pratiquées dar i de l’hôpital Necker pendant l’année scolaire 1890-1891. ] iprend vingt leçons, parmi lesquelles plusieurs ont trait i

tions de pathologie ou à des procédés opératoires nouveaux, qui seront analysés ultérieurement et que je me bornerai à citer en ce moment; elles ont pour titres : \es délires post-opératoires, le traitement de la cons* triction cicatricielle des mâchoires par la désinsertion du masséter et du ptérygoïdien interne, le&situations anormales et exceptionnelles du testicule dans le cas de tumeur des bourses, aiguille et ragines nouvelles pour Vuranoplastie et la staphylorraphie.

Dans la troisième partie, intitulée Recueil de faits cliniques, se trouvent rassemblées 57 observations, dont quelques-unes, offrant un intérêt particulier, seront résumées plus loin {implantations dlos décalcifié, luxation du carpe en arrière, tumeur de la parotide accessoire, amputations de cuisse selon le procédé de Gritti, kystes dermoïdes de Vépigastre et de la région sacro-coxygienne, invaginations intestinales, hernies enkystées de la tunique vaginale, résection du côlon, large résection de la paroi abdominale pour éventration ; opérations sur le foie, la rate et les voies biliaires ; extirpation d’un rein gazeux, injections de tuberculine de Koch dans quelques cas de tuberculose chirurgicale).

Page 1