‹ Titres et travaux scientifiques de Albert GorisChapitre 10 sur 37 · C; — RECHERCHES SUR LA KOLA · texte numérisé non relu

C; — RECHERCHES SUR LA KOLA

Sur un nouveau principe cristallisé de la Kola fraîche. — C. R. Ac. Sc., 144, p. 1162, 1906; Bull. Sc. Pharm., 14, p. 646, 1907.

Recherches récentes sur la chimie de la Kola fraîche; préparation de la Kolatine cristallisée. — Ber. d. d. pharm. Gesell, 18, p. 845-354, 1908.

A propos de la composition chimique des noix de Kola. — Bull. Soc. Thér., 29-32, 1908. Bull. Gén. Thérap., 155, p. 106-110, 1908.

Action pharmacodynamique de la Kolatine (en collaboration avec M. J. Chevalier). — C. R. Ac. Sc., 145, p. 354, 1907;.Bull. Sc. Pharm., 14, p. 648, 1907.

Sur un second principe cristallisé retiré de la Kola fraîche. — Congrès international de Pharmacie de Bruxelles, p. 158-160, 1910.

Sur un second composé cristallisé de nature phénolique retiré de la Kola fraîche ou stabilisée. — Bull. Sc. Pharm., 18, p. 138-140, 1911.

Sur la composition chimique des noix de Kola. “ f“loo?' ration avec M. le F Pebbot). - Bull. Sc. Pharm., 14, p. 676-593, 1907.

La Kola fraîche a une action différente de la Kola sèche et les negres si friands de la première se soucient fort peu de la seconde.

" Jusqu’en 1907 on n’avait isolé de la Kola que la caféine et des traces

de théobromine. ., ,,,

La kolanine de Knebeu (rouge de Kola de Heckee) glucoside se dédoublant en 4 molécules de glucose, de la caféine et du rouge de Kola de Knebel, n’était qu’un produit extractif amorphe et nullement defmi.

Nous avons isolé de la Kola fraîche une substance parfaitement cristallisée à laquelle nous avons donné le nom de kolatine-caféme pour rappeler qu’elle est facilement dissociable en ces deux composés.

La kolatine-caféine sèche renferme 33,17 % de caféine. Elle ne cède pas trace de caféine au chloroforme sec; par addition d’eau la dissociation se produit; elle est fonction de la quantité et de la température de eau Par des épuisements longs et répétés on arrive alors à enlever toute la caféine et il reste la kolatine.

La kolatine est un composé qui cristallise en aiguilles prismatiques fragiles. Elle est assez peu soluble dans l’eau, d’autant moins solfie au’elle est plus pure. Très soluble dans les alcools méthylique et éthyrqutlÏÏide acétique, l’acétone ; extrêmement peu soluble dans l’éther. , pratiquement insoluble dans la benzine, le chloroforme, la ■

Elle fond à 148“ (fusion instantanée au bloc Maquenne). Elle ne pos sède nas de pouvoir rotatoire.

' ra. donne .veo le p.rchlornre de te Tc.n

Virant au rouge avec l’ammoniaque ou la soude et au violet avec le car Tonl de soi:de. Cette coloration est identique à cellb que donnent les

•'tir:;”»-. » “

en soÎûlLn e. «pendent e. solution equeuse cote, trèsf Uement 1.

tournesol II réduit complètement à froid le nitrate d argent Ammoniacal; à chaud, la liqueur de Eehling. Il précipite l’acétate de le Hchromate dépotasse, l’acétate de cuivre, ne précipite ni

''“A^nlut^Matannin de Kvox et Pncscorr, il ne précipite pas ^ T q solution mère d’où est retirée la kolatine donne au con-

LteTnteynidont. ce « pennet d'.,f,cn.ec ,„e le pcodn.t isolé par K»oi et P»..cott est un mélonge do composé, lanmqu.s,

1^ J 1 intUdP rnuo-it neu il peu en présence des alca-

,."\toe'ïunrtre d’ammoniaque” Par ébullition prolongée la soin- ■1 se colore peu à peu. Additionnée de ferments oxydants elle ne tarde Ts à rougir e\ au bout d’un temps variable, quelquefois assez long, il se forme un dépôt rougeâtre.

Les essais que nous avons entrepris en vue de l’établissement de la constitution de ce composé ne nous ont donné aucun résultat appréciable et nos efforts sont restés vains. Nous pouvons seulement dire que la kolatine est un corps à fonctions phénoliques, se rapprochant du tanin et jouissant de réactions qui permettent de lui attribuer des relations chimiques avec la catéchine. Sa constitution ne pourra être abordée avec quelques chances de succès que lorsque celle de la catéchine sera établie.

