‹ Titres et travaux scientifiques de Jacques MillotChapitre 5 sur 10 · SS · texte numérisé non relu

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Cellules à enclaves éosinophiles.

Cellules vacuolaires petites....

— moyennes.

so %

— grandes...

qui précèdent et qui suivent la mue, me dispensera d’entrer .dans \es détails du .phénomène. ,

Je ne puis mieux me représenter le- mécanisme déterminant ces remarquables modifications 'Sanguines qu’en supposant à leur origine une faculté temporaire qu’acquièrent les globules (cellules vacuolaires) «d’absorber l’eau contenue dans le plasma. En effet, à mesure

, Figure 5. — Cellules vacuolaires à différents stades.

Tegenariu domestica. • . ■ x 1800.

a : apparition de la vacuole dans un petit leucocyte hyalin, b : stade intermédiaire, c ; vacuole complètement développée.

que les cellules se gonflent, il est fort frappant de voir celui-ci épaissir davantage ; après l’exuviation, l’échange se ferait en sens inverse et déterminerait un retour progressif à l’état normal.

J’ai tenu à étudier les variations de l’alcalinité et de l’acidité ioniques du sang pendant la mue, et cela pour deux raisons principales : d’une part parce que dés modifications de cet ordre accompagnent souvent des changements dans l’hydratation.d’autre part p.aj’ce que les variations du PH ont déjà été mises à Torigine de crises cinétiques, et que de telles crises s’observent lors de la mue. J’ai • systématiquement recherché ces variations. J’ai pratiqué des examens sur toutes sortes d’Araignées. Celles que j’avais choisies eh dehors de la période de mue m’ont fourni quel que soit leur âge, leur- sexe, leur état nutritif ou génital des dhiffres'constants que jè situe aux eilvirons de 8,3. On ne peut manquer d’être frappé de l’alcalinité relativement considérable révélée par ces résultats, mais je les ai vérifiés avec grand soin et ils éoncordent d’ailleurs avec ceux indiqués par Duval (1025) pour le sang des Crustacés et des Mollusques. J.’ai recherché le PH à-toutes les phases de la mue. Je n’ai pu constater aucune différence avec le chiffre précédemment obtenu. Aucune relation de cause à effet ne peut donc .être établie entre un PH parfaite-

ment stable et les variations sanguines qui précèdent ou qui suivent l’exuviation.

En ce. qui concerne-la physiologie des globules sanguins, -je dirai seulement que les leucocytes hyalins et granuleux sont doués de mouvements amiboïdes, mais que les hyalins seuls semblent avoir des aptitudes, d’ailleurs peu mai’quées, à la phagocytose. -Je n’ai pu découvrir dhez l’Araignée aucun organe phagocytaire spécialisé tel qu’on en rencontre chez de nombreux groupes de Trachéates.

Le ‘sang joue dans la nutrition un double rôle : il est accumulateur de. réserves grasses par ses leucocytes qui .contiennent dés enclaves lipoïdes ; il est dîstributeua de ces mêmes réserves par l’intermédiaire du plasma qui porte aux différents organes, sous forme de fines gouttelettes, la graisse libérée par le tissu interstitiel, au fur et à .mesure des besoins. Cette libération a lieu de telle façon que la teneur du plasma en gouttelettes graisseuses se maintient à peu près constante tant que le tissu- interstitiel n est pas complètement vidé.

La soie et sa sécrétion. ' '

La soie qui sert aux Araignées soit à çapjurer et à immobiliser leurs proies, soit à tisser des cocons pour abriter leurs œufs ou se protéger elles-mêmes lorsqu’elles hivernent,’ est prodirito par des glandes particidières dites glandes séricigènes, qui sont le siège d’une activiié sécrétrice et excrétrice considérable. 11 était donc d’autant plus vemarquablei qu’elles n’eussent point été étudiées. J’ai'établi que «i elles répondent à des types anatomiques variés- et si leurs produits’ de Sécrétion ne sont pas tous identiques, leurs particularités cytologiques fondamentales et les processus essentiels de la foi-mation de la soie sont cependant communs à toutes les variétés, et sensi-’ blement différents de ceux qui ont été décrits .chez les autres ani- . maux fileurs de soie (Lépidoptères, .Lrichoptères).

