DU TRAITEMENT OPÉRATOIRE DES PLAIES
Dans !e premier cas, il s’agissait d’un traumatisme très complexe survenu chez un garçon de quinze ans, atteint par l’explosion d’un pétard. La plèvre droite était largement ouverte par trois plaies pénétrantes, le diaphragme présentait une déchirure longue d’une douzaine de centimètres à travers laquelle on apercevait le foie, rompu lui-même sur une longueur de 6 centimètres environ. Je pratiquai la suture du foie et celle du diaphragme; mon opéré était complètement guéri au bout de trente-quatre jours et je l'ai revu,
Mon second cas concerne une blessure infiniment moins grave, non compliquée de lésions viscérales. Le blessé avait reçu un coup de couteau à trois travers de doigt en bas et en dehors du mamelon gauche et présentait une hernie de l’épiploon par la plaie thoracique; après débridement de cette plaie et résection de l’épiploon,
la suture du diaphragme fut exécutée sans difficulté et le malade quittait l’hôpital, guéri, au bout de dix-sept jours.
Abandonnées à leur évolution spontanée, les plaies du diaphragme comportent un pronostic extrêmement sérieux. A leur gravité immédiate, qui dépend entièrement des lésions concomitantes des viscères thoraciques ou abdominaux, s’ajoute le danger ultérieur de la hernie diaphragmatique traumatique qui finit, tôt ou tard, par s’étrangler. La production d'une telle hernie est à peu près fatale, au moins à gauche, si la plaie diaphragmatique n’est pas suturée. Ainsi s’explique que 60 cas de plaies, dans lesquelles
de Font-Réault, Riedingèr). La nécessité d’une intervention chirurgi¬
cale immédiate^ toutes les fois que l'existence d’une plaie diaphrag-
Mais par quelle voie faut-il aborder le diaphragme blessét Ici les
agrandissant la plaie thoracique, réséquant les côtes et atteignant le diaphragme par la voie transpleurale. Tous les chirurgiens qui ont eu recours à la laparotomie, ont éprouvé de grandes difficultés pour découvrir et pour suturer la plaie diaphragmatique et les résultats qu’ils ont obtenus ont été très médiocres : S morts sur
donner la préférence à la voie Iranspteurale que j'ai employée dans mes deux cas : elle conduit 4irectement sur le muscle blessé et elle donne un jour excellent pour toutes les manœuvres de réduction de l’épiploon ou des viscères herniés et de suture de la plaie diaphragmatique ; elle peut permettre, tout aussi bien que la laparotomie, l’exploration des viscères de l’abdomen supérieur, face convexe du foie, grand cul-de-sac de l’estomac, rate, et le traitement de leurs lésions; par la brèche thoracique on a pu suturer 3 fois l’estomac (Postempsky, Severeanu, Amante) et 4 fois le foie (Adler, Dalton, Lenormant, Grekow). Enfin la thoracotomie a pour elle la sanction des faits, puisque, pour 23 cas (dont 8 compliqués de lésions viscérales), elle a donné 3 morts et 20 guérisons. C’est donc 4 elle qu’il faut avoir recours ; ces conclusions de mon travail ont été confirmées par les relevés plus récents et plus étendus de Suter {Beilrüge zur klin. Chirurgie, 1908).
Une fois la plaie diaphragmatique exposée et la hern
nie réduite, il
nel, n’a pas d'autre méri publié sur la question ; U
l’infection pleuro-péricardique.
les morts du premier groupe, il l’infection.
portance au point de vue de l’évolution ultérieure, aseptique ou non, de la plaie ; c'est la question du drainage de la plèvre et du péricarde. Il est incontestable que ce drainage, souvent employé, favorise l’infection et les chiffres suivants le démontrent :
Sur 65 cas drainés, on note 32 fois des complications infectieuses pleuro-péricardiques (49 p. 100) et 22 fois ces complications ont amené la mort (33 p. 100).
Sur 2B cas non drainés^ on note 5 fois des complications d’infection pleuro-péricardique (21,7 p. 100) et 4 fois ces complications
Les faits ont donc pleinement confirmé l’opinion de MM. Terrier et Reymond qui, dès l’année 1900, rejetaient le drainage de la plèvre et du péricarde après la cardiorraphie.
Bulletins de la Société de chirurgie, 11 juillet 1906, p. 676.