‹ Titres et travaux scientifiques de Albert GorisChapitre 33 sur 37 · EXTRAITS FLUIDES ET SIROPS · texte numérisé non relu

EXTRAITS FLUIDES ET SIROPS

Extraits fluides et Sirops (en collaboration avec M. Arnould). — BuH. Sc.

Pharm., 17, p. 697-707, 1910.

La préparation des sirops au moyen d’extraits fluides a soulevé d’ardentes polémiques.

Le problème doit cependant se poser, car sans cela tout progrès dans l’art pharmaceutique deviendrait impossible.

Les mêmes discussions ont eu lieu il y a trente à trente-cinq ans pour

1. Lachaise : Sur les méthodes de dosage des alcaloïdes dans les préparations de Strychnéés. Th. Doct. Un. Paris, 1927.

les extraits fluides dits américains, et en 1888, Bouhgoin, dans son Traité de Pharmacie, les excluait, sans même vouloir discuter de leurs inconvénients. « Quant aux extraits fluides je n’en dirai rien, si ce n’est qu’ils doivent être proscrits des officines. » Dix ans plus tard, les extraits fluides étaient inscrits au Codex.

On ne peut repousser ces extraits fluides pour Sirops en affirmant qu'ils donneraient des produits inactifs, ou différents des produits habituels, ce qu’il faudrait démontrer.

Avant d’adopter une formule nouvelle, il est utile qu’elle soit discutée et envisagée sous toutes ses formes par le corps pharmaceutique, qui dira si la modification est profitable. L’emploi des extraits fluides, à tort ou à raison, est entre dans la pratique pharmaceutique. Le pharmacien ne prépare le plus souvent dans son officine que les sirops d’un usage courant. Il se rend compte de tous les avantages, en regard d’inconvénients bien minimes, qu’offre la préparation extemporanée des sirops à l’aide des extraits fluides; il préfère cette méthode à celle que l’on désigne parfois sous le nom bizarre de « rhabillage » des sirops.

Les extraits fluides que nous avions préparés et dont nous voulions proposer les formules ne s’écartaient en rien du mode opératoire des sirops du Codex : c’est ainsi que pour le sirop d’écorce d’orange amère l’infusion était distillée dans le vide pour recueillir un liquide aromatique et la colature renfermant les principes extractifs en dissolution dans l’eau, était amenée à une concentration déterminée. Le mélange des deux liquides constituait l’extrait fluide. Toute la modification consistait donc à soustraire l’eau de la colature au lieu d’y faire dissoudre instantanément le sucre et de reporter cette opération au moment opportun.

L’outillage pharmaceutique actuel permet de semblables manipulations sans nuire en, rien au principe actif.

Sans invoquer l’exemple des pharmacopées étrangères (belge, anglaise, américaine) nous ferons remarquer que le Codex lui-même est entré dans cette voie pour certains sirops d’emploi courant comme les sirops d’ipéca, d’opium, de ratanhia, de style de ma'is, de valériane et même jusqu'à un certain point pour le sirop de quinquina.

Le P’’ Astruc reconnaît que la préparation des sirops simples ou complexes très altérables, ou très peu employés, gagnerait le plus souvent a être faite avec un extrait fluide convenablement obtenu (sirops de polygala, fumeterre, rhubarbe composé, Desessartz).

Nous n’avons jamais voulu autre chose et nous pensons qu’il est préférable d’établir pour ces sirops d’emploi peu fréquent, des formules officinales d’extraits fluides plutôt que de tolérer leur préparation avec des extraits ou des teintures de formules variables et non contrôlées. Il serait d’ailleurs beaucoup plus facile de vérifier la qualité d’un extrait fluide que celle d’un Sirop reconnaissable le plus souvent a des caractères de saveur et d’odeur difficilement appréciables.

Page 1