IDENTIFICATION BIOLOGIQUE DES MUSCLES
Soit pour démontrer, dans certaines accusations pénales (accident d’automobile), qu’un fragment de muscle est d’origine humaine, soit pour aider le Service de répression des fraudes à prouver que telle boîte de conserve ne contient pas la denrée alimentaire indiquée par la suscription, l’identification médico-légale du muscle humain ou animal est d’une utilité réelle.
Mais de ce que les albumines musculaires sont seulement partiellement solubles et celles du muscle bouilli des conserves sont coagulées, la méthode anaphylactique, qui utilise ordinairement le sérum sanguin, est-elle encore valable et sûre dans ces nouvelles conditions expérimentales?
De nos quatre premières séries d’expériences nous pouvons déjà tirer les conclusions suivantes:
L’origine d’un fragment de muscle cru ou bouilli pendant une demi-heure peut être déterminée par la méthode anaphylactique.
Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le choc anaphylactique, immédiatement mortel, est déclanché par une injection déchaînante de sérum qui agit trois semaines après une injection préparante de muscle de même nature.
Pour l’injection préparante, le muscle à indentifier est bien broyé avec de très fines perles de venre. Après dilution dans cinq volumes d’eau physiologique et macération pendant 24 heures puis centrifugation, il est injecté deux centimètres cubes de l’extrait musculaire dans le péritoine d’un cobaye. Avec le muscle bouilli on injecte à la même dose le liquide surnageant, non centrifugé.
L’injection déchaînante, d’un centimètre cube de sérum dont l’origine est connue, doit être faite dans le cœur.
Le choc anaphylactique mortel, observé très rapidement après l’injection déchaînante, indique que le muscle a une origine identique à celle du sérum.
Le muscle bouilli (conserves) garde ses propriétés anaphylactisantes spécifiques.
Les réactions de contrôle apportent des garanties médicolégales suffisantes.
Tous les détails de la technique opératoire et les résultats de deux autres séries d’expériences seront exposés au Congrès de Médecine légale de 1930.