Grenouille 20 gr, Injeclion de 0,01 gr. de Kolatine sons la peau de la cuisse.

Arrêt du cœur au bout de 17 heures. Cardiographe Verdin Vibert.

Cette étude a été reprise en 1929 par Casparis et en 1930 par Freuden- BERG et CEtsler qui ont tous deux confirmé la présence de composés du groupe des catéchines combinés à la caféine. D’après les premiers auteurs ce serait la d. catéchine et la 1. catéchine, mais la vérification de ces résultats doit être laite.

Avec Chevalier nous avons étudié l’action physiologique de cette kolaline. C’est un corps peu toxique qui peut être injecté par voie intraveineuse à la dose de 1 gr. par kilogramme sans déterminer d’accidents graves.

Contrairement à la caféine, son action est nulle sur la contractilité

musculaire et la courbe de contraction n’est modifiée ni dans sa forme ni dans sa grandeur, sous l’influence de doses même assez fortes. Chez les animaux à sang chaud, l’injection de kolatine détermine un léger ralentissement des contractions cardiaques, une augmentation de leur énergie et une légère augmentation de la pression sanguine.

Chien 5 kg. chloralosé. Pression fémorale avec le Kymographion de Ludwig. Injection intra-veineuse d’une solution de Kolatine dans le sérum physiologique à 37’, 5 gr. de Kolatine à intervalle de 40 minutes. Survie'du chien.

Ce qui est important, c’est de constater l’antagonisme relatif qui existe entre l’action de la caféine et celle de la kolatine aussi bien sur les muscles que sur le système nerveux central. Cet antagonisme est susceptible d’empêcher l’action contracturante des fortes doses de caféine sur les muscles, et en particulier sur le myocarde, ce qui constitue l’une de.s principales contre-indications de son emploi en thérapeutique.

La kolatine n’existant plus dans les noix sèches ou dans la préparation pharmaceutique de cette drogue, la différence d’action entre kola fraîche et sèche se trouve ainsi en partie expliquée.

Dans la kola sèche, c’est surtout l’action de la caféine que l’on observe; dans la kola fraîche, tandis que l’action tonique de la caféine et celle de la kolatine sur les muscles s’ajoutent, l’accélération des battements cardiaques provoqués par la caféine est contre-balancée par l’action inverse de la kolatine.

Cette action physiologique de la kolatine-caféine a fart depuis l’objet de recherches de la part de M. Martmesco ; il a confirmé que la kolatinecaféine est un toni-musculaire puissant, dont les effets se produisant plus

Kolatéine.

tardivement que ceux de la caféine sont d’une durée plus longue et d’une intensité plus marquée. Ces expériences ont confirmé l’antagonisme partiel entré l’action de la kolatine et celle de la caféine; la kolatine-caféine ne présente pas l’effet contracturant de la caféine et il est vraisemblable que c’est la présence de koïatine fixée à son noyau qui lui enlève cette propriété.

En 1911 nous avons isolé un second corps de la kola fraîche se rapprochant de la kolatine et auquel nous avons donné le nom de kolatéine.

Les réactions de ce composé sont en tous points comparables à celles de la kolatine, mais il diffère nettement de cette dernière par son point de fusion qui est de 267"-258° au lieu de 148“.

La théorie des médicaments antagonistes et synergides existant dans les plantes reçoit ici une démonstration objective.

D. — RECHERCHES SUR LES PRIMEVÈRES {Primvla oÆcinalis Jacq).

Sur le mode de production de l’essence dans la racine de PrimuJa oîîicinalis Jacq (en collaboration avec Ducheh). — Bull. Sc. Phçirm., 13, p. 636-539, 1906.

Sur l’existence dans le Primula oîBcinalis Jacq, de deux nouveaux glucosides dédoublables par un ferment (en collaboration avec M. Masobé). C. R. Ac .Sc., 149, p. 947, 1909.

Recherches chimiques et biologiques sur les Primulacées et en particulier sur la racine de Primula oîücinalis Jacq. (en collaboration avec M. Mascrk). — Bull. Sc. Pharm., 16, p. 695-705, 1909.

Etude des essences de Primevère (en collaboration avec MM. Mascbé et ViscHNiAc). •— Bull, scientif. et indust. de la maison Pioube-Bebtbavd, p. 1-66, 1912; Bull. Sc. Pharm., 19, p. 577-698 , 648-670, 1912.

Caractères et composition du Primevérose (en collaboration avec M. Vischniao). — C. R. Ac. Sc., 169, p. 871, 1919; Bull. Soc. Chim. (4), 27, p. 269-263, 1920; Bull Sc. Pharm., 27, p. 13-16, 1920.

