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DU SANG EN ALCOOL DANS L’ALCOOLISME AIGU

Cette partie de notre travail est consacrée à l'étude de l’influence de la submersion sur le taux alcoolique du sang au cours de l'intoxication alcoolique aiguë.

1" Rôle de la dilution vitale du sang des noyés

La submersion asphyxie, en effet, a pour conséquence la pénétration de l’eau dans l’appareil respiratoire et jusque dans la circulation générale. Le sang se trouve dilué ainsi que l’ont bien établi un grand nombre d’auteurs: C’est la dilution vitale ou active.

Cette dilution entraîne forcément un abaissement du taux alcoolique du sang dans une proportion que seule l’expérimentation peut faire connaître.

Nous pouvons conclure que, dans les limites de nos expériences entreprises sur 13 cobayes, la submersion abaisse de 1/5® à 1/9® le taux de l’alcool dans le sang ventriculaire droit.

La rapidité de la submersion ne semble pas avoir d’influence appréciable sur les variations de ce taux.

Il nous a été impossible de comparer le sang du cœur droit à celui du cœur gauche. Il est, en tout cas, préférable que l’analyse porte sur le sang ventriculaire droit, car les auteurs s’accordent pour reconnaître que la dilution du sang veineux est moins élevée que celle du sang artériel.

Ces expériences donnent encore lieu à d’autres considérations intéressantes.

Du fait de la submersion, les poumons augmentent de poids du simple au double. Cette augmentation du poids est due à l’inondation externe broncho-alvéolaire et à la congestion interne.

Or, nous avons constaté que les taux en alcool du sang et des poumons sont très voisins. C’est une nouvelle preuve

du pouvoir et de la rapidité de diffusion dans l’organisme des solutions alcooliques.

La diminution du taux de l’alcool après la submersion relève donc de deux mécanismes: pénétration active de l’eau dans la circulation générale et diffusion de l’alcool dans le liquide broncho-alvéolaire.

2" Rôle de l’imbibition cadavérique

A la dilution vitale se superpose, dans les jours suivants, la dilution passive du sang due à l’imbibition cadavérique, car un cadavre plongé dans l’eau est progressivement envahi par le liquide qui parvient même à atteindre le cœur et à pénétrer dans le sang.

La dilution passive est cadavérique, lente, progressive. Ce phénomène physique, essentiellement variable dans son intensité et sa rapidité, est difficile à mesurer dans chaque cas particulier, car il dépend de trois facteurs: le calibre de la trachée, la position du cadavre et sa profondeur dans l’eau.

De telle sorte qu’après un certain séjour d’un cadavre dans l’eau, il sera bien difficile de se prononcer sur l’état d’ivresse de l’individu au moment de la submersion.

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