RESPIRATION INTRA-UTÉRINE DU FŒTUS
L’asphyxie intra-utérine du fœtus pendant le travail. Ses
conséquences médico-légales et juridiques.
(Avec M. Provent). Société de Médecine légale de France, 10 juin 1929. Ann. Méd. lég., 1929, p. 525-531.
Lorsque le fœtus souffre au cours d’un accouchement, il accomplit des mouvements respiratoires prématurés et meurt soavent par asphyxie. Si, dans certaines conditions, de l’air a pénétré dans la cavité utérine, il aspire cet air. Ses poumons se trouvent donc partiellement aérés avant la naissance.
De ces faits très exceptionnels, nous rapportons un exemple, contrôlé par l’examen histologique des poumons, d’un très gros enfant, à terme, mort-né, et nous en recherchons les conséquences juridiques:
En matière criminelle, l’aération pulmonaire anté-natale a peu d’importance car pour se produire il faut certaines conditions (accouchement prolongé, manœuvres obstétricales) qui font que l’accouchement ne peut rester clandestin ni être à l’origine des crimes et délits que nous avons passés en
revue.
En matière civile, « la personnalité appartient seulement à l’enfant qui nait vivant et viable ». D’où l’importance de la question de la vie effective de l’enfant pour l’attribution de la personnalité civile.
Il en résulte que les juges peuvent avoir à faire rechercher si la respiration d’un nouveau-né s’est établie avant ou après la naissance puisque, pour être capable de succéder ou de recevoir par donation ou testament, un enfant doit naître vivant, c’est-à-dire avoir respiré en dehors du sein de sa mère.
Dans ces cas, la preuve de la respiration intra-utérine pourrait être difficile à établir. Elle serait tirée des circonstances de l’accouchement plutôt que de l’examen histologique des poumons.
BRULURES CORROSIVES
Recherches expérimentales sur l’action de l’acide sulfurique
sur les tissus de l’organisme.
(Avec M. Chavigny). Annales de Médecine légale, 1923, p. 117-120.
La mort mystérieuse d’un nourrisson, trouvé dans son lit avec une large escarre noire encerclant les lèvres et s’étendant sur la joue droite, le cou et la région occipitale, a suscité une expertise aux fins de rechercher la cause du décès.
Contrairement aux prévisions, les résultats de l’analyse chimique de l’estomac, de la peau et des linges n’apportèrent pas la confirmation de l’hypothèse d’un empoisonnement par l’acide sulfurique. La charge de la preuve incombait donc aux constatations anatomo-pathologiques.
Certes, l’aspect des escarres superficielles, leur coloration noirâtre, leur consistance parcheminée, de même que les lésions siégeant sur la muqueuse buccale, œsophagienne et stomacale, orientaient nettement le diagnostic vers l’empoisonnement par l’acide sulfurique. Mais pour déterminer que le corrosif utilisé était bien de l’acide sulfurique, il fallait expliquer la différence d’aspect du brûlures de la peau
et des muqueuses ainsi que l’impossibilité de reproduire expérimentalement sur le cadavre des escarres cutanées
noires. , . , .
Les expériences entreprises soit sur 1 animal, soit sur un fragment de membre amputé, soit sur les régions cutanées où siègent les lividités cadavériques, démontrèrent que l’aspect noir, spécial, des lésions produites par 1 acide sulfurique chez le vivant résulte de l’action de ce corrosif sur le sang contenu dans les capillaires les plus superficiels de la peau. Sur les territoires cutanés exsangues, les brûlures ne prennent pas la coloration noirâtre. Ce fait peut, à la rigueur, être utilisé comme signe de la mort.