A quelque type qu’elles appartiennent, les glandes séricigènes sont revêtues par une membrane nucléée* très résistante, sur laquelle repose un épithélium toujours formé d’une seule rangée de haotes cellules cylindriques, limitant une lumière le plus souvent arrondie. Les noyaux gardent un aspect uniforme pendant les diverses étapes de l’activité cellulaire et ne semblent pas par conséquent participer directement aux phénomènes sécréteurs, contrairement'à ce qui s’observe chez les Chenilles par exemple. Le protoplasme est d’abondance très variable suivant l’état et suivant l’âge des cellules; il occupe-, l’élément jeune tout entier, mais on ne le trouve plus que dans la

moitié basale de l’élément adulte ; dans certaines cellules à activité extrûme, il peut ne plus former qu’une mince couronne autour du noyau, comprimé qu’il est avec celui-ci contre la basale par un grand nombre de boules de sécrétion. Dans tous les cas il se montre remarquablement basophile et les méthodes spéciales y décèlent un chondriome abondant foi;mé de mitodhondi'ies et de chondriocontes.

Le produit de sécrétion apparaît sous forme de boules qui s’accumulent dans la région supranucléaire des cellules : elles sont parfaitement bien limitées ; leur taille et leur colorabilité, constantes-dansune même région glandulaire, permettent de distinguer dans-certaines glandes deux zones superposées 'différentes, dont l’une, la. plus étendue, forme le corps, dont j’ai appelé l’autre pièce terminale glandulaire, puisqu’elle est immédiatement suivie par le canal excréteur.

Les boules se forment -dans le corps, comme dans la pièce terminale, à partir du chondriome, Leur élaboration est très rapide, car pour un nombre considérable- d’enclaves constituées, on ne voit dans la cellule que très peu de formes interrnédiaii’es. Cette sécrétion accélétée correspond aux conditions physiologiques, dans lesquelles la glande est amenée à fonctionner : l’Araignée peut en effet, lors de la capture de certaines proies, avoir à utiliser dans un court espace de temps une quantité considérable dq soie.

Les boules sortent individuellement des cellules et -tombent dans la lumière, où elles se fusionnent. Une coupe transversale de la lumière au niveau du corps glandulaire contient une masse homogène dont la colorabilité reste identique à celle des boules qui lui .ont donné naissance. Au niveau de la pièce terminale, la lumière contient une masse bicolore, dont le centre correspond à la sécrétion du -corps cheminant vers le canaL excréteur, et dont la zone périphérique, de . coloration différente, reproduit ce.llè des enclaves de la pièce terminale, d’où elle dérive : les deux sécrétions persistent indépendantes et reconnaissables un certain temps, gardant une colorabilité distincte ; elles progressent ainsi dans* les 'conduits excréteurs ; mais elles finissent par s’y confondre en un cylindre homogène ; les influences qui's’exercent sur elles pendant le trajet et qui motivent ces transformations ne peuvent que difficilement être précisées : y a-t-il seulement mélange intime et celui-ci résulte-t-il d’une action mécanique due à ce que toute pression e.xercée par l’animal sur le corps glandulaire on vue de faire jaillir la soie (contractions musculaires) se répercute avec une force considérable dans le cylindre chitineux, rigide, très étroit, qu’est le canal excréteur ? Y a-t-il au contraire com-

Ünaison entre les deux sécrétions au cours de leur cheminement ? Peut-on enfin attribuer un rôle actif dans cette transformation aux canaux excréteurs qui bien que leur paroi interne chitineuse ne paraisse pas devoir faciliter les échanges, possèdent parfois des cellules annexes dont le caractère sécrétoire est manifeste (cbondriome abondant, etc.) ? Aucun fait précis ne m’a permis jusqu’à présent de retenir particulièrement l’une ou l’autre de ces hypothèses.

Des recherches Ihistoohimiques m’ont amené d’autre part aux conclusions suivantes, très brièvement résumées :

1° la soie des Araignées que j’ai étudiées diffère notablement de la soie bien connue du Bombyx du Mûrier. Le fil de celui-ci se compose, on le sait, d’un axe de fibroïne entouré d’un manchon de séricine. Le fil de l’Araignée ne paraît pas contenir de séricine, mais est uniquement'formé d’une substance analogue à la fibroïne, elle se montre .seulement plus résistante aux'solvants, cette résistance variant d’ailleurs avec le type d.e glande considéré.

