OBSERVÉS
Survie.
Survie après quelques symptômes d’intoxication.
Mort après quatre
succombe avec 12 unités. La limite n’est augmentée que d’une unité.
L’injection répétée d’anthorine (trois injections de 0,016 de deux en deux heures) ne semble pas agir plus que l’injection unique.
La limite de l’action préventive étant fixée, on détermine la durée de
DÉSIGNATION des cobayes
QUANTITÉ de sulfate d’anthorine injectée
QUANTITÉ
d’aconiline
injectée
toxiques
une heure après injection
quatre heures après injection
d’aconitine
Hoquets, tremblements, pas de cris, pas de sursauts , paralysie des membres postérieurs.
Symptômes d’intoxication
Paralysie moins prononcée.
Très malade, survie.
Symptômes prolongés
Survie, mais meurt seize heures après Tinjection
Symptômes prolongés d'intoxication.
Mort deux heures après Tinjection d’aconitine.
cette action en injectant, aux cobayes traités par l’anthorine, la dose minimum mortelle d’aconitine après six, douze, dix-huit, vingt-quatre et quarante heures. On constate, ainsi que le montre le tableau suivant, que l’anthorine s’élimine de l’organisme et ne peut plus protéger le cobaye au delà d’une limite de temps qui va de vingt à quarante heures.
Enfin, nous avons voulu déterminer jusqu’à quel taux on pouvait
abaisser la quantité d’antliorine pour protéger le cobaye contre la close minimum mortelle.
On injecte à des cobayes des quantités de plus en plus faibles de sulfate d’anthorine et, deux heui'es après, 7 unités toxiques d’aconitine. On constate qu’au fur et à mesure que la dose d’anthorine diminue, les accidents d’intoxication deviennent plus nets. La tableau montre qu’avec la dose de 0,005 le cobaye est encore protégé contre la dose minimum mortelle, mais c’est l’extrême limite.
L’action de l’anthorine est bien une action protectrice préventive ; ce n’est pas une action d’antidote, car, injectée aussitôt avant ou immédiatement après, elle n’a aucune action antitoxique.
Le mécanisme de cette action nous échappe encore, mais il semble que l’anthorine se fixe sur les cellules nerveuses et empêche alors l’aconitine de s’y fixer. C’est un phénomène analogue à celui que l’on constate pour la toxine et l’antitoxine.
Cette propriété <( phylactique » est intéressante en ce qu’elle peut permettre d’en entrevoir une généralisation. Il n’est pas impossible de trouver des corps encore moins toxiques que l’anthorine qui puissent, injectés en forte quantité dans l’organisme, protéger celui-ci contre certains poisons.
Avec M. Lachaise nous avons constaté une action phylactique de la brucine vis-à-vis de la strychnine. Cette action est cependant moins forte que celle de l’anthorine pour l’aconitine. Elle se constate surtout sur les poissons où le temps de survie est du double, elle est moins nette chez les chiens ou l’on remarque surtout une atténuation très grande des accidents tétaniques.