LE MASSAGE DU CŒUR CHEZ L’HOMME
Passant ensuite à l’application chez l’homme du massage du cœur, j’en étudiai successivement le manuel opératoire et les résultats, en m’appuyant sur un total de 25 cas (dont 21 syncopes anesthésiques).
Manuel opératoire. — Trois voies ont été employées pour pratiquer le massage du cœur : la voie sterno-costale, dans laquelle le cœur est directement mis à nu par taille d’un lambeau thoracique ostéo-cutané et incision du péricarde (employée 16 fois), — la voie abdomino-irans-diaphragmaiique, proposée par Mauclaire et employée 3 fois, dans laquelle on ouvre le péricarde en incisant le centre phrénique, — la voie abdomino-sous-diaphragmatique (employée 5 fois), dans laquelle on masse le cœur, à travers le diaphragme intact, avec la main introduite dans le ventre.
Sauf le cas spécial où la syncope survient au cours d’une thoracotomie, c’est à la voie abdomino-sous-diaphragmatique qu’il faut donner la préférence, comme à la plus facile, la plus rapide, la moins mutilante et la moins dangereuse. Les résultats cliniques en établissent, d’ailleurs, la supériorité
l'avantage appartient, comme il était facile de le prévoir, à la noie abdomino-sous-diaphragmalique.
Elle a donné, en effet, pour 5 cas, 1 résultat négatif (20 p. 100),
■ 1 survie temporaire (20 p. 100) et 3 guérisons définitives (60 p. 100), — alors que la voie abdomino-lrans-diaphragmalique n’a fourni que des insuccès complets, — et que ta voie sterno-costale a donné, pour 16 cas, 12 résultats négatifs (75 p. 100), 3 survies temporaires (18, 8 p. 100) et une guérison définitive (6 p. 100).
De cette étude critique des faits observés chez l’homme, on peut
Le massage du cœur est une manœuvre facile et sans danger, à condition de le pratiquer par la voie abdomino-sous-diaphragmaiique. C’est un procédé utile, dont l'emploi est indiqué dans tous les cas d'arrêt brusque du cœur et spécialement dans la syncope chloroformique, puisque, même en faisant abstraction des cas discutables de Lane, Cohen et îgelsrud, il a déjà donné 4 fois une réviviscence temporaire, et, dans un cas (Sencert), une guérison définitive et incontestable.