2° La nature du contenu des glandes de l’Araignée diffère par ses propriétés chimiques de la soie émise : les enclaves qui donnent naissance à la masse intraglandulaire ef cette masse elle-même sont formées d’une substance proprement « séricigène », extrêmement résistante aux solvants, et dont la transformation en soie définitive semble n’avoir lieu qu’au moment de l’émission ou très peu avant celle-ci. On peut d’ailleurs se demander dans quelle mesure la substance' en question est véritablement élaborée par les glandes. Déjà les rapports étroits ■ que contractent constamment celles-ci avec les lacunes san- . guines suggèrent l’idée que le sang apporte au tissii glandulaire les éléments nécessaires à la fabrication de la ou des substances sérieigènes ; mais on peut je crois aller plus loin et je serais actuellement tenté d’admettre que les glandes fonctionnent comme de véritables filtres destinés à extraire du sang des matériaux déjà à demi élaborés. J’ai pu en effet montrer, avec J. Turchini, en examinant divers organes d’Araignées en lumière ultraparaviolette filtrée (lumière de Wood), d’une part que la soie y brille d’une vive fluorescence bleuâtre, qu’elle soit contenue à l’intérieur des glandes ou émise sous forme de fils, — d’autre part que les leucocytes sanguins présentent, à l’exclusion de tous les autres éléments composant le corps de l’Araignée, une fluorescence tout à lait comparable. Cette' observation m’a permis de hasarder l’hypothèse que les leucocytes apporteraient aux glandes la substance séricigène dont elles assurent l’élaboration et

l’évacuatipn. Ma supposition .semble d’autant plus légitime que j’ai cherohé en vain la fluorescence leucocytaire dhez tous les Invertébrés non sécréteurs de soie que j’ai pu examiner.

Dans les derniers chapitres de mon, travail, j’ai abordé l’étude d’un certain nombre de problèmes de physiologie générale dépassant le cadre des fonctions précédemment étudiées.

Ainsi je me suis efforcé, et je crois y être parvenu- dans les grandes lignes, d’établir le cycle des corps gras chez les Araignées. Ceuxci, comme je l’ai dit plus haut, constitüent la réserve fondamentale de l’organisme, et de ce fait leur cycle commande l’énergétique de cès animaux.

Par ailleurs, j’ai cherché à mettre en évidence le cycle du fer. Mes expériences portant sur des Tégénaires auxquelles je faisais sucer des Mouches alimentées avec un sirOp au lactate de Fer m’ont révélé de façon très nette l’influence du fer alimentaire sur le fer présent dans les tissus. D’autre part, j’ai pu établir que si ce dernier est normalement uni de façon très, stable à des- combinaisons organiques'; le jeûne, qui force l’animal à vivre sur sa propre substance, disloque et transforme ces- complexes en associations plus lâches et rend le métal histologiquement décelable.

Passant à l’examen des différentes étapes du cycle-vital de l’Araignée, je ine suis particulièrement attaché à l’étude de la mue. J’ai pu entre autres me convaincre qu’il n’y av^it au cours de cette période aucune modification de l’acidité ou de l’alcalinité ioniques des tissus. D’autre part,. cherchant ’à déclencher expérimentalement la mue, et supposant qu’une hormone pouvait conditionner ce grand bouleversement périodique, j’ai- tenté diverses expériences (injection à une Araignée au repos du sang d’une Araignée en mue —jngesfioii par une Araignée normale de plusieurs animaux en pleine exuviation) qui ne furent jamais couronnées de succès. . ' .

J’ai analysé la façon dont se font la croissance et le renouvellement des cellules usées chez l’Araignée. J’ai montré que pour presque tous les organes, les rnitoses surviennent par crises et exclusivement pendant la mue.

J’ai terminé enfin par l’étude des causes normales de la mort chez les-Araignées annuelles. Elles doivent être cherchées dans les exigences du développement des produits et des oi'ganes sexuels : celles-ci sont telles que l’animal, ou tout au moins la femelle, en est définitivement'

appauvri en réserves, et, mieux, qu’on peut assister à une destruction.' subtotale de la ruasse diverticulaire intestinale par Tovaire. On voit alors la' paroi ovarique émettre deâ bourgeons extrêmement végétants, qui s’insinuent, entre les diverticules intestinaux, empruntant le trajet des travées interstitielles et détruisant celles-ci de,vant eux. Lorsqu’un diverticule se trouve complètement encerclé, on assiste en son intérieur à des phénomènes de lyse qui vont jusqu’à la fonte complète des cellules. En corrélation avep cette dégénérescence intestinale progressive, on note chez l’Araignée une inappétence croissante, puis un refus obstiné de la proie qui la conduisent à la mort un peu après le moment où elle a pondu.

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