Constitution du Primevérose, de la Primevérine et de la Primulavérine

(en collaboration avec M. Vischniac). — C. R. Ac. Sc., 169, p. 975, 1919; Bull Soc. Chim.. 5, p. 263-266, 1920.

Sur les constituants des Essences de Primevère. — Bull. Soc. Chim. Biol, 1. p. 163-170, 1919; Bull Sc. Pharm., 27, p. 67-70, 1920.

Les diverses études antérieures sur la composition chimique de la racine de Primula officinalis Jacq. avaient permis d’en extraire une saponine (Hüjiefbld, Mutschler), la volémite (Boucault, Allard). Hünefeld, Mùtschler, Brunner avaient étudié très succinctement l’essence de primevère.

En 1906, avec la collaboration de M“® Dücher, j’avais montré que l’essence de Primevère se formait par suite d’un phénomène fermentaire. Il existe dans la plante un ferment dont l’action sur des principes de nature glucosidique donne de l’essence. En préparant d’une part, une solution de titre inconnu de glucoside générateur, d’autre part, avec la racine de Primula, puis avec les sépales, une poudre fermentaire, on obtient par contact des deux produits une essence reconnaissable à son odeur anisée, et à la coloration bleue qu’elle donne avec le perchlorure de fer.

J’ai alors entrepris l’extraction des glucosides et l’étude de leur constitution. Cette étude nécessitait l’obtention de quantités notables de principes. Je n’ai pas hésité, avec la collaboration de mes élèves Mascré et

ViscHNiAC, à soumettre aux traitements convenables plus de 500 kilogr. de Primevère, travail considérable qui nous a permis d’étudier complètement les produits isolés.

L’extraction des glucosides, auxquels nous avons donné les noms de primevérine et primulavérine, est laborieuse et leur séparation délicate. Les traitements sont longs et minutieux, le rendement est de 1 gr. environ pour 1.000 gr. de racines fraîches.

Par des cristallisations fractionnées le produit brut a pu être scindé en primevérine pure et il reste un mélange eutectique de primevérine et de primulavérine.

Primevérine. — La primevérine (primevéroside) est un glucoside cristallisé, anhydre, fondant au bloc Maquenne à 203°-204° (point de fusion corrigé : 206°), de pouvoir rotatoire a,, = — 71°,63, de formule L’hydrolyse par les acides donne, pour une molécule de glucoside, deux molécules de monose (dont l’une au moins n’est pas du glucose), et une molécule d’éther méthylique de l’acide p -méthoxyrésorcylique. La diméthylation de cet éther par la méthode de Zbisel donne la résorcine.

La formule développée du glucoside serait donc ;

C CO — O — CH’

HCf'N|C —O —(C“H‘«0»)

icH

ta formule de l’essence provenant de ce glucoside étant :

G CO —O —CH

et celle de l’acide p -méthoxyrésorcylique :

C —COOH '/\c — OH

L’hydrolyse fermentaire donne, comme précédemment, l’éther méthylique de l’acide p -méthoxyrésorcylique et un biose, le primevérose, dont on donnera plus loin la constitution.

Primulavérine (primulavéroside). — A la suite de cristallisations répétées au sein de l’éther acétique, on obtient, en même temps que la pri-

mevérine, un principe cristallisé fondant à 163” (P. F. cor.) et de pouvoir rotatoire an = — 66”,66. C’est à ce principe que nous avons donné le nom de primulavérine.

Lorsqu’on soumet ce principe à l’hydrolyse acide ou fermentaire, on obtient les mêmes sxicres que pour la primevérine, avec une essence de composition différente. Celle-ci est formée des éthers de l’acide p -méthyoxyrésorcycUque et de l’acide méta-méthoxysalicylique. N’ayant jamais pu séparer du principe fondant à 163“ la primevérine (P. F. = 206”), on doit donc considérer le corps appelé primulavérine comme résultant d’une cristallisation de deux substances isomorphes ; la primevérine, étudiée d’autre part, et la primulavérine proprement dite. On peut, cependant, conaissant les produits de dédoublement de ce dernier, déterminer sa formule de constitution, parallèle à celle de la primevérine.

Le biose est le même dans les deux cas (iprimevérose), mais l’acide P -métboxyrésorcylique est remplacé par l’acide méta-méthoxysalicylique dans la primulavérine. La formule de celle-ci est donc ;

C — CO — O — CH

la formule de l’essence étant :

C — CO — O — CH

CH

et celle de l’acide méta-méthoxysalicylique ou gentisique ;

C —COOH HC<^\c — OH CH^ — O — C!^ J'CH

cL !(

Page 1